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En chariot dans l'univers du tarot

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féministe

Slutist Tarot: Premières impressions (vidéo)

Tirage pour le solstice d’été

Je vais tirer les cartes à un événement féministe pour le solstice d’été ce soir.
J’ai conçu un schéma detirage à 4 cartes pour des consultations rapides et légères (une dizaine de minutes).

1. Célébration
Ce dont tu peux profiter, ce que tu peux fêter, retour sur ce que tu as accomplis récemment.
Something to enjoy or to celebrate. Something you’ve achieved lately.

2. Force / strength
Cet endroit en toi où tu peux retourner en toute confiance et puiser de l’énergie. Tes ressources. Ce sur quoi tu peux compter.
This place within you you can come back to, where you’re safe. Your resources. Something you can rely on.

3. Pouvoir magique secret / secret magic power
Comment tu peux briller, irradier inspirer, guérir, enchanter, soigner. Une pensée à garder près du cœur.
How you can shine, radiate, be an inspiration, heal, enchant. Something sweet for your heart.

4. Expression et transformation
Comment tu peux exprimer, créer, partager avec tout ça.
How you can express something with all that by creating, sharing, planting.

Vidéo: tarot et féminisme

Petit cadeau pour l’équinoxe de printemps!

Dans cette vidéo, je vous explique ce qu’est le tarot (pour moi) et en quoi consiste une approche féministe de cet outil.

Bon visionnage!

Poème pour les fems – reine de bâtons

J’ai déjà écrit ailleurs que je trouve beaucoup de ma femitude dans la reine de bâtons. Je suppose que pour d’autres fem, ce serait plutôt la reine de coupes. L’identité fem est une identité queer et plus largement lesbienne, bie et trans dont il y a autant de définitions qu’il y a de fems. Parmi les aspects importants, une réappropriation et une mise en valeur d’aspects traditionnellement lus comme féminins (et donc dévalorisés puisque -oh surprise- on vit dans un monde partriarcal) qui deviennent vecteurs de puissance et d’autonomie quand ils sont réinventés et réagencés en n’étant plus conditionnés par le regard et le jugement masculins. Bref, j’ai écrit un slam sur et pour mes amies fems. Il est pétillant de reine de bâtons, je trouve. 

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Low fem, soft fem, biting fem
Montrer les crocs
Crever les pneus
Femitié – un sens de la communauté
Nœuds dans les cheveux
Velues
Des orteils aux perruques emmêlées
Les doigts rugueux
Le goût du laid
Le teint laiteux
Fem paresseuse, fem à la bouille creuse
Fem impassible, fem en colère
Hétéronorme barbouillée
Au rouge à lèvres foncé
Enfoncé, coups accélérés
Rayer leurs vernis
Niquer l’hétéropride
Crade, crasse, empreinte de
Fausses évidences, rances et vides
Fem survivante – qui a survécu, qui sur/vit, qui sur/joue – fem envoûtante
Drag queen étincelante – surprenante
Over the top – et top – fem domina
Narratrice de révolutions
Macératrice d’émulsions
Impératrice du « je veux que tu m’attrapes
Comme ça, que tu me lèches
Plus fort, que tu me défonces
La chatte »
Fem on a mission
Sans féminité – au genre détaché
Déraciné et redessiné
Rôle de composition ou de confort
A l’aise ou funambule
On the edge  ou dans sa bulle
Tête de mule
Dégaine de reine
Camion volé, racaille voluptueuse
Tueuse de tes idéaux vaseux et pourraves
Entre deux rôts vaporeux
Bwwweuuurk
Rengaine de chienne
Poufiasse sans chaîne
Déchaînée, sans entrave
Pétards dans les remparts
Frappadingue en bas résille
Et sa santé mentale, elle t’emmerde
Et elle en parle
Fem qui témoigne, sort du bois, débroussaille
Fait office de relais
Sans fard, comme un phare, fardée
Aux vices qu’elle fem/inise, fem fashion
Fem qui nomme
Femme qui balance
Femme ignoble, fem de la chance
Se saisir de et resignifier
Réduire son regard en bouillie
Elle réclame son corps et son autonomie
Fem salace ou fem très classe
Fem ambiguë ou à la ramasse
Au fil des mues, ses mille vies
Subtiles envies, peaux neuves
Douces et striées
Fem en lambeaux ou fem flambeau
Faire de sa vie un conte de fems

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article sponsorisé par un de nos chats

Violences policières et patriarcales vs solidarité féministe (hiérophante et as de bâtons)

Vous savez comme je dis toujours que, dans ma pratique, le tarot ne sert pas à prédire l’avenir ? Ouais bon, j’avoue, parfois quand même, il est assez explicite.

