Lamentations – octobre 2020

Les yeux fermés.
Si la mort fait partie de la vie, pourquoi l’ignorer?
Invincible, tu balaies sa possibilité.
Poussières dans les yeux. Larme persistante.
Si la mort fait partie de la vie, pourquoi la propager en l’ignorant?
Belgique francophone. 26 octobre 2020. Région la plus touchée d’Europe.


Au milieu du pestilentiel scepticisme anti-sciences, une certitude, notre système de santé ne fera pas le poids. Les politiques capitalistes, leurs visions de court terme méprisant la vie, la mort, les vies, les mort.e.s ont creusé la tombe au fil des années. Les gens dansent sur ses cendres. Poussières dans les yeux. Comme si c’était plus simple de savoir que d’ici quelques jours à quelques semaines, on allait sacrifier des vies sur l’autel de notre égoïsme. Les opérations dites non urgentes, les interventions urgentes, les personnes atteintes du covid, les autres. Tu danses sur les cendres de tortures sans visages, au son des cris d’agonie qui nous parviennent du futur proche.
Au milieu des cycles de vie, de mort, de renaissance rythmant notre planète depuis des millénaires, un trou béant, les tentations fascistes, le règne de l’individualisme. Les cendres d’un effondrement qui ne cesse d’arriver. Les poussières. Les cris d’agonie qui nous parviennent du futur proche.


2. Le règne de l’individualisme: « je ferai attention quand je verrai mémé », « je porte le masque quand je vois des personnes à risque » ou je les mets sur liste noire pour leur éviter les conséquences de ma négligence (ces rabat-joie, ces gens pas cool, ces pestiféré.e.s, yolo quoi).
« On ne vit qu’une fois ». De l’apogée de mes milles vies, je te regarde médusée. Le déclin n’a pas fini de me heurter. Les os se cognent dans la mémoire de mes mille vies. Les cris d’agonie à venir me parviennent, étouffés déjà par les nécessités de l’instant. Ravaler mes larmes. Un mec a craché à mon passage tout à l’heure. Je garde ma tête haute.
Vous crachez à la gueule de toutes les personnes fragilisées, les malades, les vieux.vieilles, les précarisé.e.s à cause de la classe, la race, la corpulence, la santé. Et les autres, même ceulles qui se seront cru.e.s invincibles.
Fais attention quand tu vois pépé, fieu, mais oui lave ta conscience. Ta fête, ton apéro, ton je-m’en-foutisme: autant de victimes inconnues. Autant de chaînes de contamination dont tu prétends briser ton maillon dans l’effort de te déresponsaboliser. La propagation continue. Tu peux tout simplement pas savoir qui fera les frais de cette chaîne au final.
Tu peux laver ta conscience autant que tu veux, la tache revient. Les croassements te hanteront. Tu peux bien laver.
Individualisme, refus de la solidarité, refus de penser la société dans son ensemble. Tes libertés, le bruit des bottes. Il y a des systèmes oppressifs et les résistances qu’on y oppose. Je suis désolée de t’avoir aimé.e.

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