Retour sur l’équinoxe d’automne 2

Dans ton chaudron,
On plonge la tête la première
Un prérequis
Un acte de foi

Dans ton chaudron,
On revient sans loi
On en revient cent fois

Je me débats avec les esprits
Ou
Avec mes peurs les plus inavouées ?
Je me débats avec ce qui n’a pas de nom
Pas de visages
Les incubes dont les bras affleurent à la surface

J’ai tant de craintes

Je fais acte de foi
Je plonge dans le chaudron
La tête la première
Incubation
Résurrection

J’ai peur de n’être qu’une armée de zombies
Je les sens trembler dans mes bras
Je crois que je vais exploser

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Retour sur l’équinoxe d’automne 1

Beautés
Corps en décomposition
Pommes pourries
Elles nourriront le sol

Perséphone
Celle qui la suit
Le voyage
Celle qui revient
Tandis que la Reine des Enfers reste encore

Promesses
Adieu qui ne sont pas déchirants
Chaleureuses étreintes
Je te reviens mon amie
Je retourne aux entrées
Je retourne aux tournants
Je pivote
Promesses, certitudes

Respirer les colchiques d’automne
De là, on voit loin
On voit profondément
On s’amuse dans les prés
On s’ébat

On se débat aussi
Respirer les colchiques d’automne
D’ici, on pressent

Le 10 de pentacles et l’if

Les ifs sont des portails ancestraux. Ils gardent et protègent. Ils transmettent des clés, des missions, du courage, des poisons et des ruses. Les ifs garantissent la stabilité sous nos pieds. Ils assurent résistance et résilience en répandant de nouvelles poussent dès que la survie s’imposent.

Historiquement, dans plusieurs traditions, ils veillent aux entrées des cimetières ou auprès des tombes (fais défiler pour plus d’images). Ces arbres poissonneux sont associés aux sorcières et à la Reine des Sorcières, la déesse Hekate.

Processions

Un texte canalisé en août lors de l’espace sacré Fête des Moissons de Valiel Elentari

Rester dehors pour regarder les étoiles. Nemoralia, perséïdes, assomption, cosmogonies. Souvenirs.

Où étions-nous ?
C’était un jour comme un autre
ordinaire
l’air piquait un peu
à part ça, ordinaire

Je me revois là-bas
Le sentiment d’absence
de vide
de circonstance
Les visages de circonstance
Les villages en transe

On avait chaud

Le ciel se déchire
se fissure
Abyssal

Tu descends ou tu montes ?
C’est la valse des psychopompes
Marie entourée de ses anges
Portée par les nymphes

Nous marchions, transpirantes
accablées par la chaleur
et les flambeaux
…… Les flambeaux

Les étoiles filantes dessinent le ciel
Des bouts de nous

On a laissé des traces
On s’est laissées dans les trances
On s’est laissées aller
Tu te souviens de mon odeur

Dans les noms que je te donne

Catalogue de curiosité (…)

On entend les sons du monstre du lac
Ce soir on n’a pas peur, même si on crève de trouille

Je suis poussée sur tes épaules

On me porte
en procession

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Sur les routes: Hekate Enodia, Artemis, Hermes

illustration: Hekate et moi, un portrait canalisé par Rose Butch

Ces routes n’appartiennent à personne
Pourtant, elles sont les vôtres
Parfois, elles se font nôtres
Au fil de nos errances ou de nos itinéraires
De nos méfaits, de nos retours, de nos arrivées
Des déplacements
Vous en faites des havres de paix
Ou des répits en dépit des dangers
Des lieux propices
Le temps de les traverser
Ou celui de s’y retirer
Des endroits privilégiés
Enodia

L’orage tonne
Il faudrait un abri
Il n’y en a pas
Il n’y a que vos présences
Que les offrandes déposées au dernier carrefour

Détrempée
Tu me donnes pour secours
Orientation et vitesse
Hermès

Nul lieu pour pisser
Tu me prêtes un fossé
Sources et souillures se mêlent
A tes côtés, Hékaté

