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En chariot dans l'univers du tarot

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mes interprétations

Six de coupes

Ecoute ton cœur. Enlève les couches de protection. Regarde à travers ce qu’on t’a dit qu’il fallait que tu sois. Mets de côté ce que tu as essayé de devenir pour rompre avec des schémas ou des environnements toxiques. Ecoute ce qui remonte de très loin, peut-être de ton enfance ou de ton adolescence et peut-être même d’une vie antérieure ou de tes ancêtres ou d’une de tes vies parallèles. Ce que tu y trouves est peut-être vacillant. Si ça tremblote, réchauffe-les entre tes paumes ou sur ton nombril, entre les plis de gras ou de peau. Imprègne-toi de cette énergie rassurante. Laisse-toi emplir de la douceur de tes souvenirs.

Dans sa facette sombre, souvent à l’envers, cette carte peut t’encourager à faire face à des souvenirs douloureux qui affectent encore ton fonctionnement, probablement inconsciemment. Sous ces aspects les plus lumineux, elle t’invite à faire de la place pour ce qui t’émerveillait dans le passé, ce qui te faisait te sentir libre, sans entrave, tourbillonant-e, puissant-e et sans pression. Elle t’invite à chérir ces souvenirs. Si tu ne peux pas les faire revivre tels qu’ils étaient alors, comment peux-tu les cultiver aujourd’hui ? Vas-tu appeler un-e pote d’enfance ? Vas-tu t’inscrire à un club de volley ou à des cours de poterie ? Vas-tu acheter des gouaches, une boîte à outils ou des semences ? Vas-tu prendre le premier train pour la mer et courir à en prendre haleine face au vent iodé ? Vas-tu te faire couler un bain pour la première fois depuis dix ans ? Vas-tu relire tous les Harry Potter ou reprendre cette fan fiction que tu avais abandonné en cours à l’époque ?

Qu’en est-il de tes rêves les plus insensés ? Est-ce qu’avec le recul tu ne pourrais pas les récupérer ou les réinterpréter ? Ou plus simplement y repenser, les emmener dans une de tes rêveries et les laisser t’entourer de leur innocence ?

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Quelques mots/expressions emblématiques: 

Souvenirs – nostalgie – les schémas qui viennent de l’enfance – les vieilles passions ou loisirs qui te font encore du bien – renouer avec les centres d’intérêt du passé – comprendre les mécanismes qui nous façonnent depuis longtemps – simplicité – revenir aux choses qui nous nourrissent et éliminer les fioritures ou le superflu

Deux de coupes

Cette carte, ma parole, c’est celle du grand amour. On est biberonné-e-s aux contes de fées à la sauce Disney. C’est vrai qu’ils reposent sur des mythes sexistes, cishétéronormés, racistes, âgistes, classistes et fervemment monogames. Mais, on a beau le savoir, ça nous trotte souvent dans un coin de l’esprit. Rassure-toi, le deux de coupes n’est pas le grand amour version le pervers qui poursuit l’héroïne pendant quatre saisons parce que, consentement ou pas, c’est elle, la seule et l’unique. C’est pas le big love version gamin-e-s, maison et labrador. C’est l’amour authentique tel que toi, tu le définis, pour la life toute entière ou pour une nuit, en mode exclusif, asexuel, aromantique ou polyamoureux. La forme importe peu.

Ce qui importe, c’est qu’il s’agit d’une connexion hors du commun entre deux personnes, genre intense, passionnée, qui te crée des raz-de-marée dans le bas-ventre ou des papillons dans les cordes vocales. C’est la rencontre au moment où on ne se voit plus l’un-e l’autre à travers un filtre, mais qu’on s’ouvre complètement à la personne en face de nous, dans la réciprocité. Ce truc rare quand vraiment, mais vraiment, on laisse tomber les a priori et on reçoit la personne qui nous fait vibrer comme yel est, comme yel vient. Avec ce qu’yel a à offrir. Avec ce qu’yel n’a pas envie d’offrir. Sans attendre qu’yel fasse un jour sauter ses verrous ou qu’yel surmonte les traumatismes ou les TOC qu’yel trimballe. Tu l’accueilles, toute bancal-e et monumental-e et bizarre, ce qui te touche tellement. Le deux de coupes représente la relation où tu peux laisser tomber tes masques – pas forcément dans la seconde, mais au moins elle t’offre la sécurité pour pouvoir le faire. C’est la relation sans jugement. Intégrale.

Tu n’es pas naïve et moi non plus : cette relation n’est pas à l’abri des couacs et elle peut être pénible. Rien ne garantit sa durabilité, ni l’envie des personnes impliquées de la faire durer. En attendant, purée, elle est forte, elle est pure, elle est bouleversante. Baigne-toi dans sa coupe et laisse-lae plonger dans la tienne. Lèche goulûment chaque goutte. Ce genre de plaisir n’est pas si courant. Pourquoi le bouder ?

