7 de coupes pour 2017

DSC_0009Retour sur la dernière année avec le Slow Holler.

Le 7 de vases/vaisseaux. Mais à l’envers. J’ai célébré mon côté touche-à-touche au lieu de me laisser submerger par des envies et des rêves dans tous les sens. Ces idées n’en sont pas restées au stade de fantasmes stériles ; elles ont pris corps. Le choix de ne pas faire de choix dans mes centres d’intérêt m’aura permis d’explorer plusieurs voies. Les projets qui maturaient depuis des années ont bourgeonné.

En général, le 7 de coupes parle de la difficulté à suivre une voie, en particulier à sortir des voies qui tournent en boucle dans nos têtes, quand les possibilités embrument notre esprit. Entre les mille choses envisageables, c’est la confusion qui règne. Du temps passé à rêvasser et à construire des châteaux en Espagne plutôt que des choses concrètes. Le côté épuisant de ces réflexions. Des possibilités qui paraissent toutes aussi tentantes mais incompatibles entre elles. Beaucoup de jeux dans la tradition du Rider-Waite-Smith montrent un personnage décontenancé-e devant les coupes face à yel, chacune étant remplie de choses très différentes. Souvent l’une d’elle cache un point d’interrogation ou est voilée ou retournée, comme une invitation à se saisir d’autres rêves au lieu de fantasmer des pistes dont on sait au fond qu’elles ne sont qu’un moyen de se détourner d’un vrai défi.

 

 

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Le 2 de cailloux me rappelle que vivre mes rêves m’a longtemps semblé inaccessible en raison de ma santé mentale instable. Depuis quelques années, c’est ma santé plus générale qui me pose problème : système immunitaire au ralenti, asthme et infections pulmonaires à répétition, allergies pendant une bonne moitié de l’année. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir jonglé, sans me faire violence. L’exercice est moins périlleux qu’il n’y paraît à première vue si je ne me mets pas la pression. Si j’accepte qu’il y a des semaines, voire des mois, où je ne suis pas bonne à grand-chose (et puis au final, je peux revenir sur ces périodes et voir de grandes choses). Si j’accepte que, quitte à décevoir des personnes qui comptait sur mon engagement, je dois annuler une participation à un projet. Avec une bonne écoute à mon rythme et beaucoup d’indulgence, je parviens à goûter à chacune de mes coupes, ce qui est à la fois épanouissant et porteur. Parfois, j’ai peur de flirter avec la complaisance vis-à-vis de ma fainéantise ou de mes limites. Mais je les respecte quand même. Je me rends bien compte que c’est en les abordant avec douceur que je parviens finalement à accomplir le plus et à me sentir le mieux.

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Slow Holler Tarot

En harmonie : le 10 de cailloux. Mon chez-moi. Ma communauté. Une certaine stabilité. Le privilège de vivre dans un logement temporaire avec un loyer peu élevé plus un background familial qui fait que je ne vis pas dans la précarité y contribuent bien sûr. Inutile de se voiler la face sur les conditions matérielles qui assurent une certaine créativité.

Du coup, quelques-unes des choses que je savoure autour du solstice d’hiver :

  • L’alimentation de http://grossefem.tumblr.com, mon blog sur le militantisme gros, (ce qui n’était pas possible plus tôt quand le community organising prenait plus d’espace) ET la publication de mes deux zines (republication prochaine, contacte-moi pour réserver). En partie avec l’aide du 24 hours zine workshop et en partie grâce à Sem dont je vous conseille vivement les zines et le projet Queerasse.

 

 

  • J’ai pas trop nourri ce blog-ci, mais j’ai fait des vidéos. Grâce à elles, j’espère diffuser un contenu plus accessible sur la queerisation du tarot.
  • J’ai eu l’occasion de monter sur scène – une des choses qui m’éclate le plus !
  • J’ai commencé à m’intéresser davantage à la sorcellerie : j’ai fait plein de rituels, d’encens et de tisanes. J’ai appris à écouter mieux mon intuition et j’ai reçu plein de messages de mes guides et ancêtres. C’était absolument magique. Intense. Enrichissant.
  • J’ai suivi des cours de tarot, j’ai approfondi ma pratique, j’ai donné des sessions de consultation (à des événements ou chez moi). Malgré les séances sur lesquelles je cale et surtout la difficulté de passer des messages à des consultant-e-s réticent-e-s (encore beaucoup à apprendre), j’ai l’impression de grandir en tant que tireuse de cartes, d’avoir de plus en plus de séances magiques, où il se passe quelque chose de fort.
  • J’ai décidé de poursuivre mon break par rapport à des projets collectifs (une grande décision pas facile à prendre). Je l’ai en partie rompu pour rassembler des guérisseur-ses, artistes, sorcières ou fems dans l’organisation d’un atelier sur la réappropriation de nos corps « hors-normes » (queer, trans, gros, handis, racisés). C’est un bonheur d’être entourée de personnes aussi fabuleuses avec qui tout ce qu’on organise se déroule de façon spontanée, organique, douce ou quoi… enfin, sans qu’on ait l’impression de travailler.
  • J’avais juré de ne plus répondre aux médias non-communautaires, mais j’ai donné une interview et fait des photos pour 24h01. Leur numéro « obésité » est problématique sur de nombreux points, mais je suis super contente de l’article sur les féministes grosses et des photos. Regaaaaarde :

 

 


Crédit : Dyod photography

  • Pour 2018, j’aimerais passer au statut d’indépendante complémentaire à côté de mon mi-temps pour pouvoir demander de l’argent pour mes tirages (pas toujours, mais de temps en temps), publier des textes, donner des formations.

 

 

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