8 de bâtons. La transformation du papillon

Créer de l’espace pour changer. Pour se transformer. Prendre le large si on étouffe ici.
Dans le train, un papillon qui a décidé de changer d’air. Est-ce qu’il est monté à Eupen, à Liège, à Bruxelles, à Gand, à Bruges, à Ostende ? Où descendra-t-il ? A-t-il l’intention de faire des aller-retours sur une ligne qui traverse la Belgique ? Une vie de voyage, accroché à la fenêtre, admirant chaque scène, bercé par la clim, peut-être que c’est son kif ? Va-t-il s’adapter à la vie à 250 km de son point de départ ? Ou bien crèvera-t-il, épuisé mais heureux d’avoir changé de trajectoire?

img_20190928_221642_5923923243751427496730.jpgLe papillon du 8 de bâtons ne passe pas des jours à préméditer ses changements. Fini, le cocon ! En route pour une métamorphose d’un autre type. Il agit à l’instinct. Il n’anticipe pas, il y va. Il n’a pas de courage puisqu’il n’a pas conscience du risque, il se laisse porter. Il se laisse transporter. Parce que la vie l’appelle, il ne peut pas attendre. Il répond présent aux aventures qu’elle envoie.
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Hekate nourrice

img_20190926_1412044320470978631752341.jpgLes choses passent. On se décompose. On se renouvelle. Les saisons passent. Les vies passent.
Hekate Kourotrophos, la nourrice.
Tout se précipite. Tout paraît voué à ne pas revenir.
Il faut prendre soin. Il faut se laisser envahir par l’amour. Il faut cajoler l’espoir. Il faut soigner dans le désespoir. Il faut s’abriter sous sa cape. Il faut concevoir des alternatives. Il faut favoriser du lien. Il faut (se)trouver. Il faut se regrouper sous sa cape.
Les saisons ont été modifiées. Les choses passent. Se précipitent. Sont détruites avec une violence qui paraît inexorable.
Hekate Kourotrophos. Il faut prendre soin.

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4 de pentacles + Jugement

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Avec infiniment de brumes à venir… Conserver ton énergie. Préserver tes ressources. Les temps sont durs. Défendre le peu de confort que tu es parvenu.e à instaurer. L'humidité pénétre ta peau, tes muscles, tes articulations, tes os. Tu te replies pour te protéger. Le corps encaisse davantage. Conservation. Préservation. Repli. Si tu enfiles 20 imperméables pour contrer le brouillard et cette fichue bruine, prends garde à ne plus voir que tes pieds. Etends ton énergie. Concentre, protége, retourne et puis libère. De ton cocon, observe les signes. Si tu préserves, peut-être est-ce pour mieux (re)bondir, les batteries rechargées, quand viendront l'apparition, la vision, la certitude, l'amplitude et le pardon pour tes dérives. Dans les brumes à venir, comme dans les vapeurs de ton chaudron, tu distingueras la forme d'une promesse. Suis-la ! #pagancatstarot #minipagancatstarot #trainsong #cartomancie #cartomancienne #tarotcollectif #cartedujour #tarot #trainsong

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As de cailloux. La peau fine

img_20190927_154616_0597084096669633368790.jpgJe n’ai pas la peau dure pour encaisser les coups.
No thick skin.
J’ai la peau fine qui laisse passer le vent. Elle s’arrache. Elle se fend. Elle brûle. Elle cède.
Paper-thin skin that tears open or bruises.
On dit qu’elle est la défense, l’interface entre le soi et le monde.
Elle est mon moi, mon monde, le monde.
Par endroits, elle est si sensible qu’une caresse l’agresse. Elle aime les caresses, ma peau. Elle ne les filtre pas. Elle amplifie.
Elle ne se fie pas aux on-dit. Elle expérimente. Elle invente langages, sensations, saturations, ruptures, textures, volumes, volutes, utopies, ses pires et ses brumes, et ses brûlures.
On dit qu’elle abrite. On dit qu’elle est cabane. On la voit en écailles.
Elle clame qu’elle est vulnérable et qu’il n’est nul besoin de carapaces pour se défendre. Elle fend. Elle fond. Elle laisse s’échapper. Elle offre. Diaphane, elle est carte au trésors.
Elle bleuit de plaisir.
Cette peau, c’est mon corps, c’est moi, c’est l’as de cailloux.

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Tirage de l’endurance de l’if

Pour préparer Samhain, je vous propose le tirage de l’endurance avec l’if, un arbre impressionnant, toxique, souvent associé à la mort, à l’immortalité et au passage entre les monde. C’est ainsi qu’il garde encore des cimetières. Puissant, il peut vivre de nombreux siècles. Créatif, il subsiste en se renouvelant.
Il protège certes, mais sans passivité. Il assure la défense.
Dans les niches qui s’y creusent et leurs troncs qui se vident, on est invité.e à répondre à l’esprit de l’arbre ainsi qu’aux les divinités (comme Hécate!) et créatures qui s’y rassemble. Ils deviennent sanctuaires ou autels votifs. Pas besoin d’installer des statues pour ça. On peut y déposer des feuilles mortes, des fleurs et autres présents et visualiser les présences dans les cavités.
Qu’est-ce que cet arbre ancestral peut t’apprendre en amorce de Samhain ? Comment appréhender le nouvel an des sorcières avec de la continuité dans le changement ? Quels sont les messages qui ont trait aux grandes tendances ? Que te confient les guides pour que tu vois au-delà de tes préoccupations immédiates ? Un tirage à réaliser de préférence sous un if ou à l’entrée d’un cimetière en prenant conscience de l’énergie du portail. Lire la suite « Tirage de l’endurance de l’if »