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Mots/expressions emblématiques:

Amour réciproque – connexion intense – âme-sœur – vibrer à l’’unisson – rencontre profonde – le big crush qui te marque durablement – passion basée sur le respect et la compréhension – échange amoureux – confiance mutuelle

 

Reine d’épées

La reine d’épées est on ne peut plus droite dans ses bottes. Peut-être un peu trop ? Elle a l’habitude des mauvais coups. On lui a brisé le cœur. Elle connaît l’abandon et les galères. Elle est revenue cent fois des dépressions les plus coriaces. Elle est résiliente. Elle en a morflé, ça l’a renforcée. Par endroits, ça l’a blindée d’une carapace impénétrable. Au moins, elle se sent en sécurité.

Si tu as besoin du jugement d’une personne calée dans l’analyse pour démêler une situation précise, vas la voir ! Elle a d’ailleurs probablement déjà décortiqué ce qui t’arrive sous toutes ses coutures. Sa vision d’ensemble ne l’empêche pas d’avoir des avis tranchés. Si tu cherchais quelqu’un-e de complaisant-e qui allait te brosser dans le sens du poil, c’est loupé. Par contre, tu peux être sûr-e que les vérités qu’elle va te balancer vont te chambouler. Avec ça, tu as de quoi te remettre en question et avancer. Dans ses bons jours, tu peux aussi compter sur elle pour t’écouter, pour accueillir tes doutes. Elle va te réconforter, mais sans pour autant faire de concession à ce qu’elle estime être juste.

C’est une communicante hors pair. Si tu as besoin de soutien pour relire une lettre de motivation, parcourir ton nouveau site ou corriger le mail dans lequel tu expliques ce que tu ressens à un-e de tes partenaires amoureux-ses, tu peux toujours lui demander. De toute façon, si elle n’est pas dispo pour le faire correctement – quelle que soit la raison – elle connaît suffisamment ses limites pour te dire non. On lui a assez marché sur les pieds ; elle a appris à se positionner. On a tou-te-s à apprendre d’elle et de son assertivité à défendre son territoire, ses réserves, ses ressources.

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Quelques mots/expressions emblématiques: 

sagesse – cynisme – logique – vision d’ensemble – honnêteté – connaissances – partage – dureté – direct-e – analyse – franchise – conseil – soutien – clarté

Tirage artiviste pour le Nouvel An

Quelques cartes (ok, une tartine, accrochez-vous!) pour dégager un message militant pour 2018.

Introduction : une carte d’oracle pour donner le ton

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Equality (jeu: Creatures of the Moon, a story-telling oracle). Oups, on commence par un mot que je n’aime pas beaucoup dans le contexte du militantisme. Les registres de l’ « égalité », des droits, de l’égalité des chances/des droits reflètent une approche réformiste ou assimilationniste. Ils demandent une place dans le système (judiciaire entre autres) ou une égalité avec les dominant-e-s. Ils ne remettent pas en cause la structure profondément injuste et inégalitaire de ce système. Des registres à manier avec précaution car, s’ils peuvent déboucher sur des acquis nécessaires pour améliorer la (sur)vie de certain-e-s, ils cautionnent aussi les pouvoirs en place. (il y a des choses intéressantes là-dessus dans le dernier livre de Sam Bourcier, Homo Inc.orporated)

La carte est tirée pourtant. L’égalité… Qu’est-ce qu’on met dans ce concept ? Est-ce un souhait ou un outil à mobiliser ? En version constat « Nous sommes tou-te-s égaux-ales » : n’est-ce pas là une phrase toute faite, un vœu (pieu) qu’on fait passer pour une réalité dans un tour de force qui sert à masquer l’ensemble des inégalités qui, quant à elles, sont bien présentes ? Dans l’idéal, l’égalité, c’est super. Dans les faits, « nous sommes tou-te-s égaux-ales » masque la réalité des systèmes d’oppression.
Et puis, cette phrase exprime le confort des privilèges. Qu’aurions-nous à perdre si nous réclamions une égalité effective au lieu de prôner une approche qui ne prend pas en compte les constructions sociales profondément inégalitaires et injustes de la race (colourblind), du genre, du sexe et des sexualités, de la classe. Qu’apporte cette approche qui nie l’existence d’une construction/fabrication/production/exploitation des corps sains, valides, malades, handicapés, gros, minces, racisés comme blancs ou comme non-blancs, migrants, traumatisés, exploités, jubilants, résistants et la stigmatisation/discrimination et des violences envers ceux qui sont trop éloignés de la norme ? Qu’aurions-nous à perdre si nous prenions réellement en compte les traitements différenciés et les structures qui les soutiennent ? Et par là, si on dévoilait ceulles qui en retirent quelque chose. N’est-ce pas en les désignant que la justice sociale à tout à gagner quitte à mettre à mal une égalité de façade ?

