Mariage à Beltaine. 2 et 10 de coupes

On a choisi notre jour de mariage parce que les mardis sont gratuits à la commune et qu’il fallait compter quelques semaines de délais pour obtenir les papiers de mon amoureuse auprès du consultat de France. C’est tombé hier, la veille de Beltaine. Je ne vais pas revenir sur toutes nos raisons de nous marier ni sur toutes celles qui nous opposent fermement à l’institution du mariage.

img_20190430_220131_7933020754010650967241.jpgEn cette journée de Beltaine, je pense aux communautés et groupes d’ami.e.s ou familiaux qui soutiennent les relations de couple. Je célèbre la joie d’être ensemble, entourées, là les un.e.s pour les autres. Je les célèbre pour la structure et la fluidité qu’ils apportent. Je les célèbre car c’est grâce à ça qu’on peut continuer à créer un monde où le couple n’est pas un fondement de citoyenneté, de légitimité et de respectabilité et où l’entraide est fondamentale, quelles que soient nos (non)relations.
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Avec les traditions de Beltaine et du 1er mai, nous célébrons la solidarité, les unions, les mobilisations, les engagements, sous toutes leurs formes. Nous questionnons les sujets que nous sommes dans une toile de liens qui se (dé) font. Nous nous rapprochons. Nous converge ons – éphémèrement ou durablement.
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En tant que lesbienne mariée dans un pays où nous pouvons nous marier depuis plus de 15 ans, mon engagement 6 est aussi résolument contre toute forme d’homonationalisme et d’instrumentalisation des luttes queers et gouines à des fins racistes. Lire la suite « Mariage à Beltaine. 2 et 10 de coupes »

Écriture magique

Pendant longtemps, je me suis retranchée dans l’écriture automatique pour me dire vraiment. Comme pas grand-monde ne me lisait, personne ne me connaissait.

Mais je disais quoi au juste? Ce qui ressortait de ces automatismes était intense. C’était aussi détaché de moi. Je ne savais pas quelle réalité donner à mes écrits. Je ne pouvais pas. Je disais tellement. Je ne disais rien de tangible. Rien que de l’occulte.

J’y voyais une façon de laisser l’inconscient se déverser dans le stylo. Des messages qui viennent de loin. J’étais plutôt dans cette optique thérapeutique. Pas du tout dans le volet « spiritisme » de l’écriture automatique.

Mais avec le recul… il y avait vraiment un travail de médium vis-à-vis de ces contenus: souvenirs, contes, déesses, monstres, mémoire transgénérationnelle, mémoire de lieux,…

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Hiérophante. Tu vas peut-être pas changer le monde, mais t’as changé ma vie

J’avais une vingtaine d’années. J’étais mal dans ma peau, mal dans la transition vers l’âge adulte, mal dans mon genre, mal dans ma graisse, mal avec ma santé mentale et les figures tyranniques qui hantaient mon imaginaire, mal avec les effets secondaires des anti-dépresseurs et neuroleptiques (le cercle vicieux des adolescentes qui ont une estime d’elles-mêmes ravagée et se voient prescrire des médocs, peut-être nécessaire, mais qui ne manqueront pas de bousculer encore l’image de soi par ajout de quinze kilos à chaque changement de traitement), mal avec ma trichotillomanie et mal avec le crâne imberbe qu’elle dessinait. J’ai eu une révélation un jour. Elle continue d’affecter ma vie. Elle agit comme Lae Hiérophant-e. Je vous raconte… Lire la suite « Hiérophante. Tu vas peut-être pas changer le monde, mais t’as changé ma vie »

Par la fenêtre

1. Dans ma chambre d’enfant, je trouve

▫️Une vue à se damner.
▫️ Un paysage à crever d’envie de partir.
▫️ Une campagne dont connaître, reconnaître, découvrir chaque recoin, chaque plante, chaque oiseau.
▫️ Des champs d’où exhumer les histoires, les hameaux aujourd’hui disparus, où rêver les légendes et les contes.
▫️ L’âme d’une enfant mystique, une enfant en colère, une enfant féministe, une enfant idéaliste, une enfant rêvant de justice sociale.
▫️ Le souvenir des livres, des livres et des livres.

2. Dans cette chambre, je me souviens aussi
▫️ Des rideaux qui voulaient m’attaquer la nuit, envoûtants, effrayants, frénétiques.
▫️ Les grognements jaillis de ma poitrine, bruit d’outre-tombe comme unique berceuse tandis que je triturais mes cheveux pour m’endormir. Lire la suite « Par la fenêtre »