Dé/méter, un rituel pour l’équinoxe d’automne

Un rituel en 6 vidéos partagé sur instagram dont voici la retranscription:

Dé/méter.
Un rituel
pour toutes les mères que je n’ai pas été,
les mères que je ne serai pas,
les mères qui n’ont pas été là pour moi, les mères qui ne seront jamais,
les mères qui ont largué les amarres
et celles qui ne souhaitent surtout pas revenir.
Celles qui ne veulent pas être présentes,
celles qui abandonnent,
celles pour qui j’ai creusé et j’ai creusé et j’ai creusé encore
en quête d’une trace,
en quête d’un lien,
en quête d’un peu de réel.
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Pour toutes celles-là.
Pour toutes les autres.
J’ai creusé j’ai creusé j’ai creusé.
Et puis j’ai placé deux morceaux d’os brisés que j’ai trouvé sur la plage.
Et puis, j’ai rebouché le trou.
J’ai dessiné le symbole de Cérès en astrologie.
J’ai écrit Dé//méter
Défaire la mère, défaire la maîtresse, défaire la matrone.

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Défaire la mère, la retrouver, la rechercher et l’abandonner à nouveau.
Défaire encore et encore.
Défaire, refuser de retrouver.
Abandonner.
Accepter que quand on a trop creuser parfois tout ce qu’on trouve,
ce sont des os qu’on ne peut pas raccommoder.
Des os brisés.
Des morceaux d’histoires qui n’auront jamais tout à fait du sens.
Des morceaux de nous qui n’existeront jamais dans la totalité.
Accepter.
Refermer.
Reboucher.
Regarder les os deux minutes.
Puis.

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Voilà, peut-être qu’on est condamné-e-s à creuser.
Comme Déméter a cherché sa fille.
Mère aimante mais dysfonctionnelle, mais couvante, oppressante.
Peut-être qu’on est condamné-e-s à faire le deuil des mères.
Des mères qui n’ont qu’un choix limité.
Les mères qui fonctionnent vaille que vaille dans un monde patriarcal.
Et les déesses mères qui ne fonctionnent pas tout à fait parce que ce que le monde patriarcal nous en a rapporté c’est à peu près n’importe quoi, c’est déformé, comme Arianrhod.
Les mères dont la détresse crée des mystères comme ceux d’Eleusis avec Déméter.
Les mères qui lâchent pas prise et celles qui lâchent complètement, celles qui perdent pied, comme Déméter aussi. Les mères qui font payer la terre entière pour ce qu’elles ne seront pas.
ce qu’elles n’ont pas pu être,
qui se voilent la face plutôt que d’admettre ce qui a foiré.

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Dé//méter. Les mères que nous ne serons pas. Parce qu’on ne veut pas l’être. Parce qu’on ne peut pas l’être. Parce que c’est pas une vocation parce que c’est pas inné parce que y a pas de raisons parce que c’est compliqué aussi et que parfois c’est juste ok d’admettre que c’est compliqué.

J’ai creusé à la main. J’ai creusé le sol à la recherche de quelque chose. Et je savais plus quoi. Comme Déméter quand elle cherche, quand elle crie, quand elle appelle dans les trous de taupes et que personne ne lui répond. Perséphone, Proserpine, où es-tu où es-tu ? J’ai déposé deux morceaux d’os. Ce qu’on ne peut pas raccommoder. Les os des histoires qu’on ne pourra jamais raconter, des histoires qu’on peut pas raconter, qui ne sont pas faites pour être les nôtres. J’ai remercié Perséphone. Et j’ai remercié surtout Déméter de jamais jamais jamais nous permettre de nous réconcilier complètement avec ce que c’est d’être mère ou de ne pas l’être, d’être une bonne ou une mauvaise mère. Je l’ai remerciée de ne pas en faire une équation simple, une équation résoluble, une équation qui a une solution. J’ai remercié Déméter parce que grâce à elle cette équation elle aura jamais de solution, c’est un grand point d’interrogation, un peu comme la faux avec laquelle on récolte les céréales sur le symboles qu’elle a en astrologie comme un sigil. Voilà. Y a pas de bonne et y a pas de mauvaise mères. Y a des facettes. Y a des archétypes. Et rien n’est tout noir ou tout blanc. Y a pas de binarité. Déméter, elle nous rappelle ça. Qu’être mère c’est compliqué et que le patriarcat c’est la merde.

Peut-être que quelque chose en nous sera toujours en train de creuser, en train de chercher, en train d’hurler. Où es-tu ? Où es-tu, Perséphone. Et peut-être qu’une partie de nous peut seulement placer des os dans la fosse et puis recouvrir, les recouvrir de sable et les donner à la marée. Faire confiance à la lune. Faire confiance aux cycles. Faire confiance aux saisons. En cet équinoxe d’automne. En cette journée où le jour et la nuit sont exactement de la même longueur.

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J’offre à la marée J’offre à la mer un bout de l’histoire de Déméter et comment elle s’incarne dans ma vie et comment elle s’incarne dans nos vies parce que je vous l’offre aussi ce petit rituel. C’est un rituel qui n’est pas un miracle. C’est un rituel qui ne résout pas grand-chose. Qui m’a fait du bien. que j’ai fait en pensant à vous . Déméter hurle. Elle hurle. Perséphone s’en va. Perséphone redescend. Déméter hurle parce qu’elle ne peut pas être une mère complète. Parce que sa fille ne sera jamais qui elle voudrait qu’elle soit. Elle ne lui appartiendra jamais. Merci Déméter.

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