L’oracle d’Hécate

1.  Stabiliser
Et puis laisser filer les articulations.
S’ancrer
Et puis se tordre la cheville
Et s’étaler sur le sol.
Ramper et puis creuser à mains nues.
Les portes s’ouvriront si tu es prête
Le lourd portail grincera.
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2. Le portail s’ouvrira
A condition que la vulnérabilité
Soit ta force la plus précieuse
A condition que tu acceptes
La transmission des clés en retour
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3. Elle dit qu’il te faut faire l’expérience
de tes offrandes
avec ton corps
Salive, sueur, sang.
Tu as besoin de sentir le jus
Couler le long de ta langue
Fusionner avec les sécrétions.
Tu es ce monde toi aussi.
Tu as besoin d’apprendre
Par le biais de tes propres sens.
Voilà ce qu’elle déclare.
4. Ton cœur saigne
Voilà la preuve que tu es
De ce sol
Composée de mousse et de salissures
Comme les serpents et les vers.
Ta douleur ne va pas s’évaporer.
Tu peux lui servir des repas
Composés de grenades, de patience
De persévérance, de dévouement,
Dégoulinants de sucre.
En retour
Ton expérience fera office de repas
A moi, à elles, à nous
Au sol, à la mousse, à la boue
Aux insectes.
Tu ne t’en es pas sortie en vain.
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5. Tu es grosse
Tu n’es pas une déesse de la fertilité

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Le Soleil et la lune sombre

Lune sombre
Obscure
Trop proche du soleil
Pour en refléter les rayons
Perspective
La lune a besoin d’interaction
Comme nous tou-te-s
Elle intervient
Elle reflète
Elle réfléchit
Elle intercepte
La lumière qui,
Sans ça, nous brûlerait les rétines
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Le croissant à peine distinguable
Tourne-toi vers le soleil
Faisan doré, phénix
Tu brilles, tu disparais
Tu brûles, tu reviens
Rayonnante
Je me suis posée au pied du tilleul
Un insecte m’a piquée
– ou l’ai-je nourri?
Le Soleil apparaît en son centre
Au bout du tronc de l’arbre
Entre les branches épaisses
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Avec chaque bourrasque
Le feuillage frissonne
Comme autant de voix
Autant de caresses
Les pollens et jeunes feuilles
Descendent en spirale
Pour finir leur tourbillon
Délicatement
Dans l’herbe

Autour de moi

Posée
A l’ombre du vieil arbre
Traversée par les rayons
En cet instant
Entre deux énormes branches
Imprégnée

Le Soleil
Dans trois jeux
Le Soleil à trois reprises
Triple forme
Je parcours la terre de mes doigts

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Des images qui me poursuivaient
Il y a quinze ans
Tandis que je déambulais
Seule
Dans les rues
J’étais aussi subtile qu’une ombre

Sous une cape bordeaux
Me couvrant le corps et le visage
M’abritant
Je m’effondrais sur le sol
Accroupie
A quatre pattes
Je creusais alors
Je creusais en hurlant
En étouffant de mes sanglots
Je cherchais les os
Je récoltais les traces
De ce que tout le monde pensait disparu
Et qui persistait
Quoique enfoui
Ce qui persistait dans ma réalité

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