Si vous suivez un peu ce blog, vous aurez compris que je ne suis pas au top de ma forme ces jours-ci. Du coup, la semaine passée, une angoisse de la foule me travaillait un peu à l’idée de participer à une marche de nuit féministe qui avait pour objectif de revendiquer notre place dans l’espace public et de dénoncer les violences sexistes et transphobes, le tout en non-mixité sans hommes cis. J’ai donc tiré quelques cartes pendant que je préparais ma tenue histoire de sentir un peu mieux la soirée.

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Le hiérophante et l’as de bâton, croisés par le fils d’épées. D’abord, j’ai voulu voir le hiérophante (ou pape) sous son jour le plus sympathique : de la transmission d’expériences, des personnes qui partagent leurs savoirs. Ça n’a pas duré, mon intuition m’a vite orientée vers une conception plus traditionnelle de la carte : ordre établi, ordre moral, ensemble de règles et de lois qui paraissent figées, maîtres à penser. Shift dans mon esprit : la police sera sur place pour nous empêcher de marcher et ça ne sera pas franchement pacifiste de leur côté. Les gardiens de l’ordre établi et des institutions ne s’embarrassent généralement pas de non-violence. L’as de bâtons, incandescent, était un rappel de l’importance de cette marche aux flambeaux, de nos convictions, de nos contestations, de notre capacité d’agir pour donner forme à un monde meilleur. J’étais directement bien résolue à me déplacer, tout en prenant au sérieux le message du fils d’épées : ne pas m’emballer trop vite verbalement quand il s’agirait de se défendre. Lire la suite

13 La Mort et militantisme

dsc_6364La carte très redoutée de « La Mort » nous parle peut-être de finitude mais avant tout de renaissance. Elle fait référence à des cycles. Elle nous rappelle que les apparentes tables rases n’en sont pas tellement. En effet, elle parle de continuité et de survie. De la nécessité de se débarrasser de certaines couches pour mieux avancer, plus légèr-e. C’est donc naturel qu’elle me vienne beaucoup à l’esprit récemment quand on évoque certains aspects du militantisme.

Je travaille pour une organisation féministe « institutionnalisée », c’est-à-dire que depuis plus de 20 ans, ce sont des financements gouvernementaux qui assurent son fonctionnement. Ce parti de l’institutionnalisation a été pris par une large frange du mouvement féministe dans les années 80 et 90. Il visait à assurer son existence et à garantir sa légitimité afin d’ancrer dans les lois des acquis sociaux qu’il réclamait. On déclarait alors que tout ce qui n’était pas structurellement ancré et subventionné était fragile. Dans la foulée, le mouvement s’est fortement professionnalisé. La reconnaissance du travail fourni par le mouvement social en général a mobilisé le secteur dit « non-marchand » pendant des années en Belgique. Il s’agissait de le sortir en partie du bénévolat. Voilà, voix de professeure off.

Perso, j’ai toujours apprécié de participer à des initiatives « auto-gérées », « grassroots », « indépendantes ». J’ai tendance à voir les soutiens financiers politiques ou émanant de sponsors comme des poisons. Un pacte avec le diable. C’est peut-être bien mon petit côté anarchiste qui parle. Je vous passe les détails de ma critique parce que je veux être constructive et puis, je vous vois déjà faire la moue parce que je fais que râler. dsc_6366

Pendant que les organisations féministes subventionnées se battent à juste titre pour préserver les emplois qu’elles ont générés, elles vivent dans une angoisse constante de la mort et une incapacité à se penser en dehors des sources de financement traditionnelles. La mort de la structure dans son état actuel serait un coup d’arrêt et toute leur énergie est mise dans son évitement.

Dans les collectifs plus informels, la carte de La Mort prend tout son sens. On quitte des groupes pour en rejoindre d’autres. Certains groupes prennent des pauses qui durent des mois et on ignore s’ils sortiront de leur torpeur. D’autres se dissolvent. Mais la continuité des réseaux est néanmoins assurée. Les liens créés dans un cadre débouchent sur des actions dans un autre. Les personnes croisées à une marche deviennent des camarades d’une autre lutte ou d’un autre type de protestation. Un cycle se termine et déjà cinq autres commencent, largement infusés d’actions précédentes.

