Nos constellations queer 🌌

Ma balade divinatoire en (22!) vidéos se trouve sur le carnet de recherche de l’Atelier Corps, Genre, Arts ce samedi 23 janvier 2021! 🔮

Le point de rassemblement pour l’embarquement, c’est ici:

Les décisions du 6 de pentacles

Traditionnellement, le 6 de pentacles interroge la répartition des ressources (financières) : le don, l’échange, la réciprocité, le contrôle, le partage,…

Souvent associé à la charité en raison de l’illustration du Waite-Smith, il pousse à réfléchir aux rapports de pouvoir. Qui détient les ressources ? Qui redistribue le surplus et pourquoi ? Qui organise les redistributions ? Quelles hiérarchies s’inscrivent dans ces relations ? Qu’est-ce qui fait l’échange ?
Si les subalternes occupaient le centre de l’image, que diraient-yels ? Les écouteraient-on ? Comment circuleraient les ressources ?

La balance est le protagoniste du 6 de pentacles, en écho à la carte de La Justice. Que retire-t-on d’un échange ? Si on offre, est-ce désintéressé ? Si on a quelque chose à gagner, est-ce le prestige, la reconnaissance ? Où est l’équilibre ? Faut-il le préserver ? Qui s’en porte garant-e ?

On considère parfois que, dès lors qu’on offre temps, compétences ou argent à une cause ou à un mouvement, il ne faudrait rien gagner en contrepartie sous peine de vicier notre engagement. La satisfaction de participer au changement social, les liens que l’on noue, le soutien qu’on reçoit ne doivent-ils pas être posés sur le plateau de la balance ? A quel point comptent-ils ? Ils pèsent à la fois pour soi-même, pour le sens qu’on donne à notre vie, et pour le monde qu’on construit. Les modalités de notre implication sont les prémisses d’un monde dans lequel toutes les participations seraient valorisées. Les liens que nous créons assurent la pérennité de nos alternatives. N’est-ce pas gratifiant ?

Puisque le 6 de pentacles interroge la répartition des ressources, les enjeux sous-jacents sont foncièrement sociétaux. Faut-il se substituer à des Etats défaillants en organisant des récoltes de fonds ? Faut-il créer des réseaux d’entraides et des « plateformes citoyennes » ? Ou bien faut-il exiger un Etat fort qui assurerait une répartition équitable des ressources ? Ou refuse-t-on plutôt de laisser une structure (hiérarchique, bureaucratique, institutionnelle) décider de ce qui est équitable – comme si on pouvait en fixer une définition et des pratiques une fois pour toute ? Comment s’auto-organise-t-on ? Comment gère-t-on les ressources d’une façon communautaire ? Comment détermine-t-on la participation de chacun-e participe de ses capacités ? Peut-on créer une dynamique d’interdépendance où la valeur de chacun-e est reconnue plutôt qu’un rapport de dépendance à travers la charité, la protection (des enfants, des animaux, de la nature) ?

Lire la suite « Les décisions du 6 de pentacles »

Plein de tirages collectifs!

Cet été, j’avais offert sur instagram des tirages de tarot « canalisés ».

Voici la formule:

Et voici quelques tirages:

Lire la suite « Plein de tirages collectifs! »

Retrouver un pouvoir personnel: la magie comme volonté (7 de coupes, La Mort, Page de pentacles)

Proprement alignés sur l’étagère, les flacons d’une thérapie de la discipline dégagent une odeur aseptisée. Ici, tout est dans le rang. On a organisé, on a étiqueté et, surtout, on a capturé. Ici, on fait le travail du pouvoir-sur. On a discipliné le pouvoir-du-dedans. On fait correctement les poussières afin de donner le change. On referme la vitrine pour célébrer la distance. Ici, on a déterminé les limites de l’humain-e fonctionnel-le, intégrée dans le système, dans le rang, sous contrôle.

Si tu prends l’ascenseur et que tu descends, et puis que tu descends encore, et puis que tu t’aventures en dehors de ta cage de verre, tu peux sentir l’herbe sur tes orteils. Tu peux laisser le vent caresser tes poils. Tu peux écouter les messages qui circulent avec la rivière. Tu peux sentir le humus qui gronde. La terre réclame. La boue régénère. Voilà où tu laisses des offrandes. Voilà où tu sacrifies. Voilà où tu tranches. Voilà où tu meurs. Voilà où tu renais. Voilà où tout se renouvelle. Où tout cesse. Où tout (re)commence. Voilà où les flacons ne capturent rien. Où le courant des ruisseaux a raison. Où les plantes nettoient. Où les rêves s’envolent. Où les rêves s’immolent. Voilà où l’on souffre et où l’on guérit. Perpétuellement. Dans le désordre. Dans l’infini. Avec la révolution des astres. Avec la ferveur du compost. Voici où l’on partage. Voici où l’on est vulnérables. On est effroyables.

Ici, les disciplines n’ont pas étouffé notre créativité.

