4 de couteaux et 9 de branches

Il y a tellement d’endroits douloureux qui requièrent ton attention, ta patience et tes soins. Dans ton corps, dans tes projets et, bein, partout quoi, à l’heure où l’Europe s’enfonce dans les fascismes et/ou l’ultralibéralisme.

Mais ton cerveau ne t’accorde pas de répit. La patience, c’est quand même un luxe là. Les coups qu’on t’inflige provoquent tes mots durs par défense. Personne ne capte précisément d’où ça vient. C’est qu’en réalité, tout est lié. Il suffit parfois d’un frôlement pour rouvrir d’autres traumas. Cascade. Et tes mots durs, ils en remettent des couches et ça fait encore plus de trucs à gérer. Tourbillons.

Est-ce que tu arrives encore à défendre et à protéger toi-même et les autres ou est-ce que ces réactions alimentent une rage qui te fais perdre de vue tes intentions ?

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Le repos, c’est une vraie option tu sais. Lire la suite « 4 de couteaux et 9 de branches »

2 d’épées

No fucking way. Personne ne passe. Tu es sur tes gardes. Fermé-e. Que ce soit aux informations ou aux personnes, tu bloques le passage.

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Premier cas : les infos. C’est la carte des personnes qui savent pertinemment quelque chose, tout au fond, si yels prenaient deux minutes pour l’accepter, mais dont le mécanisme de défense est le déni. Parfois ils ont l’impression d’être au bout d’une impasse et d’avoir épuisé leurs options. Et parfois, elles se précipitent dans un chemin qui ne mènera vers rien d’autre qu’un mur dans la gueule en mode bien trash, mais elles sont incapables de s’en rendre compte. Quoi qu’il en soit, tu mets beaucoup de choses en place pour te protéger de certaines informations. Lire la suite « 2 d’épées »

7 d’épées – Partie 2. Mes secrets, la trichotillomanie

La trichotillomanie est le besoin, qualifié de « compulsif » ou « impulsif » par l’establishment psychiatrique, d’arracher ses poils et/ou cheveux. J’ai commencé à m’arracher les poils pubiens à 16 ou 17 ans. Les cheveux ont suivi peu après.

Une phase d’arrachage débute en rêvassant, sans même y penser, ou est déclenchée par le repérage d’un bouton ou d’un poil incarné. L’état de transe s’établit en quelques minutes. Je recherche des poils ou cheveux dont le follicule est enrobé d’une sorte de sébum blanc que j’enlève consciencieusement. A doigts nus, le mécanisme ne permet de déraciner qu’un cheveu à la fois. Le rodage de la technique livre toutefois des résultats évidents. Armée d’une pince à épiler, les dégâts sont plus visibles et pas uniquement dans l’amas de cheveux qui jonchent le sol. La peau se retrouve à nu en quelques « séances ». Chauve. Lire la suite « 7 d’épées – Partie 2. Mes secrets, la trichotillomanie »

La Force

« Viser la lune, ça me fait pas peur. Même à l’usure, j’y crois en corps et en chœur » . (ou quelque chose comme ça).

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Tu as le feu du feu. Le plus brillant. Le plus chaud. Ton feu me fait penser à ceux qu’on allum(ai)t aux grandes célébrations païennes : des feux qui attirent la lumière, qui remercient les ancêtres, qui écartent la poisse, qui louent le soleil revenu, qui brûlent nos regrets, qui emportent nos échecs. Il te réchauffe. Il est sous contrôle. Il crépite autant que ta persévérance. Il digère tous les bouts de papier que tu lui as confié. Les bouts de papier sur lesquels tu as inscrit tes rêves les plus incroyables, ceux sur lesquels sont notés les schémas dont tu veux te débarrasser, ceux qui portent juste le nom d’une personne qui t’a fait du mal à laquelle tu renonces à t’accrocher. Il crépite. Tu le fixes. Sa force t’envahit. Tu es une battant-e. Tu peux compter sur toi-même. Tu connais bien ce qui t’empêche d’avancer. Tu gères tout ça. Et tu apprends qu’on ne peut pas toujours avancer. Tu considères la relativité du progrès pendant que tu contemples ton feu. Tu t’interroges sur le côté cyclique des choses. Lire la suite « La Force »

