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En chariot dans l'univers du tarot

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Six de coupes

Ecoute ton cœur. Enlève les couches de protection. Regarde à travers ce qu’on t’a dit qu’il fallait que tu sois. Mets de côté ce que tu as essayé de devenir pour rompre avec des schémas ou des environnements toxiques. Ecoute ce qui remonte de très loin, peut-être de ton enfance ou de ton adolescence et peut-être même d’une vie antérieure ou de tes ancêtres ou d’une de tes vies parallèles. Ce que tu y trouves est peut-être vacillant. Si ça tremblote, réchauffe-les entre tes paumes ou sur ton nombril, entre les plis de gras ou de peau. Imprègne-toi de cette énergie rassurante. Laisse-toi emplir de la douceur de tes souvenirs.

Dans sa facette sombre, souvent à l’envers, cette carte peut t’encourager à faire face à des souvenirs douloureux qui affectent encore ton fonctionnement, probablement inconsciemment. Sous ces aspects les plus lumineux, elle t’invite à faire de la place pour ce qui t’émerveillait dans le passé, ce qui te faisait te sentir libre, sans entrave, tourbillonant-e, puissant-e et sans pression. Elle t’invite à chérir ces souvenirs. Si tu ne peux pas les faire revivre tels qu’ils étaient alors, comment peux-tu les cultiver aujourd’hui ? Vas-tu appeler un-e pote d’enfance ? Vas-tu t’inscrire à un club de volley ou à des cours de poterie ? Vas-tu acheter des gouaches, une boîte à outils ou des semences ? Vas-tu prendre le premier train pour la mer et courir à en prendre haleine face au vent iodé ? Vas-tu te faire couler un bain pour la première fois depuis dix ans ? Vas-tu relire tous les Harry Potter ou reprendre cette fan fiction que tu avais abandonné en cours à l’époque ?

Qu’en est-il de tes rêves les plus insensés ? Est-ce qu’avec le recul tu ne pourrais pas les récupérer ou les réinterpréter ? Ou plus simplement y repenser, les emmener dans une de tes rêveries et les laisser t’entourer de leur innocence ?

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Quelques mots/expressions emblématiques: 

Souvenirs – nostalgie – les schémas qui viennent de l’enfance – les vieilles passions ou loisirs qui te font encore du bien – renouer avec les centres d’intérêt du passé – comprendre les mécanismes qui nous façonnent depuis longtemps – simplicité – revenir aux choses qui nous nourrissent et éliminer les fioritures ou le superflu

Deux de coupes

Cette carte, ma parole, c’est celle du grand amour. On est biberonné-e-s aux contes de fées à la sauce Disney. C’est vrai qu’ils reposent sur des mythes sexistes, cishétéronormés, racistes, âgistes, classistes et fervemment monogames. Mais, on a beau le savoir, ça nous trotte souvent dans un coin de l’esprit. Rassure-toi, le deux de coupes n’est pas le grand amour version le pervers qui poursuit l’héroïne pendant quatre saisons parce que, consentement ou pas, c’est elle, la seule et l’unique. C’est pas le big love version gamin-e-s, maison et labrador. C’est l’amour authentique tel que toi, tu le définis, pour la life toute entière ou pour une nuit, en mode exclusif, asexuel, aromantique ou polyamoureux. La forme importe peu.

Ce qui importe, c’est qu’il s’agit d’une connexion hors du commun entre deux personnes, genre intense, passionnée, qui te crée des raz-de-marée dans le bas-ventre ou des papillons dans les cordes vocales. C’est la rencontre au moment où on ne se voit plus l’un-e l’autre à travers un filtre, mais qu’on s’ouvre complètement à la personne en face de nous, dans la réciprocité. Ce truc rare quand vraiment, mais vraiment, on laisse tomber les a priori et on reçoit la personne qui nous fait vibrer comme yel est, comme yel vient. Avec ce qu’yel a à offrir. Avec ce qu’yel n’a pas envie d’offrir. Sans attendre qu’yel fasse un jour sauter ses verrous ou qu’yel surmonte les traumatismes ou les TOC qu’yel trimballe. Tu l’accueilles, toute bancal-e et monumental-e et bizarre, ce qui te touche tellement. Le deux de coupes représente la relation où tu peux laisser tomber tes masques – pas forcément dans la seconde, mais au moins elle t’offre la sécurité pour pouvoir le faire. C’est la relation sans jugement. Intégrale.

