Le Soleil en quelques textes

Quelques impressions publiées fin 2019.

1. La leçon du Soleil dans le tarot est plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Tant de rayons, tant d’éclat, tant de lumière à renvoyer, à diriger.
Même dans sa dimension la plus simple qui nous demande de profiter, de (se) faire confiance, d’irradier la confiance, Le Soleil nous met au défi. Une carte qui nous ramène à ici maintenant quand on se sent éparpillé.e, sollicité.e, indécis.e.
Alors, on regarde les rayons qui tombent sur le tapis de feuilles dorées. On s’émerveille devant le saule pleureur, flamboyant avant de se mettre en berne. On cherche l’inspiration du soleil dans les petites choses.

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2. Quelle carte amusante qui revient régulièrement pour les tirages du jour en cet hiver morose! Justement, parce que c’est morose (enfin ici, c’est même la tempête), Le Soleil semble nous rappeler à l’indulgence envers nous-même. Lire la suite « Le Soleil en quelques textes »

Le langage d’une malade chronique (3 de branches, 8 de vases, 4 de pentacles)

Quand le langage de la douleur chronique
Compose sans mots

Quand les perspectives
Rencontrent la dissociation
Rencontre des cuillères au rabais

Me tirer les cartes + me tirer le portrait
Tarot + selfies
Moyens d’expression

Qui peut déterminer
Ce qui rend correcte
La communication?

Ce qui rend valable
L’art?

Qui valide?
Qui est valide?

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Tarot + selfies
Tenter de projeter, de planifier
(3 de branches)
Vouloir échapper
A un corps
Qui s’effondre, qui s’étire
Aux tissus conjonctifs
Qui tiennent, soutiennent
Craquent, se déchirent Lire la suite « Le langage d’une malade chronique (3 de branches, 8 de vases, 4 de pentacles) »

L’Ermite, la colère, la transformation, le Phénix

Je me recueille auprès de la colère
Avec
Je me pose avec elle
🔥
Je la ressens de partout
Elle enserre ma gorge
Elle remonte mon œsophage
Elle tressaute dans mes quadriceps
Sur son passage, ma valeur trépasse
Je crame
Je suis dévastée
🔥
Quand la colère a pris possession de moi
Elle était si présente
Qu’elle en était invisible
Naturelle
Il n’y avait pas de vie sans elle
Où vivais-je ailleurs
Dans cet état qu’on appelle dissociation
🔥
Quand elle a été conscientisée
Je n’ai plus connu aucun répit
Partout
Absolument partout
Elle adhérait à tout
Elle rétrécissait mes voies respiratoire
J’étouffais
Et je brûlais encore
Ravagée
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Je me recueille auprès de la colère
Avec
Je me pose avec elle
Ermite
Sage
Mystique
Patiente
Entêtée
🔥
Je l’accompagne plus que je la ressens
Je voyage tandis qu’elle n’est jamais loin
Elle jouit d’un écrin
Dont les parois la contiennent
Elle s’apaise au lieu de tout péter
Elle s’affaisse pour ne plus dévorer

Le scorpion connaît sa leçon
Ce qui tempête Lire la suite « L’Ermite, la colère, la transformation, le Phénix »

9 de coupes: être ici

img_20191018_231358_8836307614246135775111.jpgÊtre ici
Embarquer ou se poser
Non, juste être ici
Sans plan
Sentir l’instant
Sentir le vent
Sentir ce qui se pourrait
Juste un peu
Assez doucement pour ne pas stresser
Toucher ce qui a été
Lui caresser la joue
La réconforter
La laisser s’appuyer
Être ici
Partager un thé
L’éclat d’une vague Lire la suite « 9 de coupes: être ici »

3 de vases. Communautés, solitude, transition (La Mort)

Ça fait quelques mois que je ressens la pleine lune comme un appel à la communauté, criant puissamment depuis les tréfonds de ma psyché.
Je collecte des indications sur ce que la communauté n’est pas (et surtout n’est plus) à mes yeux, ce qu’elle pourrait d’être, ce dont je crève d’envie, là où je crève de trouille.
C’est bizarre de traverser ce processus en solitaire. J’appelle d’abord les parties de moi éparpillées, qui n’ont pas voulu faire communauté. Je réponds à l’appel d’Hékate. Je tends vers une sorte de communauté cosmique.
Hier, pendant qu’on marchait dans les bois, j’ai parlé et parlé de communauté, en particulier de communauté imposée: grandir dans une petite communauté rurale qui rend claustrophobe, ne pas avoir le choix de ses ami.e.s, devoir rester quand rien ne nous connecte. J’ai expliqué la solitude intense, plus tard, dans un monde plus élargi, quand il m’était impossible d’interagir avec quiconque à part les figures qui peuplaient mon esprit, mon monde, ce que j’appelais ma folie.
Et puis, avant d’aller dormir hier soir, j’ai parcouru des mails d’il y a 8 ans. Je me suis souvenue ce que ça m’avait fait de savoir que je perdais tout, inexorablement, en termes de communauté et de repères, tout en ayant cette sensation forte, baignée dans la lumière de l’automne, arpentant les rues et les parcs, livres et carnets sous le bras, que je me libérais pour retrouver enfin ma vraie communauté (queer !). La carte de la Mort dans toute sa splendeur en somme ! Lire la suite « 3 de vases. Communautés, solitude, transition (La Mort) »

