Tarot collectif: monologue à 100 voix. Des larmes aux armes

J’ai rangé mes larmes par ordre d’importance.
J’ai prétendu faire du classement dans mes chagrins.

Les larmes de frustration, les larmes de désespoir, les larmes de composition, les larmes de manque, les larmes de rejet, les larmes des portes fermées, les larmes des portes que j’ai pas su fermer, les larmes des ports, des océans qu’on met entre des corps, les larmes de douleur, les larmes d’angoisse, les larmes de pas être pas à la hauteur, les larmes abyssales, les larmes que personne ne t’aimera, ne te désirera, ne t’admirera jamais.
Exercice périlleux, j’ai voulu catégoriser.

Tout ce qu’il reste, c’est être là.
Tenir envers et contre tout.
Tenir parce que je viens de loin.
Tenir parce que je suis pas tout à fait seule.
Tenir parce que si j’erre depuis mille ans qu’est-ce que c’est mille de plus?

De mes os, j’ai façonné des armes.
J’ai rangé mes armes par ordre d’importance.
J’ai procédé au classement de mes exploits.
De mes larmes, j’ai recueilli la substance
Téméraire et vulnérable, incontrôlable.

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Déconstruire le 8 d’épées

Pour résumer le 8 d’épées en une phrase, on entend souvent : « oui, tu es bloqué-e, mais les blocages sont dans ta tête. Laisse tomber tes pensées limitantes (sic) et hop plus de barrages ». Ouais, c’est ça et mes pets sont des arcs-en-ciel de bisounours aussi ! Vive la magie de la pensée positive hein?!

Approcher cette carte en étant plus sensible aux questions de justice sociale consiste avant tout à insister sur l’existence effective d’éléments qui paralysent. Sur le Many Queens Tarot, certes, les épées sont plantées dans le sol, dans le dos du personnage, apparemment inoffensives, mais les ombres qu’elles projettent ne le sont pas. Discriminations, conditionnements, violences systémiques : tout un arsenal est en place pour que tu sois de facto limité-e dans tes mouvements. Même quand leurs effets ne sont plus directs, leur impact demeure. Tu intériorises tout ça. Tu vis avec tes traumas. Ça se joue peut-être en partie dans ta tête (bein oui, tu vis dans ce système), mais les structures oppressives sont à ce jour bien en place, même (surtout !) saupoudrées de positivity et de marketing.

Pour autant, tu es bien plus que la victime d’un grand méchant système. La clé du 8 d’épées réside là. Tu es agent-e. Tu es résistant-e. Tu survis. Tu vis. Les serpents qui t’enlacent contiennent le poison et l’antidote. Quel est ton dosage ? Vas-tu leur donner tes peurs ? Vas-tu t’emparer d’une épée ?

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Comment apprendre le tarot: les cartes qui font peur

Les cartes les plus terrifiantes font partie intégrante de ton apprentissage. Toutes les cartes ont de multiples facettes. Oui toutes. Aucune n’est aussi simple qu’il n’y paraît de prime abord, en ce compris les plus « positives ».

Mais les cartes qui te foutent les jetons demeurent difficiles à appréhender. C’est bien beau de dire qu’il faut affronter ses parts d’ombre et ses peurs, que c’est comme ça qu’on avance et tout le blabla. En attendant, tes terreurs sont là pour raison. Faire péter tous les verrous d’un coup ne va pas forcément te « guérir », mais plus probablement générer un énorme stress ingérable, libéré avec tous les traumas.

Comment te confronter progressivement aux messages des cartes effrayantes ? Quand c’est possible, tu peux relativiser les peurs qu’elles suscitent. Même si tu redoutes le 9 d’épées, son message n’est probablement pas l’annonce de cauchemars qui te hanteront pendant des mois, et plutôt un rappel que tes angoisses sont bien présentes. Le tarot se fait alors témoin. Il t’aide à écouter cette douloureuse part de toi. Je ne souhaite pas édulcorer le 9 d’épées (ni la plupart des cartes d’épées). Ça fait sérieusement mal de devoir en passer par là ! Mais, à la manière de la Tour qui s’effondre permettant à travers la démolition de s’émanciper des structures et de se réinventer, les cartes les plus sombres sont des ouvertures. Elles portent peut-être plus encore que les autres cartes le potentiel d’être des portails. Au minimum dans ton esprit !

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Représentations dans le tarot: ‘inclusivité’, capitalisme, images ou interprétation. Partie 2.