Tu n’es pas naïve et moi non plus : cette relation n’est pas à l’abri des couacs et elle peut être pénible. Rien ne garantit sa durabilité, ni l’envie des personnes impliquées de la faire durer. En attendant, purée, elle est forte, elle est pure, elle est bouleversante. Baigne-toi dans sa coupe et laisse-lae plonger dans la tienne. Lèche goulûment chaque goutte. Ce genre de plaisir n’est pas si courant. Pourquoi le bouder ?

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Mots/expressions emblématiques:

Amour réciproque – connexion intense – âme-sœur – vibrer à l’’unisson – rencontre profonde – le big crush qui te marque durablement – passion basée sur le respect et la compréhension – échange amoureux – confiance mutuelle

 

Reine d’épées

La reine d’épées est on ne peut plus droite dans ses bottes. Peut-être un peu trop ? Elle a l’habitude des mauvais coups. On lui a brisé le cœur. Elle connaît l’abandon et les galères. Elle est revenue cent fois des dépressions les plus coriaces. Elle est résiliente. Elle en a morflé, ça l’a renforcée. Par endroits, ça l’a blindée d’une carapace impénétrable. Au moins, elle se sent en sécurité.

Si tu as besoin du jugement d’une personne calée dans l’analyse pour démêler une situation précise, vas la voir ! Elle a d’ailleurs probablement déjà décortiqué ce qui t’arrive sous toutes ses coutures. Sa vision d’ensemble ne l’empêche pas d’avoir des avis tranchés. Si tu cherchais quelqu’un-e de complaisant-e qui allait te brosser dans le sens du poil, c’est loupé. Par contre, tu peux être sûr-e que les vérités qu’elle va te balancer vont te chambouler. Avec ça, tu as de quoi te remettre en question et avancer. Dans ses bons jours, tu peux aussi compter sur elle pour t’écouter, pour accueillir tes doutes. Elle va te réconforter, mais sans pour autant faire de concession à ce qu’elle estime être juste.

C’est une communicante hors pair. Si tu as besoin de soutien pour relire une lettre de motivation, parcourir ton nouveau site ou corriger le mail dans lequel tu expliques ce que tu ressens à un-e de tes partenaires amoureux-ses, tu peux toujours lui demander. De toute façon, si elle n’est pas dispo pour le faire correctement – quelle que soit la raison – elle connaît suffisamment ses limites pour te dire non. On lui a assez marché sur les pieds ; elle a appris à se positionner. On a tou-te-s à apprendre d’elle et de son assertivité à défendre son territoire, ses réserves, ses ressources.

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Quelques mots/expressions emblématiques: 

sagesse – cynisme – logique – vision d’ensemble – honnêteté – connaissances – partage – dureté – direct-e – analyse – franchise – conseil – soutien – clarté

7 de coupes pour 2017

DSC_0009Retour sur la dernière année avec le Slow Holler.

Le 7 de vases/vaisseaux. Mais à l’envers. J’ai célébré mon côté touche-à-touche au lieu de me laisser submerger par des envies et des rêves dans tous les sens. Ces idées n’en sont pas restées au stade de fantasmes stériles ; elles ont pris corps. Le choix de ne pas faire de choix dans mes centres d’intérêt m’aura permis d’explorer plusieurs voies. Les projets qui maturaient depuis des années ont bourgeonné.

