8 de coupes. Vider jusqu’à la dernière goutte d’une relation

S’il n’y avait que l’insatisfaction
Mais il y a aussi l’épuisement

S’il n’y avait que le dépit
Mais il y a aussi le néant

S’il n’y avait que la trahison
Mais il y a les visages qu’on ne reconnaît plus

S’il n’y avait que le changement
Mais il y a aussi le dégoût

S’il n’y avait que la lassitude
Mais il y a aussi l’absence de perspectives

S’il n’y avait que la tristesse
Mais il y a aussi le départ de l’amour

Alors, je vide, je vide, je vide ce qu’il me reste d’espoir, ce qui me retient encore dans cette relation qui m’a vidé.e. Je rends au lac l’eau de la dernière coupe.

Ainsi libéré.e, je m’en irai gravir les montages. Je m’en irai dans le répit de la lune sombre épouser le vide. Je m’en reviendrai, à jamais dépouillé.e de quelque chose, déterminé.e à remplir mes coupes.

Hekate, La Justice

On the threshold. Sur le seuil.

She guides.
But *you* hold the swords.
What are the prophecies?
What are your decisions?
She bestows the keys.
You enchant them.

L’intégrité est le curseur de ta balance
Pèse tes choix
Exalte tes vœux
Traverse les Mystères
Exauce tes voies
Transmets les torches
L’orage à la porte
Le seuil de dérobe

La Justice a une vision à 360°

Hekate’s wheel whirls
Inspiring a 360° vision
The owls never hesitate
They race in the threshold
Between day and night
Night and day

Directions

7 de coupes. Le doute, le trouble, les routes

7 de coupes. Dissiper les doutes  S’emparer des rênes du récit  Telle Skylla régner sur les eaux troubles  Echouer les épaves sur les récifs  Les fantasmes sur les rivages  Enfouir les mirages dans la vase

S’initier au doute  Définir une route

Mouvement. Pause. Firmament. Trouble.

Rêver l’indicible  Surfer sur le dos des peurs  Insuffler de la défiance  S’épargner la candeur de ceulles qui se défilent  L’arrogance des puissants  Invoquer la tendresse révolutionnaire 

Abolir l’indicible  S’insurger, fébriles

Lire la suite « 7 de coupes. Le doute, le trouble, les routes »

9 de bâtons. Prendre ce mal en patience et pester en silence

Je prends mon mal en patience.

J’envisage de démolir tout ce que j’ai construit jusqu’ici. Je me sens tout.e mini devant mon oeuvre. Je sais comment la saboter, mais pas la moindre idée de comment la détruire. Si j’essaie de la saborder, elle m’envoie chier. Je me retrouve blessé.e et encore plus désemparé.e.

Bref, je prends mon mal en patience.

Je me ronge les sangs. J’vous jure: je suis à la fois speedé.e comme jamais, déter comme l’outsider dans une compétition de télé-réalité et pas inspiré.e, épuisé.e, lessivé.e comme un pull de fast-fashion que je veux revendre sur un app alors qu’il a plus de forme (en a-t-il jamais eu?). A la fois sur- et dé- motivé.e. J’ai zéro sérénité.

Je marque un temps d’arrêt, je prends mon mal en patience.

Y a toujours les adeptes de la pensée positive pour me balancer que la ligne d’arrivée est proche. Puis, y a les réalistes/défaitistes/pragamatistes qui me disent que c’est ok d’admettre qu’on a fait fausse route.

J’ai bousillé le GPS. J’écoute ma voix intérieure qui répète en boucle qu’elle recalcule ce fichu itinéraire. Je suis à bout. A court de patience. Mais la réalité, c’est que j’ai pas de plan B. Alors je défends tout ce que j’ai. Non, j’essaie de le détruire. Je…

Je suis à bout.

Ma motivation rame comme la musique d’attente d’un service après-vente.

5 de coupes. Les chagrins du passé

Le chagrin me retient dans un monde qui n’est pourtant plus le mien. Les déchets du passé entravent la logique de mes pensées. Dans mes poignets, dans mon cœur, dans mes poignets, ça se serre, ça se serre. Je coule dans la mélancolie. Je sombre dans le désespoir: ça a toujours été comme ça, je ne vois pas pourquoi ça changerait.