Faut-il se réjouir de la multiplication de tarots abordables qui se veulent plus « inclusifs »? Les choses sont-elles en train de changer? A qui profite ce juteux business? Qui sont les laissé-e-s-pour-compte? Peut-on se passer de tarots plus représentatifs? Pistes de réponses en 2 parties.

L’inclusivité TM

Les conclusions de mes essais sont catégoriques : la création, la production et l’utilisation de tarots hétéronormés, blanchisés, mincis, ciscentrés, validistes sont le reflet d’un système. Elles y participent. Elles alimentent nos imaginaires, nos visions de nous-mêmes et des groupes opprimés. Lutter contre les normes implicites dans des tarots constitue un réel enjeu de société. Tout comme dans l’art, sur les écrans, dans les romans, revendiquer des représentations plus justes est un enjeu de société.

Poussant ce raisonnement, parmi les multiples facteurs à prendre en compte : le soutien (financier !) aux créateurs-rices qui travaillent dans ce sens. J’écris pour Little Red Tarot, un site britannique qui vend des tarots alternatifs en Europe. Je suis attentive aux initiatives qui passent par des campagnes de récolte de fonds ou des petites boutiques d’artistes. J’ai décidé de mettre en avant et d’acheter en priorité des tarots indépendants. Mais il devient compliqué d’y voir clair… Le capitalisme s’est engouffré dans une niche (enfin, depuis  le new age, cette niche a peut-être vu le jour avec des motivations capitalistes).

Vivant tou-te-s dans un monde capitaliste, les artistes, en particulier les artistes minoritaires, doivent développer des stratégies ou faire des concessions pour vivre ou survivre. Je ne prétends pas ici que je suis une exception ou que je suis radicalement opposée aux stratégies dont dépendent notre survie et notre art. Par conséquent, la promotion prioritaire de tarots indépendants ne me mène pas à cesser de soutenir les artistes qui font le choix du mass market, qu’yels soient motivé-e-s par des raisons économiques, de visibilité, parce que ça leur permet de ne pas gérer la lourde production et la communication de leurs decks, ou toute autre motivation.wp-15897980334654983512674312382552.jpg

Tournons-nous vers le système, au lieu de juger les artistes. Le capitalisme a flairé la bonne affaire. L’uniformité apparente des tarots disponibles aurait pu lasser. L’industrie rebondit: la diversité, la positivité, voilà des arguments de vente ! Lire la suite « Représentations dans le tarot: ‘inclusivité’, capitalisme, images ou interprétation. Partie 2. »

Représentations dans le tarot: ‘inclusivité’, capitalisme, images ou interprétation. Partie 1.

Faut-il se réjouir de la multiplication de tarots abordables qui se veulent plus « inclusifs »? Les choses sont-elles en train de changer? A qui profite ce juteux business? Qui sont les laissé-e-s-pour-compte? Peut-on se passer de tarots plus représentatifs? Pistes de réponses en 2 parties. 

Représentativité dans les images ou dans les interprétations?

En ce qui concerne les représentations dans le tarot, plusieurs perspectives queers coexistent. Elles se complètent. La première accorde une importance fondamentale aux images. Les raisons invoquées varient : pour que lae consultant-e se sente représenté-e, pour retrouver quelque chose de familier qui pique notre intuition dans les images, parce que politiquement l’absence de visibilité des minorités va de pair avec leurs exclusions de multiples sphères de la société.

Une autre perspective insiste sur le rôle de la personne qui lit les cartes. En effet, rares sont les tarots dont les images génèrent une affinité totale et forment un miroir parfait des réalités de chacun-e. Il nous revient d’être responsable dans nos interprétations. Même avec un tarot qui cocherait toutes les cases du jeu inclusif de rêve qui casse grave la baraque, il arrivera de lire les cartes avec des filtres potentiellement limités du fait de notre conditionnement social et de nos impensés (privilège blanc, méconnaissance du polyamour, injonction à la sexualité et non prise en compte de l’asexualité, etc.).

D’ailleurs, comment retranscrire visuellement ou dans les corps bon nombre d’aspects de nous et de nos identités qui ne sont habituellement pas reconnues par le tarot? Elles seraient difficilement et dangereusement réductibles à des caractéristiques physiques. D’autant que le tarot peine déjà à représenter les corps « hors-normes » autrement que comme des métaphores! Tenter de les visibiliser sans recourir à des stéréotypes représente une gageure. Tout particulièrement quand les personnes non concernées s’y risquent. Handicaps, identité de genre, orientation sexuelle, classe sociale, santé mentale,… autant de facteurs qu’on ne peut pas forcément déduire d’une image.

