Déchirements. 5 de Cloches, Amoureux-ses, Etoile.

Les cloches retentissent au son de tant de vérités qu’on ne distingue plus qu’un brouhaha. Suffisamment aigu pour nous alarmer. Trop bruyant pour nous laisser réfléchir.

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Décontenancé-e-s, on pense à nos idéaux. On pleure nos utopies scintillantes. On déplore la dilution de nos convictions. On cherche des liens. On se met en quête de soutiens. Mais il ne subsiste que le souvenirs des communautés qui nous rassemblaient. Nos mains enlacées. Nos coudes serrés. Nos soirées passées à rêver. Nos manifs à hurler. Nos discussions à bâtons rompus. Nos réactions rapides dans des situations qui exigeaient notre coopération. Les Amoureux-ses. Lae Rêveur-se de Bougies.

Et maintenant, ces conflits qui nous rongent. Conflits intérieurs. Conflits dans les communautés d’activistes et d’ami-e-s. Conflits dans les identités.

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Comme des luttes à mort. Comme s’il ne s’agissait plus que de l’emporter.

Entrer en compétition les un-e-s contre les autres pour élever l’unique vérité. Attribuer une catégorie à 

quelqu’un-e et refuser de lae voir s’en extirper. Prendre la défense. Justifier. Mettre au ban. Exclure. Partir. Les entendre dire qu’on s’auto-exclut. Mais ne pas se retourner en s’éloignant. Ne plus demander des comptes. Ne plus chercher à faire vaciller la fabrique des vérités. Tourner le dos à ces hiérarchies. Ne plus savoir contre qui on se bat. Ne plus connaître de communauté.

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Grossir le tarot / le corps gros de la sorcière: Pierres, étincelles, feu

Traduction d’un poème paru sur Little Red Tarot il y a quelques mois pour ma chronique Fat Tarot. En compagnie du Wooden Tarot dans lequel les Pierres sont les bâtons dans des tarots plus classiques. Et, surtout, avec les photos de mon amie Alice Impellizzeri!

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Posées sur mes cuisses
Pierres, étincelles, feu
Mouvement

Crépitant dans mes cuisses
La Page de Pierres
A l’affût d’aventures
Sur le qui-vive
Au taquet
Mon monde intérieur à explorer
Je peux marcher des kilomètres sans me lasser
Mes passions s’activent au rythme de mes pas
Chacun d’entre eux me porte vers
Ma vérité

Mes cuisses sont fermes
Elles forment des courbes inattendues
Quand elles s’étendent
Se plient
Flexibles
Mes genoux, eux, ne se courbent pas,
Ils s’enfoncent
La paume de mes mains
Touche le sol
Avec aisance
J’oublie que je suis maladroite
J’ignore que mes chevilles flanchent
Je me penche à l’intérieur
Et je suis une danseuse qui virevolte
Qui rêve
Avec aisance
Ma volonté s’étire aussi
Je pourrais tout atteindre
Ces pierres sous mes pieds
Me soutiennent
M’étendent Lire la suite « Grossir le tarot / le corps gros de la sorcière: Pierres, étincelles, feu »

Mabon, invoquer et accueillir des déesses sombres

Avec l’arrivée de l’automne, les déesses des mort-e-s ou des enfers se font particulièrement pressantes. Leur insistance représente un défi à la face de notre queertiude. Perséphone et Hel se montrent presque moqueuses: Alors comme ça, tu veux éviter le binarisme? Non, parce que nous, en fait, on fonctionne avec les dualités.

Ok. Comment se confronter à leurs dualités alors? Elles sont faites de cycles. Dans leurs excès et dans leurs pôles, elles prônent une intégration. Sauf que celle-ci ne sera pas forcément fluide. Elle passera pas l’exacerbation des contrastes. Elle exigera un dialogue avec la mort. Ne pas la toiser, ne pas la craindre, ne pas la provoquer, ne pas chercher à la contrôler, ne pas lui donner un pouvoir excessif. Non, juste discuter. Intégrer. Les feuilles mortes joncheront bientôt le sol. Elles pourriront. Elles le nourriront. Les insectes et les vers feront leur oeuvre. Et les champignons. Et…

Une partie de ce qui est enfoui rejaillira. Les graines plantées germeront.

Une partie de nous, individu-e-s et collectifs, peut aussi s’engager dans un voyage sans assurance de retour. Les cailloux laissés sur notre passage seront peut-être emportés par le courant. Mais au moins, on est plus légèr-e-s. Dans certaines cavités, on pourra déposer des secrets qu’on n’a plus envie de porter. Dans certains brasiers, dans le creux de nos chaudrons ou sur nos tas de compost, on pourra jeter des éléments qui ne doivent plus être recyclés mais plus radicalement transformés, par des processus qui ne dépendent pas de nous. Quels sont les schémas qui nous empêchent d’avancer? Lire la suite « Mabon, invoquer et accueillir des déesses sombres »

Oracle des runes

Générations. Passions.
Appartenance. Loyauté.
Et le prix de la complicité. Les secrets qu’on accepte de porter sans les connaître.

