Règles, tarot, écriture automatique

L’Hiérophante.

A la lisière de la forêt, un corps n’est pas fait pour durer.
Dans l’entrebâillement de la porte, tu demandes un gage avant de passer.
Un sacrifice en échange des clefs.
Un corps n’est pas fait pour durer, éphémère.
Les os s’entassent au gré des tourments, au fil des vies.

wp-15811749324648847034220291488125.jpg

2 d’épées

Je suis cachée et sans cesse renouvelée. Je suis protégée par des sorts dont on a perdu la mémoire, des compagnons dont on a perdu le nom. Ma défense, une fois accordée, ne saurait faillir. Ma vengeance… Pour tout ce qu’ils peuvent en retenir… Elle retentit. Lire la suite « Règles, tarot, écriture automatique »

L’art des selfies

J’élabore des selfies. J’en ai rien à foutre de l’art. Tu me verras parce que tu ne peux m’échapper. Nous sommes fait.e.s de chair et de de reflets. Nous sommes les rayons qui percent l’arrogance des apparences. Nous sommes les éclairs qui viennent à bout des protections, des coffres bien scellés. La perception de nous se réfracte. Nous sommes les fractures. Nous sommes les rayons.
J’élabore des selfies.

wp-15811750485283237119559291219325.jpg

Le langage d’une malade chronique (3 de branches, 8 de vases, 4 de pentacles)

Quand le langage de la douleur chronique
Compose sans mots

Quand les perspectives
Rencontrent la dissociation
Rencontre des cuillères au rabais

Me tirer les cartes + me tirer le portrait
Tarot + selfies
Moyens d’expression

Qui peut déterminer
Ce qui rend correcte
La communication?

Ce qui rend valable
L’art?

Qui valide?
Qui est valide?

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Tarot + selfies
Tenter de projeter, de planifier
(3 de branches)
Vouloir échapper
A un corps
Qui s’effondre, qui s’étire
Aux tissus conjonctifs
Qui tiennent, soutiennent
Craquent, se déchirent Lire la suite « Le langage d’une malade chronique (3 de branches, 8 de vases, 4 de pentacles) »

L’Ermite, la colère, la transformation, le Phénix

Je me recueille auprès de la colère
Avec
Je me pose avec elle
🔥
Je la ressens de partout
Elle enserre ma gorge
Elle remonte mon œsophage
Elle tressaute dans mes quadriceps
Sur son passage, ma valeur trépasse
Je crame
Je suis dévastée
🔥
Quand la colère a pris possession de moi
Elle était si présente
Qu’elle en était invisible
Naturelle
Il n’y avait pas de vie sans elle
Où vivais-je ailleurs
Dans cet état qu’on appelle dissociation
🔥
Quand elle a été conscientisée
Je n’ai plus connu aucun répit
Partout
Absolument partout
Elle adhérait à tout
Elle rétrécissait mes voies respiratoire
J’étouffais
Et je brûlais encore
Ravagée
wp-15811610267174375630187253491471.jpg
Je me recueille auprès de la colère
Avec
Je me pose avec elle
Ermite
Sage
Mystique
Patiente
Entêtée
🔥
Je l’accompagne plus que je la ressens
Je voyage tandis qu’elle n’est jamais loin
Elle jouit d’un écrin
Dont les parois la contiennent
Elle s’apaise au lieu de tout péter
Elle s’affaisse pour ne plus dévorer

Le scorpion connaît sa leçon
Ce qui tempête Lire la suite « L’Ermite, la colère, la transformation, le Phénix »

As de cailloux. La peau fine

img_20190927_154616_0597084096669633368790.jpgJe n’ai pas la peau dure pour encaisser les coups.
No thick skin.
J’ai la peau fine qui laisse passer le vent. Elle s’arrache. Elle se fend. Elle brûle. Elle cède.
Paper-thin skin that tears open or bruises.
On dit qu’elle est la défense, l’interface entre le soi et le monde.
Elle est mon moi, mon monde, le monde.
Par endroits, elle est si sensible qu’une caresse l’agresse. Elle aime les caresses, ma peau. Elle ne les filtre pas. Elle amplifie.
Elle ne se fie pas aux on-dit. Elle expérimente. Elle invente langages, sensations, saturations, ruptures, textures, volumes, volutes, utopies, ses pires et ses brumes, et ses brûlures.
On dit qu’elle abrite. On dit qu’elle est cabane. On la voit en écailles.
Elle clame qu’elle est vulnérable et qu’il n’est nul besoin de carapaces pour se défendre. Elle fend. Elle fond. Elle laisse s’échapper. Elle offre. Diaphane, elle est carte au trésors.
Elle bleuit de plaisir.
Cette peau, c’est mon corps, c’est moi, c’est l’as de cailloux.

