7 d’épées. La ruse


Utilise la ruse pour déjouer les pièges qu’on te tend. Fais preuve d’hypocrisie pour éviter de rentrer dans leur jeu. Ton énergie, ton temps, tes idées sont bien trop importantes pour les laisser les détourner. Personne ne peut en profiter à tes dépens. Si ça veut dire te la jouer finaud pour te protéger, eh bien… Il faut ce qu’il faut!

Retrouver un pouvoir personnel: la magie comme volonté (7 de coupes, La Mort, Page de pentacles)

Proprement alignés sur l’étagère, les flacons d’une thérapie de la discipline dégagent une odeur aseptisée. Ici, tout est dans le rang. On a organisé, on a étiqueté et, surtout, on a capturé. Ici, on fait le travail du pouvoir-sur. On a discipliné le pouvoir-du-dedans. On fait correctement les poussières afin de donner le change. On referme la vitrine pour célébrer la distance. Ici, on a déterminé les limites de l’humain-e fonctionnel-le, intégrée dans le système, dans le rang, sous contrôle.

Si tu prends l’ascenseur et que tu descends, et puis que tu descends encore, et puis que tu t’aventures en dehors de ta cage de verre, tu peux sentir l’herbe sur tes orteils. Tu peux laisser le vent caresser tes poils. Tu peux écouter les messages qui circulent avec la rivière. Tu peux sentir le humus qui gronde. La terre réclame. La boue régénère. Voilà où tu laisses des offrandes. Voilà où tu sacrifies. Voilà où tu tranches. Voilà où tu meurs. Voilà où tu renais. Voilà où tout se renouvelle. Où tout cesse. Où tout (re)commence. Voilà où les flacons ne capturent rien. Où le courant des ruisseaux a raison. Où les plantes nettoient. Où les rêves s’envolent. Où les rêves s’immolent. Voilà où l’on souffre et où l’on guérit. Perpétuellement. Dans le désordre. Dans l’infini. Avec la révolution des astres. Avec la ferveur du compost. Voici où l’on partage. Voici où l’on est vulnérables. On est effroyables.

Ici, les disciplines n’ont pas étouffé notre créativité.

En lisant le chapitre « Retrouver un pouvoir personnel: la magie comme volonté » dans Rêver l’obscur de Starhawk.

5 de coupes pour un transit saturnien en capricorne

Taches d’encre bleue sur les poignets
La boule qui pèse sur les veines, le cœur, la gorge
Au moindre mot, elle explose
L’encre qui se déversera ne peut être contenue
Taches bleues sur les poignets

Austère Saturne couve ma maison 5
La capture L’enferme
Sévère Saturne jette les clés
La maison 5 prend la flotte S’étiole
Austère Saturne, chape de plomb sur mon corps

Je me fais un sang d’encre
Dont les flots se déversent
Dont le courant déferle
Mon sang d’encre m’emporte
Saturne a jeté les clés… Où aller ?

La chèvre des mers
On dit qu’elle peut nager des jours
Pas de berge à l’horizon
La chèvre des mers
Elle passe en sous-marin

Dans les profondeurs, j’étouffe
Les sanglots la morve la folle
Déposer ce corps sur les tentacules
Des pieuvres cracheuses d’encre
Aculée, tenter l’abandon

Les fonds marins m’emprisonnent
Saturne, capricorne
De tout son poids
Jeter la clé
Exploser

4 d’épées, Cavalière de bâtons, Justice

Dans un entre-deux. Envie de s’arrêter. Le tourbillon continue. Impossible de faire un break. Aucune pause ne ressemble plus à une pause. Dans un instant en suspens. Regarder le monde qui défile. Sentiment d’irréalité. L’orage continue. Plus rien ne nous repose vraiment. Les pauses ressemblent à de la dissociation. Tandis que le brouhaha continue.

S’embraser. Retomber comme un soufflé. S’exciter. Les envies s’essoufflent. La motivation dégringole. Se motiver. La déception d’ores et déjà tapie dans un coin de nos esprits. Monter sur ses grands chevaux. Ils se dégonflent, ballons de baudruche, illusion en mode trop bon filtre.

On est dans de beaux draps. Y en a marre de laver son linge sale en communauté. Y en a marre de s’emporter, se déballer, démonter sur la place publique. On est dans de beaux draps.

Derrière la Justice, le drap fait écran. De fumée ? Pour occulter la lumière qui nous consume, les feux de la rampe qui nous crament les rétines.

Avec la Justice, tout est prétexte à projeter : nos rêves, nos vulnérabilités, nos échecs, nos histoires, nos générations, nos pierres d’achoppement. Nos espoirs. Elle les pose sur la balance. A terme, il faudra trancher. Là, tout de suite, on est soulagé-e-s que la justice soit dans les parages. 

