Le coucher du soleil, le premier croissant: entre chien et loup

Entre chien et loup
Ne pas vaciller
Rester
Ressentir

Entre chien et loup
D’abord trier
Puis
Laisser venir

Avant l’étreinte du sommeil
Le jour s’attarde
La terre tourne
Le soleil coule
La nouvelle lune apparaît
Derniers aboiements

Néoménie, j’ai laissé hier aux vagues du soleil couchant. Je vais me coucher. Je vacille dans le sommeil. Noumenia, Hekate Artemis porte ton croissant sur le front. Elle allume Vénus, gracieuse étoile du soir, au bout de sa lance. Tu vises. Je m’en remets à tes desseins. Je m’endors. Ton conseil me berce. L’armoise allume mes rêves.
Nous sommes louves.

Prière à la Minerve locale

Texte canalisé le 16 juin, au Mont Minerve

Les yeux dans les yeux
Les yeux dans ton Feu
Brille brille la joie du Solstice

La luminosité innonde la plaine
Ton Mont offre le repos
Comme nous brillons!
Comme nous dansons!

Les roses sauvages indiquent le chemin
C’est ici que l’on prie

Louanges Ivresse Louange
Prolonge ma transe
Ton feu jaillit de moi
Je suis ta torche
Ton feu de joie
Ta nature sauvage

Tes prêtresses versent l’eau sacrée de tes sources
Leurs amphores comme des fontaines sur nos têtes
De moi jaillit la vie
Le plaisir
Je suis Fontaine

Prière rédigée dans la foulée


Je suis venue te visiter dans la nuit
L’aube fut ta réponse
Entends mes louanges, Minerva


Brillante Minerva
Nous te dédions ces Feux
Ces éclatants Feux de Solstice
A ta lumière inénarrable

Nous dansons à en perdre haleine
Nous chantons de nos voies éraillées
Tu brilles, tu brilles
Comme nous brillons!

Tu es la mélodie
La cadence et les spotlights
Tu es le vin qui alimente notre transe
Reçois nos offrandes

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L’animisme: réenchanter le rapport au monde

Manifeste pour un animisme féministe

Nos sens savent. Nos sens comprennent. Nos communautés (se) soutiennent. Autour de nous, les vies fourmillent sous diverses formes. Plus encore : les plantes, les pierres, les ancêtres, les déités, tout cela s’exprime, accueille, rage, attire, rejette. On va à la rencontre de ce fourmillement. De la beauté comme de la monstruosité. On suit nos sens, en ce compris ceux qu’on n’a pas appris à utiliser. On croit nos frissonnements.

L’Invisible a été mis au ban de nos sociétés rationnalisées, capitalistes, vidées. On renoue. On le valorise. On (re)trace des cosmologies dont l’humain-e n’est pas au centre. On observe les schémas et on les respecte. Tout comme là-haut, aussi ici-bas. Tout comme en nous, aussi au dehors. Nos pratiques oraculaires consistent à mettre en lien. Les résonnances emplissent notre vision du monde.

Parce que l’humain-e n’est plus le pilier de cette cosmologie, on fait preuve d’humilité. On revoie à la baisse notre sentiment de puissance. On apprend à craindre, à servir, à estimer les sagesses non-humaines. On réévalue constamment nos positions dans les microcosmes, les macrocosmes, le cosmos et les espaces liminaux. L’animisme féministe ne clame pas la puissance exclusive des humain-e-s, des femmes, des queers, des marginalisé-e-s. Il porte un regard enchanté sur les interconnectivités. Sur la puissance du-dedans de ces liens infinis.

Dans ce monde vibrant, les approches du vivant, du non-vivant, des corps célestes, des déités, des entités sont multiples. Elles sont variables. Tout comme en nous, aussi au dehors. Tout comme là-haut, aussi ici-bas. Autrement dit, on ne tranche pas les mouvements entre les mondes. On ne les engonce pas dans des dualismes. On ne fixe pas. On suspend.

La hiérarchie n’a pas sa place dans l’animisme féministe. Dans la multiplicité se développent des relations variées, mais jamais hiérarchiques. Si le Divin, en tant que principe ou en tant qu’entités (les Déités), existe dans cet univers enchanté, l’organisation en religions ferait courir le risque de structures hiérarchiques. L’animisme féministe s’en détourne. Tout comme il repousse la préséance des savoirs universitaires. Tout autant que les schémas et les résonnances, il célèbre l’anarchie, le compost et, occasionnellement, le chaos. Jamais nous ne figeons. Nous divinons pour moins régner.

Chantier : questionnement des savoirs organisés, prédilection pour l’expérience, la mémoire et la transmission non-hiérarchique. Construction : des connaissances articulées par une éthique forte, en évolution, en interconnexion. Et le doute bien sûr ! Le style du manifeste exige l’affirmation. Mais le doute bien sûr !