En général, le 7 de coupes parle de la difficulté à suivre une voie, en particulier à sortir des voies qui tournent en boucle dans nos têtes, quand les possibilités embrument notre esprit. Entre les mille choses envisageables, c’est la confusion qui règne. Du temps passé à rêvasser et à construire des châteaux en Espagne plutôt que des choses concrètes. Le côté épuisant de ces réflexions. Des possibilités qui paraissent toutes aussi tentantes mais incompatibles entre elles. Beaucoup de jeux dans la tradition du Rider-Waite-Smith montrent un personnage décontenancé-e devant les coupes face à yel, chacune étant remplie de choses très différentes. Souvent l’une d’elle cache un point d’interrogation ou est voilée ou retournée, comme une invitation à se saisir d’autres rêves au lieu de fantasmer des pistes dont on sait au fond qu’elles ne sont qu’un moyen de se détourner d’un vrai défi.

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Le 2 de cailloux me rappelle que vivre mes rêves m’a longtemps semblé inaccessible en raison de ma santé mentale instable. Depuis quelques années, c’est ma santé plus générale qui me pose problème : système immunitaire au ralenti, asthme et infections pulmonaires à répétition, allergies pendant une bonne moitié de l’année. Pourtant, j’ai l’impression d’avoir jonglé, sans me faire violence. L’exercice est moins périlleux qu’il n’y paraît à première vue si je ne me mets pas la pression. Si j’accepte qu’il y a des semaines, voire des mois, où je ne suis pas bonne à grand-chose (et puis au final, je peux revenir sur ces périodes et voir de grandes choses). Si j’accepte que, quitte à décevoir des personnes qui comptait sur mon engagement, je dois annuler une participation à un projet. Avec une bonne écoute à mon rythme et beaucoup d’indulgence, je parviens à goûter à chacune de mes coupes, ce qui est à la fois épanouissant et porteur. Parfois, j’ai peur de flirter avec la complaisance vis-à-vis de ma fainéantise ou de mes limites. Mais je les respecte quand même. Je me rends bien compte que c’est en les abordant avec douceur que je parviens finalement à accomplir le plus et à me sentir le mieux.

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Slow Holler Tarot

En harmonie : le 10 de cailloux. Mon chez-moi. Ma communauté. Une certaine stabilité. Le privilège de vivre dans un logement temporaire avec un loyer peu élevé plus un background familial qui fait que je ne vis pas dans la précarité y contribuent bien sûr. Inutile de se voiler la face sur les conditions matérielles qui assurent une certaine créativité.

Du coup, quelques-unes des choses que je savoure autour du solstice d’hiver :

  • L’alimentation de http://grossefem.tumblr.com, mon blog sur le militantisme gros, (ce qui n’était pas possible plus tôt quand le community organising prenait plus d’espace) ET la publication de mes deux zines (republication prochaine, contacte-moi pour réserver). En partie avec l’aide du 24 hours zine workshop et en partie grâce à Sem dont je vous conseille vivement les zines et le projet Queerasse.
  • J’ai pas trop nourri ce blog-ci, mais j’ai fait des vidéos. Grâce à elles, j’espère diffuser un contenu plus accessible sur la queerisation du tarot.
  • J’ai eu l’occasion de monter sur scène – une des choses qui m’éclate le plus !
  • J’ai commencé à m’intéresser davantage à la sorcellerie : j’ai fait plein de rituels, d’encens et de tisanes. J’ai appris à écouter mieux mon intuition et j’ai reçu plein de messages de mes guides et ancêtres. C’était absolument magique. Intense. Enrichissant.
  • J’ai suivi des cours de tarot, j’ai approfondi ma pratique, j’ai donné des sessions de consultation (à des événements ou chez moi). Malgré les séances sur lesquelles je cale et surtout la difficulté de passer des messages à des consultant-e-s réticent-e-s (encore beaucoup à apprendre), j’ai l’impression de grandir en tant que tireuse de cartes, d’avoir de plus en plus de séances magiques, où il se passe quelque chose de fort.
  • J’ai décidé de poursuivre mon break par rapport à des projets collectifs (une grande décision pas facile à prendre). Je l’ai en partie rompu pour rassembler des guérisseur-ses, artistes, sorcières ou fems dans l’organisation d’un atelier sur la réappropriation de nos corps « hors-normes » (queer, trans, gros, handis, racisés). C’est un bonheur d’être entourée de personnes aussi fabuleuses avec qui tout ce qu’on organise se déroule de façon spontanée, organique, douce ou quoi… enfin, sans qu’on ait l’impression de travailler.
  • J’avais juré de ne plus répondre aux médias non-communautaires, mais j’ai donné une interview et fait des photos pour 24h01. Leur numéro « obésité » est problématique sur de nombreux points, mais je suis super contente de l’article sur les féministes grosses et des photos. Regaaaaarde :

