Hekate est La Magicienne

Hekate est la Magicienne.
Hekate est mercurienne, particulièrement en mai: Gémeaux

Elle est la voie dans le chaos, la piste dans la multitude
Elle brouille les pistes. Mais derrière les masques, c’est toujours Elle.

Hekate Einalia se tient à la croisée des mondes.
Sur la falaise au bord de la mer, les serpents au vent
Elle exprime son rôle de porteuse des clés de l’âme cosmique.

Hekate Pantos Kosmou Kleidokhos
Hekate, l’Anima Mundi.

En elle, tout fusionne, tout se rencontre
Tout prend vie
Ce n’est que passés à son filtre que les éléments prennent vie

Hekate anime Elle manipule Elle crée

Comme la Magicienne, elle canalise
le cosmos et le chaos
la foudre, la brise
l’eau salée et les fluides
Elle nous active

Elle énergise.
L’énergie monte, monte.
Les forces descendent.

Elle est le point de rencontre
Le point de fusion
Le point de création

L’explosion et la concentration.
Elle contient, elle relâche
Elle génère des mirages, des tâches
Des miracles

Je me présente à toi.
Tu accueilles Tu détruits Tu façonnes Tu acceptes

Dans tes spirales se tissent les fils du temps
Se brodent les mains de tes filles

Tu engendres, nous existons
Tu nous libères
Tu nous appelles

Hekate, Anima Mundi,
Bénie, sois-tu
Mère cosmique
Vecteur énergétique
Infinie
Tu es le souffle et l’âme
et tout autre chose
l’unité et la multiplicité
Tu es
La médiation cosmique.

27 mai 2021, dans un train

La Lune Louve

A la recherche des morceaux de mon âme,
Je plonge je plonge

I’m diving in search of my bones
The bones I hid here in another life
Maybe in another world

Je suis sauvage, instinctive
Je suis dans l’interstice entre les louves et les chiennes
Mon squelette conte l’existence d’une espèce
Dont on a perdu la trace
Je cherche les os que j’ai enterrés ici
Quand j’ai dû fuir
Pour survivre

In my dreams, I meet the ancestors
Who remind me of my instincts
In my dreams, there is snow in July
Rage, lust for life
Lust for the sake of lust
In my dreams, the confidence
To make it through the floods

Au réveil, le sang couvre mes jambes
Témoin des luttes
Témoin des ongles arrachés à creuser à creuser
A creuser pour des os
Des traces
Une validation
Quelque chose

Blood on my legs in the morning
I remember some of the codes
The rest is lost again
Again
I curl
I howl
I spin
I tear open
Another morning without the precious pieces of my soul

Mon corps se tord
Je hurle je hurle
A l’appel de ma meute
Je hurle je hurle
Pour conjurer la solitude
Mon corps se tord
Je me recroqueville
Je suis inerte
Je me tords et je hurle
Où sont passés mes désirs
Et mes os
Et mes ancêtres
Et ma meute
Où ? Où ?
Ahouuuhouhhhh

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L’Ermite, la contemplation, les icônes

Ce qui fait L’Ermite
C’est le temps de la contemplation
Les couches se réorientent
La surface se craquelle
Le lieu
Le support
Ou l’entité
S’ouvre
L’Ermite se fond dedans
Progressivement
Elle devient ce qui l’entoure
Elle perçoit lentement

L’Ermite accède-t-elle à
Un au-delà
Des apparences
Des convenances
A des secrets
Profonds
Antiques, non humains
L’Ermite disparaît-elle dans
La contemplation
Pour se trouver elle-même
Pour accéder à sa source de sacré

Qui est ton Ermite ?
Le silence ou la guide ?
La transcendance ou la flamme intérieure ?
La disparition ou l’exaltation ?
Le retrait ou le service ?

Qui es-tu qui es-tu ?
Qui suis-je ?
Quelle est ma mission ?
Comment contribuer ?
Comment révolutionner ?
Dans la contemplation, la révélation.