Le capitalisme ingère toutes nos luttes pour en tirer profit. Elles sont alors recomposées à sa sauce et forcément vidées de leur substance ou tournées en dérision. Y a qu’à voir comment Chanel met en scène des manifestations soi disant féministes dans ses défilés alors que l’industrie de la mode et de la beauté repose plus que toute autre sur l’exploitation des humain-e-s, des animaux et de l’environnement. Blague au goût amer. Ou H&M, les magazines de mode et plein d’autres entreprises qui se sont approprié une pseudo body positivity au mépris de notre fat activism (militantisme gros) et de la radicalité de sa critique sociétale. Belles alliances du capitalisme, de l’hétérocispatriarcat, du capacistisme (l’agencement de la société autour d’un idéal de corps valides et productifs), du racisme, de la grossophobie.

dsc_6372Un objectif des militantes féministes et des autres, c’est d’accepter de se départir de certaines méthodes pour en adopter rapidement d’autres. Se faufiler. Aller plus vite. S’immiscer dans les brèches pour faire imploser un ensemble. Se reconfigurer en d’autres entités pour inventer d’autres actions. Une bonne partie des constats restent les mêmes mais les modes d’action sont constamment bousculés et redéfinis. Être indestructibles et en mutation, à l’image du chat et de ses neuf vies sur La Mort du Mystical Cats Tarot. Et créatif-ves, à l’instar de la jongleuse dans cette position dans le Thea’s Tarot. dsc_6375Elle a les pieds fermement sur le sol, le centre de gravité bien bas et elle fait danser joyeusement les branches qui perdent leurs feuilles vers celles qui portent des fruits. Comme le printemps. Un défi qui nous est imposé par le contexte actuel et qui pourrait pourtant s’avérer salvateur. Dans une conception moins linéaire, plus brouillonne mais en bonne connaissance des saisons précédentes.

Solstice d’hiver

J’ai tiré quelques cartes à partager pour le solstice d’hiver.
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Six de coupes. Le moment est venu de remonter en arrière, de chercher à comprendre où on s’est éparpillé.e.s et où l’énergie a été dispersée. Plus loin encore, quand a-t-on cessé d’être en contact avec ce qui nous épanouissait? Avec ce qui était bon pour nous… Pourquoi a-t-on oublié comment y revenir? Comment renouer avec ce qui nous fait du bien et qui nous épanouit?

Demande-toi… Quand tu étais enfant ou ado, quelles étaient tes passions? Sur quelles convictions refusais-tu de transiger? Qu’est-ce qui te rendait purement et absolument heureuse.x? Tu sais… sincèrement… d’une façon non polluée par les attentes de tes proches ou par les aspirations sociales qu’on te vendait. Renoue avec cette force teintée d’insouciance. Prends appui sur elle.

Et puis, collectivement, retrouvons l’énergie que l’on croit brisée par les épreuves. Qu’est-ce qui a rompu? Est-on aussi déconnecté.e.s des luttes passées et de la force contestataire qu’on le croit? Ou bien cette énergie de ne pas accepter les injustices est-elle intacte et prête à être partagée dans un élan transformateur? L’anarchiste Emma Goldman disait « si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part à cette révolution ».

Le 4 de bâtons nous rappelle aussi de profiter de la puissance de notre union. Ainsi que de la joie qu’on éprouve à se rassembler. Le soulagement également. Alors qu’on se sent isolé.e et impuissant.e, le soulagement de se rassembler. Se (re)trouver. Faire communauté malgré nos divergences. Découvrir un moteur dans nos engagements communs. Et aussi et surtout, le combat ne sera pas tout. Sachons nous réjouir de ce qui nous fait du bien, simplement. Célébrer ce qui fonctionne. Ce qui se transforme déjà peu à peu. Prendre le temps de le voir. Et danser. Tourbillonner.

Au-delà de ça, la mère de coupes nous lance un appel à prendre soin de nous-mêmes et les un.e.s des autres. Yel nous suggère d’écouter et de respecter les limites de nos implications. Yel nous invite à mettre au cœur de nos luttes et de nos fêtes un souci réel pour chacun.e et de l’estime pour soi-même.

