Tarot collectif: monologue à 100 voix. Des larmes aux armes

J’ai rangé mes larmes par ordre d’importance.
J’ai prétendu faire du classement dans mes chagrins.

Les larmes de frustration, les larmes de désespoir, les larmes de composition, les larmes de manque, les larmes de rejet, les larmes des portes fermées, les larmes des portes que j’ai pas su fermer, les larmes des ports, des océans qu’on met entre des corps, les larmes de douleur, les larmes d’angoisse, les larmes de pas être pas à la hauteur, les larmes abyssales, les larmes que personne ne t’aimera, ne te désirera, ne t’admirera jamais.
Exercice périlleux, j’ai voulu catégoriser.

Tout ce qu’il reste, c’est être là.
Tenir envers et contre tout.
Tenir parce que je viens de loin.
Tenir parce que je suis pas tout à fait seule.
Tenir parce que si j’erre depuis mille ans qu’est-ce que c’est mille de plus?

De mes os, j’ai façonné des armes.
J’ai rangé mes armes par ordre d’importance.
J’ai procédé au classement de mes exploits.
De mes larmes, j’ai recueilli la substance
Téméraire et vulnérable, incontrôlable.

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La Grande Prêtresse et La Lune. Raz-de-marée

Dans ma tête, cette publi ressemblerait à quelque chose de subtil sur les inondations qui viennent en rêve. Les raz-de-marée qui déferlent. Le vent qui mugit. Se sentir toute petite face à l’univers. Rester sidérée. Ou courir pour en échapper.

Ce serait à propos des rêves où le flot de l’eau recouvre tout et comment au fil des années ils se sont avérés annonciateurs d’un épisode au mieux dépressif au pire psychotique. Ma santé mentale emportée par le courant.

Cette publi parlerait du passe-droit que m’a accordé la Grande Prêtresse au fil des ans : je peux soulever le voile et tremper le bout des orteils dans ses eaux profondes.

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J’articulerai un truc complexe sur le fait que La Lune, c’est pas forcément savoir nager. Juste plonger avec la peur. Et revenir. Je dirais quelque chose de très sensé sur toutes ces années durant lesquels j’ai cru ne jamais revenir de la folie. J’ai voulu crever, je l’ai tenté souvent, pour lui échapper. Lire la suite « La Grande Prêtresse et La Lune. Raz-de-marée »

Roi de pentacles, Architecte de cailloux

Architecte de pentacles
Météorites, briques
Pseudo échelle sociale et escaliers de papier
Accumulation, (dé/re) construction
Assimilation, carrière, survie
Ta cabane dans les arbres

Bâtons dans les roues, pierres d’achoppement
Exclusions, discriminations, expropriations, violences sexuelles

Lieu fortifié, Processus de défense
Abattre les frontières
Défendre les tien.ne.s
Et les autres
Personne n’est illégal.e
Tracer des cercles de protection
Pas des centres fermés
Pas des vols retour
Pas des camps où on laisse crever Lire la suite « Roi de pentacles, Architecte de cailloux »

Les portails du tarot

Dans ma vidéo #LeTarotàMaSauce, j’ai tiré sur une ficelle pour répondre à la périlleuse question: comment est-ce que je pratique le tarot à des fins non-prédictives?
Je développe ici mon approche du tarot, une approche de sorcière. Je remercie Valiel du blog Sur le Seuil pour nos échanges. Et Hékate, Celle qui parcourt les mondes, la gardienne et la guide, la reine des sorcières, la lumineuse et l’infernale, la déesse des croisements, car elle m’aide à jeter des ponts au lieu de dresser des murs.

Est-ce que vraiment je ne lis pas l’avenir? Où est-ce plus simplement que le tarot est un outil qui n’est pas restrictif?

Tout d’abord, cette question serait anecdotique si on ne percevait pas généralement la cartomancie d’une manière réduite et limitante. Tout serait différent si on pouvait utiliser des mots comme « voyante » pour les personnes qui voient l’invisible, sentent le subtil, entendent des fréquences, touchent des réalités complexes, s’infiltrent dans les failles. Franchir les frontières sensorielles qu’on nous inculque largement, voilà le travail de lae voyant-e. Ce n’est pas vraiment élitiste.