5 de pentacles face à un système oppressif

Tes besoins ne sont pas rencontrés. Pas remplis. Même pas vus. Ou bien on feint de ne pas les voir. Le résultat est le même. Avec un sol aussi boueux, chaque pas, chaque tentative devient plus glissante. Les pentes deviennent plus ardues. Les pavés sont infranchissables. Tu ne peux même pas les arracher au ciment pour les envoyer là où ils mériteraient d’atterrir.

Tu rencontres des fausses promesses. Des sourires lisses pas assez remplis pour atteindre les yeux. De l’hypocrisie qui ne paiera pas le loyer. Des feintes dont tu ne peux te dépêtrer dans l’enfer administratif. Des agent.e.s du système qui en déplore l’arbitraire et l’injustice comme une excuse de façade tout en exécutant le clic qui envoie ton dossier dans leurs archives, des gens qui sont le système.

Remarques méprisantes.
Te balancer la porte à la gueule.
Contrôler ton sac, appeler la sécurité. Sans raison. Les exécutant.e.s peuvent s’en passer.
Croche-pieds discriminants et structures excluantes.
Décréter que tu n’as pas démontrer les aptitudes. T’as pas justifié ta hargne d’intégration. T’as pas baissé les yeux devant l’autorité. T’as pas la tête de quelqu’un.e qui va se faire une place sagement. T’as pas démontré tes capacités de résilience.
Toutes les secondes. Des murs. Des impasses. Des pièges. Des bugs. Des erreurs. Enfin, c’est ce qu’on te dit. En réalité, c’est le fonctionnement même du système. Des sourires condescendants qui restent figés aux dents blanchies: quand on veut on peut. Lire la suite « 5 de pentacles face à un système oppressif »

3 de vases. Communautés, solitude, transition (La Mort)

Ça fait quelques mois que je ressens la pleine lune comme un appel à la communauté, criant puissamment depuis les tréfonds de ma psyché.
Je collecte des indications sur ce que la communauté n’est pas (et surtout n’est plus) à mes yeux, ce qu’elle pourrait d’être, ce dont je crève d’envie, là où je crève de trouille.
C’est bizarre de traverser ce processus en solitaire. J’appelle d’abord les parties de moi éparpillées, qui n’ont pas voulu faire communauté. Je réponds à l’appel d’Hékate. Je tends vers une sorte de communauté cosmique.
Hier, pendant qu’on marchait dans les bois, j’ai parlé et parlé de communauté, en particulier de communauté imposée: grandir dans une petite communauté rurale qui rend claustrophobe, ne pas avoir le choix de ses ami.e.s, devoir rester quand rien ne nous connecte. J’ai expliqué la solitude intense, plus tard, dans un monde plus élargi, quand il m’était impossible d’interagir avec quiconque à part les figures qui peuplaient mon esprit, mon monde, ce que j’appelais ma folie.
Et puis, avant d’aller dormir hier soir, j’ai parcouru des mails d’il y a 8 ans. Je me suis souvenue ce que ça m’avait fait de savoir que je perdais tout, inexorablement, en termes de communauté et de repères, tout en ayant cette sensation forte, baignée dans la lumière de l’automne, arpentant les rues et les parcs, livres et carnets sous le bras, que je me libérais pour retrouver enfin ma vraie communauté (queer !). La carte de la Mort dans toute sa splendeur en somme ! Lire la suite « 3 de vases. Communautés, solitude, transition (La Mort) »

M’effondrer comme un château de cartes

C’est pas de l’art, c’est du désespoir / regarder l’écran, l’objectif, ce que je construis ?
🔀
Au fond de mon lit
Il fait trop froid ailleurs
J’ai explosé mon stock de cuillères
En me pimpant ce matin
Pour aller essayer, encore,
De comprendre pourquoi
La mutuelle me paie pas ce qu’elle me doit
J’ai pas capté
▶️
Déprimée au fond du lit
Je me sens vidée
Je me sens pitoyable d’essayer
De concilier mon anticapitalisme
Et mon besoin de reconnaissance
⏺️
Je me compare
Aux gens qui m’ont plagiée
Aux gens qui font la même chose que moi
Mais qu’on appelle des artistes, elles,
Je me demande si c’est parce que je suis grosse
Et grande gueule
Mais je veux pas tomber dans le gouffre
Qui consiste à blâmer mes positions minoritaires
Pour tout ce qui ne fonctionne pas
Alors sans doute que je ne suis
Ni artiste ni autrice
Je me compare
Je veux continuer à écrire des zines
A donner du tarot
A partager du savoir
Je veux que ce pouvoir soit accessible
Mais je regarde les éditées, les invitées
Je pense que je suis nulle
⏮️ Lire la suite « M’effondrer comme un château de cartes »