Bienheureuses sous La Lune

Enlacer langoureusement ce qui fait que nous sommes « nous »
Toucher le dégoûtant, le sublime, l’épatant
Étreindre l’inavoué
Ce qui était honteux,
Le couvrir d’amour
Le sentir tout entier
Ressentir le soulagement
Pressentir l’embarras
Craindre le retour de bâton
Tomber sous le charme
Frémir quand l’hésitation s’évapore
Ce corps qui rampe hors de l’eau
Tous ces corps, tous ces traumatismes
Toutes ces transformations, toutes ces histoires
Émotion
Oh, nous sommes entièr.e.s
Nous sommes entièr.e.s
S’enlacer tout.e(s) entièr.e(s)
Il en a fallu du temps
S’enlacer pour 10 générations
Et des centaines de relations

Embracing what makes us ‘us’
The wonderful, the terrible and the ugly
Hugging what we used to consider shameful
Feeling it all
Relief in reconciliation
Embarassement
Unease and fear of retaliation
Our body crawls out of the water
Many bodies, many traumas,
Many changes, many stories
We’re whole we’re whole
Damn scared but oh so whole
How come we hadn’t realised it before?

Retrouver un pouvoir personnel: la magie comme volonté (7 de coupes, La Mort, Page de pentacles)

Proprement alignés sur l’étagère, les flacons d’une thérapie de la discipline dégagent une odeur aseptisée. Ici, tout est dans le rang. On a organisé, on a étiqueté et, surtout, on a capturé. Ici, on fait le travail du pouvoir-sur. On a discipliné le pouvoir-du-dedans. On fait correctement les poussières afin de donner le change. On referme la vitrine pour célébrer la distance. Ici, on a déterminé les limites de l’humain-e fonctionnel-le, intégrée dans le système, dans le rang, sous contrôle.

Si tu prends l’ascenseur et que tu descends, et puis que tu descends encore, et puis que tu t’aventures en dehors de ta cage de verre, tu peux sentir l’herbe sur tes orteils. Tu peux laisser le vent caresser tes poils. Tu peux écouter les messages qui circulent avec la rivière. Tu peux sentir le humus qui gronde. La terre réclame. La boue régénère. Voilà où tu laisses des offrandes. Voilà où tu sacrifies. Voilà où tu tranches. Voilà où tu meurs. Voilà où tu renais. Voilà où tout se renouvelle. Où tout cesse. Où tout (re)commence. Voilà où les flacons ne capturent rien. Où le courant des ruisseaux a raison. Où les plantes nettoient. Où les rêves s’envolent. Où les rêves s’immolent. Voilà où l’on souffre et où l’on guérit. Perpétuellement. Dans le désordre. Dans l’infini. Avec la révolution des astres. Avec la ferveur du compost. Voici où l’on partage. Voici où l’on est vulnérables. On est effroyables.

Ici, les disciplines n’ont pas étouffé notre créativité.

En lisant le chapitre « Retrouver un pouvoir personnel: la magie comme volonté » dans Rêver l’obscur de Starhawk.

Retour sur l’Equinoxe d’automne 3

Canalisation lors de l’espace sacré de l’équinoxe animé par valiel elentari

Il n’y a pas de répit pour les créatures de l’entre-deux
Des portes, des orifices, le froissement des plumes, le murmure du vent
Les prédictions ne sont pas joyeuses
Les créatures des entre-deux sont sur le front
Appelle ça une armée si tu veux
Appelle-nous des sorcières
Appelle-nous des téméraires
Nous sommes sur le fil des équinoxes
Et déjà au cœur de l’automne
Et déjà à frôler des cailloux des cimetières de nos pieds nus


Nous flottons
Nous sommes la brume
Nous ne connaissons pas de répit
Créatures des entre-deux
Le chaudron, la fumée, le feu, la potion, la cuillère, les enfers
Nous sommes
Tou-te-s entièr-e-s
Nous ne sommes pas faites de pierre


Nous sommes le mouvement
Insoupçonnables
Les imperceptibles créatrices de l’entre-deux
Les créatures de la matrice
Au fin fond et à la surface
Nous sommes
Ainsi soit-on

Lire la suite « Retour sur l’Equinoxe d’automne 3 »

Retour sur l’équinoxe d’automne 2

Canalisation lors de l’espace sacré de l’équinoxe animé par valiel elentari

Dans ton chaudron,
On plonge la tête la première
Un prérequis
Un acte de foi

Dans ton chaudron,
On revient sans loi
On en revient cent fois

Je me débats avec les esprits
Ou
Avec mes peurs les plus inavouées ?
Je me débats avec ce qui n’a pas de nom
Pas de visages
Les incubes dont les bras affleurent à la surface

J’ai tant de craintes

Je fais acte de foi
Je plonge dans le chaudron
La tête la première
Incubation
Résurrection

J’ai peur de n’être qu’une armée de zombies
Je les sens trembler dans mes bras
Je crois que je vais exploser

Lire la suite « Retour sur l’équinoxe d’automne 2 »

6 de vases. Tisseuse

Je suis une tisseuse
Ma vie ne m’appartient pas complètement
J’intègre les fils

Fil du traumatisme
Fil du divin
Fil des ancêtres
Fil des contes
Fil du fantasme
Fil de la dystopie
Fil du déni
Fil des codes
Fil de l’inconnu
Un fil, des fils, des pelotes

Je tisse du mieux que je peux
Par devoir comme par passion

Lire la suite « 6 de vases. Tisseuse »

Règles, tarot, écriture automatique

L’Hiérophante.

