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En chariot dans l'univers du tarot

Mois

décembre 2016

Que lire dans les cartes?

Que cherche-t-on en tirant les cartes? C’est une question bien vaste… J’ai ainsi constaté que beaucoup de personnes (cartomancien-ne-s ou consultant-e-s) ont une approche différente de la mienne. C’est pourquoi j’ai envie de vous raconter ce qui m’amène à me lire et à me faire lire les cartes et d’évoquer ce que je ne recherche pas du tout en le faisant.

J’en suis venue à l’idée de me tirer les cartes il y a environ un an. Je voyais mon psy moins souvent et souhaitais continuer dans ce sens sans pour autant cesser de me plonger dans « l’inconscient ». De je-ne-sais-où, l’idée a germé que le tarot était une façon parfaite d’y arriver. J’étais attirée par les symboles, les images et, surtout, par les possibilités de leur faire dire des histoires.

S’y ajoutait secrètement la quête d’un moyen d’accéder à des choses profondément enfouies. Des traumatismes dont je ne cessais de ressentir les impacts, sans parvenir à remonter à la source masquée par le panneau d’une dissociation post-traumatique. J’avais donc pour motivation première, avant même de tenir un tarot entre les mains, l’émancipation des thérapies classiques, tout en continuant à « travailler sur moi » et à écouter mon monde intérieur.

dsc_0020Maintenant, la plupart de mes propres tirages me permettent de mieux me comprendre. Je me plonge dans mes fonctionnements et dans l’analyse de leurs significations. Je creuse mon état d’esprit du moment. Je sonde mes envies. J’étudie mes rêves. Je teste mes capacités, mon potentiel.  Je pose très rarement des questions dont la réponse serait « oui » ou « non ». Je ne demande pas non plus au tarot de m’aider à faire des choix. Éventuellement, je l’utilise comme un coup de pouce afin de cerner ce qu’il y a autour des évidences dans des pistes que je souhaite explorer. A voir plus loin. Au-delà de mes premières impressions. A chaque fois, je « lis » dans les cartes des appels à réfléchir ou à reconsidérer, à me concentrer ou à m’excentrer.

Je n’attends pas des réponses sur l’avenir; j’écoute ce qu’il se passe là maintenant. Quelles énergies sont là, d’où viennent-elles? Qu’est-ce qui est en jeu derrière les apparences? De quoi m’inspirer pour avancer et non quelque chose qui m’annoncerait des certitudes prêtes à l’emploi. Quand des personnes qui prédisent l’avenir dans les cartes m’expliquent leur démarche, je l’accueille avec beaucoup d’intérêt, sans toutefois me départir de mon scepticisme. Pas quant à leurs compétences ou dons, mais quant à leur optique. dsc_0259

Je ne parviens pas à comprendre ce qui anime des personnes qui veulent connaître le futur. Ce n’est pas que ça me terrifie – le passé me terrifie beaucoup plus. C’est juste que je n’en vois pas l’intérêt. Trop proche des religions établies sans doute: des modèles explicatifs qui répondent bien à nos angoisses mais nient notre propre pouvoir, notre capacité d’être des agent-e-s de de changement de notre vie et du monde. Mon éducation catholique (et son rejet) m’a rendue méfiante à cet égard. En termes de convictions personnelles et politiques, la perspective d’un avenir déjà écrit m’effraie. Quelle place pour nos capacités d’agir? Comment activer les transformations sociales? Et la spontanéité, que diable!?!

Je ne me lis pas les cartes tous les jours et j’ai encore moins souvent la chance de profiter d’une consultation avec un-e tarologue. C’est une expérience bien plus puissante pour moi. Je m’y embarque avec beaucoup d’anticipation et de respect. J’ai le privilège d’avoir reçu des lectures de personnes bien plus douées que moi qui débute seulement avec le tarot. J’aime me présenter sans question précise. Mais pleine d’espoir sur ce qui pourrait se révéler. Et la magie opère toujours. Je n’attends pas de réponse précise, c’est vrai. Tout cela s’apparente davantage à la réception d’un message de l’univers. Être ouverte est un prérequis. Capable de toute entendre. Réceptive.

Jusqu’ici l’expérience tarot ne s’est pas avérée faire office de béquille. Elle est faite de confirmations et de surprises toujours bouleversantes qui m’ouvrent à des parties de moi. Elle m’apprend à mieux me connaître et à progresser sur les chantiers intérieurs qui me tiennent à cœur. D’ailleurs, par rapport à mes attentes d’il y a un an avant de me mettre au tarot: eh bien, elles sont largement rencontrées et ça fait un bien fou! 🙂tiragehmf

Solstice d’hiver

J’ai tiré quelques cartes à partager pour le solstice d’hiver.
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Six de coupes. Le moment est venu de remonter en arrière, de chercher à comprendre où on s’est éparpillé.e.s et où l’énergie a été dispersée. Plus loin encore, quand a-t-on cessé d’être en contact avec ce qui nous épanouissait? Avec ce qui était bon pour nous… Pourquoi a-t-on oublié comment y revenir? Comment renouer avec ce qui nous fait du bien et qui nous épanouit?