    Crédit : Dyod photography
  • Pour 2018, j’aimerais passer au statut d’indépendante complémentaire à côté de mon mi-temps pour pouvoir demander de l’argent pour mes tirages (pas toujours, mais de temps en temps), publier des textes, donner des formations.

 

Le 10 de couteaux comme solution ou conseil ou…

Il n’y aura pas de dénouement facile. Une entreprise de démêlement laborieuse, par contre. Il y aura un retour aux sources. Là d’où s’écoule la  tristesse intarissable. Le flot de larmes. Il y aura des inondations.

La matrice démolie. Les repères lacérés. Il y aura – il y a déjà – le goût du sang dans la bouche. Se mordre la langue pour ne pas hurler. Ronronner pour ne pas se démanteler. Toutes les nuits.
J’ai la mâchoire serrée. Démontée. La douleur s’étend à l’ensemble du corps.
Comment font les gens qui ne ronronnent pas. Ce bruit de moteur assourdissant, cette vibration qui vient d’aussi loin que mon corps peut puiser. Comment font les gens ? Quand j’avais 3 ans, j’ai commencé à humer cette musique pour m’endormir. En tournant mes cheveux dans la main.
Comment vous débrouillez-vous pour survivre sans ces rengaines. Sans ces manies qui triturent les cheveux, les perruques ? Comment fait-on ? Je n’ai qu’une vague idée de la normalité.

Ma vie est un stress post-traumatique constant. Ce n’est pas parce que je suis stabilisée depuis presque 5 ans que ce stress a disparu. Il ne pourrait être sous contrôle en permanence. Pour que la rivière ne déborde pas trop de son lit, il faut parfois laisser se déverser les torrents. Déesse, comme je crains les torrents !

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slow holler

S’emparer des couteaux. Être celle qui s’empare des couteaux. Celle qui ne craint pas le processus. Quand j’y repense. J’ai commencé à m’auto-mutiler il y a 20 ans. Je ne peux pas faire taire cette vie. Cette personne est toujours là. Il faut apprendre à vivre avec mes mille vies. Celles qui ont lieu maintenant. Celles qui ont eu lieu il y a des millénaires.

Comment font les gens qui n’ont pas mille vies ? Comment font les gens qui peuvent se contenter d’être uniquement ici ? Je ne sais pas comment je pourrais être aussi ancrée dans le présent si je n’avais pas ces portes ouvertes à tout le reste.

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Slutist tarot

Le 10 de couteaux, c’est ce qui nous unit. La tragédie. Ce qu’on fait des tragédies. Comment on les traverse.

J’ai peur des portes ouvertes parfois. J’ai peur de connaître déjà l’inévitable. D’entendre ce qui est en marche, même en grande partie inaudible. Le bourdonnement me stresse. Quand est-ce que le bourdonnement fait sens ? Quand est-ce que le brouhaha fait place à la clarté cristalline.

Mes mille vies. Patterns. Ce qui était là. Ce qui revient. La vie cyclique. La vie qui s’embrase.