Les eaux troubles du/de la Pendu.e

Dans les eaux troubles du lâcher prise
Dans le flou des rêves, dans la vase des cauchemars, dans les marais d’où s’échappent les feux follets

Suspendu.e dans un espace-temps non-linéaire, fragmenté, distordu, dystopique, infini, chaotique

Perdre le contrôle
Lutter, céder
Vivre avec le trouble
Lâcher

La Lune (sombre)

J’ai entendu les noms
Puis, plus rien que
Le tourbillon

Le silence qui préside à l’entre-deux
Dans l’entre-deux-lunes

Les futilités s’éclipsent
Ce qui compte
C’est cet instant propice
Ce qui compte
Est là, cru, sans parures
Obscur, sans pompe

Les étalages se démontent
Les échafaudages tombent
Reste ce qui compte
Pur, brut, obscur

Tourbillon en pause
Au centre, le portail s’expose
Les entrailles saignent
Les visions dégainent
Le silence, lui, règne

Tu as l’odeur de la chair
Le goût de la cyprine
Les frissons m’oppriment
Me libèrent
Me dépriment, m’enserrent
Et enfin me traversent

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L’Hiérophante: C’est toi, la clé!

Tous les savoirs, tous les livres, toutes les traditions occultes ne valent rien si tu ne peux pas t’approprier la matière.

Je comprends l’insistance sur la rigueur et sur le temps de l’étude. Sauf que ça revient souvent à nous couper de nos propres savoirs et de nos manières de communiquer et de chercher les informations, même les moins conventionnels. Ça nous coupe de l’expérience de nos sens, y compris notre intuition. Ça fait des barrages. Ou des barricades qui nous emprisonnent. Quand on brandit l’importance de la tradition, on réveille nos tendances dogmatiques, nos habitudes à s’en remettre à des maîtres-ses, et le spectre de l’emprise qui nous attend au tournant dès qu’on abdique nos connaissances.

On me dit souvent que je « décomplexe le tarot ». Qu’est-ce que ça veut dire? Parfois je passe à côté de la pression autour de l’apprentissage du tarot dans les milieux francophones en particulier: il faudrait bien connaître toutes les cartes avant de pouvoir les tirer, il faudrait les craindre, les vénérer, arriver avec la déférence qui serait due à cet outil « ancestral ». Même si la multiplication des sources a heureusement ( !) brouillé ce « gatekeeping » (gardiennage élitiste et contrôle à l’entrée) du tarot, beaucoup d’entre nous intègrent ces peurs. On ne se sent pas à la hauteur. On a besoin qu’on nous dise comment faire. On pense qu’il y a ceulles qui savent et les autres. On oublie les échanges et les interactions. On culpabilise. 

Bien sûr que les traditions comptent, mais oui les mentors comptent aussi, cependant au milieu de toutes ces injonctions, on en vient à oublier que ce qui compte c’est TOI. Tu es ta-ton Hiérophante. Tu détiens les clés pour accéder aux savoirs (et pas que dans les livres!). Personne ne peut te les reprendre. Même si on t’a fait comprendre toute ta vie que tu ne pouvais pas faire confiance à ton intuition ni à ta façon d’apprendre ni à tes rêves, on ne t’a pas enlevé les clés. Elles sont encore là, dans une de tes poches. Et puis, vas-y, je vais t’en révéler un secret trop bien gardé en fait : tu es la clé. 

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Autour de la Tempérance. Détours.

Coincée entre la Mort, le Diable, l’Arcane de la Tempérance constitue autant un répit bienvenu qu’un miroir aux alouettes.

