Fortuna

La Fortune. Tu n’es pas là pour subir la roue. Tu n’es pas là pour tourner autour de ton nombril. Tu es là pour agripper les fils, les protéger, les tirer, les couper, les relier.

Des ponts au lieu des murs. Tu es là pour tendre la main. Tu es là pour choisir les cartes. Changer la donne. Tireur.se de cartes, tu fais défiler les possibilités. Tu fais advenir. Intégrité. Tu ne te contentes pas de subir les cycles, le progrès ou le conservatisme. Tu accompagnes. Tu ouvres la voie.

La roue tourne. Elle tournera, avec ou sans toi. Tu n’es pas qu’une marionnette pour autant. Que feras-tu de ces responsabilités ?

L’oracle d’Hécate

1.  Stabiliser
Et puis laisser filer les articulations.
S’ancrer
Et puis se tordre la cheville
Et s’étaler sur le sol.
Ramper et puis creuser à mains nues.
Les portes s’ouvriront si tu es prête
Le lourd portail grincera.
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2. Le portail s’ouvrira
A condition que la vulnérabilité
Soit ta force la plus précieuse
A condition que tu acceptes
La transmission des clés en retour
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3. Elle dit qu’il te faut faire l’expérience
de tes offrandes
avec ton corps
Salive, sueur, sang.
Tu as besoin de sentir le jus
Couler le long de ta langue
Fusionner avec les sécrétions.
Tu es ce monde toi aussi.
Tu as besoin d’apprendre
Par le biais de tes propres sens.
Voilà ce qu’elle déclare.
4. Ton cœur saigne
Voilà la preuve que tu es
De ce sol
Composée de mousse et de salissures
Comme les serpents et les vers.
Ta douleur ne va pas s’évaporer.
Tu peux lui servir des repas
Composés de grenades, de patience
De persévérance, de dévouement,
Dégoulinants de sucre.
En retour
Ton expérience fera office de repas
A moi, à elles, à nous
Au sol, à la mousse, à la boue
Aux insectes.
Tu ne t’en es pas sortie en vain.
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5. Tu es grosse
Tu n’es pas une déesse de la fertilité

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Le Soleil et la lune sombre

Lune sombre
Obscure
Trop proche du soleil
Pour en refléter les rayons
Perspective
La lune a besoin d’interaction
Comme nous tou-te-s
Elle intervient
Elle reflète
Elle réfléchit
Elle intercepte
La lumière qui,
Sans ça, nous brûlerait les rétines
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Le croissant à peine distinguable
Tourne-toi vers le soleil
Faisan doré, phénix
Tu brilles, tu disparais
Tu brûles, tu reviens
Rayonnante
Je me suis posée au pied du tilleul
Un insecte m’a piquée
– ou l’ai-je nourri?
Le Soleil apparaît en son centre
Au bout du tronc de l’arbre
Entre les branches épaisses
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Avec chaque bourrasque
Le feuillage frissonne
Comme autant de voix
Autant de caresses
Les pollens et jeunes feuilles
Descendent en spirale
Pour finir leur tourbillon
Délicatement
Dans l’herbe

Autour de moi

Posée
A l’ombre du vieil arbre
Traversée par les rayons
En cet instant
Entre deux énormes branches
Imprégnée

Le Soleil
Dans trois jeux
Le Soleil à trois reprises
Triple forme
Je parcours la terre de mes doigts

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Des images qui me poursuivaient
Il y a quinze ans
Tandis que je déambulais
Seule
Dans les rues
J’étais aussi subtile qu’une ombre

Sous une cape bordeaux
Me couvrant le corps et le visage
M’abritant
Je m’effondrais sur le sol
Accroupie
A quatre pattes
Je creusais alors
Je creusais en hurlant
En étouffant de mes sanglots
Je cherchais les os
Je récoltais les traces
De ce que tout le monde pensait disparu
Et qui persistait
Quoique enfoui
Ce qui persistait dans ma réalité

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L’Ermite. Somnolence

L’Ermite. Tu n’es pas perdu.e tant que tu sais qu’au fond de l’hiver, tout incube. Tu n’es pas perdu.e tant que tu conçois la régénération comme un oubli des règles, des itinéraires et du contrôle. Ton errance, c’est un trajet aussi.

