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En chariot dans l'univers du tarot

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Journée internationale du tarot – 7 de pentacles – Tirage

Mes premières réflexions sur le 7 de pentacles pour la Journée Internationale du Tarot sont sur le blog depuis quelques semaines.

Le fameux jour est arrivé! En cadeau, pour compléter mon interprétation, j’ai concocté un schéma de tirage inspiré par le 7 de pentacles (et savamment mis en page dans la kitschitude totale):

JourneeTarot7dePentaclesTirage

A vos cartes! Les positions sont donc:

  1. Ce que tu as accompli
  2. Ce dont tu n’as plus besoin en ce moment
  3. Sur quoi prendre appui pour la suite
  4. Que faire des fruits que tu as choisi de récolter (deux cartes)
  5. Te connecter à ton corps.

Le plan de tirage existe aussi en version pdf.

Si vous avez envie de vous faire tirer les cartes avec ce tirage (IRL, skype, par mail), écrivez-moi à cathoutarot@gmail.com afin de définir ensemble un échange.

Si vous voulez vous préparer une tisane et vous entourer de quelques pierres pour ce moment d’introspection et d’évaluation, un petit conseil:

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Le 8 d’épées – coincé-e-s

Traduction d’un article posté sur Instagram il y a quelques semaines.

Bruxelles est ensoleillée ces jours-ci. Il est agréable de s’y balader. Je respire la pollution. Je protège ma peau des allergies au soleil (joliment nommées lucite estivale bénigne), mes poumons du pollen, mes cuisses du frottement entre elles. La ville est charmante et chaude malgré tout. Unique en son genre : île cosmopolite au cœur de la Belgique et capitale d’une Europe forteresse moribonde, l’UE ultra-libérale en décomposition. Je ne sais pas par quel miracle je m’y sens toujours autant chez mois.

Comme souvent, on ressent les tensions partout dans la ville. Je suis mon instinct : marche sur une partie de mon trajet pour le boulot plutôt que le métro. Je n’aime pas la foule. J’aime marcher. J’ai peur de la prochaine attaque terroriste qui frappera ici.

En longeant l’ambassade américaine, de l’autre côté du boulevard, puis en traversant le carrefour Arts-Loi, la carte tirée avant de quitter la maison me revient. Le 8 d’épées. C’est tout à fait l’impression que me laisse Bruxelles aujourd’hui. Coincée. Emprisonnée. Les journalistes commencent à réserver leur place le long des barrières barbelées. Les flics sont partout. 6 rien que pour décider comment enlever une moto. Le parking n’est pas autorisé dans cette zone pour l’occasion, même pas pour les vélos. Des militaires lourdement armés. Mais on arpente les rues normalement alors que tout sera réorganisé pendant deux jours à cause de la présence du plus puissant des fachos à l’heure actuelle. Coincé-e-s. Bloqué-e-s à cause de Trump. Et Erdogan par dessus le marché. Persona non grata dans notre propre ville tandis qu’on sort tout le tralala bien coûteux pour des déchets anti-démocratiques.

Sur le même chemin, hier, des ouvriers communaux enlevaient les autocollants des feux de signalisation pour piéton-ne-s. Les politiques de la région bruxelloises les avaient fait prendre la forme de couples de même genre pour la Pride le week-end passé. Puisque ici on « célèbre la diversité » (pendant qu’on ferme les yeux sur les injustices). De même, le drapeau arc-en-ciel en vitrine de l’ambassade canadienne hier matin avait disparu en fin de journée. Les politicien-ne-s savent exploiter le filon de l’homonationalisme. Et agir avec lâcheté. C’est tristement commun de nos jours. Les personnes LGBT+ et les queers sont coincé-e-s aussi. Céder aux sirènes des dangereuses politiques assimilationnistes. Miroir aux alouettes. Leur visibilité se jette à la poubelle quand les leaders LGBTphobes sont de passage à Bruxelles.

Coincé-e-s alors que l’extrême-droite gagne en ampleur à l’Ouest. Associée à un ultra-libéralisme dévastateur. Il y aura des manifs contre Trump et contre l’OTAN, c’est vrai. On n’est pourtant pas bloqué-e-s avec notre gouvernement raciste et sexiste ? Coincé-e-s car sans réaction, convaincu-e-s d’être dans une impasse. Genre, si le système doit se casser la gueule de toute façon, pourquoi ne pas accepter docilement ses derniers sursauts de violence ?

En vrai, le message du 8 d’épées est plus subtil : c’est pas parce que tu te sens coincé-e que tu l’es forcément. Il n’est pas trop tard.