Masquer les différences sous couvert d’une égalité rêvée ou du « mythe d’une égalité déjà là », c’est refuser le réel changement social. C’est refuser de s’impliquer pour la justice sociale. Et, surtout, c’est refuser de se positionner. En route vers 2018, c’est le moment de se remettre en question. A nous d’évaluer ce que nous retirons de nos privilèges, ce que nous sommes prêt-e-s à perdre et à risquer. A nous de décrypter quand on éclipse les autres, quand on les silencie et de renoncer à ce fonctionnement. A nous de cerner comment on peut utiliser nos privilèges au lieu de se cacher derrière eux pour justifier notre inaction. Comme l’hippocampe sur cette carte, il est temps de plonger dans les eaux troubles de nos positions sociales.

Voici venu le moment de nommer les privilèges que l’on retire des inégalités. Où se trouve-t-on dans les rapports de pouvoir ? Et qu’aurait-on à perdre d’une égalité qui ne serait pas un miroir aux alouettes, mais effective – c’est-à-dire engageant une redistribution du pouvoir et/ou un anéantissement des pouvoirs en place ? Il y a beaucoup de questions à se poser en tant que groupes sociaux et en tant qu’individu-e-s appartenant à ces groupes.

Qu’avons-nous à perdre en tant que blanc-he-s ? En tant que valides ? Qu’est-ce qu’êtreDSC_7906 valide ? Qu’avez-vous à perdre en tant qu’hétéras et hétéros ? A quelle respectabilité s’accroche-t-on avec la minceur ? Au détriment de qui et pour le profit de qui ? Qu’avons-nous à perdre quand on est issu-e-s de la classe moyenne ? Comment peux-tu contribuer au mieux au changement social si tu as grandi dans la pauvreté avant d’accéder à une certaine aisance ? Comment cela informe-il ta position de classe ? Ou à l’inverse, si tu as le filet de sécurité d’une famille aisée mais la précarité d’une vie d’artiste sans revenus ? Comment utilises-tu ton capital social et culturel ? En tant que blanc-he-s peut-on soutenir les luttes anti-racistes sans jouer aux sauveur-ses bourré-e-s de supérorité ? Qui doit prendre le plus de risques pour demander la réécriture des manuels scolaires sur l’histoire coloniale ou pour vandaliser les statues de Léopold 2, le roi génocidaire ? Es-tu prêt-e à prendre le risque ? Es-tu prêt-e à refuser ta part du gâteau, à te taire ou à céder la place sur le devant de la scène et la reconnaissance financière et/ou artistique qui va avec pour laisser la parole aux personnes moins privilégié-e-s que toi et qui ont davantage besoin de cet espace pour yels et pour leur communauté ?

Les rapports de pouvoir dans la société se reflètent dans chacune de nos interactions. C’est peut-être bien la fête aujourd’hui… mais pour qui ? Qui peut se payer quoi ? Qui ne sera pas en sécurité dans les rues ce soir ? Qui dort à la rue ? Qui se trimbale des traumatismes qui déclenchent des phobies sociales ? Qui n’a pas d’ami-e-s et pourquoi ?

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Cette première carte m’inspire un exercice à faire, sous forme d’un tirage ou autre chose.

  • Quel est mon engagement pour la justice sociale en 2018 ?
  • Entre réflexion, apprentissage, auto-réflexivité et passage à l’action, que puis-je faire ?
  • Le burn-out militant, on n’a pas fini d’en parler, quelles sont mes limites ? Quand dois-je refuser de diluer mon intégrité dans une lutte qui me paraît foireuse ?

Je tire des cartes du grandiose Next World Tarot de Cristy C. Road pour tenter d’y répondre.

  1. Quel est mon engagement pour la justice sociale en 2018 ?

C’est la carte de La Justice qui sort. J’y pensais en rédigeant ce texte depuis que j’ai tiré la carte de l’égalité et j’avoue que je m’attendais à la tirer parmi les 78 . Je pensais aux paroles de Cristy C. Road, une artiste queer et racisée comme non-blanche vivant aux Etats-Unis. Au lieu de répéter ce que les personnes concernées disent mille fois mieux que moi (ça va de soi!), je traduis son interprétation de la carte. Le texte en anglais est sur sa page: https://www.facebook.com/CristyCRoad/photos/a.205458216161361.54830.166845026689347/1952723704768128/?type=3&theater

DSC_7890« Quand la justice règne, les communautés qui sont dans les marges sont sublimées. Ce à quoi l’oppresseur-e répond en se renforçant afin de maintenir son pouvoir. L’histoire des présidentielles états-uniennes en témoigne : les conservateurs les plus intolérants se sont élevés en des temps de résilience humaine. Pour en finir avec les systèmes ancrés dans le racisme, la misogynie, le validisme, l’homophobie et la haine, il faut reformuler la désobéissance et l’agitation civiles. La Justice, c’est te connecter aux racines d’un mouvement et pratiquer à fond ce en quoi tu crois. La Justice, c’est la responsabilité par rapport à tes actes et à ta position (accountability). La Justice, c’est une fête tapageuse de vérité et d’amour et de défis et d’humanité. C’est la leçon apprise à l’instant, qui affecte d’ores et déjà la vie dont tu fais l’expérience.

