Divination avec piqûre de taon sur vergetures. Le 9 et le 10 d’épées

Il y aura des vagues. L’anxiété va et vient. Elle se tasse. Elle est brûlante comme 10 piqûres en plein ventre. Elle est en creux. Elle culmine.🦟

Tu te souviens de ta première crise d’angoisse ? Je me souviens, j’avais 11 ans. On m’a emmenée à l’hôpital tellement j’étais mal. Et toi ?
C’était un peu la honte finalement. Une enfant qu’on croit mourante mais qui fait une crise d’angoisse alors qu’elle a tout pour être heureuse. img_20190804_105209_7228295923496671744132.jpgToi, on t’a dit ça combien de fois ? « tu as tout pour être heureux.se ». Combien ont spéculé sur la source de tes problèmes pour que tes angoisses et ton mal-être fassent sens pour eulles ? Leurs hypothèses révélaient-elles leurs propres secrets?

Stries translucides sur peau déchirée. Il y a toutes les fois où ce n’était plus supportable. Il y a les décomptes des gens. Et puis les nôtres: c’est pas parce qu’on ne finit pas à l’hôpital qu’on n’était pas à une seconde de se jeter.

J’ai longtemps cru que personne ne pourrait jamais comprendre. Pas toi ? Mes explications envers moi-même ont aussi évolué. Ce n’est pas pour autant que je confierai les clés. Je ne suis pas une énigme. Mais n’est-on finalement pas trop complexes? Trop complexes pour ceulles qui veulent tirer un fil, comprendre et s’y tenir. Alors que les couteaux qui s’abattent sur notre cerveau sont si nombreux. Tandis qu’ils remuent et font émerger des terreurs plus puissantes.

La réaction allergique a creusé des sillons sur ma peau. Je ne peux jamais exclure de ne pas me perdre. Je peux te promettre de ne pas me taire. Je ne comprendrai sans doute jamais ton histoire. Ton désespoir. Je peux juste laisser la porte ouverte.

Ce n’est pas parce que j’ai survécu que je n’ai plus de visions. Ce n’est pas parce que j’ai survécu que je ne perds pas l’usage de la parole dans des crises d’angoisse. Ce n’est pas parce que j’ai survécu que la rage ne s’exprime pas dans l’auto-destruction parfois.

img_20190804_105209_7286048608295326049016.jpg

Il y a des vagues. Des va-et-vient. Des jours où l’irritation est visible. D’autres où elle se dissimule.
Il y a des suicides. Des gens qui ne comprennent pas. Des gens blasés. Des gens qu’on se demande si on aurait pu aider mieux. Des gens à qui on sait qu’on a fermé la porte. Des gens qui se cherchent des excuses pour justifier leur absence d’empathie. Des gens qui prétendent que ça n’arrive pas chez eulles mais dont le grenier est infesté de filles hurlantes.
Il y a des dépressions dont on ne sort pas. Des angoisses dont on finit par tracer le chemin. D’autres qui sont vouées à être irrationnelles, comme un coup du sort. Il y a celles qui nous collent à la peau, même si elles émanent d’un autre temps, d’autres traumatismes.
Il y a des vagues. Des remous. Des accalmies. Des décennies d’errance. Des tremplins. Des trampolines qu’on arrive pas à quitter. Il n’y a certainement pas de morale. Si la fin de cette divination est abrupte, c’est que les tournants de la vie aussi.

 

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