Par la fenêtre

1. Dans ma chambre d’enfant, je trouve

▫️Une vue à se damner.
▫️ Un paysage à crever d’envie de partir.
▫️ Une campagne dont connaître, reconnaître, découvrir chaque recoin, chaque plante, chaque oiseau.
▫️ Des champs d’où exhumer les histoires, les hameaux aujourd’hui disparus, où rêver les légendes et les contes.
▫️ L’âme d’une enfant mystique, une enfant en colère, une enfant féministe, une enfant idéaliste, une enfant rêvant de justice sociale.
▫️ Le souvenir des livres, des livres et des livres.

2. Dans cette chambre, je me souviens aussi
▫️ Des rideaux qui voulaient m’attaquer la nuit, envoûtants, effrayants, frénétiques.
▫️ Les grognements jaillis de ma poitrine, bruit d’outre-tombe comme unique berceuse tandis que je triturais mes cheveux pour m’endormir.
▫️ Des pipis au lit. Et des pipis au lit. Qui ne cesseront pas là.
▫️ Appeler les fées car, sans elles, impossible de me confronter au sexisme de mon institutrice le lendemain. Danser avec les fées au lieu de dormir.
▫️ Ma mère, qui ne me prenait jamais dans les bras, qui me tombe dessus lorsque j’allume la lumière le matin pour m’annoncer la mort inattendue de ma grand-mère. Erreur médicale. Hémorragies. 57 ans. Partie ? Maman de substitution. Gardienne de mes rêves et illusions. Oreille pour mes visions. Mon lien à la religion. Conservatrice implacable et pourtant… Le poids de ma mère qui sanglote. Le gouffre sous mes pieds qui augure des années de dépression, de pensées suicidaires et de psychoses qui ont suivi.

3. Tu n’es pas ton passé. Tu n’abandonnes pas une partie de toi dans ton passé.
Tu cherches les vérités parce que tu as été élevée aux mensonges et aux faux-semblants. Tu ne supportes plus – plus du tout maintenant que la dissociation ne t’embue plus autant les souvenirs – les personnes manipulatrices, les personnes violentes qui s’en tirent avec des belles paroles ou en jouant la carte de leurs supposés défauts. Tu renoues avec les ancêtres. Tu écoutes tes guides. Tu reconnais. Tu découvres. Tu t’effondres. Tu sais que tu ne peux pas vivre sans cet endroit. Tu sais que tu es liée à ces terres. Et tu les chéris.

Note: mes allergies à l’armoise s’estompent depuis que je prends en compte cette plante. L’appel des guides ou le déni. Survie.

4. Il y a des légendes sur ces terres. Sur cette famille. Il y a des légendes dont tu peux t’emparer si tu leur laisses le temps de distiller leurs vérités. Il y a des contenus qui ne nous hantent pas pour rien. Il y a des connexions. Nous sommes de nombreux passés. Présentes.

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