La Justice, c’est pas une histoire d’équilibre. C’est une attaque fougueuse faite à la haine et aux préjugés. C’est l’élévation des voix marginales au lieu de parler à leur place.

La Justice te demande de t’entraîner à parler avec les tripes parce que c’est ça ta réponse à l’injustice. Revendique le pouvoir derrière ton corps noir, brun, non-blanc, magique, hors-norme et parfois dénigré. La Justice, c’est l’amour de soi (self-love) envers et contre tout. La Justice, c’est cette marche où t’as enfin pu dire « Je suis là, je suis queer, et on me la fait pas, merde ! ». La Justice, c’est lâcher prise par rapport aux affiliations toxiques qui ont effacé ton pouvoir personnel, tout en acceptant ta responsabilité pour le rôle que tu as joué là-dedans. La Justice, c’est de partager ce pouvoir avec ceulles qui en ont besoin.

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La Justice, c’est te poser les questions qui vont purifier ta conscience ou bien te laisser respirer. Quelles sont les structures de pouvoir dans ta vie, à cause des traditions ou de l’histoire, qui remettent en cause La Justice ? Pourquoi pardonne-t-on à ceulles qui n’ont pas conscience de nos luttes ou qui les méprisent ? Pourquoi je suis là ; à ce rassemblement, à cette manifestation, dans ce mouvement, dans cet esprit ? Est-ce que je me réapproprie un mouvement qui n’est pas le mien ? Est-ce que j’en retire un quelconque profit ? Est-ce que mon cœur y est ? Est-ce qu’on m’utilise ? Est-ce que je sers de caution, de garantie ou de faire-valoir (token) ? Est-ce que je suis en sécurité ? Est-ce que c’est safe pour moi ?

La Justice, c’est la connaissance du sentiment d’être chez soi. C’est savoir que ta respiration a de la valeur, c’est être validé-e et avoir l’autorité totale sur ton corps.

La Justice est fabuleuse et elle veut que tu sois présent-e dans sa révolution. »

  1. Qu’est-ce que j’embarque avec moi ?

Le 8 de bâtons. Savoir t’envoler, savoir te laisser porter. Avec joie et légèreté malgré l’ampleur de la tâche qui t’attend. Arrêter de te poser dix milles questions et, si tu peux le faire, décolle avec la brillante idée qui germe en toi. Dis-oui sans hésiter à la proposition pertinente et ambitieuse. Fais usage de tes capacités. Ne renie pas tes compétences. Tu as souvent tendance à les diminuer mais elles sont là. Embrasse-les, revendique-les, tu as à apporter à cette lutte. DSC_7929Ta voie ne sera pas nécessairement être de toutes les manifs. Les manifestations sont souvent empreintes de masculinité toxique voire de violences sexistes. Elles consistent généralement à bouger à un rythme soutenu calqué sur un mode de déplacement valide qui ne convient pas à tout le monde. Peut-être que tu vas ouvrir ta porte à des migrant-e-s pour une nuit ou pour un an. Peut-être que tu vas ouvrir un blog où tu partageras des analyses ou des photos ou tout autre contenu libre d’accès pour toucher ta communauté. Peut-être que tu es un-e hactiviste qui s’ignore. Peut-être que tu peux faire un don d’argent pour un festival / un espace queer et.ou racisé (Queerasse / Le Space / La Mutinerie) ou pour soutenir une artiste trans (Otter Lieffe) ou bien pour soutenir la transition d’une personne trans ou pour acheter des sacs de couchage ou tout autre matériel pour les migrant-e-s que nos gouvernements refusent d’accueillir et traitent avec violence (deux euros cinquante). Ou bien créer de la mobilisation ou des choses concrètes autour de ça. Ou peut-être que tu as une idée ou une proposition complètement différente. Embarque cette énergie d’action pure, puissante et constructive dans ton parcours militant ou artiviste pour 2018.

  1. Entre réflexion, apprentissage, auto-réflexivité et passage à l’action, que puis-je faire ?

DSC_7874Le 9 de pentacles est la reine du do it yourself. Elle bricole des solutions pour les autres : remèdes de sorcières pour nettoyer un squat, système pour un podcast alternatif diffusé en ligne, gueulophone pour une manif ou une performance militante, retaper meubles de récup pour un espace safe, pour des personnes qui ont trouvé un logement ou qui vivent dans des conditions insalubres, préparer un bon repas pour les potes en galère ou pour des inconnu-e-s qui en ont besoin. Elle est consciente des privilèges qui lui permettent de développer et de partager ses compétences.