Le Roi de bâtons, figure visionnaire

La figure du Roi de bâtons est la plus visionnaire du tarot. A l’aise avec sa créativité, yel inspire les autres à embrasser la leur. Yel encourage les membres de sa communauté à s’exprimer artistiquement, à s’engager socialement, à transmettre leurs savoirs, à partager leurs passions. L’épanouissement et l’empouvoirment de son entourage guident sa démarche. Yel œuvre dans ce sens. Yel soutient les personnes dont yel apprécie le travail.

Au niveau intrapersonnel, le Roi de bâtons, c’est cette partie de nous qui nous tire de notre torpeur. Elle nous élève. Elle cherche à créer sans toutes les peurs, sans toutes les pressions sociales qu’on intègre sur ce qui fait art, œuvre, activisme, engagement, responsabilités. Le Roi de Bâtons symbolise cette part de chacun-e de nous qui croit en nous, en nos désirs, en notre mission. Yel fait taire notre autosaboteur.rice intérieur.e + syndrome de l’imposteur. Yel nous tire vers le haut, mais pas une hauteur détachée de tout. Yel nous intègre dans le collectif.

L’article dans son contexte. Pendant une semaine l’été passé, j’ai incarné des cartes de tarot dans le cadre d’un challenge vestimentaire thématique sur instagram:

Laisser sa chance au Roi d’épées

Ce.tte Roi d’épées en jette. Elle t’impressionne. Avec elle, ça foisonne de projets et d’idées. On passe de sa liste d’outils au service de la communauté à son carnet d’adresse de plusieurs milliers de lignes. Toi, tu te sens timide. Ou en tout cas dépassé.e. T’as des réserves. T’es pas forcément chaud.e pour des nouveaux projets, des amitiés ni toute cette profusion d’envies et de plans.

Tu peux pas juste rester terré.e dans ta tanière ? Au moins jusqu’à ce que covid se passe. T’en es au stade où tu présentes la solitude comme ton choix de vie. T’arrives sacrément bien à t’en convaincre en plus ! Au fond, est-ce que ce côté impressionnant n’est pas teinté d’excitation ?

C’est pas facile en plein re/dé/mi-confinement. Sauf que tu as face à toi LA personne qui ne manque jamais de ressources ! Pourquoi tu lui laisserais pas une chance ?

Le 10 de pentacles et l’if

Les ifs sont des portails ancestraux. Ils gardent et protègent. Ils transmettent des clés, des missions, du courage, des poisons et des ruses. Les ifs garantissent la stabilité sous nos pieds. Ils assurent résistance et résilience en répandant de nouvelles poussent dès que la survie s’imposent.

Historiquement, dans plusieurs traditions, ils veillent aux entrées des cimetières ou auprès des tombes (fais défiler pour plus d’images). Ces arbres poissonneux sont associés aux sorcières et à la Reine des Sorcières, la déesse Hekate.

Avec le 5 de coupes, le deuil de la chevaleresse de bâtons

Le deuil de cette chevaleresse enhardie
La poétesse guerrière
L’idéaliste téméraire
L’assoiffée d’absolu
La désirante sans complexe
La passionnée qui s’enflamme
Son corps qui exulte
Le deuil
S’accorder le droit de pleurer
Sans récriminations
Sans réprimandes
En limitant les regrets
La tristesse s’infiltre
Chaque cellule hurle
Le deuil de cette chevaleresse
Le réconfort d’une infusion d’aubépine
Se couper le doigt au bout de l’épine
Contempler le liquide qui s’écoule
Fusionner avec la tristesse
Dialoguer avec
Le fantôme de cette poétesse

As de bâton. L’étincelle de défiance

Defying the world with your passions Defying yourself with your passions
Defining your purpose

Une flamme qu’aucun vent n’éteint
Ta motivation
Tes convictions
Ta vibrance unique

Standing in the way of injustice
Fueling acts with defiance
Nourishing your flame with convictions

Face aux tornades il y a
Irrésistibles
Ton énergie
Ta provocation
Et surtout ton engagement
Tu défies, tu nargues, tu attaques

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Reine d’épées. Une survivante

La Reine d’épées

Une épée dans la tête
Une chouette sur l’épaule
Une auréole

Et

Est-ce un diadème ou mille dagues
Plantées tout autour de sa tête ?

Tiare ou poignards ?

C’est une survivante
Rien ne peut l’abattre
S’il faut être spectre, qu’elle en soit ainsi
Le sceptre planté dans le crâne

Je suis apparue dans la brume
aux aurores
parée d’or
Flanquée d’hiboux et de dagues
Couronné de dagues
Rayonnante

Les secrets, je les emportais dans la nuit, drapés d’or, arrangés dans les linges ordinaires

Le temps ne m’aura pas rendu l’innocence

Mes larmes ont encore le goût du sang
Autant que de la mer

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