La pression La fragmentation La rétractation Les subtilités Les membranes Les illusions La réalité

My eyes bleed
Reluctantly
Constantly
Are my eyes bleeding?
How could I tell there’s so much smoke

My nails scratch the wooden surface
I don’t have any nails left
My fingers scratch the bottom of the ocean
Restlessly

Il y a des étoiles autour de ma tête
Je les aperçois du coin de l’œil
Puis elles disparaissent
Est-ce ainsi que mes yeux saignent
Ou est-ce que mes lubies naissent
Lubriques essaims qui tournoient autour de ma têtes
Les abeilles se rendent dans les abysses

What is this name that bees whisper in my slee
Why do I answer to it
The kind of dog I used to be
Why wouldn’t you trust me
My eyes get tired of all of my questions
(Lend me a question mark)
I hear a buzzing
Am I going to wake up?

Les trompettes me réveillent me percent les tympans
Pourquoi les membranes ne m’ont-elles jamais protégée ?

Tout cela relève de l’illusion

Somnambule Funambule Âme qui roule dans le fumier
Tout cela relève d’une réalité

Je suis la membrane qui palpite
J’agite la main (sans ongles)
Auprès de mon oreille
Est-ce que j’entends
Qu’est-ce que je sers

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Processions

Un texte canalisé en août lors de l’espace sacré Fête des Moissons de Valiel Elentari

Rester dehors pour regarder les étoiles. Nemoralia, perséïdes, assomption, cosmogonies. Souvenirs.

Où étions-nous ?
C’était un jour comme un autre
ordinaire
l’air piquait un peu
à part ça, ordinaire

Je me revois là-bas
Le sentiment d’absence
de vide
de circonstance
Les visages de circonstance
Les villages en transe

On avait chaud

Le ciel se déchire
se fissure
Abyssal

Tu descends ou tu montes ?
C’est la valse des psychopompes
Marie entourée de ses anges
Portée par les nymphes

Nous marchions, transpirantes
accablées par la chaleur
et les flambeaux
…… Les flambeaux

Les étoiles filantes dessinent le ciel
Des bouts de nous

On a laissé des traces
On s’est laissées dans les trances
On s’est laissées aller
Tu te souviens de mon odeur

Dans les noms que je te donne

Catalogue de curiosité (…)

On entend les sons du monstre du lac
Ce soir on n’a pas peur, même si on crève de trouille

Je suis poussée sur tes épaules

On me porte
en procession

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Les sorcières embrassent les peurs

Witches are beings who embrace fears. When the world burns, we hug fear.
With great bravery, we serve the Queen, Hekate.
Even through death.

Les sorcières sont des êtres qui vivent avec la peur. Au compost, en offrandes pour la transformation, les angoisses, mais non les peurs. Les sorcières sont les êtres qui embrassent les peurs. Quand le monde s’embrase, nous etreignons la peur.
Courageuses, nous servons Hekate, la grande reine.
Même à travers la mort.
Avec un peu d’amour et de soin, ces peurs font des miracles.

(extrait d’un texte canalisé avec ma divinité tutélaire, Hekate, le jour de Samhain, lorsque la conjonction entre la lune et uranus était au plus proche)

Veillée mortuaire – Samhain

Canalisé lors du recueillement « veillée mortuaire du 1er novembre » proposé en live sur youtube par la magnifique @valielelentari

Prendre part à la nuit. 
Quartiers de pommes, morceaux de lune.

Prendre part aux départs. 
Enfin, prendre part aux départs qui n’ont jamais eu lieu
Les yeux embrumés

Il y a cette colère qui colle, qui colle, qui s’accroche à nos non-adieux

Cet amour qui transcende les conflits
Les générations, les convictions

Je me défais de toi
Je reviens à toi

Ils dansent dans nos ombres
Ils épient nos danses
Epis de blés sur faire-part surannés

Je te fais part de mon désarroi
Je prends part au repas
Comme si toutes ces années n’avaient rien défait
Comme si elles ne faisaient que nous rapprocher

Ton pas dans mon pas dans ton pas dans mon pas
Les chemins de traverse, les détours
Les déviations proclamées comme des ruptures
Tu reviens

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Reine d’épées. Une survivante

La Reine d’épées

Une épée dans la tête
Une chouette sur l’épaule
Une auréole

Et

Est-ce un diadème ou mille dagues
Plantées tout autour de sa tête ?

Tiare ou poignards ?

C’est une survivante
Rien ne peut l’abattre
S’il faut être spectre, qu’elle en soit ainsi
Le sceptre planté dans le crâne

Je suis apparue dans la brume
aux aurores
parée d’or
Flanquée d’hiboux et de dagues
Couronné de dagues
Rayonnante

Les secrets, je les emportais dans la nuit, drapés d’or, arrangés dans les linges ordinaires

Le temps ne m’aura pas rendu l’innocence

Mes larmes ont encore le goût du sang
Autant que de la mer

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N’aie pas peur de chanter!

