Balade avec la valet de coupes

Ses émotions la submergent. Carnet sous le bras, elle s’engage dans les rues désertes du petit matin. Le bruit des chantiers retentit déjà. Les trottoirs sont calmes. La frénésie ne s’est pas emparée de la ville. C’est un instant suspendu. Entre loup et chien. Entre les rêves tourmentés d’une nuit de lune sombre, à quelques heures de la nouvelle lune, et l’enthousiasme d’après les cafés, c’est l’heure où les renards visitent les poubelles avant de battre en retraite devant le tumulte grandissant. Un instant suspendu et déjà le mouvement.L’angoisse la poursuit. Va-t-elle se rendre là où elle doit accomplir des démarches administratives ? Ou va-t-elle emmener cette cascade d’émotions au parc? Sans battre en retraite, mais en improvisant une retraite de fortune, une bulle créative au cœur d’une semaine tumultueuse. Éreintante. Un répit. Va-t-elle se poser près de la fontaine et se mettre à dessiner. Va-t-elle griffonner à en oublier l’hiver ? Et l’heure ? Et sa censure ? Et sa peur de ne pas être à la hauteur quand elle crée ? Va-t-elle pouvoir pleurer, enfin, ce chagrin qui s’est transformé en boule au ventre il y a trop longtemps ? Auprès de la fontaine de neptune, il paraît qu’on peut exprimer la peine qui ne se disait plus. Il paraît qu’on peut murmurer ses craintes. Pleurer. Devenir.

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