Partant de ce point de vue, utiliser ce mot pour « voir l’avenir » amène à ne pas franchir les limites, comme celle d’une vision linéaire du temps. Quand je tire les cartes, je ne peux plus dissocier passé/présent/futur comme je le ferais en restant parfaitement rationnelle. Le tarot floute les lignes plus largement encore. Il assemble les dimensions. Il met en contact. Parfois, il abolit même les lignes de fracture auxquelles on s’accroche. En alternative à la linéarité, il propose la liminalité. C’est le seuil sur le bord duquel on se tient pour visiter l’invisible, l’inconnu, l’incertitude. C’est le portail qui ouvre vers plein de dimensions, peut-être un peu futuriste. Ce sont les dimensions en collision et les étincelles qui en surgissent. C’est la bordure sur laquelle se tiennent les sorcières funambules. Les haies et les fossés. La surface de l’eau. L’envol des oiseaux. Le code. Lire la suite « Les portails du tarot »

Reines de coupes et de bâtons. Magie, extase.

Reine de coupes.
Sentir.
Sous tes doigts.
Recueillir.
Collecter.
Accueillir.
Frémir.
Dans tes tripes.
Sous tes arcs-en-ciel.img_20190719_231519_333203880282852316366.jpg
Blottir dans le creux de ta main
les jeux de la pluie et de la lumière.
Reine de bâtons.
Ouvrir.
Concentrer, capter, rejeter.
Attirer et offrir.
Lancer.

Faire frémir d’anticipation.
Laisser venir puis attiser.
Faire gémir d’excitation.
Jouir. Lire la suite « Reines de coupes et de bâtons. Magie, extase. »

Rituel-poème Amours

En février, j’étais l’invitée de la newsletter Spell it out. Je reproduis ici ma contribution mise en page par Arièle. Et puis, je t’invite à t’abonner sans tarder à ce courrier mensuel

LE COIN D’UNE SORCIÈRE MODERNE
Un rituel-poème de « self love » par Cathou Tarot

Ça commence ainsi :
Amour de soi, résistance, création, transition, espaces personnels et collectifs
Crédits photos : Cathou et Unsplash

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L’Impératrice

Avec le tarot que créé mon amoureuse Rose Butch avec ma participation🌿

Elle semble perpétuellement jaillir des flots tant elle les occupe. Elle est en phase avec son environnement. C’est avec ce qui l’entoure qu’elle purifie. Avec lui qu’elle discute. Avec lui qu’elle chante. Avec lui qu’elle crée. Elle est l’héritière des déesses des sources, des cours d’eau et des mers. Oshun, Sullis, Lakshmi, Belisama, Aphrodite,… toutes emplissent son corps de savoirs mystiques. Elle est l’héritière des sages et la porteuse des savoirs ancestraux. Elle agit avec le consentement des plantes. Elle avance en accord avec les rythmes de la terre. Elle les défend. Elle honore la mémoire de ceulles qui ont été déraciné-e-s et torturé-e-s. Elle est la magie qui coule dans les cascades de l’inconscient à travers les siècles et les océans. C’est le souffle de la résilience. C’est la célébration de la puissance du dedans, en toute chose, en tout être. Impériale, elle n’exerce pas du pouvoir sur son environnement sur les autres. Elle leur rend grâce. Elle partage. Elle crée. Elle est le rythme de la création.

La Tempérance. La source.

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Il y a fort longtemps, le Maelbeek n’était pas une station de métro tristement connue en raison d’un attentat. C’était un ruisseau qui traversait une partie de la région de Bruxelles à l’instar de la Senne. Tous deux furent voûtés essentiellement pour des raisons de salubrité. Au Moyen-Age, grâce à l’exploitation de ces cours d’eaux et des humains, les industries textiles et de la bière ont fait prospérer la bourgeoisie locale. Plusieurs étangs de la ville subsistent sur le parcours du Maelbeek.

Ici, à l’Abbaye de la Cambre, où des religieuses cisterciennes se sont installées au Moyen-âge, voici la source du Maelbeek.img_20190203_221242_296777406903392638856.jpg
C’est pas très glamour, mais il y a des poissons rouges, comme sur la carte de la Tempérance.

Dans de nombreuses parties du monde, christianisation et/ou colonisations ont démoli Lire la suite « La Tempérance. La source. »

Le corps des sorcières (pas la figure de la… j’en baye aux corneilles)

C’est un des villages les plus ruraux de la région. Les plus consanguins et bloqués dans des habitudes quoi. Dans le courant des années 90, un mouvement de jeunesse local a pris l’initiative de faire (re)vivre la tradition d’Halloween. On voyait alors la fête comme une curiosité américaine vaguement inspirée de traditions européennes. On disait, comme pour tout ce qui venait des Etats-Unis: c’est commercial. Le commerce ne s’embarrasse pas des traditions païennes dans les villages ruraux. Il s’ancre dans les faux semblants catholiques. On fait ça bien. Halloween, on se méfiait, c’est commercial. Lire la suite « Le corps des sorcières (pas la figure de la… j’en baye aux corneilles) »