Demande-toi… Quand tu étais enfant ou ado, quelles étaient tes passions? Sur quelles convictions refusais-tu de transiger? Qu’est-ce qui te rendait purement et absolument heureuse.x? Tu sais… sincèrement… d’une façon non polluée par les attentes de tes proches ou par les aspirations sociales qu’on te vendait. Renoue avec cette force teintée d’insouciance. Prends appui sur elle.

Et puis, collectivement, retrouvons l’énergie que l’on croit brisée par les épreuves. Qu’est-ce qui a rompu? Est-on aussi déconnecté.e.s des luttes passées et de la force contestataire qu’on le croit? Ou bien cette énergie de ne pas accepter les injustices est-elle intacte et prête à être partagée dans un élan transformateur? L’anarchiste Emma Goldman disait « si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part à cette révolution ».

Le 4 de bâtons nous rappelle aussi de profiter de la puissance de notre union. Ainsi que de la joie qu’on éprouve à se rassembler. Le soulagement également. Alors qu’on se sent isolé.e et impuissant.e, le soulagement de se rassembler. Se (re)trouver. Faire communauté malgré nos divergences. Découvrir un moteur dans nos engagements communs. Et aussi et surtout, le combat ne sera pas tout. Sachons nous réjouir de ce qui nous fait du bien, simplement. Célébrer ce qui fonctionne. Ce qui se transforme déjà peu à peu. Prendre le temps de le voir. Et danser. Tourbillonner.

Au-delà de ça, la mère de coupes nous lance un appel à prendre soin de nous-mêmes et les un.e.s des autres. Yel nous suggère d’écouter et de respecter les limites de nos implications. Yel nous invite à mettre au cœur de nos luttes et de nos fêtes un souci réel pour chacun.e et de l’estime pour soi-même.

Cajoler son corps, comprendre pourquoi il lâche parfois, pourquoi il arrive qu’on ne parvienne pas à l’aimer. Se faire des infusions avec des plantes récoltées l’été. Des bains au romarin. Prendre le temps d’écouter les blessures qui nous viennent de loin. Elles nous en apprennent sur le monde qu’on veut quitter et sur celui qu’on veut construire. Donner une existence aux traumatismes réduits au silence pour, d’une part, apaiser leurs impacts, et de l’autre, sortir de l’ombre les violences (hétérocispatriarcales, racistes, coloniales, capitalistes,…). Faire prendre conscience de leur caractère systématique et oppressif. Puis s’activer.

La mère de coupe est une invitation à soigner, non pas pour reléguer aux oubliettes, mais pour donner sens, ou du moins résonance. Et quand on ne peut soigner ni guérir : écouter, accueillir, adapter l’environnement ou le fonctionnement, faire une place, bousculer l’organisation, interroger les normes.
Elle nous invite à l’indulgence vis-à-vis de nous-mêmes et à la confiance en nos potentiels.

Un bon solstice d’hiver! Revigorant et fortifiant!

Les Amoureuses + 3 d’épées

wp-1482073658163.jpgDe la difficulté de la communication dans le couple dans certaines phases. Tenter de s’accommoder de la peine de ce qui ne se dit pas. Ce que l’on garde pour soi. Même quand l’histoire est idyllique.
Les moments où l’on saigne même dans la plus parfaite des histoires. Quand on apprend plus qu’on ne ressent.

Revenir à soi. A ses traumatismes. A sa dépression. Avoir mal.

L’énergie de l’amour pour porter la dépression. Ou pour la laisser éteindre son chant du cygne dans un coin.

Quand l’union majestueuse embrasse la souffrance de celle qui est à terre. Quelle place lui faire, comment soutenir, comment écouter la tristesse et le déchirement qui la tourmentent?wp-1482095201414.jpg

Le 10 de pentacles. Être chez soi. Chez nous. Ensemble. En meute. Remparts à tous les malheurs. Notre dragon veille sur notre feu sacré. Lire la suite

La Lune + II de bâtons 

Se concentrer sur le travail des ombres. Épouser l’occulte.

