10 de bougies et l’ermite

Le feu. Il brûle. Il dévaste. Il ravage. Tu n’en peux plus. Elle est loin, l’heure où tu brillais. L’heure où tu jonglais avec tes feux d’artifices, disparue. Tu peines à te souvenir des raisons qui t’ont menée à te lancer. Il ne reste plus que la lassitude. De cet épuisement, tu ignores comment te relever. Il te reste un désespoir si intense que plus rien ne brille à l’horizon. Le feu a dévasté ce qui tu avais d’ambitions et de convictions. Il a ravagé tes rêves et espoirs. Aride. Ne demeure que l’aridité. La chaleur laisse des traînées de douleur le long de tes muscles. Elle électrise tes tendons. Comme si tu recevais constamment le même signal: il faut courir, il faut fuir, le danger est imminent. Mais tu ne sais plus où. Ni d’où ça te vient, ni où aller, ni où te réfugier. Tu es paralysée. Il ne reste que la douleur de ce courant qui ronge chacune de tes cellules. Ta peau est fine. Traînées de cire ou veines gonflées, prêtes à imploser sous la pression d’un sang qui ne circule plus. Lassitude. Epuisement. Harassement. 10 de bougies. 10 de bâtons.

L’Ermite. Peut-être qu’à force de te recroqueviller, à force de t’enfoncer sous le poids d’une ferveur devenue oppressante, tu finiras par atteindre quelque chose qui brille encore. Quelque chose qui brille faiblement. Peut-être que tu t’attacheras à la toute toute faible lueur d’espoir. Peut-être que tu la couvriras. Peut-être qu’elle te réchauffera. Peut-être qu’à force de la fixer, une transe s’emparera de toi. Peut-être que tu te sentiras à nouveau en vie. Peut-être même à nouveau l’envie de vivre. Qui sait? Tu trouveras peut-être un soupçon de sérénité, tout au fond de ta solitude. Et peut-être même qu’elle pourra te guider. Qui sait?

6 de couteaux

Ok, tu es épuisé-e. Personne n’écoute. Pas de mots adéquats pour tes conflits intérieurs. Pas de formules pour résoudre ou nourrir des discussions houleuses. Alors, finalement, partir est un choix assez honnête, non? Même si c’est temporaire. Le signal est clair: tu arrêtes de reproduire/cultiver/combattre/te dépatouiller avec toujours les mêmes schémas.
Non, tu n’as pas toutes les solutions, c’est sûr. Mais en attendant, t’en peux plus. Tu cherches un espace pour te réinventer, sans chemin, sans gps, juste une furieuse envie de survivre. Un besoin vital pour l’instant. Survivre sans les schémas qui te détruisent.

C’est garanti: il y en aura pour t’accuser de fuir les difficultés ou pour te taxer de lâcheté. Laisse couler. Inutile de perdre des plumes à te défendre contre des murs encore une fois. Cette transition, c’est la tienne. C’est toi qui décides, c’est toi qui donnes le ton, c’est toi qui édictes les règles si tu as besoin de limites claires. Avec Mercure tatoué sur sa main, tu es en possession de tes règles, de ta survie. Tu vas écrire ta version de l’histoire. Tu vas tenir les rênes de la narration. Une histoire que tu ne devras à personne. Elle est bien trop importante pour être embuée par les explications et les attentes des autres. Vas-y, pars! Casse-toi comme s’il n’y avait aucune route. Ta survie est ta boussole.

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Le Soleil

Faire semblant jusqu’à ce que tu y arrives ou t’imprégner de la lumière, la transporter dans ton système lymphatique, dans tes os, dans tes veines et laisser les problèmes prendre l’air au moins pour aujourd’hui.
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Le Soleil te demande de laisser briller ta vérité, qu’il faille la forcer un peu ou qu’elle soit éclatante et sereine. Il n’est pas question de vivre dans le déni. Tu ne peux pas échapper à la précarité de ton existence. Il s’agit de t’honorer, d’honorer ta communauté, votre scintillante capacité à pousser et à résister dans le bitume, face à la violence et aux puissant-e-s. Laisse grandir ta propre puissance. Là tout de suite, ne te préoccupe pas des combats à mener ni des alternatives à bâtir. Là tout de suite, Le Soleil et votre puissance resplendissent. Ça vous porte. Lire la suite « Le Soleil »