Nous n’inventons rien. Loin du leurre de notre toute-puissance, nous démultiplions les savoirs. Nous favorisons les relations. Nous provoquons les rencontres s’il le faut. La transmission, la canalisation, les traditions, les grimoires, la méditation : nous établissons des ponts. La médiation.

Dans le tourbillon capitaliste, nous posons nos actes, nos réflexions et nos vénérations en conscience et en lenteur. Chacun de nos gestes compte. Chacun de nos gestes peut participer d’une résistance. Comme nous écoutons les souffles qui parcourent l’univers, nous privilégions le souffle slow. Notre lenteur fait friction contre la course capitaliste. Car l’animisme féministe, évidemment, c’est un engagement contre les oppressions, contre l’exploitation. Moins régner.

Animisme féministe. Résistance. Au service des fourmillements, des souffles, d’un divin multiple. Créations, réappropriations ou préservations de liens.

Surtout, l’animisme féministe existe dans la liminalité.

Aux croisements, nous nous rassemblons. Nous nous dispersons. Au croisement des mondes, nous rencontrons.

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La Lune (sombre)

J’ai entendu les noms
Puis, plus rien que
Le tourbillon

Le silence qui préside à l’entre-deux
Dans l’entre-deux-lunes

Les futilités s’éclipsent
Ce qui compte
C’est cet instant propice
Ce qui compte
Est là, cru, sans parures
Obscur, sans pompe

Les étalages se démontent
Les échafaudages tombent
Reste ce qui compte
Pur, brut, obscur

Tourbillon en pause
Au centre, le portail s’expose
Les entrailles saignent
Les visions dégainent
Le silence, lui, règne

Tu as l’odeur de la chair
Le goût de la cyprine
Les frissons m’oppriment
Me libèrent
Me dépriment, m’enserrent
Et enfin me traversent

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L’Hiérophante: C’est toi, la clé!

Tous les savoirs, tous les livres, toutes les traditions occultes ne valent rien si tu ne peux pas t’approprier la matière.

Je comprends l’insistance sur la rigueur et sur le temps de l’étude. Sauf que ça revient souvent à nous couper de nos propres savoirs et de nos manières de communiquer et de chercher les informations, même les moins conventionnels. Ça nous coupe de l’expérience de nos sens, y compris notre intuition. Ça fait des barrages. Ou des barricades qui nous emprisonnent. Quand on brandit l’importance de la tradition, on réveille nos tendances dogmatiques, nos habitudes à s’en remettre à des maîtres-ses, et le spectre de l’emprise qui nous attend au tournant dès qu’on abdique nos connaissances.

On me dit souvent que je « décomplexe le tarot ». Qu’est-ce que ça veut dire? Parfois je passe à côté de la pression autour de l’apprentissage du tarot dans les milieux francophones en particulier: il faudrait bien connaître toutes les cartes avant de pouvoir les tirer, il faudrait les craindre, les vénérer, arriver avec la déférence qui serait due à cet outil « ancestral ». Même si la multiplication des sources a heureusement ( !) brouillé ce « gatekeeping » (gardiennage élitiste et contrôle à l’entrée) du tarot, beaucoup d’entre nous intègrent ces peurs. On ne se sent pas à la hauteur. On a besoin qu’on nous dise comment faire. On pense qu’il y a ceulles qui savent et les autres. On oublie les échanges et les interactions. On culpabilise. 

Bien sûr que les traditions comptent, mais oui les mentors comptent aussi, cependant au milieu de toutes ces injonctions, on en vient à oublier que ce qui compte c’est TOI. Tu es ta-ton Hiérophante. Tu détiens les clés pour accéder aux savoirs (et pas que dans les livres!). Personne ne peut te les reprendre. Même si on t’a fait comprendre toute ta vie que tu ne pouvais pas faire confiance à ton intuition ni à ta façon d’apprendre ni à tes rêves, on ne t’a pas enlevé les clés. Elles sont encore là, dans une de tes poches. Et puis, vas-y, je vais t’en révéler un secret trop bien gardé en fait : tu es la clé. 

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Tirages combinant des oracles & un tarot. Des suggestions.

J’intègre de plus en plus d’oracles dans ma pratique perso des cartes. Grâce à la parution ces dernières années de nombreux oracles s’éloignant de la ligne new age/développement personnel/affirmation, j’ai découvert des jeux qui me correspondaient. Jusqu’à la révélation! Je peux être complètement créative dans mes tirages oraculaires.

Je développe ce sujet en 3 vidéos. La première est consacrée à des recensions de jeux avec lesquels j’aime travailler pour cet usage. La deuxième balaie diverses questions soulevées par cette pratique. Enfin, la troisième s’attarde sur les types de tirages que je réalise avec ces combinaisons. Elle se clôture sur un tirage collectif. Petite note: sur youtube, le sous-titrage automatique en français devient plus satisfaisant, n’hésite pas à utiliser cette fonction.