N’aie pas peur de chanter ! Laisse s’exprimer ta voix ! Que ton voyage chante !
Ta voix est indomptable. Elle ne vibre pas sur la fréquence dictée par les entreprises qui détiennent les réseaux sociaux. Elle ne cherche pas le like. Elle provoque le courroux. Elle en a rien à foutre.
Elle atteint les êtres qui font communauté avec toi. Le cri de la louve dans la nuit rallie la meute.

Les hymnes d’un chœur sauvage s’élèvent. Les voix indisciplinées émanent de nos corps révoltés. A l’assaut des forteresses ! Nous passons les clés.

Cartomancie poétique avec le Literary Witches Oracle

Interprétation du jet de cartes en écriture automatique + lecture spontanée

J’éclaire mon chemin. Faiblement, d’une lumière aussi vacillante que ma main, la lanterne partage son éclat. Elle donne naissance à des ombres. Je sursaute. J’éclaire malgré l’épaisseur de l’obscurité dont le manteau de pierre pèse sur mes épaules.

Mes doigts trouvent la fente dans le tronc. Le creux de l’arbre répond aux frémissements de mes doigts. L’excitation coule le long de mes articulations.

Je bois goulûment la sève à même l’écorce. J’arrose les racines en retour. Nous fusionnons. J’entre. J’entre dans l’intimité de l’arbre. J’entre dans le creux du monde. Je n’ai plus besoin de lanterne car l’élixir est maître de mes visions.

Mes os s’entrechoquent. Je suis réduite à une version dépouillée de moi-même. Les os forment la limite entre la terre profonde, les existences passées, les secrets dont on m’a dépouillée et l’infinie capacité à revenir des morts. J’orne mon crâne d’une couronne de fleurs.

Les fleurs sauvages poussent sans la photosynthèse. Elles sont primaires. Brutes. Primordiales. Irrécupérables. Inénarrables. Les fleurs sauvages poussent dans le pot de mon crâne décharné par mes années d’errance. Les fleurs sauvages poussent dans les tripes des êtres de la nuit, dans les entrailles des chats qui chassent sans lassitude, dans les viscères des créatures qui s’échappent sans relâche. Les fleurs sauvages poussent, champignonnesques, dans les vestiges de mes articulations. Elles poussent dans les vertiges de mes hallucinations.

Tout en bas, je suis épuisée, guidée dans ma danse macabre par le bruit de mes os qui s’entrechoquent. Je suis guidée par la musique de mon être élémentaire, cet être qui n’est plus à moi, qui n’a plus d’identité. Cet être composé-e de ramifications et de mycélium est guidé-e par la cadence des os. Epuisée, elle se blottit dans la tasse de thé. Elle dépose ses glaires, coussins de fortune, avant de s’endormir.

Tu liras son histoire dans les formules micellaires déposées autour de la paroi quand la tasse sera vide. La tasséomancie ou l’art d’entendre les fantômes. L’art de relâcher la lune ou l’existence dans un chaudron. Je reviens. Tu sais que je reviens. Comme la lune toujours revient, je reviens. Recomposée, décomposée, j’émane du chaudron. Mes vapeurs agrippent des nuages. Bientôt, je serai la brume. L’aurore ne m’attend pas. Je reviens pourtant, flottant sur sa croupe. Substantielle, je rampe. Je suis matière. Mon histoire éphémère ne connaît pas de fin. Que des renouvellements…

Une histoire centenaire éclaire nos chemins. 

Tarot collectif: monologue à 100 voix. Des larmes aux armes

J’ai rangé mes larmes par ordre d’importance.
J’ai prétendu faire du classement dans mes chagrins.

Les larmes de frustration, les larmes de désespoir, les larmes de composition, les larmes de manque, les larmes de rejet, les larmes des portes fermées, les larmes des portes que j’ai pas su fermer, les larmes des ports, des océans qu’on met entre des corps, les larmes de douleur, les larmes d’angoisse, les larmes de pas être pas à la hauteur, les larmes abyssales, les larmes que personne ne t’aimera, ne te désirera, ne t’admirera jamais.
Exercice périlleux, j’ai voulu catégoriser.

Tout ce qu’il reste, c’est être là.
Tenir envers et contre tout.
Tenir parce que je viens de loin.
Tenir parce que je suis pas tout à fait seule.
Tenir parce que si j’erre depuis mille ans qu’est-ce que c’est mille de plus?

De mes os, j’ai façonné des armes.
J’ai rangé mes armes par ordre d’importance.
J’ai procédé au classement de mes exploits.
De mes larmes, j’ai recueilli la substance
Téméraire et vulnérable, incontrôlable.

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6 de vases. Tisseuse

Je suis une tisseuse
Ma vie ne m’appartient pas complètement
J’intègre les fils

Fil du traumatisme
Fil du divin
Fil des ancêtres
Fil des contes
Fil du fantasme
Fil de la dystopie
Fil du déni
Fil des codes
Fil de l’inconnu
Un fil, des fils, des pelotes

Je tisse du mieux que je peux
Par devoir comme par passion

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