Je disais souvent : je fais de l’écriture automatique mais ce n’est pas une conversation avec les esprits. En fait, j’ai toujours communiqué avec les esprits. C’est pour ça que certains films même pas tristes me font chialer. C’est pour ça que je jalouse parfois celles.ceux qui ont une connexion directe et limpide avec leurs ancêtres. J’ai le brouhaha. Les messages cryptés. Mes virevoltantes ancêtres. Que je les accepte ou non. J’ai la méchante sorcière. J’ai beau la renier, elle se plaît encore à rôder.

J’ai juste des connexions parfois – souvent dans la folie. Rien ne nous distingue des folles. Nous sommes ces sorcières-là. Allô ? J’ai dit allô ? Et tu parles. Enfin, tu ne parles pas, tu déverses des torrents. Et je pleure des malheurs qui ne sont pas les miens. Nos malheurs sont de toute façon interconnectés. Je ne serai une bonne mutante qu’à ce prix. En extrapolant. En décentrant. Je suis là pour porter le flambeau. Le témoignage.

Du flambeau au bûcher. On dit qu’il faut briller pour ne pas brûler (une citation de Lisette Lombé). Mais je crains pouvoir autant brûler que briller. Je ne peux cesser de brûler. La carte du diable. Il y a les petites filles des sorcières qu’on n’a pas brûlées. Et nous, les descendantes de celles qu’on a brûlées. Les torturées. Les illuminées. 

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Consultations de Samhain!

Mise à jour du 24/10: c’est complet pour cette fois!

L’automne, ma saison préférée! Pour certaines sorcières, cette période est aussi spéciale avec Samhain, le 31 octobr

Comment résister? Je propose des consultations avec mes tarots et oracles pour Samhain/Halloween, pardi!

Plus d’infos? Ma charte est par là.

Cette fois, je te reçois contre une contribution libre, un don pour un pot commun en vue de mes prochains achats « tarots ».

Le vendredi 27 octobre, le dimanche 29 octobre et le jeudi 2 novembre

Ixelles (Belgique), à proximité des transports en commun

Rendez-vous à fixer ensemble, entre 15h et 22h, pour des sessions qui dureront entre 30 et 90 minutes, le temps de boire aussi une tisane ou un café et de discuter si ça te dit.

Contact, infos, résa, tout ça: cathoutarot@gmail.com

J’utiliserai:
Les tarots: Slow Holler, Slutist, Wild Unknown, Thea, Niki de Saint-Phalle
Les oracles: Oracle of Oddities, Vessel Oracle

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5 d’épées – revisiter la souffrance et épouser la monstruosité en contexte oppressif

Figures monstrueuses qui peuplent les imaginaires des victimes du patriarcat. Les langages tortueux quand les traumatismes affleurent à la surface. Les visions insupportables. Néanmoins, édulcorées par rapport ce qu’elles masquent encore. Laideur, corps en décomposition, démantelés, éparpillés, lacérés. Lisses comme des bosses à la place des yeux, des crânes échevelés. Ou des cratères comme des plaies béantes, des pustules suintantes. Et puis des os. Des os partout. Sur le sol. Autour du cou comme des bijoux. Six pieds sous terre, dans les rêves ou dans les dessins. Des os dans l’écriture automatique. Cet irréductible qu’il n’aura pas encore eu de nous. Même pour ceulles que leurs coups ont cassé-e-s, scindé-e-s, abîmé-e-s.

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the wild unknown tarot

Le 5 d’épées, dans certains jeux en tout cas, m’évoque tout ça. Notre capacité à nous régénérer, non pas pour mieux nous assimiler, mais pour mieux résister. Couper. Triturer. Éplucher. Trancher. Scier. Dépecer. Décortiquer. Parce que nous sommes en morceaux de toute façon. Autant aller jusqu’au bout. Plus loin que l’hétéropatriarcat. Dans une meilleure connaissance. Jusqu’à la moëlle. Épinière. Se reconstituer de l’intérieur une structure qui nous tiendra. Dans notre monstruosité. Fièr-e.

