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En chariot dans l'univers du tarot

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féministe

Le 10 de couteaux comme solution ou conseil ou…

Il n’y aura pas de dénouement facile. Une entreprise de démêlement laborieuse, par contre. Il y aura un retour aux sources. Là d’où s’écoule la  tristesse intarissable. Le flot de larmes. Il y aura des inondations.

La matrice démolie. Les repères lacérés. Il y aura – il y a déjà – le goût du sang dans la bouche. Se mordre la langue pour ne pas hurler. Ronronner pour ne pas se démanteler. Toutes les nuits.
J’ai la mâchoire serrée. Démontée. La douleur s’étend à l’ensemble du corps.
Comment font les gens qui ne ronronnent pas. Ce bruit de moteur assourdissant, cette vibration qui vient d’aussi loin que mon corps peut puiser. Comment font les gens ? Quand j’avais 3 ans, j’ai commencé à humer cette musique pour m’endormir. En tournant mes cheveux dans la main.
Comment vous débrouillez-vous pour survivre sans ces rengaines. Sans ces manies qui triturent les cheveux, les perruques ? Comment fait-on ? Je n’ai qu’une vague idée de la normalité.

Ma vie est un stress post-traumatique constant. Ce n’est pas parce que je suis stabilisée depuis presque 5 ans que ce stress a disparu. Il ne pourrait être sous contrôle en permanence. Pour que la rivière ne déborde pas trop de son lit, il faut parfois laisser se déverser les torrents. Déesse, comme je crains les torrents !

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slow holler

S’emparer des couteaux. Être celle qui s’empare des couteaux. Celle qui ne craint pas le processus. Quand j’y repense. J’ai commencé à m’auto-mutiler il y a 20 ans. Je ne peux pas faire taire cette vie. Cette personne est toujours là. Il faut apprendre à vivre avec mes mille vies. Celles qui ont lieu maintenant. Celles qui ont eu lieu il y a des millénaires.

Comment font les gens qui n’ont pas mille vies ? Comment font les gens qui peuvent se contenter d’être uniquement ici ? Je ne sais pas comment je pourrais être aussi ancrée dans le présent si je n’avais pas ces portes ouvertes à tout le reste.

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Slutist tarot

Le 10 de couteaux, c’est ce qui nous unit. La tragédie. Ce qu’on fait des tragédies. Comment on les traverse.

J’ai peur des portes ouvertes parfois. J’ai peur de connaître déjà l’inévitable. D’entendre ce qui est en marche, même en grande partie inaudible. Le bourdonnement me stresse. Quand est-ce que le bourdonnement fait sens ? Quand est-ce que le brouhaha fait place à la clarté cristalline.

Mes mille vies. Patterns. Ce qui était là. Ce qui revient. La vie cyclique. La vie qui s’embrase.

Je disais souvent : je fais de l’écriture automatique mais ce n’est pas une conversation avec les esprits. En fait, j’ai toujours communiqué avec les esprits. C’est pour ça que certains films même pas tristes me font chialer. C’est pour ça que je jalouse parfois celles.ceux qui ont une connexion directe et limpide avec leurs ancêtres. J’ai le brouhaha. Les messages cryptés. Mes virevoltantes ancêtres. Que je les accepte ou non. J’ai la méchante sorcière. J’ai beau la renier, elle se plaît encore à rôder.

J’ai juste des connexions parfois – souvent dans la folie. Rien ne nous distingue des folles. Nous sommes ces sorcières-là. Allô ? J’ai dit allô ? Et tu parles. Enfin, tu ne parles pas, tu déverses des torrents. Et je pleure des malheurs qui ne sont pas les miens. Nos malheurs sont de toute façon interconnectés. Je ne serai une bonne mutante qu’à ce prix. En extrapolant. En décentrant. Je suis là pour porter le flambeau. Le témoignage.