Cajoler son corps, comprendre pourquoi il lâche parfois, pourquoi il arrive qu’on ne parvienne pas à l’aimer. Se faire des infusions avec des plantes récoltées l’été. Des bains au romarin. Prendre le temps d’écouter les blessures qui nous viennent de loin. Elles nous en apprennent sur le monde qu’on veut quitter et sur celui qu’on veut construire. Donner une existence aux traumatismes réduits au silence pour, d’une part, apaiser leurs impacts, et de l’autre, sortir de l’ombre les violences (hétérocispatriarcales, racistes, coloniales, capitalistes,…). Faire prendre conscience de leur caractère systématique et oppressif. Puis s’activer.

La mère de coupe est une invitation à soigner, non pas pour reléguer aux oubliettes, mais pour donner sens, ou du moins résonance. Et quand on ne peut soigner ni guérir : écouter, accueillir, adapter l’environnement ou le fonctionnement, faire une place, bousculer l’organisation, interroger les normes.
Elle nous invite à l’indulgence vis-à-vis de nous-mêmes et à la confiance en nos potentiels.

Un bon solstice d’hiver! Revigorant et fortifiant!

Consultations de tarot lors d’une fête

J’ai tiré les cartes à une soirée et c’est plutôt ardu en fait.

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En train de présenter mes tarots à une personne subtilement anonymisée par mes talents de geek.

Quand il nous a été proposé de faire un stand de tarot à ce festival pour les meufs LGBTQI+, on a plutôt pensé à créer notre petit coin en marge d’une activité. Cependant, la perspective de fournir ce service à l’intérieur de la soirée de clôture intéressait davantage l’organisatrice. Sceptiques, Anja et moi avons accepté à condition de pouvoir tester le format au préalable. Nous avons ramené nos cartes à une soirée d’anniversaire dans cette intention, mais nous n’avons pas tenu l’exercice jusqu’au bout : on s’est installées dans une chambre de la coloc en demandant à nos consultantes de faire la file derrière la porte close. Petit havre de paix et de réflexion dans une soirée bien chargée, la formule a beaucoup plu, tant à nous qu’aux personnes qui sont venues se faire tirer les cartes.

Deux mois plus tard, nous voilà à la soirée de clôture du L-Festival. On installe un petit stand avec une table pour chacune. Il est aussi isolé que possible dans un recoin près de l’entrée, derrière la caisse. Des amies veillent aux inscriptions pour éviter qu’une file se forme. On avait prévu des petites lampes, des décorations, des nappes de travail, des petites bougies. Très vite, la musique qui agite la piste de danse un peu plus loin dans la salle me pousse à élever la voix, presque à crier pour me faire entendre de nos consultant-e-s. La sélection musicale est excellente et c’est évidemment pire comme ça. Il faut sans cesse la filtrer, ne pas la laisser entrer dans la bulle car elle fait interférence dans l’échange qui j’essaie de créer avec les personnes en face de moi. Dans ces conditions, je mobilise une lecture assez scolaire des cartes, laissant peu de place à l’intuition – trop compliqué de s’y connecter.

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Ma table à la soirée de clôture du L-Festival

Expérience un peu légère et superficielle à des lieues de la profondeur que peut offrir le tarot mais néanmoins intéressante. C’est en effet une première approche fun et légère pour les consultant-e-s. Même si je ne suis pas convaincue que ça les ramènera à nouveau au tarot… Ça m’a par contre motivée à proposer des après-midis ou des soirées tarot à la maison de temps en temps. Avec des échanges, des explications, des tirages approfondis dans la chambre, des exercices en commun. Lire la suite

Du 5 de coupes au 6 de bâtons

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Thea’s Tarot

Le cinq de coupes. Ne plus voir les étoiles. Chercher à remplir la seule coupe qui n’est pas renversée. Avoir les pieds dans l’eau. Pourquoi ne pas suivre ce courant? La tristesse. Beaucoup de tristesse. Derrière les montagnes, peut-être d’autres perspectives. Mais ici, pourquoi ne pas prendre le temps de pleurer…
Je ne serai jamais celle qu’on aurait voulu que je sois. Ni celle que j’aurais voulu être.
Où puis-je aller chercher un soupçon d’orientation? Comment se poser les questions qui font mal?

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