Ma compagne, l’artiste Rose Butch, est en train de travailler sur un portrait de moi qui devient monstrueux à mesure qu’elle le revisite. Il ne s’attache pas au réalisme. Il ne s’accroche pas à une apparence. Il me dévore. D’ailleurs, je me retrouve dévoreuse dans cette peinture. Comme une invitation à se laisser engloutir dans mes profondeurs. Sans garantie quand à la bienveillance qu’on y trouvera. Potentiellement, la bile vous engluera. Ou vous fonderez pris-e au piège de l’acidité de mon estomac ulcéreux. Les figures maternelles tragiquement désespérées ou cruellement en quête d’identité peuplent ses toiles. Et les représentations que je me fais de moi-même. Et puis, qui est-on pour l’autre? Qu’est-on au sein du couple? Qu’est-on dans nos amitiés? Ambiguës. La Méduse! Médée? Déjà les teintes de la toile sonnent le glas de la somptuosité. Elle sera tragique.

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Tarot of the Crone (en fond une carte postale du Slutist Tarot et un portrait de Méduse par Pierre et Gilles)

Les critiques patriarcales de certaines artistes ont balayé l’expression de leurs névroses ou psychoses. Sylvia Plath est emblématique. La fascination des adolescentes, qui trouvent dans ses œuvres les thèmes qui les taraudent, est moquée. On rit de leur gribouillages: des yeux qui pleurent, des mains qui pendent, des plaies. Mis bout à bout pourtant, ils relatent les traumatismes laissés par les violences patriarcales et leurs imbrications avec les violences racistes et coloniales, capitalistes, handiphobes, grossophobes,… Ces récits donnent vie. Individuellement, ils nous conduisent au traumatisme, souvent oublié ou déformé, qui nous revient avec d’autres visages. Collectivement, nos imaginaires se rencontrent pour dessiner puis dénoncer les violences que nous subissons. Et puis, par ces échos, par la fin de nos solitudes, nous pourrons résister, démanteler le système et pas nous, et inventer. Et construire. Solidairement, dans le respect de nos multiplicités et, surtout le travail sur chacun de nos privilèges. Complices.

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Gorgon’s Tarot

Le 5 de couteaux du Slow Holler, c’est la personne qui accède à ce qui a été planté en elle pour mieux se saisir des instruments de son autonomie. Sa vengeance sera peut-être artistique, peut-être légale, peut-être… Le 5 d’épées du Wild Unknown, c’est la coupure fatale. L’autodestruction ou la destruction la plus aboutie. Mais le ver se dédouble et repart creuser des galeries, aérer le sol, prendre soin de nos fondations. Le 5 d’épées du Gorgon’s tarot, c’est la souffrance de l’épée qui nous traverse le cœur et notre robe pourtant immaculée. C’est nos compagnes/ons de route qui sont témoins, qui acceptent

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Slow Holler Tarot

notre récit et nous aideront à le porter. A le défaire. A lutter. Ce sont ces 4 autres épées qui nous aident à tenir, pour le moment, et dont nous nous emparerons à l’heure de reprendre le combat.

Incarner la figure monstrueuse. Point.

Points de suspension

Respirer

 


Lectures du jour:

  • Parce que la monstruosité est étudiée et réappropriée différemment par les personnes non-blanches, en fonction de l’imbrication de l’hétérocispatriarcat et de la suprématie blanche, le colonialisme, l’universalisme et l’impérialisme.

Le blog d’un.e mutant.e décoloniale, commencez ici: Sortir du rêve et trahir sa race. Et continuez.

Je suis un.e animal.e par Po B. K. Lomami

Shrine of the Black Medusa Tarot, A collaged celebration of Blackness, par Casey Rocheteau

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Le-la reine de coupes – Intuition?

Cultiver une approche féministe ET queer du tarot implique de se confronter à des nœuds et à nos propres préjugés. La réceptivité supposée des reines m’a posé problème. Je l’ai même rejetée en bloc.