Du flambeau au bûcher. On dit qu’il faut briller pour ne pas brûler (une citation de Lisette Lombé). Mais je crains pouvoir autant brûler que briller. Je ne peux cesser de brûler. La carte du diable. Il y a les petites filles des sorcières qu’on n’a pas brûlées. Et nous, les descendantes de celles qu’on a brûlées. Les torturées. Les illuminées. 

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Décoloniser et queeriser la « spiritualité »!

A l’attention des tireur-ses de cartes, sorcières, néopaïennes et les autres,

Je suis une lesbienne cisgenre et blanche. Je vois passer beaucoup de choses qui me choquent sur les réseaux sociaux. Je réagis ici en vrac, depuis ma position. Parce que les blanc-he-s qui se taisent au sujet du racisme le perpétuent, j’écris à l’attention des personnes blanches en priorité.

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Slow Holler

On n’est pas femme parce qu’on a un vagin. On n’est pas femme parce qu’on a ses règles. Quand on a ses règles, on ne les a pas forcément sur un cycle de 28 ou 29 jours (sauf quand on prend la pilule, mais alors, épargnez-nous l’argument de la natuuure), on n’est pas intrinsèquement « lunaire » quand on a ses règles (et ça ne détermine toujours pas si on est une femme, une homme ou d’un autre genre).

Il y a des femmes qui ont des pénis et des hommes qui ont des vagins. Il y a plein de gens qui se retrouvent dans un genre qui ne correspond pas à ces deux-là (et pas nécessaire parce qu’yels ont intégré leur « part féminine » ou leur « part masculine »). Il y a des personnes qui sont non-binaires, agenres, genderqueer, fem, butch, two-spirits (pour les personnes autochtones d’Amérique du Nord), hijras (en Inde), etc. Pour certain-e-s, certains de ces termes se recouvrent. Pour d’autres pas.

Les ateliers (chers!) qui bourgeonnent çà et là sur la fâââme, son cycle et son rapport à la nature participent à une essentialisation (femme(s)=sexe=nature, une adéquation historique battue en brèche par certaines écoféministes et épousée par d’autres). Ils sont binaires et cissexistes: il y aurait d’une part les hommes et de l’autre les femmes et tout le monde serait cisgenre (c’est-à-dire vivant son genre comme en adéquation avec le sexe assigné à sa naissance, en d’autre termes les personnes trans n’existent pas dans ce schéma). Par ailleurs, on y fait souvent référence au vagin ou à l’utérus, comme si le sexe était une réalité biologique irréductible et simple. Mais le sexe n’est pas moins construit et complexe que le genre: organes génitaux primaires et secondaires, hormones, chromosomes,… Diverses dimensions peuvent être prises en compte. En réalité, elles ne s’alignent pas chez tout le monde. Les personnes intersexes subissent souvent des réassignations chirurgicales et hormonales dans l’enfance afin de « corriger » la diversité réelle des corps, du sexe et des genres. Les ateliers sur la « fâââme » participent aussi d’un ordre genré et hétéronormé qui relègue les personnes transgenres et intersexes au rang d’anomalies indignes d’être écoutées et qui enferme les femmes cisgenres dans des rôles dictés par l’hétéropatriarcat.

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Oracle of Oddities et les zines Mutante.s (https://sorryimnotsorry.wordpress.com/)

L’hétéropatriarcat et le racisme se côtoient très bien – hélas. Dans beaucoup de pays qui ont été colonisés par les blanc-he-s d’origine européenne, les facettes non-binaires du genre et des sexualités ont été réprimées, niées ou redirigées. Les blanc-he-s ont instauré un rapport de pouvoir par leur colonisation. Vous n’êtes pas two-spirits (ou encore moins « berdache », un terme empreint de colonialisme) ou autre quand vous êtes blanc-he-s. Si vous n’êtes pas conscient-e-s de vos privilèges dans les rapports de pouvoir, vous pourriez tomber dans le piège de l’appropriation culturelle. ça ne veut pas dire que vous ne pouvez pas vous intéresser à d’autres pratiques culturelles et spirituelles, mais plutôt qu’il vous faut comprendre les limites de votre participation.