Il y a 3 ans, j’ai failli me faire tatouer l’ange de la Tempérance de Niki de Saint-Phalle sur le bras. Ce rappel d’un équilibre précaire aurait enchanté mes bras striés de cicatrices. Je pensais à toutes les années que j’avais passées tiraillée entre euphorie et dépression. Je songeais à l’alchimie des larmes que j’avais versées pendant plusieurs mois en trouvant un peu d’équilibre : la joie d’avoir survécu, le soulagement de vivre -enfin- et non plus de m’accrocher à une vie que je souhaitais quitter. Les mêmes larmes de joie quelques années plus tard dans l’extase de la rencontre de Rose. La Tempérance signifiait tout ça.

Elle a mauvaise presse, la Tempérance, trop posée, trop apaisée, trop simple. A 27 ans, je pleurais avec la Tempérance, acclamant le nouveau jour qui se levait. Le club des 27 ne serait pas pour moi. Après 15 ans de pensées ou d’actes suicidaires, je me révélais à moi-même. Alors, trop apaisée, franchement, pourquoi pas ? Elle n’est pas très rock’n’roll, la Tempérance, mais c’était le juste rappel que la vie ne tient qu’à un fil. Le rappel qu’il est compliqué de se trouver, de respirer en harmonie avec soi-même. Pour certain-e-s d’entre nous en tout cas.

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Création. Retracer nos Constellations Queer.

Penchée sur le vase de divination, j’observe la magie. Des comètes surgies de nulle part se précipitent dans le liquide. Ces boules de feu illuminent brièvement l’obscurité de la caverne. Leurs traînées sont faites de paillettes. Si tôt atterries, les comètes fusionnent avec la matière. Dans mon récipient sacré, l’alchimie opère. Des sphères dorées se dessinent. Des spirales de leur traînées dansent.

Mais déjà, d’autres comètes. Déjà, plus de feu, plus de force, plus de créations.

Comme là-haut, de même ici-bas, dans les souterrains, dans les entrailles. Comme dans le ciel étoilé, comme dans l’univers, de même dans mon bol.

Je n’ai pas la compréhension de tous les mystères. Mais je suis sur le rebord de la bassine. Mes yeux plongent dans l’immensité. Je n’ai pas la compréhension, mais j’ai l’intuition. Je verse les précieux liquides. Les explosions dans les cieux viennent à moi. Ma grotte, la régénération. Je perpétue la régénération.

Au mur, sur les parois, les trainées des comètes laissent des œuvres. Des horloges aux mécanismes alambiquées. Les trajectoires des planètes. Diverses manières de calculer ou d’inventer le temps. Des manières de se raconter. C’est joli.

Sur mes doigts, les paillettes dorées que m’ont offertes les comètes. Les messagères. Je dessine des traînées sous mes yeux. Je les étire sur mes joues. En frôlant Vénus, les messagères ont reçu des ornements. La beauté dans les yeux, je salue l’étoile du soir. Conjonction. Cazimi. L’étoile du matin. L’étoile du soir. L’étoile du matin.

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Bienheureuses sous La Lune

Enlacer langoureusement ce qui fait que nous sommes « nous »
Toucher le dégoûtant, le sublime, l’épatant
Étreindre l’inavoué
Ce qui était honteux,
Le couvrir d’amour
Le sentir tout entier
Ressentir le soulagement
Pressentir l’embarras
Craindre le retour de bâton
Tomber sous le charme
Frémir quand l’hésitation s’évapore
Ce corps qui rampe hors de l’eau
Tous ces corps, tous ces traumatismes
Toutes ces transformations, toutes ces histoires
Émotion
Oh, nous sommes entièr.e.s
Nous sommes entièr.e.s
S’enlacer tout.e(s) entièr.e(s)
Il en a fallu du temps
S’enlacer pour 10 générations
Et des centaines de relations

Embracing what makes us ‘us’
The wonderful, the terrible and the ugly
Hugging what we used to consider shameful
Feeling it all
Relief in reconciliation
Embarassement
Unease and fear of retaliation
Our body crawls out of the water
Many bodies, many traumas,
Many changes, many stories
We’re whole we’re whole
Damn scared but oh so whole
How come we hadn’t realised it before?