2. La Grande Prêtresse. Analyse

Pour célébrer cette nouvelle carte du tarot que nous co-créons avec mon épouse RoseButch!

Visualiser la Grande Prêtresse

Regarde-moi! Je suis ici depuis si longtemps que je me suis fondue dans les lieux. J’ai fusionné avec les éléments. Les araignées tissent leurs toiles autour de moi. Elles défient la gravité. Elles prennent le temps. Je me dois d’être précautionneuse pour respecter le fruit de leur labeur. Pour qu’elles se nourrissent. Pour que leurs voiles gardent les profondeurs de la caverne. 

La mousse s’attache à mes semelles. L’humidité ne m’affecte plus comme avant. Elle assure la fertilité de l’existence souterraine. L’obscurité ne m’effraie plus. Mes sens ont pris l’habitude de ne plus tout trier, tout savoir, tout comprendre. Je (res)sens. C’est déjà bien assez!

Pose-toi sur la roche sans troubler les stalactites ni te heurter aux stalagmites. Regarde-moi. 

Je suis là depuis si longtemps. Nous co-existons depuis si longtemps. Tu connais pourtant bien peu de moi. Tu me sens à peine respirer. Il t’est loisible de m’oublier. 

Regarde-moi de temps en temps. 

trempe tes doigts dans l’eau des profondeurs
dirige ton regard vers le croissant de lune
laisse l’ineffable t’hypnotiser
ta mémoire ancestrale te revenir
tes réflexes animaux te conduire
tes connexions se rétablir
l’Invisible t’emplir
l’intuition te nourrir

Tourne-toi de temps en temps vers tes instincts sachants
vers ton puits de connaissance que rien ne valide, rien n’invalide à part la certitude intuitive de ton corps, de tes sens et de ce qui passe leur filtre
ce qui frôle, qui s’appuie, qui coule
Reste là le temps de sentir la puissance
le temps de te sentir changé.e
chargé.e

Comprendre La Grande Prêtresse

Impassible? Passive? Insensible? Au contraire!

La Grande Prêtresse est assurément calme. Mais derrière sa mine imperturbable? Tout comme derrière le rideau tendu derrière elle: tumultueux!

Comme carte associée à la Lune, c’est inéluctable: la Prêtresse est une carte de changement! Nous observons tout un cycle de ce satellite en 29 jours. Les émotions fluctuent. La Lune, corps céleste humide, leur trouve du liant. Elle les mélange. Elle colle avec ses fluides les faces et les phases morcelées. 

Si la Grande Prêtresse paraît austère, c’est qu’il y a fort à faire. Si iel est inactif.ve, c’est qu’iel est connecté.e à des fréquences, des mondes, des profondeurs qui exigent un état de concentration absolue. Iel n’est pas en retrait de ce monde. Sa connaissance des fils qui relient les différents mondes lae rend très présent.e. Iel prend son temps parce qu’iel ne laisse pas l’urgence des humain.e.s et leurs pendules capitalistes dicter son rythme. On lae taxe d’indifférent.e. Iel vibre au rythme des secrets. 

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Planète des Esprits. Retracer nos Constellations Queer.

Comme une envie de recopier les textes canalisés pour la Planète des Esprits dans le parcours des Constellations Queers cette hiver.

Le Roi de Bâtons (Fifth Spirit Tarot)

On a tant à t’apprendre
On insiste
On se montre
On distille des indices
On t’accompagne au quotidien

Vois comme nous brillons
Voyez comme nous rassemblons

Une feuille dans la casserole
Une brique dans le sol
Le soleil obscurcit
Le silence qui précède
Les aboiements

N’essaie pas de déchiffrer
Suis sans douter
Suis-nous
Suis-nous

Accompagnons-nous

Nos allié-e-s, les Esprits compagnons

Lae Magicien-ne, L’Oisillon-e, Le 7 de couteaux (Slow Holler Tarot)

Avec toi la nuit je danse, la nuit, je pars, la nuit, j’invente

A tes côtés là où les limites se fondent
Trépassent
Je suis ce qui te donne forme dans cet espace à la croisée des mondes
Le zéro, la carte de tous les possibles
Le cercle, la certitude de se retrouver
La boucle, le secret au coeur de l’astrolabe

Nous sommes à la croisée des mondes les esprits qui t’interpellent, qui t’accaparent, qui se cachent, qui paradent
qui se rebellent

Nous sommes les mondes, tu ne peux être sans nous
Tu ne peux créer sans nous
Tu ne peux savoir sans nous

La nuit, on dansa, la ronde des vivant-e-s
La ronde des compagnes.

On se soustrait à ton regard si tu fais preuve d’arrogance, si tu veux nous contenir en bocaux, nous enfermer dans tes labos, ou des encyclos
On se casse si tu as la prétention de nous cerner, de nous utiliser, de nous vider

On co-existe
Souviens-toi que nous co-existons
C’est comme ça que nous partons à l’aventure – toi, moi, la multitude

Les Sien-ne-s

L’animisme n’est pas mort

L’animisme, c’est la vie, la mort, les renaissances

Le zéro puis le un

Nous co-créons
Souviens-t’en

L’animisme: réenchanter le rapport au monde

Manifeste pour un animisme féministe

Nos sens savent. Nos sens comprennent. Nos communautés (se) soutiennent. Autour de nous, les vies fourmillent sous diverses formes. Plus encore : les plantes, les pierres, les ancêtres, les déités, tout cela s’exprime, accueille, rage, attire, rejette. On va à la rencontre de ce fourmillement. De la beauté comme de la monstruosité. On suit nos sens, en ce compris ceux qu’on n’a pas appris à utiliser. On croit nos frissonnements.

L’Invisible a été mis au ban de nos sociétés rationnalisées, capitalistes, vidées. On renoue. On le valorise. On (re)trace des cosmologies dont l’humain-e n’est pas au centre. On observe les schémas et on les respecte. Tout comme là-haut, aussi ici-bas. Tout comme en nous, aussi au dehors. Nos pratiques oraculaires consistent à mettre en lien. Les résonnances emplissent notre vision du monde.

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