Po B. K. Lomami développe tout ça dans un excellent texte sur l’appropriation culturelle dont voici un extrait:

L’appropriation culturelle est violente et douloureuse parce qu’elle est une extension de siècles de racisme, génocide et/ou oppression (matérielle, discursive, idéologique). L’appropriation culturelle considère les cultures marginales comme simplement à sa disposition. C’est une colonisation de plus qui s’ajoute à toutes les autres formes de colonisation qui ont eu lieu ou qui ont encore lieu. La défense de l’appropriation est basée sur l’idée fausse qu’il y une relation raciale/ethnique qui existe sur un pied d’égalité, comme si le racisme n’existait plus. Le racisme systémique existe toujours, il y a des privilèges et discriminations. Il ne peut avoir d’échange libre et égal d’idées, pratiques et de marqueurs culturels tant qu’un groupe est privilégié et a plus de pouvoir qu’un autre. Partir du principe qu’il s’agit d’échange bon enfant sans tenir compte de cela ne peut déboucher sur un échange libre et égalitaire. Et l’argument « on pourrait inverser hein » c’est délibérément ignorer le contexte et l’historique dans lesquels l’appropriation culturelle a lieu ainsi que ce que celle-ci reproduit au vu du contexte. Ça ne tombe pas du ciel.

Exemple simple: Les pratiques de purification, de consécration ou autres qui impliquent de faire brûler des plantes sont répandues depuis longtemps. Chez certains peuples amérindiens, cette fumigation se faisait, dans le cadre de cérémonies, avec des bâtons de sauge blanche séchée. Un commerce est né ces dernières années autour de la sauge blanche, très rarement aux mains des personnes autochtones. Dans des pays où elles ont été massacrées pendant des années, où elles subissent encore des violences institutionnelles et physiques, où leurs pratiques spirituelles et leurs savoirs médicinaux ont été et sont toujours écrasés, l’appropriation de ces pratiques est une violence supplémentaire. Elles sont ainsi utilisés pour générer du profit sans réflexion sur les rapports coloniaux. Finalement, dans certaines régions, la sauge blanche est surexploitée. Réappropriation culturelle et capitalisme. S’interroger, comprendre, utiliser de la sauge blanche traçable et pas en parodie de rites des populations autochtones d’Amérique du Nord et résister activement (faire sécher de la sauge commune ou du romarin bio, pas bien compliqué). J’utilise moi-même des bâtons de fumigation à la sauge blanche hein, je ne pousse pas des hauts cris à l’idée de le faire. Faites le tour des boutiques et sites qui permettent la traçabilité des plantes.

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Oracle of Oddities et les zines Mutante.s

Les blanc-he-s européen-ne-s se plaisent encore à parler d' »art africain » en référence à des pratiques artistiques supposément traditionnelles, rituelles et magiques. Parallèlement, yels occultent les multiples facettes de l’art traditionnel et contemporain dans les différentes régions du continent et par des artistes de la diaspora. Un continent bien plus grand que l’Europe devient uniforme: l’Afrique. De l’Afrique du Sud au Maghreb: l’Afrique? Par « art africain », dans les sphères néopaïennes ou spirituelles blanches, on entend souvent en fait le produit d’un processus d’homogénéisation et d’exotisation mis en place dans le cadre de la colonisation: dépeindre l' »Afrique » noire comme « primitive », « sauvage » et invisibiliser les expressions artistiques multiples. Là encore, il ne s’agit pas nécessairement de bannir ce terme, mais de comprendre ce qu’il recouvre et de veiller au contexte dans lequel on l’utilise et pourquoi. Les blanc-he-s des milieux spirituels parlent encore de « musique africaine » sans réfléchir à ce que cela signifie, aux contextes historiques et à la portée raciste de leur généralisation.

Le philosophe Edward Saïd a travaillé sur « l’orientalisme« , un processus de binarisation et d’altérisation qui s’applique à l’Afrique du Nord et à une partie de l’Asie (que l’Occident a uniformisé en « Orient »). Ce processus va de pair avec un impérialisme économique. Il se répercute aussi dans les pratiques spirituelles commercialisables des blanc-he-s.