4 de couteaux et 9 de branches

Il y a tellement d’endroits douloureux qui requièrent ton attention, ta patience et tes soins. Dans ton corps, dans tes projets et, bein, partout quoi, à l’heure où l’Europe s’enfonce dans les fascismes et/ou l’ultralibéralisme.
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Mais ton cerveau ne t’accorde pas de répit. La patience, c’est quand même un luxe là. Les coups qu’on t’inflige provoquent tes mots durs par défense. Personne ne capte précisément d’où ça vient. C’est qu’en réalité, tout est lié. Il suffit parfois d’un frôlement pour rouvrir d’autres traumas. Cascade. Et tes mots durs, ils en remettent des couches et ça fait encore plus de trucs à gérer. Tourbillons.
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Est-ce que tu arrives encore à défendre et à protéger toi-même et les autres ou est-ce que ces réactions alimentent une rage qui te fais perdre de vue tes intentions ?
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Le repos, c’est une vraie option tu sais. Lire la suite « 4 de couteaux et 9 de branches »

2 d’épées

No fucking way. Personne ne passe. Tu es sur tes gardes. Fermé-e. Que ce soit aux informations ou aux personnes, tu bloques le passage.

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Premier cas : les infos. C’est la carte des personnes qui savent pertinemment quelque chose, tout au fond, si yels prenaient deux minutes pour l’accepter, mais dont le mécanisme de défense est le déni. Parfois ils ont l’impression d’être au bout d’une impasse et d’avoir épuisé leurs options. Et parfois, elles se précipitent dans un chemin qui ne mènera vers rien d’autre qu’un mur dans la gueule en mode bien trash, mais elles sont incapables de s’en rendre compte. Quoi qu’il en soit, tu mets beaucoup de choses en place pour te protéger de certaines informations. Lire la suite « 2 d’épées »

7 d’épées – Partie 2. Mes secrets, la trichotillomanie

La trichotillomanie est le besoin, qualifié de « compulsif » ou « impulsif » par l’establishment psychiatrique, d’arracher ses poils et/ou cheveux. J’ai commencé à m’arracher les poils pubiens à 16 ou 17 ans. Les cheveux ont suivi peu après.

Une phase d’arrachage débute en rêvassant, sans même y penser, ou est déclenchée par le repérage d’un bouton ou d’un poil incarné. L’état de transe s’établit en quelques minutes. Je recherche des poils ou cheveux dont le follicule est enrobé d’une sorte de sébum blanc que j’enlève consciencieusement. A doigts nus, le mécanisme ne permet de déraciner qu’un cheveu à la fois. Le rodage de la technique livre toutefois des résultats évidents. Armée d’une pince à épiler, les dégâts sont plus visibles et pas uniquement dans l’amas de cheveux qui jonchent le sol. La peau se retrouve à nu en quelques « séances ». Chauve. Lire la suite « 7 d’épées – Partie 2. Mes secrets, la trichotillomanie »

La Force

« Viser la lune, ça me fait pas peur. Même à l’usure, j’y crois en corps et en chœur » . (ou quelque chose comme ça).

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Tu as le feu du feu. Le plus brillant. Le plus chaud. Ton feu me fait penser à ceux qu’on allum(ai)t aux grandes célébrations païennes : des feux qui attirent la lumière, qui remercient les ancêtres, qui écartent la poisse, qui louent le soleil revenu, qui brûlent nos regrets, qui emportent nos échecs. Il te réchauffe. Il est sous contrôle. Il crépite autant que ta persévérance. Il digère tous les bouts de papier que tu lui as confié. Les bouts de papier sur lesquels tu as inscrit tes rêves les plus incroyables, ceux sur lesquels sont notés les schémas dont tu veux te débarrasser, ceux qui portent juste le nom d’une personne qui t’a fait du mal à laquelle tu renonces à t’accrocher. Il crépite. Tu le fixes. Sa force t’envahit. Tu es une battant-e. Tu peux compter sur toi-même. Tu connais bien ce qui t’empêche d’avancer. Tu gères tout ça. Et tu apprends qu’on ne peut pas toujours avancer. Tu considères la relativité du progrès pendant que tu contemples ton feu. Tu t’interroges sur le côté cyclique des choses. Lire la suite « La Force »

10 d’épées – c’est la merde…

Je ne peux pas te dire : « c’est dans la tête, ça va passer ». Je n’y crois pas. On ne va pas invalider ta douleur parce qu’elle est « psychologique », comme si elle était moins réelle ou comme si le corps et l’esprit étaient deux entités séparées et sans contacts. Non, tu te sens mal, tu es dans la merde, tu n’en peux plus, tu es épuisé-e, au bout du rouleau, déprimé-e, triste, désemparé-e, sans recours et ça craint. Je suis désolée pour toi et j’espère de tout cœur que tu es soutenu-e. Lire la suite « 10 d’épées – c’est la merde… »

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