Quand La Mort n’est pas au figuré

Dans certains jeux et à certains moments, La Mort n’est pas une carte métaphorique. Elle te tourne dans la tête avec insistance.
Tu penses aux gens qui te manquent. Tu penses à ce que tu aurais pu faire. Tu penses aux personnes que tu aimes et tu crèves (symboliquement mais ça te tort les viscères) de peur de les perdre. Tu penses à ta propre vie.

En tout cas, La Mort t’obsède. Tu n’arrives pas à t’en détacher.

Le 4 de Ciel et la Reine de Mer t’aident à reprendre contact avec la vie, dans l’instant présent, malgré l’ombre que La Mort jette sur tes pensées. Un peu de douceur pour claquer la porte au nez de tes angoisses, le temps de retrouver l’Arcane 13 de façon plus symbolique, moins littérale. Le temps d’apprécier que si, pour quelques secondes qui paraissent une éternité, l’eau semble se perdre au fond de la fontaine à jamais, elle rejaillit en réalité de plus belle, vigoureuse et pétillante. Lire la suite « Quand La Mort n’est pas au figuré »

Mon chat, L’impératrice

Quand t’arrives pas à garder les pieds sur terre. Quand tu rumines. Quand les idées sombres s’entassent dans tous les coins de tes pensées.
❤️
Bein, y a toujours la divine Samhain, l’Impératrice, en phase avec ce qui s’agite, en elle et autour. Pourtant tellement généreuse, parfaitement dans l’instant, sublimement dans l’interaction. Curieuse, fofolle et éveillée, elle n’en est pas moins sage. Elle est bouillonnante de connaissances insoupçonnées. En effervescence et cependant posée.

La Force en forêt

img_20190624_231549_9036169396659155635483.jpgJ’ai peur de la forêt. Je suis une enfant des plaines. J’ai peur en forêt. Quand je rentre dans le bois, j’ai le cœur qui palpite. Et les poignets. J’ai le souffle court. Je marche vite. Je cherche la solitude. Je la redoute. Je hâte encore le pas. Je cherche une route qui aurait dû sens. Ce sont toutes les mêmes. (mes doigts ont tapé « toutes les mains », comme celles suspendues aux arbres des forêt dans mes crises d’angoisse avant…).

Seuls les sureaux semblent différents. Chaque arche. Chaque fleur. Comme un passage autant qu’un sanctuaire. Alors je me hâte, espérant trouver celui auprès duquel je pourrai me poser. J’ai peur. Je maudis les gens que je croise de ne pas me laisser profiter de la quiétude. Je panique dès que je me sens trop isolée. La forêt est menaçante. Je ne parle pas son langage. Je ne la laisse pas me l’apprendre. Les musaraignes me guettent. Je sursaute au moindre froissement de feuille. Je suis sur le qui-vive. Lire la suite « La Force en forêt »

L’Ermite et ses cuillères

Comme beaucoup de malades chroniques, je considère l’été comme mes mois d’ermite. Ce rythme plus lent et ce retirement peuvent nous apprendre à suivre notre lanterne à travers les méandres de nos angoisses, de nos aspirations et de notre soif de sens. C’est dur. La douleur et l’épuisement nous vident. Mais cette canne est solide.

L’Etoile. Du croissant à la pleine lune

L’Etoile… Les étapes de la lune croissante sur sa robe dans le Thea’s Tarot. C’est comme quelque chose qui revient. Comme si on acceptait de revenir après la nuit noire (après La Tour aussi). C’est quand quelque chose palpite encore après tout ce chaos et qu’on en prend soin. Sans forcément savoir pourquoi. Sans nécessairement le conscientiser. ✨

Pleine lune. Il y avait un petit quelque chose qui revenait et on l’a accompagné. On l’a pris dans le creux de la main. On s’est mis en route. L’air de rien. Parce que ça vibrait. Parce que c’était touchant. Sans doute parce qu’on vibrait aussi sans en avoir encore conscience. Progressivement, on s’est senti une responsabilité pour ce petit bout d’étoile, cette pépite palpitante. Un attachement. Progressivement, on l’a porté plus près de notre cœur. Les flux de l’espoir se sont faits sentir aussi. Pas des flots, pas des torrents, ni rien de percutant. Un sens. Des ondes.

Maintenant la lune est pleine, on ne peut pas l’ignorer. Elle nous attire. Elle nous fait pousser vers elle. Plus près. Plus près. Lire la suite « L’Etoile. Du croissant à la pleine lune »

Architecte de couteaux et Tempête. Quand le corps s’entête à résister

Mes espèces d’allergies toujours pas vraiment diagnostiquées depuis 4 ans sont de retour. Elles sonnent le glas de mon été. J’ai beau savoir ce qui m’attend tous les ans, je me le prends dans la tronche, de plein fouet. Mes quintes de toux me réveillent. Les expectorations m’épuisent. Mes envies s’amenuisent à vue d’œil. Le mois de juin se moque de moi. En général, cet état s’installe jusqu’en octobre.