Prenons pour exemple les centres de soins/médicaux « holistiques » où exercent des praticien-ne-s blanc-he-s qui facturent des sommes impressionnantes pour des pratiques de guérison originaires « d’ailleurs » (exemple trouvé récemment sur un site de ce style: « Aux côtés de la médecine classique occidentale,… », s’en suit une liste du « reste », « l’autre »). Est-ce que je suis favorable à une approche holistique? Oui! Est-ce que je pense que les blanc-he-s ne peuvent pas apprendre et enseigner le reiki ou le yoga? Pas du tout! Mais nous avons une responsabilité après des siècles de colonialisme, d’impérialisme, d’exploitation, d’anéantissement dans la violence. Vu l’état de la suprématie blanche à l’heure actuelle, nous ne pouvons le faire qu’en réfléchissant aux rapports de pouvoir à l’échelle globale, à notre implication dans ces rapports et aux moyens que nous pouvons mettre en oeuvre pour les combattre activement. J’espère pouvoir développer ces aspects dans des articles à venir.

Je parle grossièrement à travers ce texte de « les blanc-he-s » car c’est un groupe qui se réserve historiquement le droit de nommer « l’Autre » tout en se voulant évident, normal, exempt des étiquettes qu’il applique autour de lui pour assurer son pouvoir. Les blanc-he-s qui me lisent ne s’y retrouvent pas? Non, mais vraiment: cherchez, admettez vos privilèges (pour commencer lisez par exemple l’article de Rokhaya Diallo ici), acceptez de les mettre en jeu, il est de notre responsabilité de blanc-he-s de lutter contre la suprématie blanche que nous avons construite et dont nous bénéficions.

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Oracle of Oddities et les zines Mutante.s

!!!! Les zines sur une partie des illustrations seront bientôt disponibles via le blog de l’auteure: https://sorryimnotsorry.wordpress.com/ !!!

5 d’épées – revisiter la souffrance et épouser la monstruosité en contexte oppressif

Figures monstrueuses qui peuplent les imaginaires des victimes du patriarcat. Les langages tortueux quand les traumatismes affleurent à la surface. Les visions insupportables. Néanmoins, édulcorées par rapport ce qu’elles masquent encore. Laideur, corps en décomposition, démantelés, éparpillés, lacérés. Lisses comme des bosses à la place des yeux, des crânes échevelés. Ou des cratères comme des plaies béantes, des pustules suintantes. Et puis des os. Des os partout. Sur le sol. Autour du cou comme des bijoux. Six pieds sous terre, dans les rêves ou dans les dessins. Des os dans l’écriture automatique. Cet irréductible qu’il n’aura pas encore eu de nous. Même pour ceulles que leurs coups ont cassé-e-s, scindé-e-s, abîmé-e-s.

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the wild unknown tarot

Le 5 d’épées, dans certains jeux en tout cas, m’évoque tout ça. Notre capacité à nous régénérer, non pas pour mieux nous assimiler, mais pour mieux résister. Couper. Triturer. Éplucher. Trancher. Scier. Dépecer. Décortiquer. Parce que nous sommes en morceaux de toute façon. Autant aller jusqu’au bout. Plus loin que l’hétéropatriarcat. Dans une meilleure connaissance. Jusqu’à la moëlle. Épinière. Se reconstituer de l’intérieur une structure qui nous tiendra. Dans notre monstruosité. Fièr-e.

