Processions

Un texte canalisé en août lors de l’espace sacré Fête des Moissons de Valiel Elentari

Rester dehors pour regarder les étoiles. Nemoralia, perséïdes, assomption, cosmogonies. Souvenirs.

Où étions-nous ?
C’était un jour comme un autre
ordinaire
l’air piquait un peu
à part ça, ordinaire

Je me revois là-bas
Le sentiment d’absence
de vide
de circonstance
Les visages de circonstance
Les villages en transe

On avait chaud

Le ciel se déchire
se fissure
Abyssal

Tu descends ou tu montes ?
C’est la valse des psychopompes
Marie entourée de ses anges
Portée par les nymphes

Nous marchions, transpirantes
accablées par la chaleur
et les flambeaux
…… Les flambeaux

Les étoiles filantes dessinent le ciel
Des bouts de nous

On a laissé des traces
On s’est laissées dans les trances
On s’est laissées aller
Tu te souviens de mon odeur

Dans les noms que je te donne

Catalogue de curiosité (…)

On entend les sons du monstre du lac
Ce soir on n’a pas peur, même si on crève de trouille

Je suis poussée sur tes épaules

On me porte
en procession

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5 de coupes. Pleurer et s’ancrer avec Freyja

Un texte canalisé lors d’un espace sacré polythéiste de Valiel Elentari sur le deuil avec la présence de la déesse Freyja.

Dans les méandres
Dans les déserts
Terres arides
Ruisseaux desséchés

Je cherche mes larmes
J’appelle mes larmes
Je cherche comment pleurer

Dans les sillons laissés par le souvenir de l’eau
Les traces du courant
Les pierres polies
Je cherche

Il faut creuser, creuser
Il faut creuser pour que jaillisse la source

Des torrents
Des larmes, des sanglots
Des tourments

Ainsi, je ne suis pas desséchée
Ainsi, je prospère
Féconde
Des larmes
De pluie pour que poussent les récoltes

Ainsi je suis en vie

Je m’arrête là
Je me pose sur la berge

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La Révérence

La révérence… ça fait plusieurs fois que je tire cette carte du tarot de la dévotion pour des tirages collectifs. Sauf qu’elle me dérange alors je la range et je nie le tirage ! 😊 Cette fois, je n’y échapperai pas !

C’est que la Révérence semble demander de nous une abnégation face au divin. Un état de dévotion qui en appelle aussi à notre dévouement. Qu’acceptons-nous d’offrir ou de sacrifier à nos dieux et déesses (si on croit en un/des dieux) ou au divin en nous et en tout (si on prend le concept sous un aspect plus métaphorique) ? Sacrifions-nous (des parts de nous, des objets qui nous sont chers, le fruit de notre labeur) ou laissons-nous les offrandes qui nous arrangent ? Ou bien le faisons-nous « à la demande de » ? Si nos offrandes répondent à des appels, où se place notre libre-arbitre ? C’est que les déités peuvent se montrer exigeantes !

Quand j’étais enfant -je devais avoir 7 ou 8 ans- j’ai fait don d’une de mes barbies pour une organisation. J’ai bien écouté les cours de catéchisme : pour que notre don gagne en valeur, il faut qu’il soit désintéressé, ou mieux encore, qu’il nous affecte, qu’il nous transforme. Il fallait aussi, pour preuve de notre respect pour les bénéficiaires du don, un objet de valeur à nos yeux. J’ai choisi ma Barbie préférée. Elle avait une robe de princesse irisée avec un bustier rose et des manches courtes bouffantes. Elle ressemblait à une déesse, irréelle. Elle m’a manquée, mais je ne l’ai pas regrettée.

Presque 20 ans plus tard, je suis fièrement débaptisée. La charité chrétienne me pose problème. La religion n’est pas ma tasse de thé. Mais je suis polythéiste.

Ce polythéisme ne me donne pas toutes les réponses. Il me pousse dans mes retranchements. Il m’amène à considérer et reconsidérer et déconsidérer les notions d’offrandes, de sacrifices, de don, de dévotion, de révérence. L’enfant que j’étais se montrait plus intuitive. Elle admirait Bernadette Soubirous qui était tombée à genoux, avant de creuser et de manger de la boue pour fusionner avec la Grande Dame, la divinité lumineuse, face à elle.

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Sur les routes: Hekate Enodia, Artemis, Hermes

illustration: Hekate et moi, un portrait canalisé par Rose Butch

Ces routes n’appartiennent à personne
Pourtant, elles sont les vôtres
Parfois, elles se font nôtres
Au fil de nos errances ou de nos itinéraires
De nos méfaits, de nos retours, de nos arrivées
Des déplacements
Vous en faites des havres de paix
Ou des répits en dépit des dangers
Des lieux propices
Le temps de les traverser
Ou celui de s’y retirer
Des endroits privilégiés
Enodia

L’orage tonne
Il faudrait un abri
Il n’y en a pas
Il n’y a que vos présences
Que les offrandes déposées au dernier carrefour

Détrempée
Tu me donnes pour secours
Orientation et vitesse
Hermès

Nul lieu pour pisser
Tu me prêtes un fossé
Sources et souillures se mêlent
A tes côtés, Hékaté