C’est qu’il existe une vision binaire qui se manifeste dans le tarot et dans de nombreuses pratiques spirituelles par un amalgame entre le féminin (et dans le pire des cas les femmes) et la passivité, la réceptivité, le soin, la douceur et puis le masculin (et dans le pire des cas les hommes) et l’action, le leadership, la prise de décision, etc. Cette distinction prend sa source dans (et continue d’alimenter) le patriarcat et l’hétéronormativité.

D’ailleurs, dans de nombreux discours, cette prétendue « complémentarité » (en réalité, un rapport de pouvoir qui cantonne à certains rôles de genre, entérine les violences de tout type perpétrées et perpétuées contre les femmes) serait « naturelle ». La réceptivité des femmes serait inscrite dans leur vagin et dans leur utérus tandis que les hommes seraient « actifs » en raison de leur pénis et de l’éjaculation. Haha, comme si les personnes doté-e-s d’un vagin n’éjaculaient pas (je ne vous invite pas dans mon lit pour découvrir l’inverse mais vous savez de quoi je veux parler). A l’hétéronormativité et au sexisme, s’ajoute dans ces interprétations une vision extrêmement cissexiste, c’est-à-dire qui sous-entend que tous les hommes et toutes les femmes en question sont cisgenres (non-transgenres quoi).

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Joie de Vivre Tarot

Partant de ce constat, comment queeriser le tarot ? Ce système de 78 cartes s’appuie sur les significations qui ont circulé et évolué au fil des siècle. Il fonctionne même grâce à ça. C’est pour ça qu’on y trouve des archétypes. Alors, jusqu’à quel point peut-on éplucher une carte, lui enlever des couches révélatrices de son existence au sein d’un hétéro-cis-patriarcat capitaliste et suprématiste blanc et lui ajouter des voiles, du fard ou des huiles pour qu’elle continue à voyager enrichie, renouvelée et renouvelable et vectrice de changement ? Les lames du tarot possèdent-elles une essence ? Comme on essentialise/naturalise le genre et le sexe, court-on le risque d’essentialiser le tarot ? Ou est-ce là que réside sa pertinence, comme une plongée dans l’inconscient collectif ?

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Capture d’écran d’Ostara Tarot, disponible en application via Fool’s dog

Vaste question ! Et comme je n’ai pas toutes les réponses, je vous embarque ici dans le récit de ma relation à la reine de coupes au cours de ces derniers mois. Je crois que je l’adore depuis que j’ai commencé à apprendre le tarot. Je savais aussi qu’elle avait beaucoup à m’apprendre, mais je n’étais pas « réceptive » à ces messages. Alors qu’en consultation je peux être détachée de l’ego et laisser passer les messages à travers moi, dans l’étude du tarot, j’agis inversement. J’agis justement. Je tire les rênes. Ou les reines. Et puis d’ailleurs, en parlant de rênes, c’est souvent ce qu’un personnage tire sur la carte du chariot que j’avais choisie pour nommer ce blog. Je pose les questions. J’analyse. Je décrypte. Mais j’attends rarement les réponses. Je les formules. Je suis comme ça en général : assertive (et grande gueule), meneuse, sûre de moi. Comme pour pas mal de choses dans la vie, ces traits de caractère ont de multiples facettes, de la plus lumineuse à la plus sombre (ou dans l’ombre).

Les paroles de la reine de coupes ont commencé à se faire plus limpides à travers la bouche d’autres tireuses de cartes. Ça ne veut pas dire que je les ai écoutées véritablement. Mais je les ai entendues, peu à peu.

Tout a commencé il y a un an. J’avais des problèmes aux poumons handicapants : toux, expectorations, … Mon herboriste, tireuse de cartes, sorcière et amie adorée, Anja de Pin Primrose, m’a gentiment offert l’avis des cartes sur la question. Des coupes, des coupes, énormément de coupes. Dont la reine de coupes, of course. Poumons, coupes, élément eau. Logique somme toute. J’ai travaillé là-dessus. Un peu disons… Puis, quand la maladie est passée, non élucidée et mal diagnostiquée, j’ai continué à tracer ma route. Les poumons, l’eau, les coupes. Oui, oui, je voyais bien le message. Sauf que non.