Ma compagne, l’artiste Rose Butch, est en train de travailler sur un portrait de moi qui devient monstrueux à mesure qu’elle le revisite. Il ne s’attache pas au réalisme. Il ne s’accroche pas à une apparence. Il me dévore. D’ailleurs, je me retrouve dévoreuse dans cette peinture. Comme une invitation à se laisser engloutir dans mes profondeurs. Sans garantie quand à la bienveillance qu’on y trouvera. Potentiellement, la bile vous engluera. Ou vous fonderez pris-e au piège de l’acidité de mon estomac ulcéreux. Les figures maternelles tragiquement désespérées ou cruellement en quête d’identité peuplent ses toiles. Et les représentations que je me fais de moi-même. Et puis, qui est-on pour l’autre? Qu’est-on au sein du couple? Qu’est-on dans nos amitiés? Ambiguës. La Méduse! Médée? Déjà les teintes de la toile sonnent le glas de la somptuosité. Elle sera tragique.

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Tarot of the Crone (en fond une carte postale du Slutist Tarot et un portrait de Méduse par Pierre et Gilles)

Les critiques patriarcales de certaines artistes ont balayé l’expression de leurs névroses ou psychoses. Sylvia Plath est emblématique. La fascination des adolescentes, qui trouvent dans ses œuvres les thèmes qui les taraudent, est moquée. On rit de leur gribouillages: des yeux qui pleurent, des mains qui pendent, des plaies. Mis bout à bout pourtant, ils relatent les traumatismes laissés par les violences patriarcales et leurs imbrications avec les violences racistes et coloniales, capitalistes, handiphobes, grossophobes,… Ces récits donnent vie. Individuellement, ils nous conduisent au traumatisme, souvent oublié ou déformé, qui nous revient avec d’autres visages. Collectivement, nos imaginaires se rencontrent pour dessiner puis dénoncer les violences que nous subissons. Et puis, par ces échos, par la fin de nos solitudes, nous pourrons résister, démanteler le système et pas nous, et inventer. Et construire. Solidairement, dans le respect de nos multiplicités et, surtout le travail sur chacun de nos privilèges. Complices.

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Gorgon’s Tarot

Le 5 de couteaux du Slow Holler, c’est la personne qui accède à ce qui a été planté en elle pour mieux se saisir des instruments de son autonomie. Sa vengeance sera peut-être artistique, peut-être légale, peut-être… Le 5 d’épées du Wild Unknown, c’est la coupure fatale. L’autodestruction ou la destruction la plus aboutie. Mais le ver se dédouble et repart creuser des galeries, aérer le sol, prendre soin de nos fondations. Le 5 d’épées du Gorgon’s tarot, c’est la souffrance de l’épée qui nous traverse le cœur et notre robe pourtant immaculée. C’est nos compagnes/ons de route qui sont témoins, qui acceptent

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Slow Holler Tarot

notre récit et nous aideront à le porter. A le défaire. A lutter. Ce sont ces 4 autres épées qui nous aident à tenir, pour le moment, et dont nous nous emparerons à l’heure de reprendre le combat.

Incarner la figure monstrueuse. Point.

Points de suspension

Respirer

 


Lectures du jour:

  • Parce que la monstruosité est étudiée et réappropriée différemment par les personnes non-blanches, en fonction de l’imbrication de l’hétérocispatriarcat et de la suprématie blanche, le colonialisme, l’universalisme et l’impérialisme.

Le blog d’un.e mutant.e décoloniale, commencez ici: Sortir du rêve et trahir sa race. Et continuez.

Je suis un.e animal.e par Po B. K. Lomami

Shrine of the Black Medusa Tarot, A collaged celebration of Blackness, par Casey Rocheteau

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Le-la reine de coupes – Intuition?

Cultiver une approche féministe ET queer du tarot implique de se confronter à des nœuds et à nos propres préjugés. La réceptivité supposée des reines m’a posé problème. Je l’ai même rejetée en bloc.

C’est qu’il existe une vision binaire qui se manifeste dans le tarot et dans de nombreuses pratiques spirituelles par un amalgame entre le féminin (et dans le pire des cas les femmes) et la passivité, la réceptivité, le soin, la douceur et puis le masculin (et dans le pire des cas les hommes) et l’action, le leadership, la prise de décision, etc. Cette distinction prend sa source dans (et continue d’alimenter) le patriarcat et l’hétéronormativité.

