6 de coupes. Aller à la source

Cultiver les joies simples. S’émerveiller au quotidien. Prendre plaisir à travers le jeu. Voyager dans son passé. S’amuser avec nostalgie. S’embourber dans la nostalgie. S’empêtrer dans la mélancolie.

Hommage aux ancêtres. Tout ce qui fait d’ores et déjà de nous des ancêtres.

On dit parfois que le 6 de coupes nous renvoie à nos schémas maintes fois répétés (patterns), particulièrement ce que nous héritons de notre enfance.

Lorsque nous tirons cette carte, elle reflète tout d’abord un accès aux racines de nos traumas, de nos schémas, de nos joies. Elle est une porte qui s’ouvre sur des souvenirs. C’est ainsi que, d’autre part, elle se présente comme l’assurance que nous avons les ressources émotionnelles pour canaliser nos récits. Avec le 6 de coupes, nous nous tournons vers le passé avec un regard neuf. Armé-e-s de capacités renouvelées, nous sommes à même de nous raconter. Nous nous réapproprions ce qui se présente à nous. Peu importe son poids, nous l’accueillons tendrement. Nous le catalysons. Autrement dit, nos racines sont suffisamment profondes pour que nous nous servions dans les nutriments souterrains nécessaires pour gérer les informations auxquelles nous accédons. Nous gérons les flux. La pression de l’eau n’a plus de secret pour nous. S’il y a des patrons-schémas dans nos tuyaux, ce ne sont plus des vortex voués à se répéter à l’infini, mais des mandalas que nous agençons à l’envi.

Les énergies sont intenses. Nous en sommes en charge. 

Le Feu Cosmique. Retracer nos Constellations Queer.

Qu’est-ce qui anime nos constellations queers? Qu’est-ce qui habite nos interstices? Qu’est-ce qui nous relie?
Traveller of vessels. Voyageuse de vaisseaux, voyageur de vases.

Yel s’exclame:

« Monte à mes côtés. En quête! En selle! Nos élans habillent les cieux que nous composons.
Nos pulsations habitent chaque particule de cet univers.
Nous sommes éparpillées mais reliées.
On se dissout. On s’immisce partout.
On recompose les constellations. »

Yel dit:

« Je parcours des siècles pour toi. Ça va sonner cliché mais écoute ça: c’est l’amour qui ne meut. L’amour nous met en mouvement. L’amour bouge nos constellations. Voyageurses de galaxies en reconfiguration. Mues par l’amour, nous nous retrouvons.

On refuse la solitude.
On refuse ce qui nous dissocie. On rejette ce qui nous isole. On déjoue ce qui brise notre fougue.
On se cherche.
Plus on se perd et plus on se cherche. Plus on se trouve et plus on cherche à s’étendre.
A toucher.
A s’aimer.
A visibiliser.
Connexions.

On crée du lien en arpentant nos galaxies.
En voyageant dans notre ciel méconnu mais profondément ressenti, on met au jour des bouts de nous. »

Voyageuses de vaisseaux. En visitant notre univers, on le crée, on donne vie, on fait sens, on défie.

On retrace notre ciel par nos voyages sans temps ni distances.

Voyageurses du cosmos
mues par l’amour queer.


canalisation avec le slow holler tarot. L’occasion de vous rappeler la publication d’un voyage divinatoire dans les constellations queer pour l’expo virtuelle « retracer notre ciel » de @atelier.corps.genre.arts

Ce texte est extrait du point de rassemblement du voyage:

5 de coupes: à tous ces deuils

A tous ces deuils qui nous rapprochent de notre voie.
Aux douleurs qui ne sont pas vaines. Déchirantes, mais pas vaines.
A ces larmes dont le goût nous rappelle ce qui compte.
A cette tristesse qui distille dans nos tripes la force de nous battre pour ce qui compte, ce qui manque, ce qui souffre.
A l’aubépine qui guérit les blessures du cœur et les orne d’épines protectrices.

Il n’y a pas que ce genre de deuils ou de tristesse bien sûr. Mais ce tirage est pour eux.

Lire la suite « 5 de coupes: à tous ces deuils »

Retrouver un pouvoir personnel: la magie comme volonté (7 de coupes, La Mort, Page de pentacles)

Proprement alignés sur l’étagère, les flacons d’une thérapie de la discipline dégagent une odeur aseptisée. Ici, tout est dans le rang. On a organisé, on a étiqueté et, surtout, on a capturé. Ici, on fait le travail du pouvoir-sur. On a discipliné le pouvoir-du-dedans. On fait correctement les poussières afin de donner le change. On referme la vitrine pour célébrer la distance. Ici, on a déterminé les limites de l’humain-e fonctionnel-le, intégrée dans le système, dans le rang, sous contrôle.