On sait pourtant qu’ils ne sont habituellement pas reconnu dans les tarots classiques. Tout l’imaginaire du tarot est si restreint, si normé, si excluant dans sa prétendue universalité qu’on ne se leurre pas sur l’effacement de ces catégories dans la plupart des jeux. Ainsi, si les handicaps visibles sont absents ou servent exclusivement de métaphore visuelle, gageons que les handicaps invisibles ne se cachent pas implicitement derrière les images. Si tous les couples représentés sont hétéros, gageons qu’il n’y a pas de bi-e-s, lesbiennes ou gays à déceler derrière les personnages seuls.

Les modifications de l’univers visuel du tarot s’allient à celles notre langage à son sujet. On s’évertue à mettre au jour et à déjouer ses « impensés » (très réfléchis!) dès lors qu’on s’attache à le transformer et à le rendre plus représentatif, moins oppressif, moins excluant. 

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Portrait par Alice Améthyste

Krystal de Power Femme Tarot tient des propos éclairants à ce sujet :

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Apprendre le tarot. 5/ Les figures

La série d’articles sur Apprendre le tarot est composée d’extraits d’un futur zine sur le sujet.

Outre les cartes numérales, chaque suite comprend les quatre figures.
Elles représentent des traits de personnalité qui se déclinent selon les qualités de la suite. Pour moi, il s’agit essentiellement d’aspects de notre personnalité car on a tou-te-s en soi le potentiel et la complexité des 16 figures. Occasionnellement, les figures représentent les traits d’autres personnes ainsi que nos interactions avec yels et les manières dont ces aspects se reflètent en nous ou ce qu’on projette sur eux. On n’est pas là pour cerner ces tierces personnes, mais pour comprendre ce qu’elles suscitent chez nous.

Je n’adhère pas aux approches plus traditionnelles qui envisagent systématiquement les figures comme d’autres personnes, les figeant au passage dans des qualités physiques et dans une vision hétérocisnormée. Ces conceptions me paraissent difficilement conciliable avec une éthique forte (du style: on ne tire pas les cartes au sujet de gens qui n’y ont pas consenti). A creuser pour développer une approche qui te convient!

D’ailleurs, qu’importe la tradition, il va sans dire que je suis contre la réduction de ces cartes à un sexe, un genre ou des espèces de principes genrés. Ces idées qui véhiculent des stéréotypes de genre et de l’oppression ont fait leur temps! Quant aux termes classiques associés aux cours royales, les tarots qui s’en passent et renomment sont mes chouchous!

Les pages: curiosité, passionné-e, enthousiasme, nouveau domaine, ouverture d’esprit, tout est possible, émerveillement, candeur, enchantement, découverte, joie, optimisme, éveil, sensibilité, ambition, apprentissage, sans crainte, étudiant-e, communication, exploration, naïveté, virevolter

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Les cavalièr-e-s : concentration, action, travailleur-ses, obstination, focus unique, obsession, voyage, tempérament, mouvement, sur la défensive, protectrice-teur, agressif-ves, prêt-e-s à tout, volontaires, action, entreprenant-e, risque, obsession, investi-e d’une mission, idéaliste (sens moral) Lire la suite « Apprendre le tarot. 5/ Les figures »

En chariot dans l’univers du tarot QUEER

Je suis pas là pour les gens qui comprennent pas pourquoi les positionnements en termes d’identité n’ont pas de sens, qui voient pas les couleurs, qui trouvent cool que je sois une grosse bien dans sa peau mais qui voient pas les enjeux politiques et sociétaux du corps et du corps gros. Si dans ta life, tu as les *privilèges* qui font que tu n’as pas besoin d’étiquettes, de communauté(s) d’opprimé-e-s, de cris de ralliement, tant mieux pour toi (mais viens pas faire la leçon aux gens qui n’ont pas tes privilèges). Si tu trouves quelque chose dans mes écrits et visuels qui te fait du bien ou qui t’inspire, tant mieux et bienvenue ! Mais je suis toujours pas là pour ça.

On me remercie régulièrement pour le travail de vulgarisation, de mettre en avant des thématiques auxquelles on n’aurait pas pensé avant et tout ça. Je suis ravie si ce que je partage a de tels effets. Ça me fait plaisir de participer à élargir des espaces mentaux.