En lisant le chapitre « Retrouver un pouvoir personnel: la magie comme volonté » dans Rêver l’obscur de Starhawk.

Suspension et 8 de pentacles. Perspective et connaissances

Perspective. Comment gagner en perspective quand tout va vite, quand tout doit aller vite? Ça se précipite. Comment prendre le recul? Quand l’urgence est bel et bien présente, comment agir tout en prenant le temps d’analyser?

C’est le 8 de pentacles, le travail accumulé, tissé, partagé sur la toile, construit collectivement, organisé minutieusement qui te tient par-dessus l’urgence et, simultanément, dans l’urgence.
Déjà décortiqué. La toile est solide. Fiable. Pas besoin de s’appuyer sur les savoirs imposés, les savoirs construits à tes dépends.

Las-se de la voltige forcée… Tu te tournes vers les connaissances. Celles des autres, les tiennes, celles auxquelles tu tiens, celles qui te tiennent dans le présent. Le 8 de pentacles, l’expertise acquise par l’expérience, l’application, la volonté.

Le vide de la Suspension sans vertige… Perspectives solides et nombreuses.
Suspension, transition. Construction, création.

Lecture de tarot dont tu es héro-ïne: le retour!

Au fil des vidéos, tu pourras choisir les thématiques qui te parlent.

L’intro:

  • Si tu as choisi le parcours 8 d’épées (clés relatives à tout ce qui se (re)joue dans notre tête pour nous bloquer), tu te rends d’abord ici. Après avoir regardé cette vidéo, tu peux opter pour le dragon, le jasmin ou le cœur.

 

 

Enfin, voici la vidéo joker ou bonus, un petit éclairage en matière de spiritualité:

En chariot dans l’univers du tarot QUEER

Je suis pas là pour les gens qui comprennent pas pourquoi les positionnements en termes d’identité n’ont pas de sens, qui voient pas les couleurs, qui trouvent cool que je sois une grosse bien dans sa peau mais qui voient pas les enjeux politiques et sociétaux du corps et du corps gros. Si dans ta life, tu as les *privilèges* qui font que tu n’as pas besoin d’étiquettes, de communauté(s) d’opprimé-e-s, de cris de ralliement, tant mieux pour toi (mais viens pas faire la leçon aux gens qui n’ont pas tes privilèges). Si tu trouves quelque chose dans mes écrits et visuels qui te fait du bien ou qui t’inspire, tant mieux et bienvenue ! Mais je suis toujours pas là pour ça.

On me remercie régulièrement pour le travail de vulgarisation, de mettre en avant des thématiques auxquelles on n’aurait pas pensé avant et tout ça. Je suis ravie si ce que je partage a de tels effets. Ça me fait plaisir de participer à élargir des espaces mentaux.

Mais ça n’était pas mon objectif en créant mon blog, alors « en chariot dans l’univers du tarot », en 2016. Ça ne l’est pas plus maintenant. Mon objectif – si j’y arrive un tout petit peu c’est déjà ça – est d’apporter quelque chose aux gens qui voient déjà tout ça, les gens pour qui ça s’inscrit dans la chair, les gens qui vivent l’exclusion au quotidien et qui pensent pas que « l’éveil spirituel » seul va changer toutes les structures matérielles de leur oppression, les gens que les outils d’émancipation laissent sur le carreau. Apporter des mots, du réconfort, de la solidarité, la certitude de ne pas être seul-e.

Grâce à nos « cases » (en vrai, nos identités multiples, fluides, fuyantes, éhontées, affirmées, désavouées) nous nous retrouvons, même si elles sont temporaires. Les revendiquer, c’est pour mieux faire péter les cases qu’on nous impose. On ne fait pas semblant que les systèmes d’oppression ne sont pas en place. On se leurre pas en prétendant qu’il suffit de les ignorer à coups de « on est tou-te-s pareil-le-s » pour les faire disparaître. Se nommer, se trouver des mots alors que les groupes dominants avaient jusqu’ici le pouvoir de nous nommer à notre place et de nous maintenir dans la case choisie pour nous, c’est faire advenir une autre réalité, c’est donner vie à nos imaginaires, nos images, nos mondes, nos alternatives (Monique Wittig forever).

J’écris depuis les marges (et avec tous mes privilèges qui me rapprochent du centre, de la norme, à commencer par être blanche, cis et être issue de la classe moyenne). J’écris depuis l’hors-norme. J’écris en tant que freak. J’écris parce que je suis en colère. J’écris parce que les gros-ses crèvent de la grossophobie. J’écris parce que j’ai perdu blindé de choses dans ma vie parce que je suis gouine. J’écris parce qu’on a besoin de nos étiquettes. Parce que si je dis pas que je suis grosse, ça reste une insulte utilisée pour nous dénigrer et que toi aussi, tu continues à te dénigrer. J’écris parce que si j’avais pas rencontré des fems trans, bies, lesbiennes, gouines (si tu penses que fems, c’est le petit nom de féministes, tu as tort, ça c’est encore le prix de notre invisibilisation par les féministes cis et hétéros)… si j’avais pas rencontré des fems, je serais encore en train de me détester, de vivre avec des phobies sociales, de chercher à crever. J’écris parce que mes communautés sont les raisons pour lesquelles je suis en vie. Elles sont aussi les raisons pour lesquelles je me suis effondrée (nuances, toujours). J’écris pour qu’on ne puisse pas nous ignorer. Pour qu’on ne puisse pas ignorer soi-même ce qui fait notre magnificence (pour paraphraser Mia Mingus sur les magnificences fems et handies). J’écris parce qu’on résiste. J’écris parce qu’on est en vie. J’écris parce qu’on ne les laissera pas nous effacer. Lire la suite « En chariot dans l’univers du tarot QUEER »