DSC_7910Des compétences qu’elle utilise pour elle-même! C’est vital pour contre-balancer l’énergie énorme que le 8 de bâtons met dans la lutte. Elle a besoin de créer son jardin secret, aussi safe et autonome que possible. Pour elle-même avant tout : pour se ressourcer, pour créer, pour réfléchir, pour prendre soin d’elle. Cet espace (physique ou non) est rempli d’amour. Peut-être sera-t-il un jour un havre de ressourcement pour d’autres aussi. A l’image du 9 de pentacles, ne sacrifie pas ton bien-être ou les instants de répit que connaît ta précarité ou à ta maladie dans le combat pour la justice sociale. Pour ne pas t’effondrer durablement, ne culpabilise pas de l’énergie que tu consacres à cet espace. Si elle est vitale pour toi, elle l’est aussi pour le monde. Les politiques queer radicales redéfinissent l’amour, l’intimité, le sexe, l’épanouissement et aussi les notions d’égoïsme ou de sacrifice de soi. N’aie pas peur d’envoyer valser les impératifs du/de la bon-ne artiviste. A travers ton engagement, au gré des chemins de traverse et des énormes détours, au fil de tes pauses, tu ouvres la voie à nos multitudes. Même quand tu ne te poses pas la question. Même si tout ce que tu as en tête est ta survie.

  1. Le burn-out militant, on n’a pas fini d’en parler… quelles sont mes limites ? Quand dois-je refuser de diluer mon intégrité dans une lutte qui me paraît foireuse ?

DSC_7912Le 6 de bâtons fait également écho au 9 de pentacles. Les éphémères moments de victoire ou de répit sont chers et bancals. Émerveille-toi de ce que tu as accompli. Quand personne ne reconnaît ton apport, prends quand même le temps de profiter. Immerge-toi dans ton succès. Regarde les blessures dont tu as pris soin, les cicatrices brillent. Leurs scintillement t’offre une beauté à mille lieux des standards. Le monde hétérociscapitaliste blanc est encore bien en place. Il te faudra retourner au combat, en baver, soigner tes proches et des inconnu-e-s, voir les tiens qui crèvent sous les coups de la police ou qui « perdent » leur job pour que les riches continuent de s’enrichir au détriment de vos vies et de la planète… et répliquer. Alors, juste pour quelques heures ou pour quelques semaines, profite de tes victoires, profite de la lumière. Brille ! Avec les luttes à venir restent dans un coin de ta tête, resplendis. Comme le disait le 9 de pentacles : le changement social va prendre du temps, ne t’épuise pas trop vite.

  1. Conseils/inspiration

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La confiance du Vessel Oracle. On a de la magie dans les mains. On peut compter les un-e-s sur les autres. Même si tu es seul-e à en crever pour le moment, aie confiance, ta communauté n’est pas loin. Et fais-toi confiance pour demander le soutien dont tu as besoin s’il ne vient pas à toi. On peut aussi placer notre confiance dans nos capacités à se battre pour la justice sociale pas uniquement dans la réaction aux oppressions et la réplique aux dominant-e-s, mais aussi dans l’invention et la création d’alternatives.

tirage artiviste

7 de coupes pour 2017

DSC_0009Retour sur la dernière année avec le Slow Holler.

Le 7 de vases/vaisseaux. Mais à l’envers. J’ai célébré mon côté touche-à-touche au lieu de me laisser submerger par des envies et des rêves dans tous les sens. Ces idées n’en sont pas restées au stade de fantasmes stériles ; elles ont pris corps. Le choix de ne pas faire de choix dans mes centres d’intérêt m’aura permis d’explorer plusieurs voies. Les projets qui maturaient depuis des années ont bourgeonné.

En général, le 7 de coupes parle de la difficulté à suivre une voie, en particulier à sortir des voies qui tournent en boucle dans nos têtes, quand les possibilités embrument notre esprit. Entre les mille choses envisageables, c’est la confusion qui règne. Du temps passé à rêvasser et à construire des châteaux en Espagne plutôt que des choses concrètes. Le côté épuisant de ces réflexions. Des possibilités qui paraissent toutes aussi tentantes mais incompatibles entre elles. Beaucoup de jeux dans la tradition du Rider-Waite-Smith montrent un personnage décontenancé-e devant les coupes face à yel, chacune étant remplie de choses très différentes. Souvent l’une d’elle cache un point d’interrogation ou est voilée ou retournée, comme une invitation à se saisir d’autres rêves au lieu de fantasmer des pistes dont on sait au fond qu’elles ne sont qu’un moyen de se détourner d’un vrai défi.

