White Numen Tarot Review

Loving a tarot deck that I’m not supposed to love! What should I do?

This review is English. Pour des considérations similaires en français + une revue des aspects techniques, regarde ma vidéo de déballage du White Numen Tarot (qui existe en version française sous le nom Tarot des Divinités).

April 2021

Dear diary,
I am conflicted today. After watching an unboxing of The White Numen Tarot, I feel drawn towards its energy. Something primal, animist and Hekatean grabbed me. Should I accept my feelings or listen to my brain?


June 2021

Here I am, holding the deck in my hands, charmed, mesmerized and a bit overwhelmed by how good it is at delivering messages. The White Numen called. I answered. Something is happening between us.

Yet, I can’t leave aside my reservations. It’s not that I enjoy nit-picking on any specific deck! It’s a broader issue! No matter how actively the tarot community engages in diversity and representation, it keeps pushing some people towards the margins. 

The pathologisation of fat people is rampant. It is probably the main reason why most creators and publishers refuse to offer representation to us (and from us!). I can’t accept it though. Half of the population in my country isn’t thin! Why would they invisibilize us? 

In June, everybody (especially companies) seemed to « celebrate » (not fight for though) queerness, including in the tarot industry. This wouldn’t have been possible 50 years ago. Queerness was then considered an illness, something to cure, something illegal, something to erase from our society. All of which sadly still exists. But so much has changed with regards to mainstream representation! Why is it so difficult for a similar shift to occur in the way we depict, understand and celebrate fatness? 

The White Numen Tarot, like most tarot deck, is a thin deck. It’s a skinny deck. 

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Sorcières et féministes: irréconciliables?!?

Préambule

Quand j’ai commencé cet article il y a quelques mois, j’avais envie d’un texte trop parfaitement bien étayé : des tonnes de sources, des vérifications approfondies, etc. Comme toujours, les aléas de ma santé en décident autrement. L’article ci-dessous se révèle plus brut. Il est beaucoup plus court. Comme un chantier sur lequel je reviendrai, plutôt qu’un long essai super élaboré. Le temps de la réflexion permettant à l’agacement de décanter, le projet s’est redessiné. J’ai peu retravaillé mon argumentaire. Il est plus « rond » que l’idée que j’en avais à la base.

Le Daughters of the Moon Tarot, un tarot féministe rond pionnier publié en 1984, m’a inspirée des réflexions plus libres. Après avoir créé une vidéo de présentation dans laquelle j’articule certains arguments de ce texte, j’y suis revenue, j’en ai arrondi les angles, j’ai accepté qu’il ne serait pas ce que j’avais l’ambition de partager initialement. Il est cependant un complément à la vidéo.

Sorcières et féministes, le grand écart ?

J’ai constaté un usage généralement péjoratif de « la sorcière féministe ». On la considère comme un épouvantail. Dénigrée, elle ne serait

  • ni un-e sorcière aux yeux des un-e-s. En effet, sa posture serait exclusivement théorique/politique tandis que seules les pratiques feraient la sorcière.
  • ni un-e féministe aux yeux des autres. Soit parce qu’yel aurait succombé à un phénomène de mode soit parce que le féminisme se voudrait rationaliste, anti-religions, etc.

Cette incompréhension dérive des multiples significations tant de « sorcière » que de « féministe ». Des féministes ont beau clamer depuis des décennies qu’il n’y a pas un mais des féminismes, l’anti-féminisme est tel que des collisions cognitives semblent vouées à se produire dès que quelqu’un-e s’en réclame. L’histoire de chacun de ces termes est bien plus complexe que les émois qu’ils provoquent.

Comment en vient-on à prétendre que les féministes auraient volé ou souillé une sorcellerie prétendument intemporelle alors même qu’elles ont cherché à l’historiciser (d’un point de vue purement académique ou d’un point de vue pratique) ? Comment utilise-t-n des arguments anti-capitalistes pour nier toutes les pratiques de sorcellerie qui ont existé et qui existent encore ? Pourquoi certaines féministes sont-elles aussi réticentes à intégrer les liens, qu’elles ont passé des décennies à déconstruire, entre femmes et nature ? Une fois pelées les couches de construction sociale autour des « sorcières », des « femmes, du « genre », de la « féminité », faut-il tout jeter au compost ou peut-on goûter le zeste et reconstruire ou se réapproprier (reclaim) des éléments ?

Féminismes des années 70

Pour mieux comprendre pourquoi on agite à tort le spectre de « la sorcière féministe », il faut remonter aux années 60 et 70. Se déroulent alors parallèlement deux mouvements (dont je me garderai bien d’affirmer qu’ils n’étaient pas joints par de nombreux ponts).

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