10 d’épées – c’est la merde…

Je ne peux pas te dire : « c’est dans la tête, ça va passer ». Je n’y crois pas. On ne va pas invalider ta douleur parce qu’elle est « psychologique », comme si elle était moins réelle ou comme si le corps et l’esprit étaient deux entités séparées et sans contacts. Non, tu te sens mal, tu es dans la merde, tu n’en peux plus, tu es épuisé-e, au bout du rouleau, déprimé-e, triste, désemparé-e, sans recours et ça craint. Je suis désolée pour toi et j’espère de tout cœur que tu es soutenu-e. Lire la suite « 10 d’épées – c’est la merde… »

As de couteaux (d’épées)

Pfiouuuu ! T’étais dans le brouillard depuis des jours et puis, d’un coup, tout devient clair. Evident. T’arrives pas à comprendre pourquoi t’y as pas pensé plus tôt. D’un autre côté, tu t’en fiches parce que là, maintenant que c’est clair, tu vas plus te prendre la tête ni laisser tes idées s’engourdir. Lire la suite « As de couteaux (d’épées) »

7 de coupes pour 2017

DSC_0009Retour sur la dernière année avec le Slow Holler.

Le 7 de vases/vaisseaux. Mais à l’envers. J’ai célébré mon côté touche-à-touche au lieu de me laisser submerger par des envies et des rêves dans tous les sens. Ces idées n’en sont pas restées au stade de fantasmes stériles ; elles ont pris corps. Le choix de ne pas faire de choix dans mes centres d’intérêt m’aura permis d’explorer plusieurs voies. Les projets qui maturaient depuis des années ont bourgeonné.

En général, le 7 de coupes parle de la difficulté à suivre une voie, en particulier à sortir des voies qui tournent en boucle dans nos têtes, quand les possibilités embrument notre esprit. Entre les mille choses envisageables, c’est la confusion qui règne. Lire la suite « 7 de coupes pour 2017 »

Le 10 de couteaux comme solution ou conseil ou…

Il n’y aura pas de dénouement facile. Une entreprise de démêlement laborieuse, par contre. Il y aura un retour aux sources. Là d’où s’écoule la  tristesse intarissable. Le flot de larmes. Il y aura des inondations.

La matrice démolie. Les repères lacérés. Il y aura – il y a déjà – le goût du sang dans la bouche. Se mordre la langue pour ne pas hurler. Ronronner pour ne pas se démanteler. Toutes les nuits.
J’ai la mâchoire serrée. Démontée. La douleur s’étend à l’ensemble du corps.
Comment font les gens qui ne ronronnent pas. Ce bruit de moteur assourdissant, cette vibration qui vient d’aussi loin que mon corps peut puiser. Comment font les gens ? Quand j’avais 3 ans, j’ai commencé à humer cette musique pour m’endormir. En tournant mes cheveux dans la main. Lire la suite « Le 10 de couteaux comme solution ou conseil ou… »

5 d’épées – revisiter la souffrance et épouser la monstruosité en contexte oppressif

Figures monstrueuses qui peuplent les imaginaires des victimes du patriarcat. Les langages tortueux quand les traumatismes affleurent à la surface. Les visions insupportables. Néanmoins, édulcorées par rapport ce qu’elles masquent encore. Laideur, corps en décomposition, démantelés, éparpillés, lacérés. Lisses comme des bosses à la place des yeux, des crânes échevelés. Ou des cratères comme des plaies béantes, des pustules suintantes. Et puis des os. Des os partout. Sur le sol. Autour du cou comme des bijoux. Six pieds sous terre, dans les rêves ou dans les dessins. Des os dans l’écriture automatique. Cet irréductible qu’il n’aura pas encore eu de nous. Même pour ceulles que leurs coups ont cassé-e-s, scindé-e-s, abîmé-e-s.

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the wild unknown tarot

Le 5 d’épées, dans certains jeux en tout cas, m’évoque tout ça. Notre capacité à nous régénérer, non pas pour mieux nous assimiler, mais pour mieux résister. Couper. Triturer. Éplucher. Trancher. Scier. Dépecer. Décortiquer. Parce que nous sommes en morceaux de toute façon. Autant aller jusqu’au bout. Plus loin que l’hétéropatriarcat. Dans une meilleure connaissance. Jusqu’à la moëlle. Épinière. Se reconstituer de l’intérieur une structure qui nous tiendra. Dans notre monstruosité. Fièr-e. Lire la suite « 5 d’épées – revisiter la souffrance et épouser la monstruosité en contexte oppressif »