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Le 2 de cailloux me rappelle que vivre mes rêves m’a longtemps semblé inaccessible en raison de ma santé mentale instable. Depuis quelques années, c’est ma santé plus générale qui me pose problème : système immunitaire au ralenti, asthme et infections pulmonaires à répétition, allergies pendant une bonne moitié de l’année. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir jonglé, sans me faire violence. L’exercice est moins périlleux qu’il n’y paraît à première vue si je ne me mets pas la pression. Si j’accepte qu’il y a des semaines, voire des mois, où je ne suis pas bonne à grand-chose (et puis au final, je peux revenir sur ces périodes et voir de grandes choses). Si j’accepte que, quitte à décevoir des personnes qui comptait sur mon engagement, je dois annuler une participation à un projet. Avec une bonne écoute à mon rythme et beaucoup d’indulgence, je parviens à goûter à chacune de mes coupes, ce qui est à la fois épanouissant et porteur. Parfois, j’ai peur de flirter avec la complaisance vis-à-vis de ma fainéantise ou de mes limites. Mais je les respecte quand même. Je me rends bien compte que c’est en les abordant avec douceur que je parviens finalement à accomplir le plus et à me sentir le mieux.

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Slow Holler Tarot

En harmonie : le 10 de cailloux. Mon chez-moi. Ma communauté. Une certaine stabilité. Le privilège de vivre dans un logement temporaire avec un loyer peu élevé plus un background familial qui fait que je ne vis pas dans la précarité y contribuent bien sûr. Inutile de se voiler la face sur les conditions matérielles qui assurent une certaine créativité.

Du coup, quelques-unes des choses que je savoure autour du solstice d’hiver :

  • L’alimentation de http://grossefem.tumblr.com, mon blog sur le militantisme gros, (ce qui n’était pas possible plus tôt quand le community organising prenait plus d’espace) ET la publication de mes deux zines (republication prochaine, contacte-moi pour réserver). En partie avec l’aide du 24 hours zine workshop et en partie grâce à Sem dont je vous conseille vivement les zines et le projet Queerasse.
  • J’ai pas trop nourri ce blog-ci, mais j’ai fait des vidéos. Grâce à elles, j’espère diffuser un contenu plus accessible sur la queerisation du tarot.
  • J’ai eu l’occasion de monter sur scène – une des choses qui m’éclate le plus !
  • J’ai commencé à m’intéresser davantage à la sorcellerie : j’ai fait plein de rituels, d’encens et de tisanes. J’ai appris à écouter mieux mon intuition et j’ai reçu plein de messages de mes guides et ancêtres. C’était absolument magique. Intense. Enrichissant.
  • J’ai suivi des cours de tarot, j’ai approfondi ma pratique, j’ai donné des sessions de consultation (à des événements ou chez moi). Malgré les séances sur lesquelles je cale et surtout la difficulté de passer des messages à des consultant-e-s réticent-e-s (encore beaucoup à apprendre), j’ai l’impression de grandir en tant que tireuse de cartes, d’avoir de plus en plus de séances magiques, où il se passe quelque chose de fort.
  • J’ai décidé de poursuivre mon break par rapport à des projets collectifs (une grande décision pas facile à prendre). Je l’ai en partie rompu pour rassembler des guérisseur-ses, artistes, sorcières ou fems dans l’organisation d’un atelier sur la réappropriation de nos corps « hors-normes » (queer, trans, gros, handis, racisés). C’est un bonheur d’être entourée de personnes aussi fabuleuses avec qui tout ce qu’on organise se déroule de façon spontanée, organique, douce ou quoi… enfin, sans qu’on ait l’impression de travailler.
  • J’avais juré de ne plus répondre aux médias non-communautaires, mais j’ai donné une interview et fait des photos pour 24h01. Leur numéro « obésité » est problématique sur de nombreux points, mais je suis super contente de l’article sur les féministes grosses et des photos. Regaaaaarde :

    Crédit : Dyod photography
  • Pour 2018, j’aimerais passer au statut d’indépendante complémentaire à côté de mon mi-temps pour pouvoir demander de l’argent pour mes tirages (pas toujours, mais de temps en temps), publier des textes, donner des formations.

 

Trucs et astuces pour apprendre le tarot

Bon visionnage 🙂

Le 10 de couteaux comme solution ou conseil ou…

Il n’y aura pas de dénouement facile. Une entreprise de démêlement laborieuse, par contre. Il y aura un retour aux sources. Là d’où s’écoule la  tristesse intarissable. Le flot de larmes. Il y aura des inondations.

La matrice démolie. Les repères lacérés. Il y aura – il y a déjà – le goût du sang dans la bouche. Se mordre la langue pour ne pas hurler. Ronronner pour ne pas se démanteler. Toutes les nuits.
J’ai la mâchoire serrée. Démontée. La douleur s’étend à l’ensemble du corps.
Comment font les gens qui ne ronronnent pas. Ce bruit de moteur assourdissant, cette vibration qui vient d’aussi loin que mon corps peut puiser. Comment font les gens ? Quand j’avais 3 ans, j’ai commencé à humer cette musique pour m’endormir. En tournant mes cheveux dans la main.
Comment vous débrouillez-vous pour survivre sans ces rengaines. Sans ces manies qui triturent les cheveux, les perruques ? Comment fait-on ? Je n’ai qu’une vague idée de la normalité.