img_20190927_1532274128260896137595444.jpg

Tirage de l’endurance de l’if

Pour préparer Samhain, je vous propose le tirage de l’endurance avec l’if, un arbre impressionnant, toxique, souvent associé à la mort, à l’immortalité et au passage entre les monde. C’est ainsi qu’il garde encore des cimetières. Puissant, il peut vivre de nombreux siècles. Créatif, il subsiste en se renouvelant.
Il protège certes, mais sans passivité. Il assure la défense.
Dans les niches qui s’y creusent et leurs troncs qui se vident, on est invité.e à répondre à l’esprit de l’arbre ainsi qu’aux les divinités (comme Hécate!) et créatures qui s’y rassemble. Ils deviennent sanctuaires ou autels votifs. Pas besoin d’installer des statues pour ça. On peut y déposer des feuilles mortes, des fleurs et autres présents et visualiser les présences dans les cavités.
Qu’est-ce que cet arbre ancestral peut t’apprendre en amorce de Samhain ? Comment appréhender le nouvel an des sorcières avec de la continuité dans le changement ? Quels sont les messages qui ont trait aux grandes tendances ? Que te confient les guides pour que tu vois au-delà de tes préoccupations immédiates ? Un tirage à réaliser de préférence sous un if ou à l’entrée d’un cimetière en prenant conscience de l’énergie du portail. Lire la suite « Tirage de l’endurance de l’if »

M’effondrer comme un château de cartes

C’est pas de l’art, c’est du désespoir / regarder l’écran, l’objectif, ce que je construis ?
🔀
Au fond de mon lit
Il fait trop froid ailleurs
J’ai explosé mon stock de cuillères
En me pimpant ce matin
Pour aller essayer, encore,
De comprendre pourquoi
La mutuelle me paie pas ce qu’elle me doit
J’ai pas capté
▶️
Déprimée au fond du lit
Je me sens vidée
Je me sens pitoyable d’essayer
De concilier mon anticapitalisme
Et mon besoin de reconnaissance
⏺️
Je me compare
Aux gens qui m’ont plagiée
Aux gens qui font la même chose que moi
Mais qu’on appelle des artistes, elles,
Je me demande si c’est parce que je suis grosse
Et grande gueule
Mais je veux pas tomber dans le gouffre
Qui consiste à blâmer mes positions minoritaires
Pour tout ce qui ne fonctionne pas
Alors sans doute que je ne suis
Ni artiste ni autrice
Je me compare
Je veux continuer à écrire des zines
A donner du tarot
A partager du savoir
Je veux que ce pouvoir soit accessible
Mais je regarde les éditées, les invitées
Je pense que je suis nulle
⏮️ Lire la suite « M’effondrer comme un château de cartes »

Incarner L’Oracle

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mouvante, léchée par les flammes
Je suis la lune en exaltation
La lune en Bélier rencontre la mienne en Taureau
Je projette son feu
Je suis le dragon de la transformation
Dans l’attente du Scorpion
Qui m’immergera dans ses eaux sombres
Je flotte
Je me baigne aux côtés des savoirs occultes que je chéris
Je suis L’Oracle
Je l’incarne Lire la suite « Incarner L’Oracle »

Le voyage de Perséphone 4

Tu es derrière moi. You have my back. Si tu n’étais pas derrière moi pour m’aider à accomplir l’ordre des choses, le rythme des saisons, je prendrais mes jambes à mon cou. Je compte sur toi tout comme j’ai besoin que tu m’extirpes à cette terre que je chéris le printemps venu pour me ramener à ma mère, à tout ce qui bourgeonne en surface.

Hekate, toi qui es derrière moi, tu m’entends clairement. Tu entends tout, du faible frémissement des premières feuilles qui tombent sur le sol au craquement du crocus qui brise son bulbe. Tu as distinctement entendu mon orgasme quand j’ai jeté mon dévolu sur le ténébreux Hades.

Hekate, je déteste quitter Déméter. Ses hurlements hantent notre trajet. Mon déchirement moins dramatiquement extériorisé n’est pas moins grand. Je crains de ne pas la retrouver. Sans toi, j’ignore tout de la route. Sans toi, je ne peux pas revenir. Je rêve souvent que je me perds dans les méandres de l’Enfer, incapable de remonter, errant dans les souterrains, comme l’a fait ma mère là-haut quand j’ai disparu. Nous sommes au croisement du jour et de la nuit. Ma respiration siffle. Lire la suite « Le voyage de Perséphone 4 »

Le voyage de Perséphone 3

Il était derrière moi. Un an, une seconde ? Il est si calme, comment pourrais-je le savoir ? Mon cœur bat la chamade. Est-ce d’avoir sursauté ? Mes joues sont chaudes. Mon ventre vibre, habité par un essaim d’abeilles. Il est beau. Ou peut-être affreusement charismatique. Les battements d’ailes des abeilles s’agitent. L’essaim trépide de ma gorge à ma vulve à ma gorge à ma vulve. Toujours plus vite.

Je veux parler. Ma bouche est sèche. Il s’approche de moi. Je frémis. Il approche sa bouche de mon oreille : Lire la suite « Le voyage de Perséphone 3 »