 

Journée internationale du tarot – 7 de pentacles

Le 8 juillet, c’est la journée internationale du tarot organisée du côté francophone par Les Mondes d’Alice. Elle invite toute personne intéressée à créer/produire « quelque chose » autour d’une carte tirée par ses soins. Un dessin, une musique, une sculpture, une photo, un gâteau, un texte, un tirage, un bijou étaient par exemple les bienvenus.

L’idée émane d’abord de tarologues anglophones: événement fb ici.

Et voici ce qui a été proposé pour la tarosphère francophone: pareil.

Je me suis inscrite rapidement après avoir pris connaissance de l’annonce relayée par Loptr Au gré des cartes. En retour, Alice m’a tiré et assigné le 7 de pentacles. Grrr scrogneugneuh, soupirs. J’aime les défis mais bon là quand même…

Le truc, c’est même pas que j’aime pas cette carte. C’est qu’elle ne m’inspire pas du tout. Peut-être parce que j’ai appris le tarot avec le Wild Unknown Tarot. Regardez plutôt, difficile de faire plus abstrait :

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Ou alors ça signifie peut-être que j’ai des réticences à me connecter à cette carte parce qu’elle réveille des choses chez moi que je n’assume pas. Oui mais lesquelles ?

Quand je lis les cartes pour d’autres et que cette carte apparaît, je balaie de mon esprit l’image du Wild Unknown pour mobiliser des illustrations comme celles du Thea’s Tarot, du Rider-Waite-Smith ou encore du Shadowscape7pentaclesTheaTarot

Une personne récolte des fruits sur un arbre ou arbuste qu’elle a nourri, chéri, soigné avec amour, jour après jour. Elle l’a probablement abreuvé de son attention et de ses intentions. Elle semble sélectionner soigneusement les fruits qui sont suffisamment mûrs et laisser sur les branches ceux qui pourraient attendre un peu. Peut-être y reviendra-t-elle plus tard ou peut-être que, finalement, elle n’aura pas besoin ou envie d’utiliser ceux-là. 7pentaclesshadowscapeElle fera de la confiture ou une potion avec les fruits arrivés à maturité qu’elle emporte dans son panier pendant que les autres restent à la nature. Ils seront grignotés par les insectes ou les lapins. Ils iront nourrir le sol en pourrissant. A chaque chose son tempo. Lire la suite

8 de bâtons

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L’élan et la motivation. Je m’accroche à une inspiration soudaine. Ou l’est-elle ? Fruit d’un parcours mais déblocage inattendu. Energie remontée dans la gorge, enfin expulsée. Cet équinoxe de printemps m’a fait pousser des ailes.
L’illustration dans le tarot Joie de Vivre est particulièrement prometteuse. Le personnage est bien équipé pour l’aventure qui l’attend.

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Roi de pentacles

Quand le roi de pentacles voudrait juste avoir une conversation sérieuse sur les thunes et la carrière.

DSC_1045J’ai tendance à m’éloigner des appels du pied que me fait le roi de pentacles. Je la dédramatise, je lui enlève une dose de responsabilité pour lui donner un côté hédoniste. Un côté moins sûre d’elle. Un côté moins entreprenant. Parce que franchement bon être entreprenante c’est pas trop mon truc. Ni construire des trucs super durables. Ni penser en termes de carrière. Alors quand le roi de pentacles pointe le bout de son nez dans des tirages persos, je choisis de nier les aspects les plus fondamentaux de sa personnalité.

A force de persévérance de sa part, je finis pourtant par la regarder en face. Parfois, c’est important de penser en termes de stabilité : ce qui te fait gagner ta croûte, avoir un toit au-dessus de ta tête, voire mener une carrière. Être capable ainsi de soigner tes chats et embellir ton nid d’amour. Parfois, l’insistance de cette carte à apparaître me dit aussi : arrête de nier les choses que tu juges bassement matérialistes ou trop connotées comme l’ambition ou la carrière, fais le tri dans tout ça, demande-toi ce dont tu as envie et donne-toi les moyens d’y parvenir. On mérite aussi d’être reconnu-e dans nos capacités, on ne peut pas tout faire bénévolement tout le temps. Car c’est toujours les mêmes tafs qui ne sont pas rémunérés et ça, c’est pas juste.

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arrêter de procrastiner

Poème pour les fems – reine de bâtons

J’ai déjà écrit ailleurs que je trouve beaucoup de ma femitude dans la reine de bâtons. Je suppose que pour d’autres fem, ce serait plutôt la reine de coupes. L’identité fem est une identité queer et plus largement lesbienne, bie et trans dont il y a autant de définitions qu’il y a de fems. Parmi les aspects importants, une réappropriation et une mise en valeur d’aspects traditionnellement lus comme féminins (et donc dévalorisés puisque -oh surprise- on vit dans un monde partriarcal) qui deviennent vecteurs de puissance et d’autonomie quand ils sont réinventés et réagencés en n’étant plus conditionnés par le regard et le jugement masculins. Bref, j’ai écrit un slam sur et pour mes amies fems. Il est pétillant de reine de bâtons, je trouve. 