Incarner L’Oracle

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Mouvante, léchée par les flammes
Je suis la lune en exaltation
La lune en Bélier rencontre la mienne en Taureau
Je projette son feu
Je suis le dragon de la transformation
Dans l’attente du Scorpion
Qui m’immergera dans ses eaux sombres
Je flotte
Je me baigne aux côtés des savoirs occultes que je chéris
Je suis L’Oracle
Je l’incarne Lire la suite « Incarner L’Oracle »

Visionnaire de cailloux

Un des éléments les plus frappant de Lae Visionnaire de cailloux du Slow Holler (traditionnellement la reine de pentacles), c’est sans doute ses jambes poilues équipées d’ultra hauts talons, des talons comme des maisons. Lae Visionnaire de cailloux nous parle de confort, mais pas n’importe lequel: le nôtre, celui dans lequel on se sent bien, même s’il apparaîtra bancal à d’autres, même s’il faut s’accommoder de contradictions pour se sentir bien dans notre corps.
Yel nous invite à porter les godasses qui nous font sentir assez monumental.e pour être en sécurité. Yel nous invite à réfléchir aux normes corporelles et de genre pour habiter notre corps et naviguer les injonctions d’une façon qui ne fait pas trop mal, dans un monde cishétérosexiste, validiste, misogyne, grossophobe. Yel propose de se poser, même brièvement, dans notre propre point d’équilibre et de veiller sur nous. Lire la suite « Visionnaire de cailloux »

Cavalière de pentacles

Elle a trouvé une pierre. Le bout de cailloux brillait sous les décombres. Elle a stoppé net. Avec précaution, elle l’a extirpé de l’entrave de la terre. Fascinée, elle l’a observé sous toutes ses coutures. Jamais deux fois le même reflet. Impossible de mettre un nom sur cette matière. Un bout de verre poli par les années ? Une fluorite? Un peu de lave?

Le cailloux ne voulait pas rester là. Elle lui avait tapé dans l’œil aussi. De toutes ses forces, il s’accrochait à sa main. Il était pourtant trop grand pour sa poche ou son sac. Elle était pourtant trop éloignée de la ville pour marcher à côté de son vélo afin ne pas le laisser tomber. Il s’accrochait. Elle sentait sa force se répandre dans son bras, traverser les épaules et puis électrifier son corps tout entier.

Elle devait donc jongler, le caillou en équilibre sur sa paume, le vélo cahotant sur les chemins irréguliers. Elle devait être suffisamment concentrée pour ne pas le laisser échapper à son attention, comme en lévitation.

Quelques heures plus tard, la Chevaleresse de pentacles est rentrée avec son caillou. Épuisée mais heureuse. Surmotivée. En transe. C’était juste une petite pierre. Juste un reflet qui a capté son attention. Mais voilà, sans l’avoir imaginé, elle a relevé un défi. Elle en en phase avec ce bout de planète qui l’a appelée. Elle s’est déplacée comme une athlète.

Quels sont les rêves qui demandent que tu laisses de côté tes acquis ? Qu’est-ce qui brille comme une évidence, mais que tu persistes à ignorer ? Quelle est la masse de travail peu conventionnel que tu n’envisages pas d’abattre ? Qu’est-ce qu’il te faudrait construire en partant de presque rien ? Quels sont les chemins que tu crains d’emprunter car tu sais qu’ils t’emmèneront loin de tes plans tout tracés? Quelle intensité de concentration te paraît hors de portée et cependant tellement attrayante ? Et, surtout, que redoutes-tu de perdre en empruntant les chemins de la Chevaleresse de Pentacles?

Forêt de Soignes

La Forêt de Soignes est pleine d’histoires. Dans la zone située entre le chemin des deux montagnes, celui des tumuli, les marais du vuylbeek et du karreveld et les terrains gagnés sur la forêt par le parc Tournay-Solvay et le domaine des silex, le tout autour de la ligne de chemin de fer, on a retrouvé les traces, comme l’indiquent tous ces noms, d’un camp fortifié néolithique marqué par la culture dite du Michelsberg (dont j’avais jamais entendu parlé avant).

Il ne subsiste pas grand-chose à part les indices de la topographie. Les arbres ont pris le dessus sur les silex et le reste au cours des millénaires. Les humain.e.s ont malmené cette zone qu’yels ont recommencé à occuper à la fin du 19e siècle.

Est-ce que je rêve quand j’y ressens quelque chose ? Lire la suite « Forêt de Soignes »