A la lisière de la forêt, un corps n’est pas fait pour durer.
Dans l’entrebâillement de la porte, tu demandes un gage avant de passer.
Un sacrifice en échange des clefs.
Un corps n’est pas fait pour durer, éphémère.
Les os s’entassent au gré des tourments, au fil des vies.

wp-15811749324648847034220291488125.jpg

2 d’épées

Je suis cachée et sans cesse renouvelée. Je suis protégée par des sorts dont on a perdu la mémoire, des compagnons dont on a perdu le nom. Ma défense, une fois accordée, ne saurait faillir. Ma vengeance… Pour tout ce qu’ils peuvent en retenir… Elle retentit. Lire la suite « Règles, tarot, écriture automatique »

L’art des selfies

J’élabore des selfies. J’en ai rien à foutre de l’art. Tu me verras parce que tu ne peux m’échapper. Nous sommes fait.e.s de chair et de de reflets. Nous sommes les rayons qui percent l’arrogance des apparences. Nous sommes les éclairs qui viennent à bout des protections, des coffres bien scellés. La perception de nous se réfracte. Nous sommes les fractures. Nous sommes les rayons.
J’élabore des selfies.

wp-15811750485283237119559291219325.jpg

Le langage d’une malade chronique (3 de branches, 8 de vases, 4 de pentacles)

Quand le langage de la douleur chronique
Compose sans mots

Quand les perspectives
Rencontrent la dissociation
Rencontre des cuillères au rabais

Me tirer les cartes + me tirer le portrait
Tarot + selfies
Moyens d’expression

Qui peut déterminer
Ce qui rend correcte
La communication?

Ce qui rend valable
L’art?

Qui valide?
Qui est valide?

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Tarot + selfies
Tenter de projeter, de planifier
(3 de branches)
Vouloir échapper
A un corps
Qui s’effondre, qui s’étire
Aux tissus conjonctifs
Qui tiennent, soutiennent
Craquent, se déchirent Lire la suite « Le langage d’une malade chronique (3 de branches, 8 de vases, 4 de pentacles) »

L’Ermite, la colère, la transformation, le Phénix

Je me recueille auprès de la colère
Avec
Je me pose avec elle
🔥
Je la ressens de partout
Elle enserre ma gorge
Elle remonte mon œsophage
Elle tressaute dans mes quadriceps
Sur son passage, ma valeur trépasse
Je crame
Je suis dévastée
🔥
Quand la colère a pris possession de moi
Elle était si présente
Qu’elle en était invisible
Naturelle
Il n’y avait pas de vie sans elle
Où vivais-je ailleurs
Dans cet état qu’on appelle dissociation
🔥
Quand elle a été conscientisée
Je n’ai plus connu aucun répit
Partout
Absolument partout
Elle adhérait à tout
Elle rétrécissait mes voies respiratoire
J’étouffais
Et je brûlais encore
Ravagée
wp-15811610267174375630187253491471.jpg
Je me recueille auprès de la colère
Avec
Je me pose avec elle
Ermite
Sage
Mystique
Patiente
Entêtée
🔥
Je l’accompagne plus que je la ressens
Je voyage tandis qu’elle n’est jamais loin
Elle jouit d’un écrin
Dont les parois la contiennent
Elle s’apaise au lieu de tout péter
Elle s’affaisse pour ne plus dévorer

Le scorpion connaît sa leçon
Ce qui tempête Lire la suite « L’Ermite, la colère, la transformation, le Phénix »

As de cailloux. La peau fine

img_20190927_154616_0597084096669633368790.jpgJe n’ai pas la peau dure pour encaisser les coups.
No thick skin.
J’ai la peau fine qui laisse passer le vent. Elle s’arrache. Elle se fend. Elle brûle. Elle cède.
Paper-thin skin that tears open or bruises.
On dit qu’elle est la défense, l’interface entre le soi et le monde.
Elle est mon moi, mon monde, le monde.
Par endroits, elle est si sensible qu’une caresse l’agresse. Elle aime les caresses, ma peau. Elle ne les filtre pas. Elle amplifie.
Elle ne se fie pas aux on-dit. Elle expérimente. Elle invente langages, sensations, saturations, ruptures, textures, volumes, volutes, utopies, ses pires et ses brumes, et ses brûlures.
On dit qu’elle abrite. On dit qu’elle est cabane. On la voit en écailles.
Elle clame qu’elle est vulnérable et qu’il n’est nul besoin de carapaces pour se défendre. Elle fend. Elle fond. Elle laisse s’échapper. Elle offre. Diaphane, elle est carte au trésors.
Elle bleuit de plaisir.
Cette peau, c’est mon corps, c’est moi, c’est l’as de cailloux.

img_20190927_1532274128260896137595444.jpg