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Low fem, soft fem, biting fem
Montrer les crocs
Crever les pneus
Femitié – un sens de la communauté
Nœuds dans les cheveux
Velues
Des orteils aux perruques emmêlées
Les doigts rugueux
Le goût du laid
Le teint laiteux
Fem paresseuse, fem à la bouille creuse
Fem impassible, fem en colère
Hétéronorme barbouillée
Au rouge à lèvres foncé
Enfoncé, coups accélérés
Rayer leurs vernis
Niquer l’hétéropride
Crade, crasse, empreinte de
Fausses évidences, rances et vides
Fem survivante – qui a survécu, qui sur/vit, qui sur/joue – fem envoûtante
Drag queen étincelante – surprenante
Over the top – et top – fem domina
Narratrice de révolutions
Macératrice d’émulsions
Impératrice du « je veux que tu m’attrapes
Comme ça, que tu me lèches
Plus fort, que tu me défonces
La chatte »
Fem on a mission
Sans féminité – au genre détaché
Déraciné et redessiné
Rôle de composition ou de confort
A l’aise ou funambule
On the edge  ou dans sa bulle
Tête de mule
Dégaine de reine
Camion volé, racaille voluptueuse
Tueuse de tes idéaux vaseux et pourraves
Entre deux rôts vaporeux
Bwwweuuurk
Rengaine de chienne
Poufiasse sans chaîne
Déchaînée, sans entrave
Pétards dans les remparts
Frappadingue en bas résille
Et sa santé mentale, elle t’emmerde
Et elle en parle
Fem qui témoigne, sort du bois, débroussaille
Fait office de relais
Sans fard, comme un phare, fardée
Aux vices qu’elle fem/inise, fem fashion
Fem qui nomme
Femme qui balance
Femme ignoble, fem de la chance
Se saisir de et resignifier
Réduire son regard en bouillie
Elle réclame son corps et son autonomie
Fem salace ou fem très classe
Fem ambiguë ou à la ramasse
Au fil des mues, ses mille vies
Subtiles envies, peaux neuves
Douces et striées
Fem en lambeaux ou fem flambeau
Faire de sa vie un conte de fems

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article sponsorisé par un de nos chats

8 de coupes: dissociation

J’ai cette façon d’apprendre le tarot. Souvent j’associe d’abord une carte à des mots clés issus des livrets propres à chaque jeu ou des sites ou vidéos que j’aime suivre. Le sens s’affine ensuite, voire s’échappe, en fonction du tirage, des associations et/ou de mon intuition. Avec l’expérience, les dimensions d’une même carte s’enrichissent.

Ces derniers mois, c’est le 8 de coupes qui a grandi pour moi. J’y associais auparavant une situation ou une relation dont il n’y avait plus rien à sauver et la mise en mouvement vers d’autres horizons. Une couche de signification s’est ajoutée .dsc_0751 J’y vois aussi la dissociation.

Parfois, on quitte un endroit, au moins symboliquement, pas du tout par choix, mais par mécanisme de défense. Il y a un déclic inconscient qui peut se faire en nous lorsqu’on vit une situation dont la réalité est tout à fait insoutenable. On s’enfuit alors de la scène. Cette dissociation de nous-même en train de vivre un cauchemar peut être brève. Ou durable. On peut ainsi perdre tout souvenir du traumatisme vécu. La dissociation se manifeste là. Ou plus loin: perte de contact avec son corps, ses émotions, ses habitudes. Et puis création de rituels qui nous raccrochent à la vie, nous rassurent, font office de doudou. Pendant que la réalité du traumatisme reste bien au loin.

Je ne suis pas psy et les interprétations psys ne m’intéressent pas follement pour le coup. Ceci est ma version très personnelle de la dissociation par rapport à soi et par rapport à un traumatisme telle que je la vois en tout cas dans le 8 de coupes. Il y a 10 ans, j’étais hospitalisée suite à une tentative de suicide. Le psychiatre m’a fait faire un test sur le dsc_0748trouble dissociatif de la personnalité. Je me suis cassée avant d’avoir les résultats. Mon parcours ne se trace pas au rythme de la psychiatrie et de la dissociation. J’ai fait ma route. My roots.