D’ailleurs, dans de nombreux discours, cette prétendue « complémentarité » (en réalité, un rapport de pouvoir qui cantonne à certains rôles de genre, entérine les violences de tout type perpétrées et perpétuées contre les femmes) serait « naturelle ». La réceptivité des femmes serait inscrite dans leur vagin et dans leur utérus tandis que les hommes seraient « actifs » en raison de leur pénis et de l’éjaculation. Haha, comme si les personnes doté-e-s d’un vagin n’éjaculaient pas (je ne vous invite pas dans mon lit pour découvrir l’inverse mais vous savez de quoi je veux parler). A l’hétéronormativité et au sexisme, s’ajoute dans ces interprétations une vision extrêmement cissexiste, c’est-à-dire qui sous-entend que tous les hommes et toutes les femmes en question sont cisgenres (non-transgenres quoi).

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Joie de Vivre Tarot

Partant de ce constat, comment queeriser le tarot ? Ce système de 78 cartes s’appuie sur les significations qui ont circulé et évolué au fil des siècle. Il fonctionne même grâce à ça. C’est pour ça qu’on y trouve des archétypes. Alors, jusqu’à quel point peut-on éplucher une carte, lui enlever des couches révélatrices de son existence au sein d’un hétéro-cis-patriarcat capitaliste et suprématiste blanc et lui ajouter des voiles, du fard ou des huiles pour qu’elle continue à voyager enrichie, renouvelée et renouvelable et vectrice de changement ? Les lames du tarot possèdent-elles une essence ? Comme on essentialise/naturalise le genre et le sexe, court-on le risque d’essentialiser le tarot ? Ou est-ce là que réside sa pertinence, comme une plongée dans l’inconscient collectif ?

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Capture d’écran d’Ostara Tarot, disponible en application via Fool’s dog

Vaste question ! Et comme je n’ai pas toutes les réponses, je vous embarque ici dans le récit de ma relation à la reine de coupes au cours de ces derniers mois. Je crois que je l’adore depuis que j’ai commencé à apprendre le tarot. Je savais aussi qu’elle avait beaucoup à m’apprendre, mais je n’étais pas « réceptive » à ces messages. Alors qu’en consultation je peux être détachée de l’ego et laisser passer les messages à travers moi, dans l’étude du tarot, j’agis inversement. J’agis justement. Je tire les rênes. Ou les reines. Et puis d’ailleurs, en parlant de rênes, c’est souvent ce qu’un personnage tire sur la carte du chariot que j’avais choisie pour nommer ce blog. Je pose les questions. J’analyse. Je décrypte. Mais j’attends rarement les réponses. Je les formules. Je suis comme ça en général : assertive (et grande gueule), meneuse, sûre de moi. Comme pour pas mal de choses dans la vie, ces traits de caractère ont de multiples facettes, de la plus lumineuse à la plus sombre (ou dans l’ombre).

Les paroles de la reine de coupes ont commencé à se faire plus limpides à travers la bouche d’autres tireuses de cartes. Ça ne veut pas dire que je les ai écoutées véritablement. Mais je les ai entendues, peu à peu.

Tout a commencé il y a un an. J’avais des problèmes aux poumons handicapants : toux, expectorations, … Mon herboriste, tireuse de cartes, sorcière et amie adorée, Anja de Pin Primrose, m’a gentiment offert l’avis des cartes sur la question. Des coupes, des coupes, énormément de coupes. Dont la reine de coupes, of course. Poumons, coupes, élément eau. Logique somme toute. J’ai travaillé là-dessus. Un peu disons… Puis, quand la maladie est passée, non élucidée et mal diagnostiquée, j’ai continué à tracer ma route. Les poumons, l’eau, les coupes. Oui, oui, je voyais bien le message. Sauf que non.

