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En chariot dans l'univers du tarot

Mois

février 2017

Violences policières et patriarcales vs solidarité féministe (hiérophante et as de bâtons)

Vous savez comme je dis toujours que, dans ma pratique, le tarot ne sert pas à prédire l’avenir ? Ouais bon, j’avoue, parfois quand même, il est assez explicite.

Si vous suivez un peu ce blog, vous aurez compris que je ne suis pas au top de ma forme ces jours-ci. Du coup, la semaine passée, une angoisse de la foule me travaillait un peu à l’idée de participer à une marche de nuit féministe qui avait pour objectif de revendiquer notre place dans l’espace public et de dénoncer les violences sexistes et transphobes, le tout en non-mixité sans hommes cis. J’ai donc tiré quelques cartes pendant que je préparais ma tenue histoire de sentir un peu mieux la soirée.

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Le hiérophante et l’as de bâton, croisés par le fils d’épées. D’abord, j’ai voulu voir le hiérophante (ou pape) sous son jour le plus sympathique : de la transmission d’expériences, des personnes qui partagent leurs savoirs. Ça n’a pas duré, mon intuition m’a vite orientée vers une conception plus traditionnelle de la carte : ordre établi, ordre moral, ensemble de règles et de lois qui paraissent figées, maîtres à penser. Shift dans mon esprit : la police sera sur place pour nous empêcher de marcher et ça ne sera pas franchement pacifiste de leur côté. Les gardiens de l’ordre établi et des institutions ne s’embarrassent généralement pas de non-violence. L’as de bâtons, incandescent, était un rappel de l’importance de cette marche aux flambeaux, de nos convictions, de nos contestations, de notre capacité d’agir pour donner forme à un monde meilleur. J’étais directement bien résolue à me déplacer, tout en prenant au sérieux le message du fils d’épées : ne pas m’emballer trop vite verbalement quand il s’agirait de se défendre. Lire la suite

5 de bâtons et 5 de pentacles – déprime

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En tirant mes cartes du jour, j’attendais une apparition qui reflète la noirceur de mon esprit ces jours-ci. C’est gagné. Le 5 de pentacles me nargue : « tu vois, on ne se débarrasse pas de sa santé mentale, tu vois, ça te revient toujours quand tu ne t’y attends pas. » Il me parle du corps qu’il est difficile de supporter, plein de tensions, plein de messages difficiles à entendre. J’ai commencé des séances chez Corps et Conscience hier. Comme une façon de revenir, de me connecter, d’être à l’écoute. Ça m’a fait du bien. Ça me fait du bien aussi de me sentir prête pour ça, pour écouter mon corps. Mais bon, la déprime reste là. Les crises de larmes. La confiance en moi dans les chaussettes. L’impression d’être illégitime. Incapable d’interagir avec les gens. Pas digne d’être soutenue.

Et d’un coup, des vieux schémas qui avaient à peine pointé le bout de leur nez ces cinq derniers années s’installent comme s’ils n’avaient jamais disparus. Je suis toujours à leur merci. Je me sens incapable de m’exprimer et ridicule. Incomprise. Prise dans une peur panique des autres. Avec une envie folle de me replier dans ma bulle, là où je connais mes limites. Le 5 de bâtons confirme tout ça. Je me sens menacée par les gens. Soumise à leurs jugements et incapable de ne pas juger crûment en retour. J’ai l’impression que l’heure est à la compétition des souffrances. Dans ce contexte, tout ce qu’on me laisse de ce que je traverse, de ce que j’ai traversé, de comment je me bats, c’est de la moquerie quant à ma façon de traiter les galères.

Le 5 de bâtons, c’est le conflit. L’envie de gueuler et le choix de ne pas répondre aux personnes qui ne se remettent pas en question. N’être jamais assez – pas assez présente, pas assez réconfortante, pas sur les fronts de toutes les dépressions en même temps alors que certaines personnes ne se tournent vers moi que pour ça. L’impression d’être une imposteuse pour cette raison, juste bonne à vendre des belles paroles creuses. Creuses. Désespérément creuses. Et être trop. Trop franche. Trop moqueuse. Trop en couple.

Face aux adversités du 5 de bâtons, mon corps a choisi sa solution, le repli du 5 de pentacles, les douleurs, les tensions, la fatigue, les restes de la folie qui traînent partout, les restes de 15 ans de pensées suicidaires. Ces cartes s’étalent sur mon bureau, avec juste ces constats et pas de solution, juste ces deux cartes : « on est là, gère ça meuf, accepte notre présence et fais face, ne cherche pas des solutions toutes faites, faciles, entre en dialogue avec nous, la politique de l’autruche ne te sauvera pas ».

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