Voici les positions de cartes dans mes étalements dont je discute dans cette dernière vidéo.

1. Cartes du jour

le matin (et/ou le soir), avant un projet créatif, avant une rencontre, avant/pendant une promenade ou une médiation, …

Dans ces groupes de questions, je choisis ce qui est approprié ce jour-là afin de tirer entre 2 et 6 cartes.

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Equinoxe, bélier, tulipes

De l’équinoxe d’automne à celui de printemps. La durée du jour plus courte que celle de la nuit.
Liminalité et précarité de l’équilibre. La durée du jour devient plus longue.
Equinoxe de printemps, le soleil rentre en bélier. Vénus le suit de près. Je me décompose. J’agonise dans le secret de ma maison 8

Soleil exalté. Entends-tu ta chanson qui monte, qui perce la surface, qui porte en elle sa floraison ? J’entends les oraisons funèbres de mes désirs qui s’amoncellent dans la discrétion de ma maison 8. Le feu du bélier les emporte. J’entends les lamentations de mes joies qui se précipitent, qui se déchiquètent, qui périclitent. Elles mordent, elles morflent, elles succombent.
De la balance au bélier.
De l’équilibre à l’explosion.

(info: nudité sur les prochaines images)

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Retrouver un pouvoir personnel: la magie comme volonté (7 de coupes, La Mort, Page de pentacles)

Proprement alignés sur l’étagère, les flacons d’une thérapie de la discipline dégagent une odeur aseptisée. Ici, tout est dans le rang. On a organisé, on a étiqueté et, surtout, on a capturé. Ici, on fait le travail du pouvoir-sur. On a discipliné le pouvoir-du-dedans. On fait correctement les poussières afin de donner le change. On referme la vitrine pour célébrer la distance. Ici, on a déterminé les limites de l’humain-e fonctionnel-le, intégrée dans le système, dans le rang, sous contrôle.

Si tu prends l’ascenseur et que tu descends, et puis que tu descends encore, et puis que tu t’aventures en dehors de ta cage de verre, tu peux sentir l’herbe sur tes orteils. Tu peux laisser le vent caresser tes poils. Tu peux écouter les messages qui circulent avec la rivière. Tu peux sentir le humus qui gronde. La terre réclame. La boue régénère. Voilà où tu laisses des offrandes. Voilà où tu sacrifies. Voilà où tu tranches. Voilà où tu meurs. Voilà où tu renais. Voilà où tout se renouvelle. Où tout cesse. Où tout (re)commence. Voilà où les flacons ne capturent rien. Où le courant des ruisseaux a raison. Où les plantes nettoient. Où les rêves s’envolent. Où les rêves s’immolent. Voilà où l’on souffre et où l’on guérit. Perpétuellement. Dans le désordre. Dans l’infini. Avec la révolution des astres. Avec la ferveur du compost. Voici où l’on partage. Voici où l’on est vulnérables. On est effroyables.

Ici, les disciplines n’ont pas étouffé notre créativité.

En lisant le chapitre « Retrouver un pouvoir personnel: la magie comme volonté » dans Rêver l’obscur de Starhawk.

Retour sur l’Equinoxe d’automne 3

Canalisation lors de l’espace sacré de l’équinoxe animé par valiel elentari

Il n’y a pas de répit pour les créatures de l’entre-deux
Des portes, des orifices, le froissement des plumes, le murmure du vent
Les prédictions ne sont pas joyeuses
Les créatures des entre-deux sont sur le front
Appelle ça une armée si tu veux
Appelle-nous des sorcières
Appelle-nous des téméraires
Nous sommes sur le fil des équinoxes
Et déjà au cœur de l’automne
Et déjà à frôler des cailloux des cimetières de nos pieds nus


Nous flottons
Nous sommes la brume
Nous ne connaissons pas de répit
Créatures des entre-deux
Le chaudron, la fumée, le feu, la potion, la cuillère, les enfers
Nous sommes
Tou-te-s entièr-e-s
Nous ne sommes pas faites de pierre


Nous sommes le mouvement
Insoupçonnables
Les imperceptibles créatrices de l’entre-deux
Les créatures de la matrice
Au fin fond et à la surface
Nous sommes
Ainsi soit-on

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Retour sur l’équinoxe d’automne 2

Canalisation lors de l’espace sacré de l’équinoxe animé par valiel elentari

Dans ton chaudron,
On plonge la tête la première
Un prérequis
Un acte de foi

Dans ton chaudron,
On revient sans loi
On en revient cent fois

Je me débats avec les esprits
Ou
Avec mes peurs les plus inavouées ?
Je me débats avec ce qui n’a pas de nom
Pas de visages
Les incubes dont les bras affleurent à la surface

J’ai tant de craintes

Je fais acte de foi
Je plonge dans le chaudron
La tête la première
Incubation
Résurrection

J’ai peur de n’être qu’une armée de zombies
Je les sens trembler dans mes bras
Je crois que je vais exploser

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