Étalements de tarot engagés

tarotcharleroiPour le festival Sorcières et militance organisé à Charleroi par Charlie Queen, j’ai conçu et testé des tirages de tarot. Avec cet article, j’en livre des versions améliorées. L’idée, c’est que tu t’appropries et que tu adaptes ces étalements en fonction de ta situation. Je souhaite aussi qu’ils soient utiles et qu’ils véhiculent de l’entraide. Par conséquent, c’est génial si ça te dit de lire les cartes à des personnes qui en auraient besoin en suivant ces modèles.

Cet article est disponible en livret adapté pour l’impression (clique ici pour le consulter ou pour le télécharger)!

Les tirages proposés divergent, se ressemblent, se recoupent, se complètent afin de coller au mieux à ta situation. Ils couvrent les domaines de la créativité, de l’engagement, de la spiritualité, des collectifs. Et ce, séparément ou avec des ponts entre ces terrains.

Ce sont des tirages personnels pour t’aider à te comprendre et à te positionner, mais sans perdre de vue ta place dans le monde, dans tes communautés ni ta contribution à la justice sociale. Lire la suite « Étalements de tarot engagés »

Reine de pierre

Même si ça te démange, c’est pas encore le moment de briller. D’ailleurs, t’aurais pas plutôt envie de parader au fond ? De faire lae malin.gne?
Tu as l’impression que la scène t’appelle (ou tout autre endroit où tu aimes que s’exprime ton éclat). Cependant, il y a encore de la confusion, des éléments dont tu n’as pas connaissance ou même une fierté mal placée qui affecte ta capacité à cerner certains sujets.

L’énergie monte. Elle se construit. Tu arrives à cet endroit. Lire la suite « Reine de pierre »

L’Enfant d’épées, sa coupe et sa communauté

Là-bas ! Dans ce livre ! Cette formation ! Là, là, là, dans ce voyage qui t’apprendra tout! Il y a un côté théâtral dans la curiosité de lae Valet d’épées. Yel se sent d’attaque pour l’impossible. Yel veut découvrir comment stopper le réchauffement climatique. Yel veut aborder les sujets tabous de la santé mentale sous un angle neuf. Yel veut saboter la psychiatrie et les élites intellos. Yel va saborder les prisons. Yel sera la prochaine Virginia Woolf.

C’est vrai, yel n’a pas encore vraiment commencer le processus d’apprentissage pour ça. Mais le cœur y est ! Si ça compte pas ça ?!?

Dans son empressement, yel manque d’ancrage. L’ancrage, ça veut rien dire quand on aspire à la sagesse révolutionnaire, tout.e flambant.e de passion et de rage. L’ancrage, c’est de ne pas laisser s’envoler toutes ces grandes idées. C’est de ne pas s’éparpiller au point de s’étioler, appelé.e de partout, ne pouvant se poser nulle part. L’ancrage, c’est penser à la communauté qu’yel veut joindre avec ça. C’est développer le même enthousiasme pour trouver une place en son sein. L’ancrage, c’est mettre en application, les grandes théories encore à peine effleurées. C’est vivre l’articulation des belles idées et de la fabrication, la transformation, la création, le rassemblement. C’est mettre en place les conditions de leur concrétisation.

L’ancrage, pour Lae Valet d’épées, c’est faire du lien. Du lien matériel. Du lien humain. Du lien entre les espèces. Du lien entre les mondes. Des ponts.
Ou bien c’est la rencontre des approches queer et matérialistes. Ou bien c’est décréter que la meilleure formation n’est pas dans les bouquins, mais l’épreuve du terrain.

L’arrogance de la Valet doit se lover dans la communauté et s’y atténuer. Ses théories farfelues doivent atterrir dans le concret. Elles doivent prendre forme dans du changement, peut-être moins révolutionnaire que ses aspirations initiales, mais qui intervient dans le présent et bouscule pour de vrai.

En l’observant s’emballer, se mettre en mouvement, viser la lune parce que ça lui fait pas peur, on sait que ça sert à rien de lui rappeler tout ça tout de suite. Progressivement, yel canalisera son entrain. Yel appliquera sa ferveur et sa verve dans les liens. Yel les grandira dans la construction. Ou pas… mais c’est pas à nous de le snober pour ça, si ?