L’orage gronde
Au loin dans la forêt
Artémis règne
Ses cris me guident

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Magie britannique

— Dans le calme de mon esprit
Des apparitions

Lieux lourds de présences, légers de cette magie
J’arpente la ville, j’écoute ses secrets

J’arpente
Demain, on s’en souviendra, susurrent les oiseaux

Je suis venue d’ici
Ou d’ailleurs
Je ne sais plus très bien

Ce qui compte, c’est ma vie en cet instant
Donnée à cet endroit – pour quelques minutes


We had many stories to tell.
They are interwoven in such an intricate way, they don’t make sense to anybody
We celebrate them
They’re our beautiful, complicated stories.
We wouldn’t trade them for anything in the world

I’m sitting with you.
On the edge of the cliff
We breathe, we swallow the wind, heavy with salt
We get to start again
As I look into the depths of your eyes
I remember we’re allowed to start again
My belly aches
We crave for stability Lire la suite « Magie britannique »

Artémis. Reine de pentacles et 8 de bâtons

Quand Artemis appelle, on débarque à toute allure pour prêter secours. La déesse de l’accouchement appelle ! Elle ne lutte pas contre les cycles de vie et de mort. Mais elle nous appelle. Elle veut qu’on réponde présent.e pour ceulles qui le demandent.
On rejoint sa danse. On part chasser. Nos cellules connaissent toutes les techniques de survie. Autant que l’art de mourir.

Relier les équinoxes d’automne et de printemps. Souvenirs.

Un point sur la roue de l’année n’existe jamais sans sa connexion aux autres. C’est particulièrement le cas pour les polarités. Équinoxe de printemps, le jour et la nuit sont d’égale durée. La lumière du jour augmentera jusqu’au solstice d’été. Elle restera plus longue que les nuits jusqu’à Mabon, l’équinoxe d’automne. D’ailleurs, pendant qu’on célébrait Ostara, c’était Mabon dans l’hémisphère sud. Les concepts de cycles des saisons évoquent souvent l’interconnexion, finalement.

wp-15870223609597448441183314999237.jpgUn équinoxe de printemps en confinement me ramène le bruit des vagues, superposé à celui de ma respiration en méditation. J’étais à la Mer du Nord pour l’Equinoxe d’automne. J’y ai rencontré Nehalennia, la déesse de la Mer du Nord et des échanges. J’ai réalisé des rituels autour de figures de mères, en particulier Déméter. J’ai célébré l’autonomie de Perséphone autant que le dévouement de son entourage. Il paraît qu’elle revient des Enfers au printemps. Il paraît qu’Hékate accompagne ses voyages.

J’ai récolté des semences de roses trémières, des baies d’églantine, de rose sauvage et d’aubépine. Le vent balayait les peupliers noirs auprès des ruines de l’Abbaye de Notre-Dame des Dunes. Je récoltais les branches. Mabon, célébration de récolte. Le printemps suggère de ne pas amasser, d’utiliser, de rendre à la terre, d’offrir. Accumuler ne sert pas, paraît-il. Lire la suite « Relier les équinoxes d’automne et de printemps. Souvenirs. »

Dernier quartier de lune

Troisième quartier.
Vision du dedans.
Entrailles éparpillés.
Disséquer les tourments.
🌗
Dernier quartier.
Offrir ses tripes aux trois voies.
Bientôt.
Débarrasser, offrir.
Qu’Elle s’en régale. Lire la suite « Dernier quartier de lune »

Méditation avec les fleurs de sureau

Une prière/méditation le sureau en fleur. Ce n’est pas encore la saison, je livre un vieux texte. Le sureau, en particulier l’essence de fleurs de sureau que j’ai récoltée l’année passée, m’appelle en ce moment. Dans la forêt, il y a 10 jours, les feuilles de sureau commençaient à apparaître. L’arbuste de sureau, au niveau du folklore, a une réputation proche de l’aubépine. Il abriterait des fées par exemple. Les baies de sureau, récoltées à la fin de l’été, participent aux remèdes anti-grippaux. Elles ont des propriétés anti-virales. Ce n’est peut-être pas pour rien que le sureau m’appelle ces jours-ci! T’inquiète, je ne prétends pas que c’est un remède au covid19 hein, mais simplement: la sagesse et l’esprit des plantes font partie de notre environnement. Alors, cette méditation pourrait te faire du bien – comme elle m’en fait!

La plante est si belle avec ses premières fleurs. Avec ses grappes comme des réseaux. Une toile. Le dos des mains parallèle à la terre, j’ouvre progressivement mes doigts. Le sureau monte si haut. Il cherche la lumière. Il s’élance. D’ici, assis-e sur le sol, on voit comme il est haut. Toutes ces multitudes sont connectées : ancêtres, guides, esprits des arbres, racines, sorcières. Des branches forment des arches. Des ponts. On n’est pas seule, on n’agit jamais pour soi uniquement, on est en connexion. On reçoit et on transmet. C’est la responsabilité des sorcières.

Les arches abritent les fées, les elfes, les présences. La multitude. Iels disent que la sagesse n’a jamais cessé d’être là. Elle vit. On vit. Hécate aussi. On est connectées. On reçoit. On transmet. Je ne suis pas que la descendant-e, je suis aussi l’ancêtre qui transmet. J’ai un devoir. Une responsabilité. Comme le sureau. Comme tout. Lire la suite « Méditation avec les fleurs de sureau »