La Tempérance répond au 8 de coupes. Le long processus de guérison pour revenir à soi. Recoller les morceaux de soi. Juste un peu en tout cas. Sur certaines lignes de fractures. Et puis. The roots. La fille de pentacles. Jeune faon sans pieds ni mains qui se fait pousser des racines. S’ancrer. Se connecter à ce qui donner de la consistance. Un  sens de la réalité. En chemin vers la mère de pentacles. Celles qui habite l’inhabitable. Celle qui, à défaut d’être guérie, est présente. Celle qui habite, en toute connaissance de cause. Après le 8 de coupes qui s’est traduit par une longue fuite. Ce corps, cette vie ne sont plus inhabitables. Peut-être qu’enfin il n’est plus question de survivre, mais de vivre.

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Je suis en train d’écrire un poème là-dessus. J’espère qu’un jour il aura une scène.

Violences policières et patriarcales vs solidarité féministe (hiérophante et as de bâtons)

Vous savez comme je dis toujours que, dans ma pratique, le tarot ne sert pas à prédire l’avenir ? Ouais bon, j’avoue, parfois quand même, il est assez explicite.

Si vous suivez un peu ce blog, vous aurez compris que je ne suis pas au top de ma forme ces jours-ci. Du coup, la semaine passée, une angoisse de la foule me travaillait un peu à l’idée de participer à une marche de nuit féministe qui avait pour objectif de revendiquer notre place dans l’espace public et de dénoncer les violences sexistes et transphobes, le tout en non-mixité sans hommes cis. J’ai donc tiré quelques cartes pendant que je préparais ma tenue histoire de sentir un peu mieux la soirée.

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Le hiérophante et l’as de bâton, croisés par le fils d’épées. D’abord, j’ai voulu voir le hiérophante (ou pape) sous son jour le plus sympathique : de la transmission d’expériences, des personnes qui partagent leurs savoirs. Ça n’a pas duré, mon intuition m’a vite orientée vers une conception plus traditionnelle de la carte : ordre établi, ordre moral, ensemble de règles et de lois qui paraissent figées, maîtres à penser. Shift dans mon esprit : la police sera sur place pour nous empêcher de marcher et ça ne sera pas franchement pacifiste de leur côté. Les gardiens de l’ordre établi et des institutions ne s’embarrassent généralement pas de non-violence. L’as de bâtons, incandescent, était un rappel de l’importance de cette marche aux flambeaux, de nos convictions, de nos contestations, de notre capacité d’agir pour donner forme à un monde meilleur. J’étais directement bien résolue à me déplacer, tout en prenant au sérieux le message du fils d’épées : ne pas m’emballer trop vite verbalement quand il s’agirait de se défendre. Lire la suite

4 de coupes et apathie

Une des facettes du quatre de coupes: le repli sur soi face à une situation qui dépasse, une incapacité à mobiliser de l’énergie en dehors de son petit nombril, tendance à s’apitoyer sur son sort et à remuer sa merde au lieu de se bouger le popotin.
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Apathie. Infos qui défilent. Mort.e.s, des nombres. Affolants. Impossibles à saisir tant l’ampleur dépasse l’imaginable. On fait mine que la mer les a réclamé.e.s. Mais ce sont leurs guerres, leurs murs. Le rejet des Européen.ne.s. Fascisme sur tous les fronts. Je suis triste. Je suis choquée. Je me dis qu’il faudrait que je fasse quelque chose. Je suis désemparée. Je soupire– pourquoi on s’organise pas, purée?
Mais quel est notre ennemi? Je me cache derrière une supposée complexité de la situation. Les riches sont indétrônables. La haine des gens, elle s’immisce pernicieusement. J’écoute la radio: l’islam menace blabla les valeurs occidentales blablabla elles cherchent les viols blablabla on n’est plus chez soi blabla bullshit et encore bullshit. Je soupire — mais qu’est-ce que les gens sont graves! Je me sens impuissante face à la haine et à la désinformation qui l’amplifie non-stop.
Apathie. Que puis-je faire? Telle manif demain… Oui mais les propos sexistes de l’orga, comment vais-je y trouver ma place? Tel sit-in, oui mais… je suis vraiment fatiguée. Ou peut-être que j’ai poney.
L’apathie est dans l’air du temps. Les extrémismes aussi. Je ne suis pas indifférente mais tellement impuissante et désemparée que toute mon énergie me laisse. Je regarde dans le vide. Je fais des trucs funs, des trucs qui me font du bien.
Parce que bon… Le système va se casser la gueule un jour. Même que c’est déjà en cours. Il y a qu’à se blinder, ça va passer. Ouais mais pour certain.e.s, ça passe pas et ça craint plus. Oui mais… Apathie.
Je me sens conne mais je reste vide. Inutile. Dévastée. Pas la première touchée donc vaine. Empathique, mais incapable de transformer ça en actions. Merde, je me sens conne, je reste comme une conne, et j’écris des conneries en me regardant le nombril.
L’apathie.
L’air du temps est suffocant.
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