Ma vie est un stress post-traumatique constant. Ce n’est pas parce que je suis stabilisée depuis presque 5 ans que ce stress a disparu. Il ne pourrait être sous contrôle en permanence. Pour que la rivière ne déborde pas trop de son lit, il faut parfois laisser se déverser les torrents. Déesse, comme je crains les torrents !

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slow holler

S’emparer des couteaux. Être celle qui s’empare des couteaux. Celle qui ne craint pas le processus. Quand j’y repense. J’ai commencé à m’auto-mutiler il y a 20 ans. Je ne peux pas faire taire cette vie. Cette personne est toujours là. Il faut apprendre à vivre avec mes mille vies. Celles qui ont lieu maintenant. Celles qui ont eu lieu il y a des millénaires.

Comment font les gens qui n’ont pas mille vies ? Comment font les gens qui peuvent se contenter d’être uniquement ici ? Je ne sais pas comment je pourrais être aussi ancrée dans le présent si je n’avais pas ces portes ouvertes à tout le reste.

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Slutist tarot

Le 10 de couteaux, c’est ce qui nous unit. La tragédie. Ce qu’on fait des tragédies. Comment on les traverse.

J’ai peur des portes ouvertes parfois. J’ai peur de connaître déjà l’inévitable. D’entendre ce qui est en marche, même en grande partie inaudible. Le bourdonnement me stresse. Quand est-ce que le bourdonnement fait sens ? Quand est-ce que le brouhaha fait place à la clarté cristalline.

Mes mille vies. Patterns. Ce qui était là. Ce qui revient. La vie cyclique. La vie qui s’embrase.

Je disais souvent : je fais de l’écriture automatique mais ce n’est pas une conversation avec les esprits. En fait, j’ai toujours communiqué avec les esprits. C’est pour ça que certains films même pas tristes me font chialer. C’est pour ça que je jalouse parfois celles.ceux qui ont une connexion directe et limpide avec leurs ancêtres. J’ai le brouhaha. Les messages cryptés. Mes virevoltantes ancêtres. Que je les accepte ou non. J’ai la méchante sorcière. J’ai beau la renier, elle se plaît encore à rôder.

J’ai juste des connexions parfois – souvent dans la folie. Rien ne nous distingue des folles. Nous sommes ces sorcières-là. Allô ? J’ai dit allô ? Et tu parles. Enfin, tu ne parles pas, tu déverses des torrents. Et je pleure des malheurs qui ne sont pas les miens. Nos malheurs sont de toute façon interconnectés. Je ne serai une bonne mutante qu’à ce prix. En extrapolant. En décentrant. Je suis là pour porter le flambeau. Le témoignage.

Du flambeau au bûcher. On dit qu’il faut briller pour ne pas brûler (une citation de Lisette Lombé). Mais je crains pouvoir autant brûler que briller. Je ne peux cesser de brûler. La carte du diable. Il y a les petites filles des sorcières qu’on n’a pas brûlées. Et nous, les descendantes de celles qu’on a brûlées. Les torturées. Les illuminées. 

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Consultations de Samhain!

Mise à jour du 24/10: c’est complet pour cette fois!

L’automne, ma saison préférée! Pour certaines sorcières, cette période est aussi spéciale avec Samhain, le 31 octobr

Comment résister? Je propose des consultations avec mes tarots et oracles pour Samhain/Halloween, pardi!

Plus d’infos? Ma charte est par là.

Cette fois, je te reçois contre une contribution libre, un don pour un pot commun en vue de mes prochains achats « tarots ».

Le vendredi 27 octobre, le dimanche 29 octobre et le jeudi 2 novembre

Ixelles (Belgique), à proximité des transports en commun

Rendez-vous à fixer ensemble, entre 15h et 22h, pour des sessions qui dureront entre 30 et 90 minutes, le temps de boire aussi une tisane ou un café et de discuter si ça te dit.

Contact, infos, résa, tout ça: cathoutarot@gmail.com

J’utiliserai:
Les tarots: Slow Holler, Slutist, Wild Unknown, Thea, Niki de Saint-Phalle
Les oracles: Oracle of Oddities, Vessel Oracle

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5 d’épées – revisiter la souffrance et épouser la monstruosité en contexte oppressif

Figures monstrueuses qui peuplent les imaginaires des victimes du patriarcat. Les langages tortueux quand les traumatismes affleurent à la surface. Les visions insupportables. Néanmoins, édulcorées par rapport ce qu’elles masquent encore. Laideur, corps en décomposition, démantelés, éparpillés, lacérés. Lisses comme des bosses à la place des yeux, des crânes échevelés. Ou des cratères comme des plaies béantes, des pustules suintantes. Et puis des os. Des os partout. Sur le sol. Autour du cou comme des bijoux. Six pieds sous terre, dans les rêves ou dans les dessins. Des os dans l’écriture automatique. Cet irréductible qu’il n’aura pas encore eu de nous. Même pour ceulles que leurs coups ont cassé-e-s, scindé-e-s, abîmé-e-s.