J’ai toujours été là pour toi.

Nos existences irrémédiablement liées. De liens qui transcendent le temps. Linéarité réduite en bouillie. Trop petite. Et nous, bien trop gigantesques.

L’espace, en revanche, nous hante. Nous abrite.
Nous emprisonne,
nous enterre et
nous brûle ENCORE.

Bénédiction et malédiction.

Les liens des sorcières
autant que/avant ceux du sang. Les veines des guérisseuses.
Les mémoires fébriles
comme trop habitées.

C’est là qu’interviennent les déesses sombres. Lire la suite « Oracle des runes »

Grossir le tarot / le corps gros de la sorcière: Faire corps avec la Grande Prêtresse

Traduction d’un article publié sur Little Red Tarot dans le cadre de ma chronique Fat Tarot.
Avec les photos de Alice Impellizzeri et les cartes du Thea’s Tarot.


Tensions dans les épaules
Muscles sensibles
Sensibles et las
Le poids du monde sur tes épaules
Ça doit ressembler à ça
Et les secrets et les traumas
Et les murmures qui ont parcouru des siècles
Jusqu’à moi
Les ancêtres qui ne savent pas encore comment communiquer
L’ancêtre que je suis qui ignore comment transmettre
Comment recevoir et canaliser les énergies
Les rendre à la terre ou au cosmos
Au lieu de les stocker
Les libérer au lieu d’intoxiquer
Vaisseau, canal, fibre

Le poids s’impose
S’infiltre
Il rampe à travers mes épaules et ma nuque
Il lâche des décharges dans mon bras
Le poignet se resserre
Serre
Lourdement son emprise sur le crayon
Sa rage à peine contenue sur le clavier
Mais il faut contenir
Contenir, tenir
Cette rage qui dévasterait un univers
Prête à déferler
Sur le point de se déverser
Tenir
La contenir, infinie, en mon corps
Retenue
Du poignet, elle remonte,
Electrique
Jusqu’aux épaules, la nuque, le trapèze
Tensions et conflits
Qui s’emparent de la tête, la mâchoire, la langue
L’intérieur des joues, des plaies béantes

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Étudiante et voyageuse de cailloux

De ces mains qui peinent à agripper, ces mains qui laissent tomber, ces doigts qui se croquent, ces mains marquées par les tensions et l’hyperlaxité, ces mains qui ne semblent reliées au reste du corps que par la douleur, ces mains qui en rêve ou en dessin automatique sont suspendues aux branches des arbres, vestiges d’une bataille perdue, de ces mains se répandent les espoirs, se dispersent les envies, se construisent les livres, se bâtissent des alignements.

Si l’amour peut encore me mouvoir, que me hurle mon cœur ? Qu’il est temps de partir un peu plus loin, et pas en petit poucet, sans carte et sans plan pour revenir ou aller ailleurs. Et récolter des cailloux dans mes poches. Les dénicher le long des routes, dans la vase des fossés, enfouis aux pieds des arbres, brillant dans la vitrine d’une boutique ésotérique et les écouter et les laisser m’apprendre et leur donner l’autorisation de me guider. Et aussi, croquer la grenade et plonger dans ses multiples couches. Davantage Perséphone que Petit Poucet me perdre dans les profondeurs pour mieux connaître l’inconnu.

Cet alignement, ces réparations, elles prennent un sacré temps. On dit des ressources que tu as brûlées, qu’on t’a brûlées, qu’il te faudra au moins le double de temps pour en retrouver. On dit que dans la patience réside la clé pour être en contact avec ton corps dans un monde où tout t’enjoint à le contrôler et à le discipliner. On dit que le temps. Mais qui a encore le privilège du temps ? Le temps est le pouvoir. Le pouvoir a enclenché le compte à rebours. Qui a encore le temps de faire autre chose que survivre ? Si j’ai ce temps, qu’est-ce que ça indique de moi ? Et des luttes que je ne mène pas… Lire la suite « Étudiante et voyageuse de cailloux »

L’étoile. Nos corps.

Pour moi. Pour vous.


Tu mérites de l’amour. Tu mérites du désir. Tu mérites du repos. Ton corps est important même avec les effets du trauma et de la douleur chronique. Ton corps a assez d’importance pour être aimé.

Ce n’est pas censé être facile. C’est pas un souci si c’est pas possible pour toi d’aimer ton corps ou si c’est pas un objectif. Il a quand même de l’importance. Il mérite quand même de l’amour.

Il arrive que la douleur agisse comme un signal: tu n’es plus en mode dissociation totale. Il arrive que cela se traduise par un corps insupportable. Ça veut aussi dire que ton corps est là. Tu en fais l’expérience. Tu te le réappropries. Ça fait mal. Ta douleur est vraie. Tes traumatismes sont vrais. Ils sont réels. Tu es arrivé.e jusqu’ici. Bravo !!! Lire la suite « L’étoile. Nos corps. »

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