Pouvoir aller là-bas. Faire ce travail-là. Comme quand je peins intuitivement, automatiquement pour déterrer les souvenirs enfouis par la dissociation. Je fais un travail long. Sur le long terme. Que j’oublie parfois car je ne sais pas comment intégrer tout cela dans ma vie. S’y pencher, c’est faire face à la nécessité de choix dont l’impact sera irrémédiable. La carte de la Justice dans un coin de l’esprit. La cour des épées.
La Lune. Dans la nuit. Sous un autre jour.

Dans les forêts qui ont peuplé des années de ma vie. Les mains coupées des enfants sont suspendues aux arbres comme autant de réjouissances de Noël. Je suis coupée. La nuit, je hurle encore.
De la cime des arbres où j’ai grimpé: ma soeur, ma soeur, ne vois-tu rien venir? Je vois la mort. Je vois ce qui est arrivé quand on a décidé de me tuer.

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La grand-mère a cousu une robe pour affronter la nuit. Brodée d’offrandes aux loups.
De la nuit, pourtant, je ne retiens rien. Le matin, je reviens comme l’enfant auréolée de pureté. Même quand, la nuit, j’ai dévoré les entrailles de cygnes en colère. J’ai sacrifié leur beauté à ma vengeance.

Que sais-tu de la lumière, hormis celle des clairières, quand tu as grandi dans les bois?

La nuit, je monte jusqu’aux cimes des arbres. Et je crois la voir venir. Sur son cheval blanc. Avec la beauté stupéfiante de celles qui ne cessent de sauver. Un jour, je me blottirai tout contre elle et, enfin, je saurai que je n’ai plus de raisons d’avoir peur. Que je suis saine et sauve. Ou folle et sauve. Mais que le mal est désormais suffisamment éloigné pour ne plus passer mes nuits à pleurer. De frousse.

VIII de pentacles + Le Chariot

C’est agréable de se lancer tête baissée dans un projet. Puis, parfois il faut cesser de foncer pour appréhender le parcours dans une autre temporalité. On acquiert certaines compétences avec du temps et de la patience. Persévérance et long apprentissage sont en effet de mise pour mener à bien l’aventure. On peut alors s’armer d’une dose d’humilité et d’une réserve de motivation pour faire face aux tâches ardues. Certains accomplissements passent par un travail de fourmi avant de récolter les fruits de ce labeur.

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The Wild Unknown Tarot

Consultations de tarot lors d’une fête

J’ai tiré les cartes à une soirée et c’est plutôt ardu en fait.

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En train de présenter mes tarots à une personne subtilement anonymisée par mes talents de geek.

Quand il nous a été proposé de faire un stand de tarot à ce festival pour les meufs LGBTQI+, on a plutôt pensé à créer notre petit coin en marge d’une activité. Cependant, la perspective de fournir ce service à l’intérieur de la soirée de clôture intéressait davantage l’organisatrice. Sceptiques, Anja et moi avons accepté à condition de pouvoir tester le format au préalable. Nous avons ramené nos cartes à une soirée d’anniversaire dans cette intention, mais nous n’avons pas tenu l’exercice jusqu’au bout : on s’est installées dans une chambre de la coloc en demandant à nos consultantes de faire la file derrière la porte close. Petit havre de paix et de réflexion dans une soirée bien chargée, la formule a beaucoup plu, tant à nous qu’aux personnes qui sont venues se faire tirer les cartes.

Deux mois plus tard, nous voilà à la soirée de clôture du L-Festival. On installe un petit stand avec une table pour chacune. Il est aussi isolé que possible dans un recoin près de l’entrée, derrière la caisse. Des amies veillent aux inscriptions pour éviter qu’une file se forme. On avait prévu des petites lampes, des décorations, des nappes de travail, des petites bougies. Très vite, la musique qui agite la piste de danse un peu plus loin dans la salle me pousse à élever la voix, presque à crier pour me faire entendre de nos consultant-e-s. La sélection musicale est excellente et c’est évidemment pire comme ça. Il faut sans cesse la filtrer, ne pas la laisser entrer dans la bulle car elle fait interférence dans l’échange qui j’essaie de créer avec les personnes en face de moi. Dans ces conditions, je mobilise une lecture assez scolaire des cartes, laissant peu de place à l’intuition – trop compliqué de s’y connecter.

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Ma table à la soirée de clôture du L-Festival

Expérience un peu légère et superficielle à des lieues de la profondeur que peut offrir le tarot mais néanmoins intéressante. C’est en effet une première approche fun et légère pour les consultant-e-s. Même si je ne suis pas convaincue que ça les ramènera à nouveau au tarot… Ça m’a par contre motivée à proposer des après-midis ou des soirées tarot à la maison de temps en temps. Avec des échanges, des explications, des tirages approfondis dans la chambre, des exercices en commun. Lire la suite

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