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the wild unknown tarot

Le 5 d’épées, dans certains jeux en tout cas, m’évoque tout ça. Notre capacité à nous régénérer, non pas pour mieux nous assimiler, mais pour mieux résister. Couper. Triturer. Éplucher. Trancher. Scier. Dépecer. Décortiquer. Parce que nous sommes en morceaux de toute façon. Autant aller jusqu’au bout. Plus loin que l’hétéropatriarcat. Dans une meilleure connaissance. Jusqu’à la moëlle. Épinière. Se reconstituer de l’intérieur une structure qui nous tiendra. Dans notre monstruosité. Fièr-e.

Ma compagne, l’artiste Rose Butch, est en train de travailler sur un portrait de moi qui devient monstrueux à mesure qu’elle le revisite. Il ne s’attache pas au réalisme. Il ne s’accroche pas à une apparence. Il me dévore. D’ailleurs, je me retrouve dévoreuse dans cette peinture. Comme une invitation à se laisser engloutir dans mes profondeurs. Sans garantie quand à la bienveillance qu’on y trouvera. Potentiellement, la bile vous engluera. Ou vous fonderez pris-e au piège de l’acidité de mon estomac ulcéreux. Les figures maternelles tragiquement désespérées ou cruellement en quête d’identité peuplent ses toiles. Et les représentations que je me fais de moi-même. Et puis, qui est-on pour l’autre? Qu’est-on au sein du couple? Qu’est-on dans nos amitiés? Ambiguës. La Méduse! Médée? Déjà les teintes de la toile sonnent le glas de la somptuosité. Elle sera tragique.

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Tarot of the Crone (en fond une carte postale du Slutist Tarot et un portrait de Méduse par Pierre et Gilles)

Les critiques patriarcales de certaines artistes ont balayé l’expression de leurs névroses ou psychoses. Sylvia Plath est emblématique. La fascination des adolescentes, qui trouvent dans ses œuvres les thèmes qui les taraudent, est moquée. On rit de leur gribouillages: des yeux qui pleurent, des mains qui pendent, des plaies. Mis bout à bout pourtant, ils relatent les traumatismes laissés par les violences patriarcales et leurs imbrications avec les violences racistes et coloniales, capitalistes, handiphobes, grossophobes,… Ces récits donnent vie. Individuellement, ils nous conduisent au traumatisme, souvent oublié ou déformé, qui nous revient avec d’autres visages. Collectivement, nos imaginaires se rencontrent pour dessiner puis dénoncer les violences que nous subissons. Et puis, par ces échos, par la fin de nos solitudes, nous pourrons résister, démanteler le système et pas nous, et inventer. Et construire. Solidairement, dans le respect de nos multiplicités et, surtout le travail sur chacun de nos privilèges. Complices.

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Gorgon’s Tarot

Le 5 de couteaux du Slow Holler, c’est la personne qui accède à ce qui a été planté en elle pour mieux se saisir des instruments de son autonomie. Sa vengeance sera peut-être artistique, peut-être légale, peut-être… Le 5 d’épées du Wild Unknown, c’est la coupure fatale. L’autodestruction ou la destruction la plus aboutie. Mais le ver se dédouble et repart creuser des galeries, aérer le sol, prendre soin de nos fondations. Le 5 d’épées du Gorgon’s tarot, c’est la souffrance de l’épée qui nous traverse le cœur et notre robe pourtant immaculée. C’est nos compagnes/ons de route qui sont témoins, qui acceptent

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Slow Holler Tarot

notre récit et nous aideront à le porter. A le défaire. A lutter. Ce sont ces 4 autres épées qui nous aident à tenir, pour le moment, et dont nous nous emparerons à l’heure de reprendre le combat.

Incarner la figure monstrueuse. Point.

Points de suspension

Respirer

 


Lectures du jour:

  • Parce que la monstruosité est étudiée et réappropriée différemment par les personnes non-blanches, en fonction de l’imbrication de l’hétérocispatriarcat et de la suprématie blanche, le colonialisme, l’universalisme et l’impérialisme.

Le blog d’un.e mutant.e décoloniale, commencez ici: Sortir du rêve et trahir sa race. Et continuez.

Je suis un.e animal.e par Po B. K. Lomami

Shrine of the Black Medusa Tarot, A collaged celebration of Blackness, par Casey Rocheteau

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