L’orage gronde
Au loin dans la forêt
Artémis règne
Ses cris me guident

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Le Soleil de Beltaine

21 avril 2020. Le Soleil. Des fleurs. On ne peut se tromper, Beltaine est proche. Les parfums s’affirment de jour en jour. Ils brûlent les narines sous l’effet des pollens.
L’aubépine se cache, sauvage, à l’écart, là où les bruits des parcs pris d’assaut ne viennent pas troubler ses habitant.e.s. Dans les limites des mesures de confinement, il faudra réinventer le printemps et Beltaine. Il n’y a pas de recette. Il n’y a aucune règle.
Dans les limites redéfinies et floues de ces temps flippant, il faudrait imaginer des célébrations de la lumière. Ça n’a rien d’obligatoire. Ça n’a rien des bonnes ondes, de la positivité, des parades de privilèges. A Beltaine, il ne faudrait pas d’il faudrait.

Beltane s’inspire des fêtes populaire autour du 1er mai. Ça ressemblerait à quoi ?

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Magie britannique

— Dans le calme de mon esprit
Des apparitions

Lieux lourds de présences, légers de cette magie
J’arpente la ville, j’écoute ses secrets

J’arpente
Demain, on s’en souviendra, susurrent les oiseaux

Je suis venue d’ici
Ou d’ailleurs
Je ne sais plus très bien

Ce qui compte, c’est ma vie en cet instant
Donnée à cet endroit – pour quelques minutes


We had many stories to tell.
They are interwoven in such an intricate way, they don’t make sense to anybody
We celebrate them
They’re our beautiful, complicated stories.
We wouldn’t trade them for anything in the world

I’m sitting with you.
On the edge of the cliff
We breathe, we swallow the wind, heavy with salt
We get to start again
As I look into the depths of your eyes
I remember we’re allowed to start again
My belly aches
We crave for stability Lire la suite « Magie britannique »

Artémis. Reine de pentacles et 8 de bâtons

Quand Artemis appelle, on débarque à toute allure pour prêter secours. La déesse de l’accouchement appelle ! Elle ne lutte pas contre les cycles de vie et de mort. Mais elle nous appelle. Elle veut qu’on réponde présent.e pour ceulles qui le demandent.
On rejoint sa danse. On part chasser. Nos cellules connaissent toutes les techniques de survie. Autant que l’art de mourir.

Relier les équinoxes d’automne et de printemps. Souvenirs.

Un point sur la roue de l’année n’existe jamais sans sa connexion aux autres. C’est particulièrement le cas pour les polarités. Équinoxe de printemps, le jour et la nuit sont d’égale durée. La lumière du jour augmentera jusqu’au solstice d’été. Elle restera plus longue que les nuits jusqu’à Mabon, l’équinoxe d’automne. D’ailleurs, pendant qu’on célébrait Ostara, c’était Mabon dans l’hémisphère sud. Les concepts de cycles des saisons évoquent souvent l’interconnexion, finalement.

wp-15870223609597448441183314999237.jpgUn équinoxe de printemps en confinement me ramène le bruit des vagues, superposé à celui de ma respiration en méditation. J’étais à la Mer du Nord pour l’Equinoxe d’automne. J’y ai rencontré Nehalennia, la déesse de la Mer du Nord et des échanges. J’ai réalisé des rituels autour de figures de mères, en particulier Déméter. J’ai célébré l’autonomie de Perséphone autant que le dévouement de son entourage. Il paraît qu’elle revient des Enfers au printemps. Il paraît qu’Hékate accompagne ses voyages.

J’ai récolté des semences de roses trémières, des baies d’églantine, de rose sauvage et d’aubépine. Le vent balayait les peupliers noirs auprès des ruines de l’Abbaye de Notre-Dame des Dunes. Je récoltais les branches. Mabon, célébration de récolte. Le printemps suggère de ne pas amasser, d’utiliser, de rendre à la terre, d’offrir. Accumuler ne sert pas, paraît-il. Lire la suite « Relier les équinoxes d’automne et de printemps. Souvenirs. »