J’envoie des mots d’espoir à celle que j’ai été. J’ai du mal à y croire. Je me sens coincé.e dans mes schémas. Je me sens engoncé.e dans la mémoire de mes déchirures d’autrefois, mes échecs d’avant. Ils me hantent. Maison à la dérive. Je coule dans un demi-sommeil. Je sombre dans des flashs. Je ne distingue plus les événements du passé des rêves du passé. 

Avec mes récipients en piètre état, j’écume dépité.e la surface de ma tristesse. Je fais le deuil d’un changement total. Je rends à la rivière le mythe d’une vie nouvelle, déconnectée des traumas passés.

En clairaudience, une chanson de l’adolescence, le retour des chagrins du passé: « I’m forever black-eyed, a product of a broken home » (placebo). Le 5 de coupes s’enfonce dans un sang d’encre.

2 de disques. Visions d’orage. Célébrations des Moissons

Août 2021


Sur la pointe des pieds entre les mondes
Les chevilles embourbées dans des perspectives eschatologiques
Sur le fil des contradictions, pas d’évasion
Pas de récits, pas d’écrins pour les utopies
Décharnées
Ce corps ce monde ce corps ce monde
Réintégrer, ré-encorporer, réclaimer, réapproprier
Ces ruines
Les sucs gastriques se chargent des fruits précocement tombés L’acidité engouffre la disette la déconfiture la féconditure les offrandes écarlates Gaz succulents s’échappant d’usines désaffectées Alertes par SMS Disette Notifications rassasiées L’écorce saigne Les cosses sont vides Les coquilles les îles les îles S’étiolent S’étiolent Croupissent

Quelles déesses de la fertilité appeler? T’as raté un chapitre. Hier encore…
Un désastre. Quelles déesses de la fertilité appeler ?
Les épis pourrissent Hekate ratisse Les carnassières rappliquent
Utopies décharnées Les espoirs rapetissent
Comme neige carbonique au pistolet

Y a pas de morale à la valse du 2 de disques, c’est rien d’autre qu’une histoire d’équilibre
Pas de morale
Des coquilles en guise d’épaves, de navires, d’épaves
Ainsi va la valse du deux de disques
Récit d’équilibre La pratique pour mission
La matière la terre le corps

Une bien belle (dé)composition
L’art de flétrir Le défi de périr
Sans la dignité que le capitalisme a annihilé
L’art de flétrir Le défi
Être où ça s’écroule dans le ciment dans la cime des cèdres centenaires incendiés dans les civières
Ontologie de l’indicible Fanfares des entre-mondes dont les grondements fragmentent le ciel

On dit que la Grande Peste se caractérise par la disparition des traces écrites

Que crient les corps ? Qu’écrit l’Agonie ?

Il n’y a pas de morale, pas de positivité dégoulinante ni de défaitisme dépolitisé, juste la pratique de l’équilibre avec le 2 de disques (et peut-être des hernies discales, des lignes de faille, des fractures d’où hurlent l’Autre Monde)

voir aussi. Hymne homérique à Déméter

8 de pièces. Encore et encore

Dans l’atelier, dans le silence, on peaufine, on dessine, on se plante, on invente, on déchire, on se débine, on reprend, on se méprend, on insiste, on s’applique, on apprend, on comprend, on rigole, on fignole, on remonte, on démonte, encore et encore et encore. On prend le temps de l’apprentissage. 


L’Empereur. (Dé)construire

Transformer l’inspiration en sanctuaire.
Bâtir un corpus. Créer des lieux d’échange.
Travailler les étincelles mystiques et les impulsions divines. Les faire advenir dans la matière. Se saisir de la matière. La pétrir. (Dé)construire. Faire œuvre.

Source de l’Empereur, forêt de Soignes, à proximité du Rouge-cloître, juillet 2021.

10 de couteaux. Laisser les cauchemars derrière soi


Je laisse ce cauchemar derrière moi
J’ouvre les yeux sur le même monde
Le même marasme
Je ne l’aborde plus avec mes ouinouins- boubouhs
J’en ai fini avec mes mécanisme de défense
J’abandonne mes techniques d’attaque
Je ravale mes rafales de verve mal placée
Ci-gît le plaisir dans la mauvaise foi
Je laisse ce cauchemar derrière moi