Si tu prends l’ascenseur et que tu descends, et puis que tu descends encore, et puis que tu t’aventures en dehors de ta cage de verre, tu peux sentir l’herbe sur tes orteils. Tu peux laisser le vent caresser tes poils. Tu peux écouter les messages qui circulent avec la rivière. Tu peux sentir le humus qui gronde. La terre réclame. La boue régénère. Voilà où tu laisses des offrandes. Voilà où tu sacrifies. Voilà où tu tranches. Voilà où tu meurs. Voilà où tu renais. Voilà où tout se renouvelle. Où tout cesse. Où tout (re)commence. Voilà où les flacons ne capturent rien. Où le courant des ruisseaux a raison. Où les plantes nettoient. Où les rêves s’envolent. Où les rêves s’immolent. Voilà où l’on souffre et où l’on guérit. Perpétuellement. Dans le désordre. Dans l’infini. Avec la révolution des astres. Avec la ferveur du compost. Voici où l’on partage. Voici où l’on est vulnérables. On est effroyables.

Ici, les disciplines n’ont pas étouffé notre créativité.

En lisant le chapitre « Retrouver un pouvoir personnel: la magie comme volonté » dans Rêver l’obscur de Starhawk.

5 de coupes pour un transit saturnien en capricorne

Taches d’encre bleue sur les poignets
La boule qui pèse sur les veines, le cœur, la gorge
Au moindre mot, elle explose
L’encre qui se déversera ne peut être contenue
Taches bleues sur les poignets

Austère Saturne couve ma maison 5
La capture L’enferme
Sévère Saturne jette les clés
La maison 5 prend la flotte S’étiole
Austère Saturne, chape de plomb sur mon corps

Je me fais un sang d’encre
Dont les flots se déversent
Dont le courant déferle
Mon sang d’encre m’emporte
Saturne a jeté les clés… Où aller ?

La chèvre des mers
On dit qu’elle peut nager des jours
Pas de berge à l’horizon
La chèvre des mers
Elle passe en sous-marin

Dans les profondeurs, j’étouffe
Les sanglots la morve la folle
Déposer ce corps sur les tentacules
Des pieuvres cracheuses d’encre
Aculée, tenter l’abandon

Les fonds marins m’emprisonnent
Saturne, capricorne
De tout son poids
Jeter la clé
Exploser

Avec le 5 de coupes, le deuil de la chevaleresse de bâtons

Le deuil de cette chevaleresse enhardie
La poétesse guerrière
L’idéaliste téméraire
L’assoiffée d’absolu
La désirante sans complexe
La passionnée qui s’enflamme
Son corps qui exulte
Le deuil
S’accorder le droit de pleurer
Sans récriminations
Sans réprimandes
En limitant les regrets
La tristesse s’infiltre
Chaque cellule hurle
Le deuil de cette chevaleresse
Le réconfort d’une infusion d’aubépine
Se couper le doigt au bout de l’épine
Contempler le liquide qui s’écoule
Fusionner avec la tristesse
Dialoguer avec
Le fantôme de cette poétesse

6 de vases. Tisseuse

Je suis une tisseuse
Ma vie ne m’appartient pas complètement
J’intègre les fils

Fil du traumatisme
Fil du divin
Fil des ancêtres
Fil des contes
Fil du fantasme
Fil de la dystopie
Fil du déni
Fil des codes
Fil de l’inconnu
Un fil, des fils, des pelotes

Je tisse du mieux que je peux
Par devoir comme par passion

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5 de coupes. Pleurer et s’ancrer avec Freyja

Un texte canalisé lors d’un espace sacré polythéiste de Valiel Elentari sur le deuil avec la présence de la déesse Freyja.

Dans les méandres
Dans les déserts
Terres arides
Ruisseaux desséchés

Je cherche mes larmes
J’appelle mes larmes
Je cherche comment pleurer

Dans les sillons laissés par le souvenir de l’eau
Les traces du courant
Les pierres polies
Je cherche

Il faut creuser, creuser
Il faut creuser pour que jaillisse la source

Des torrents
Des larmes, des sanglots
Des tourments

Ainsi, je ne suis pas desséchée
Ainsi, je prospère
Féconde
Des larmes
De pluie pour que poussent les récoltes

Ainsi je suis en vie

Je m’arrête là
Je me pose sur la berge

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