Dans tes rêves, tu flottes à quelques centimètres du sol. Les hiboux aussi, sans battre des ailes. Sans même en prendre conscience, tu parcours des distances considérables en défiant la gravité. Parfois, les distances parcourues en rêve valent plus que celles qui provoquent des ampoules aux pieds.

Parfois, la somnolence éveille des parties de nous et de l’univers qui ne pouvaient être laissées à l’abandon plus longtemps.
Souvent, ces processus se heurtent à une incompréhension généralisée. Sauras-tu te fier à ta boussole interne ou préfères-tu t’en tenir aux règles et aux qu’en dira-t-on ?

Lae Folle, L’Innocence. Poursuivre. S’entêter

ça fait trop longtemps
ça fait trop d’ornières sur la route
ton dos te fait si mal
tu persévères
ça a plus le goût de l’obligation
que de quelque chose de sensé

comment recommencer?
comment faire table rase?
comment te connecter à l’aventurier-e
qui a été submergé-e
englouti-e

comment prend-on des risques
quand on ne peut oublier
ce que ça fait de tout perdre? Lire la suite « Lae Folle, L’Innocence. Poursuivre. S’entêter »

Oracle des Erinyes

Je veux que tu te casses, je veux que tu dégages.

Je veux que tu flippes pour ta life dès que tu mets les pieds ici.

Je veux que tu te sentes menacé.

img_20190518_133408_8732908881487871605138.jpgJe veux que jamais, plus jamais, tu ne te sentes légitime à faire part de ton avis de merde à une meuf, une gouine, un pédé, une personne trans. Je veux que tu ravales ton avis de merde et que tu t’étouffes avec.

Je veux que ta légitimité sans faille te râpe la langue, qu’elle te tranche la glotte, qu’elle se désintègre le long de son œsophage et que ses milliers d’épines te percent l’estomac. Je veux que la nausée te poursuive aussi longtemps qu’il le faudra.

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Je veux m’engouffrer dans le vide de ton esprit et te tourmenter. Te tourmenter à jamais. Je veux que les Erinyes et toutes leurs descendantes te poursuivent tant que nous n’aurons pas obtenu gain de cause. Je veux que tu paies, je veux que tu trimes. Tu vas morfler. Je veux que tu te noies dans la sueur de tes cauchemars. Je veux que les sirènes des revanchardes étouffent tes cris. Je veux que la solitude étreigne chacun de tes membres. Je veux que l’isolement se resserre, qu’il fasse garrot, que t’en pète. Je veux que tu saches. Je veux que tu paies. Lire la suite « Oracle des Erinyes »

Architecte de couteaux. Roi d’épées et justice sociale

Tu fais partie d’un réseau. Tu fais partie d’une toile. Tu es une constellation. Ici et maintenant. Ailleurs et dans tes nombreuses vies. Avec tou-te-s tes ami-e-s. Avec tes guides.

A tout ça, tu dois d’utiliser tes mots avec justesse, pour la justice. Tu es là pour partager. Tu es là pour graver. Tu es ici pour maintenir des espaces (hold space). Tu es ici pour transmettre les flambeaux, comme Hécate et ses torches. Et bien plus, évidemment.

Quand tu utilises tes positions au sein des réseaux, des toiles et des constellations à bon escient, tu peux aider. Tu peux apporter de la transformation. Ne l’oublie pas. Il est de ta responsabilité de participer à plus de justice sociale.

Ton intégrité et ta sagesse sont des trésors inestimables. N’utilise pas tes talents pour nourrir ton arrogance (même si un peu de narcissisme ne peut pas faire de mal à l’Architecte de couteaux). Partage!

Le Fils d’épées. Travailler avec ses ombres

Arrête de te trouver des excuses pour ne pas prendre note de tes rêves au réveil. Inutile d’activer le WiFi en te persuadant que tu t’en souviendras encore plus tard, tu sais bien qu’ils s’effacent de ta mémoire.

Sois consistant.e. Tu as de l’armoise dans la chambre. Tu es prêt.e à explorer tes ombres. Dans ce cas, il s’agit aussi de manifester la discipline qui va de pair.

C’est logique d’avoir peur. Il y a rien de mal à t’enfuir dans tes cauchemars. Ni à les fuir…

Mais… Lire la suite « Le Fils d’épées. Travailler avec ses ombres »