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Wild Unknown Tarot

Et donc mes poumons me foutent la paix quelques mois. Pour mon anniversaire en mai, je m’offre une consultation chez Power Femme Tarot. Le message de « self-love », c’est la reine de coupes. Krystal développe autour de mon intuition. Je me dis : oui, oui, elle doit être là. Mais je ne me trouve quand même pas terriblement intuitive. Je n’écoute toujours pas vraiment. Cependant, quelque chose s’ouvre en moi. Ma réceptivité aux signes, aux symboles, aux synchronicités grandit. La gémeaux que je suis met de plus en plus l’élément air de côté. Je passe moins de temps à analyser et à chercher à cerner.

Il me vient beaucoup l’image d’Harry Potter. Dans les romans, il Lire la suite

2. La grande prêtresse – La voyante

La grande prêtresse est une chouchoute pour bien des tireur-ses de cartes. Et pour cause: elle fait référence à un pan de notre passion de taromancien.ne.s!

DSC_0048Gardienne de la contrée des profondeurs, elle veille à l’accès à l’inconscient, à l’intuition et au sacré. Non sans une grande sagesse. Elle connaît les secrets, grâce à sa propre expérience et à ce qui lui a été transmis. Fière de cet héritage, elle en assure elle-même la transmission. Elle ne croit pas qu’on est toujours seul-e face à ses démons. Elle est attentive aux archétypes. Elle est consciente du poids des mécanismes d’oppression dans ce qui se joue dans nos mondes. Elle détient les clés qui ouvrent des portes entre les problèmes individuels, les histoires de famille et les systèmes de domination, éclairant ainsi les récits de vie sous un angle neuf. Salvateur. Révolutionnaire et constructif. Les traumatismes et les stress qu’ils engendrent sont

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toujours politiques selon elle. Elle te partage ses secrets avant que tu n’embarques dans ton voyage entre ces mondes.

Celle qui voit. Celle qui sait. Celle qui n’en reste pas aux clichés. Qui ne supporte pas ce qui est figé. Celle qui aide à penser l’émancipation. Elle connaît tant les théories psychanalytiques que les écrits sur la justice sociale. Pour autant, elle n’est pas rivée aux théories. Ses connaissances sont avant tout de l’ordre de l’intuition. Elle est capable de mettre ce type de savoirs en mode avion pour se brancher au divin en elle et en toute chose. Ce qui est intangible et invisible pour beaucoup lui est palpable et brillant. Tu es en bonne compagnie avec elle.

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La prêtresse est nommée The Seer dans le Thea’s Tarot. Voyante, devin. Nous livre-t-elle l’avenir? Voit-elle ce qui est à-venir? Elle voit en tout cas. Indéniablement. L’illustration frappe. Elle semble flotter sans toutefois être à la dérive. Au contraire, elle est extrêmement droite, comme enracinée dans le cosmos. Maintenue par une gravité qui serait partout et en tout. Ni ombre ni lumière ici. Tout est mélangé. Nuancé. Décliné.

Elle est absorbée par un poids au-dessus de sa tête. Car avec des grands dons ou des capacités hors du commun développées au fil des années viennent aussi d’énormes responsabilités. Tenter de viser la sincérité. Discerner ce qui est invisible à l’œil nu ou non aguerri implique du tact, de la douceur, tout comme de l’intransigeance et de la fermeté face à ce qui apparaît. Responsabilité vis-à-vis de soi-même et des autres. Nécessité de se donner des priorités. Et des limites. Quand plonger en soi et quand transmettre? Comment répondre aux attentes? Faut-il toujours y céder? Dans un souci de sincérité, le seul devoir vis-à-vis d’autrui n’est-il finalement pas de savoir dire non? Et d’encourager les prêtres-ses à s’épanouir?

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mon amoureuse (www.rosebutch.com) a adapté la grande prêtresse du Wild Unknown Tarot en rideau.

Slutist Tarot: Premières impressions (vidéo)

Tirage pour le solstice d’été

Je vais tirer les cartes à un événement féministe pour le solstice d’été ce soir.
J’ai conçu un schéma detirage à 4 cartes pour des consultations rapides et légères (une dizaine de minutes).

