Hiérophante. Tu vas peut-être pas changer le monde, mais t’as changé ma vie

J’avais une vingtaine d’années. J’étais mal dans ma peau, mal dans la transition vers l’âge adulte, mal dans mon genre, mal dans ma graisse, mal avec ma santé mentale et les figures tyranniques qui hantaient mon imaginaire, mal avec les effets secondaires des anti-dépresseurs et neuroleptiques (le cercle vicieux des adolescentes qui ont une estime d’elles-mêmes ravagée et se voient prescrire des médocs, peut-être nécessaire, mais qui ne manqueront pas de bousculer encore l’image de soi par ajout de quinze kilos à chaque changement de traitement), mal avec ma trichotillomanie et mal avec le crâne imberbe qu’elle dessinait. J’ai eu une révélation un jour. Elle continue d’affecter ma vie. Elle agit comme Lae Hiérophant-e. Je vous raconte… Lire la suite « Hiérophante. Tu vas peut-être pas changer le monde, mais t’as changé ma vie »

Grossir le tarot / Hein? « Queeriser » le tarot? C’est quoi ça?

Voici enfin les traductions de mes chroniques Fat Tarot ! On commence par Queeriser le tarot dans une perspective de libération de la grosseur. Derrière ce titre cryptique, la première partie traitera de ce qu’est le queer, en particulier au regard de l’activisme gros et queer, puis des enjeux qu’il représente pour le tarot. Il faudra attendre les traductions suivantes pour plonger dans le vif du sujet. La minceur du tarot, ce qu’est la grossophobie, sa présence dans les tarots seront les thèmes des articles suivants.

Ce premier article en particulier diffère de l’article original qui fait ici l’objet d’une traduction revue et complétée (pom pom pom). Au lieu de se pencher sur les différentes acceptions de queer selon que l’on soit anglophone ou francophone, cette version sensibilisera lae lectrice aux usages du terme en français. Dès demain, tu pourras lire la deuxième partie qui pensera le tarot queer.

Qui est queer ? Et qui est votre cartomancienne ?

Nous devons reconnaître et prendre en compte nos propres positions sociales afin de rendre queer notre pratique du tarot. Comprendre les rapports de pouvoir revient aussi à se situer par rapport à eux. Pas de compétition, laissons ça aux personnes de pouvoir, mais plutôt une compréhension, une exposition, une utilisation et, finalement, la perte de nos privilèges. Comme nous le développerons, ce qui apparaît comme naturel, comme un fait qui se passe d’explication, masque souvent une position de pouvoir. Par exemple, quand blanc est considéré comme la couleur de peau standard (comme la soi-disant couleur « chair » ou « nude » en maquillage ou habillement), quand tous les personnages d’un tarot sont minces, quand toute personne est supposée cis ou hétéro par défaut jusqu’à son coming-out. Il n’y a rien de « naturel » dans nos positions sociales. Rien de tout cela n’est anodin. Tout cela relève d’un racisme, d’une grossophobie et de LGBTphobies systémiques. Nos positions sociales demandent à être explicitées. En tant que cartomancien-ne-s, nos blogs et chartes éthiques sont un bon point de départ.

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En un sens, il est bien plus facile pour moi de me présenter en tant que tireuse de tarot queer gouine grosse fem en insistant sur ces positions de domination que de livrer mes positions dominantes. Et ce, alors qu’elles en disent long sur ce qui m’a amenée au tarot, ma façon de lire les cartes et l’éventuelle visibilité/crédibilité/rémunération qui peut en découler. Lire la suite « Grossir le tarot / Hein? « Queeriser » le tarot? C’est quoi ça? »

Pages de pentacles et d’épées

J’ai l’impression que les pages/valets sont les cartes « de cour » qui ont le plus à m’apprendre.

On les considère comme les cartes des étudiant.e.s ou des enfants ou, en tout cas, de ces aspects de nos personnalités. D’ailleurs, après tout, c’est sans doute ceux qu’on réprime le plus. Que ce soit par souci de rentrer dans le moules, par nécessité de se conformer aux attentes (productivistes, capitalistes, psychonormées, hétérocisnormées, âgistes, etc) de ce qui fait un.e adulte, par crainte d’assumer nos zones d’ignorance ou de recommencer à zéro, ou pour plein d’autres raisons… Lire la suite « Pages de pentacles et d’épées »

10 de Pentacles & l’Impératrice – Cycle menstruel et cycle lunaire

Update: j’ai articulé tout ça un peu mieux en anglais dans « The witchy fat body: cycles« .

Ok, ça fait affreusement délire new age mais c’est arrivé.

En orientant davantage mes pratiques de sorcières sur les cycles lunaires, mon rythme a changé. Je ne sentais pas particulièrement ses effets a priori. Il m’ait avant tout apparu comme un bon modèle, un repère temporel pour organiser des rituels et des tirages. Il me permettait d’organiser ma pratique. Puis, j’ai réalisé que j’avais vraiment une baisse de motivation, plus de fatigue et une absence de (le mot horrible) productivité à la fin de la lune décroissante avant d’embrayer sur un regain d’énergie et une créativité accrue après la nouvelle lune. Sans vouloir décider d’un effet incontestable du cycle lunaire, force était de constater des avantages: ancrer dans le temps + conscientiser les processus. Il m’incite à être attentive aux cycles en général. Il m’invite à suivre les évolutions de ma santé et de mon humeur. Lire la suite « 10 de Pentacles & l’Impératrice – Cycle menstruel et cycle lunaire »

Décoloniser et queeriser la « spiritualité »!

A l’attention des tireur-ses de cartes, sorcières, néopaïennes et les autres,

Mise à jour: article épinglé pour les nouveaux-elles venu-e-s 🙂 Lire la suite « Décoloniser et queeriser la « spiritualité »! »

Que lire dans les cartes?

Que cherche-t-on en tirant les cartes? C’est une question bien vaste… J’ai ainsi constaté que beaucoup de personnes (cartomancien-ne-s ou consultant-e-s) ont une approche différente de la mienne. C’est pourquoi j’ai envie de vous raconter ce qui m’amène à me lire et à me faire lire les cartes et d’évoquer ce que je ne recherche pas du tout en le faisant.

J’en suis venue à l’idée de me tirer les cartes il y a environ un an. Je voyais mon psy moins souvent et souhaitais continuer dans ce sens sans pour autant cesser de me plonger dans « l’inconscient ». De je-ne-sais-où, l’idée a germé que le tarot était une façon parfaite d’y arriver. J’étais attirée par les symboles, les images et, surtout, par les possibilités de leur faire dire des histoires. Lire la suite « Que lire dans les cartes? »

Voyage de « la folle » dans les arcanes majeurs

Il y a quelques mois, j’ai suivi un cours de tarot que je conseille très fortement à toute personne intéressée qui comprend l’anglais: The Alternative Tarot Course sur Little Red Tarot. Le chapitre consacré aux arcanes majeurs proposait un exercice plutôt fun: le voyage du fou/de la folle (ou du mât en tarot de marseille). Il s’agissait d’écrire quelques phrases pour chaque carte, dans l’ordre numérique, afin de mettre en avant ce que la folle apprend dans son voyage vers la carte 21, le monde, son trajet à travers des leçons de vie, en route vers l’épanouissement. Une interprétation littérale des arcanes majeurs bien utile pour se familiariser avec le tarot ou avec un jeu en particulier. En l’occurrence, voici la mienne, avec le Wild Unknown Tarot, à l’époque, tout juste un mois après le début du cours: Lire la suite « Voyage de « la folle » dans les arcanes majeurs »