Je dois prendre rendez-vous avec le médecin-conseil. A quelle sauce me mangera-t-on à l’approche de l’invalidité (la fin d’une année d’incapacité de travail)? J’ai l’impression de contribuer, à mon rythme et avec les limites de mes capacités, au monde. Mais certainement pas dans les mois à venir. Tornade. Ce qu’ils veulent entendre, c’est qu’on n’arrête pas de vivre à cause d’une maladie chronique. Dans mon cas, le syndrome d’Ehlers-Danlos m’a fait réévaluer et réorganiser avant tout. Mais ça veut dire que plus que jamais les rouages du capitalisme et de l’handiphobie apparaissent. Plus que jamais, alors que la maladie s’installe, mon corps résiste à la performance qu’on attend de lui. En fait, c’est dur de ne pas être rentable dans un monde où c’est un curseur si important de la valeur de quelqu’un.e. Dans un pays avec un système de santé plus ultralibéral et handiphobe que jamais. Lire la suite « Architecte de couteaux et Tempête. Quand le corps s’entête à résister »

Fortuna

La Fortune. Tu n’es pas là pour subir la roue. Tu n’es pas là pour tourner autour de ton nombril. Tu es là pour agripper les fils, les protéger, les tirer, les couper, les relier.

Des ponts au lieu des murs. Tu es là pour tendre la main. Tu es là pour choisir les cartes. Changer la donne. Tireur.se de cartes, tu fais défiler les possibilités. Tu fais advenir. Intégrité. Tu ne te contentes pas de subir les cycles, le progrès ou le conservatisme. Tu accompagnes. Tu ouvres la voie.

La roue tourne. Elle tournera, avec ou sans toi. Tu n’es pas qu’une marionnette pour autant. Que feras-tu de ces responsabilités ?

Le Soleil et la lune sombre

Lune sombre
Obscure
Trop proche du soleil
Pour en refléter les rayons
Perspective
La lune a besoin d’interaction
Comme nous tou-te-s
Elle intervient
Elle reflète
Elle réfléchit
Elle intercepte
La lumière qui,
Sans ça, nous brûlerait les rétines
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Le croissant à peine distinguable
Tourne-toi vers le soleil
Faisan doré, phénix
Tu brilles, tu disparais
Tu brûles, tu reviens
Rayonnante
Je me suis posée au pied du tilleul
Un insecte m’a piquée
– ou l’ai-je nourri?
Le Soleil apparaît en son centre
Au bout du tronc de l’arbre
Entre les branches épaisses
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Avec chaque bourrasque
Le feuillage frissonne
Comme autant de voix
Autant de caresses
Les pollens et jeunes feuilles
Descendent en spirale
Pour finir leur tourbillon
Délicatement
Dans l’herbe

Autour de moi

Posée
A l’ombre du vieil arbre
Traversée par les rayons
En cet instant
Entre deux énormes branches
Imprégnée

Le Soleil
Dans trois jeux
Le Soleil à trois reprises
Triple forme
Je parcours la terre de mes doigts

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Des images qui me poursuivaient
Il y a quinze ans
Tandis que je déambulais
Seule
Dans les rues
J’étais aussi subtile qu’une ombre

Sous une cape bordeaux
Me couvrant le corps et le visage
M’abritant
Je m’effondrais sur le sol
Accroupie
A quatre pattes
Je creusais alors
Je creusais en hurlant
En étouffant de mes sanglots
Je cherchais les os
Je récoltais les traces
De ce que tout le monde pensait disparu
Et qui persistait
Quoique enfoui
Ce qui persistait dans ma réalité

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L’Ermite. Somnolence

L’Ermite. Tu n’es pas perdu.e tant que tu sais qu’au fond de l’hiver, tout incube. Tu n’es pas perdu.e tant que tu conçois la régénération comme un oubli des règles, des itinéraires et du contrôle. Ton errance, c’est un trajet aussi.

Dans tes rêves, tu flottes à quelques centimètres du sol. Les hiboux aussi, sans battre des ailes. Sans même en prendre conscience, tu parcours des distances considérables en défiant la gravité. Parfois, les distances parcourues en rêve valent plus que celles qui provoquent des ampoules aux pieds.

Parfois, la somnolence éveille des parties de nous et de l’univers qui ne pouvaient être laissées à l’abandon plus longtemps.
Souvent, ces processus se heurtent à une incompréhension généralisée. Sauras-tu te fier à ta boussole interne ou préfères-tu t’en tenir aux règles et aux qu’en dira-t-on ?