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Wild Unknown Tarot

Et donc mes poumons me foutent la paix quelques mois. Pour mon anniversaire en mai, je m’offre une consultation chez Power Femme Tarot. Le message de « self-love », c’est la reine de coupes. Krystal développe autour de mon intuition. Je me dis : oui, oui, elle doit être là. Mais je ne me trouve quand même pas terriblement intuitive. Je n’écoute toujours pas vraiment. Cependant, quelque chose s’ouvre en moi. Ma réceptivité aux signes, aux symboles, aux synchronicités grandit. La gémeaux que je suis met de plus en plus l’élément air de côté. Je passe moins de temps à analyser et à chercher à cerner.

Il me vient beaucoup l’image d’Harry Potter. Dans les romans, il Lire la suite

2. La grande prêtresse – La voyante

La grande prêtresse est une chouchoute pour bien des tireur-ses de cartes. Et pour cause: elle fait référence à un pan de notre passion de taromancien.ne.s!

DSC_0048Gardienne de la contrée des profondeurs, elle veille à l’accès à l’inconscient, à l’intuition et au sacré. Non sans une grande sagesse. Elle connaît les secrets, grâce à sa propre expérience et à ce qui lui a été transmis. Fière de cet héritage, elle en assure elle-même la transmission. Elle ne croit pas qu’on est toujours seul-e face à ses démons. Elle est attentive aux archétypes. Elle est consciente du poids des mécanismes d’oppression dans ce qui se joue dans nos mondes. Elle détient les clés qui ouvrent des portes entre les problèmes individuels, les histoires de famille et les systèmes de domination, éclairant ainsi les récits de vie sous un angle neuf. Salvateur. Révolutionnaire et constructif. Les traumatismes et les stress qu’ils engendrent sont

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toujours politiques selon elle. Elle te partage ses secrets avant que tu n’embarques dans ton voyage entre ces mondes.

Celle qui voit. Celle qui sait. Celle qui n’en reste pas aux clichés. Qui ne supporte pas ce qui est figé. Celle qui aide à penser l’émancipation. Elle connaît tant les théories psychanalytiques que les écrits sur la justice sociale. Pour autant, elle n’est pas rivée aux théories. Ses connaissances sont avant tout de l’ordre de l’intuition. Elle est capable de mettre ce type de savoirs en mode avion pour se brancher au divin en elle et en toute chose. Ce qui est intangible et invisible pour beaucoup lui est palpable et brillant. Tu es en bonne compagnie avec elle.

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La prêtresse est nommée The Seer dans le Thea’s Tarot. Voyante, devin. Nous livre-t-elle l’avenir? Voit-elle ce qui est à-venir? Elle voit en tout cas. Indéniablement. L’illustration frappe. Elle semble flotter sans toutefois être à la dérive. Au contraire, elle est extrêmement droite, comme enracinée dans le cosmos. Maintenue par une gravité qui serait partout et en tout. Ni ombre ni lumière ici. Tout est mélangé. Nuancé. Décliné.

Elle est absorbée par un poids au-dessus de sa tête. Car avec des grands dons ou des capacités hors du commun développées au fil des années viennent aussi d’énormes responsabilités. Tenter de viser la sincérité. Discerner ce qui est invisible à l’œil nu ou non aguerri implique du tact, de la douceur, tout comme de l’intransigeance et de la fermeté face à ce qui apparaît. Responsabilité vis-à-vis de soi-même et des autres. Nécessité de se donner des priorités. Et des limites. Quand plonger en soi et quand transmettre? Comment répondre aux attentes? Faut-il toujours y céder? Dans un souci de sincérité, le seul devoir vis-à-vis d’autrui n’est-il finalement pas de savoir dire non? Et d’encourager les prêtres-ses à s’épanouir?

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mon amoureuse (www.rosebutch.com) a adapté la grande prêtresse du Wild Unknown Tarot en rideau.

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