1. Célébration
Ce dont tu peux profiter, ce que tu peux fêter, retour sur ce que tu as accomplis récemment.
Something to enjoy or to celebrate. Something you’ve achieved lately.

2. Force / strength
Cet endroit en toi où tu peux retourner en toute confiance et puiser de l’énergie. Tes ressources. Ce sur quoi tu peux compter.
This place within you you can come back to, where you’re safe. Your resources. Something you can rely on.

3. Pouvoir magique secret / secret magic power
Comment tu peux briller, irradier inspirer, guérir, enchanter, soigner. Une pensée à garder près du cœur.
How you can shine, radiate, be an inspiration, heal, enchant. Something sweet for your heart.

4. Expression et transformation
Comment tu peux exprimer, créer, partager avec tout ça.
How you can express something with all that by creating, sharing, planting.

Vidéo: tarot et féminisme

Petit cadeau pour l’équinoxe de printemps!

Dans cette vidéo, je vous explique ce qu’est le tarot (pour moi) et en quoi consiste une approche féministe de cet outil.

Bon visionnage!

Poème pour les fems – reine de bâtons

J’ai déjà écrit ailleurs que je trouve beaucoup de ma femitude dans la reine de bâtons. Je suppose que pour d’autres fem, ce serait plutôt la reine de coupes. L’identité fem est une identité queer et plus largement lesbienne, bie et trans dont il y a autant de définitions qu’il y a de fems. Parmi les aspects importants, une réappropriation et une mise en valeur d’aspects traditionnellement lus comme féminins (et donc dévalorisés puisque -oh surprise- on vit dans un monde partriarcal) qui deviennent vecteurs de puissance et d’autonomie quand ils sont réinventés et réagencés en n’étant plus conditionnés par le regard et le jugement masculins. Bref, j’ai écrit un slam sur et pour mes amies fems. Il est pétillant de reine de bâtons, je trouve. 

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Low fem, soft fem, biting fem
Montrer les crocs
Crever les pneus
Femitié – un sens de la communauté
Nœuds dans les cheveux
Velues
Des orteils aux perruques emmêlées
Les doigts rugueux
Le goût du laid
Le teint laiteux
Fem paresseuse, fem à la bouille creuse
Fem impassible, fem en colère
Hétéronorme barbouillée
Au rouge à lèvres foncé
Enfoncé, coups accélérés
Rayer leurs vernis
Niquer l’hétéropride
Crade, crasse, empreinte de
Fausses évidences, rances et vides
Fem survivante – qui a survécu, qui sur/vit, qui sur/joue – fem envoûtante
Drag queen étincelante – surprenante
Over the top – et top – fem domina
Narratrice de révolutions
Macératrice d’émulsions
Impératrice du « je veux que tu m’attrapes
Comme ça, que tu me lèches
Plus fort, que tu me défonces
La chatte »
Fem on a mission
Sans féminité – au genre détaché
Déraciné et redessiné
Rôle de composition ou de confort
A l’aise ou funambule
On the edge  ou dans sa bulle
Tête de mule
Dégaine de reine
Camion volé, racaille voluptueuse
Tueuse de tes idéaux vaseux et pourraves
Entre deux rôts vaporeux
Bwwweuuurk
Rengaine de chienne
Poufiasse sans chaîne
Déchaînée, sans entrave
Pétards dans les remparts
Frappadingue en bas résille
Et sa santé mentale, elle t’emmerde
Et elle en parle
Fem qui témoigne, sort du bois, débroussaille
Fait office de relais
Sans fard, comme un phare, fardée
Aux vices qu’elle fem/inise, fem fashion
Fem qui nomme
Fem qui balance
Fem ignoble, fem de la chance
Se saisir de et resignifier
Réduire son regard en bouillie
Elle réclame son corps et son autonomie
Fem salace ou fem très classe
Fem ambiguë ou à la ramasse
Au fil des mues, ses mille vies
Subtiles envies, peaux neuves
Douces et striées
Fem en lambeaux ou fem flambeau
Faire de sa vie un conte de fems

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article sponsorisé par un de nos chats

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