Mais ça n’était pas mon objectif en créant mon blog, alors « en chariot dans l’univers du tarot », en 2016. Ça ne l’est pas plus maintenant. Mon objectif – si j’y arrive un tout petit peu c’est déjà ça – est d’apporter quelque chose aux gens qui voient déjà tout ça, les gens pour qui ça s’inscrit dans la chair, les gens qui vivent l’exclusion au quotidien et qui pensent pas que « l’éveil spirituel » seul va changer toutes les structures matérielles de leur oppression, les gens que les outils d’émancipation laissent sur le carreau. Apporter des mots, du réconfort, de la solidarité, la certitude de ne pas être seul-e.

Grâce à nos « cases » (en vrai, nos identités multiples, fluides, fuyantes, éhontées, affirmées, désavouées) nous nous retrouvons, même si elles sont temporaires. Les revendiquer, c’est pour mieux faire péter les cases qu’on nous impose. On ne fait pas semblant que les systèmes d’oppression ne sont pas en place. On se leurre pas en prétendant qu’il suffit de les ignorer à coups de « on est tou-te-s pareil-le-s » pour les faire disparaître. Se nommer, se trouver des mots alors que les groupes dominants avaient jusqu’ici le pouvoir de nous nommer à notre place et de nous maintenir dans la case choisie pour nous, c’est faire advenir une autre réalité, c’est donner vie à nos imaginaires, nos images, nos mondes, nos alternatives (Monique Wittig forever).

J’écris depuis les marges (et avec tous mes privilèges qui me rapprochent du centre, de la norme, à commencer par être blanche, cis et être issue de la classe moyenne). J’écris depuis l’hors-norme. J’écris en tant que freak. J’écris parce que je suis en colère. J’écris parce que les gros-ses crèvent de la grossophobie. J’écris parce que j’ai perdu blindé de choses dans ma vie parce que je suis gouine. J’écris parce qu’on a besoin de nos étiquettes. Parce que si je dis pas que je suis grosse, ça reste une insulte utilisée pour nous dénigrer et que toi aussi, tu continues à te dénigrer. J’écris parce que si j’avais pas rencontré des fems trans, bies, lesbiennes, gouines (si tu penses que fems, c’est le petit nom de féministes, tu as tort, ça c’est encore le prix de notre invisibilisation par les féministes cis et hétéros)… si j’avais pas rencontré des fems, je serais encore en train de me détester, de vivre avec des phobies sociales, de chercher à crever. J’écris parce que mes communautés sont les raisons pour lesquelles je suis en vie. Elles sont aussi les raisons pour lesquelles je me suis effondrée (nuances, toujours). J’écris pour qu’on ne puisse pas nous ignorer. Pour qu’on ne puisse pas ignorer soi-même ce qui fait notre magnificence (pour paraphraser Mia Mingus sur les magnificences fems et handies). J’écris parce qu’on résiste. J’écris parce qu’on est en vie. J’écris parce qu’on ne les laissera pas nous effacer. Lire la suite « En chariot dans l’univers du tarot QUEER »

Comment apprendre le tarot: le contact physique

Pour certain-e-s, ce contact se cultive en purifiant régulièrement un tarot à l’encens ou en lui associant des pierres ou plantes. Tu peux aussi créer ou commander des pochettes spécialement pour protéger tes jeux (surtout que l’espace dans certaines boîtes peut mettre les bords à rude épreuve). Si tu es dans ma team, c’est en emportant un tarot partout avec nous qu’on s’en rapproche (quitte à le malmener parfois) : poser les cartes sur la mousse ou sur le sable, les tirer en harmonie avec les lieux, etc.

wp-15888562431748003833510104348167.jpgD’après moi, un tarot, ça se manipule (dans la déférence ou dans le joyeux bordel). Je crains que le considérer comme un objet sacré qu’on n’ose pas trop retourner dans tous les sens nous en éloigne. A chacun-e son truc en la matière, on ne le répète jamais assez.

On connaît la légende du vieux sage autoproclamé qui dort avec les lames de tarot sous son oreiller. Pas besoin de te la jouer grand mage pour établir cette proximité. Même si tu ne crois pas au pouvoir inhérent des cartes, il se produit quelque chose quand tu entretiens ta relation avec ton tarot de différentes manières. Tu déposes une carte sur ta table de chevet. Sa photo devient ton fond d’écran. Tu accroches des cartes sous les aimants de ton frigo. Tu en rêves. Tu les recharges à la lumière du soleil ou de la lune, sur ton autel ou entre des cailloux. Dans ce domaine, ne te limite pas : à toi de voir si le tarot t’accompagne au lit ou si tu privilégies d’autres rituels ! Lire la suite « Comment apprendre le tarot: le contact physique »

4 de bâtons. Réseau de soutien

Avec le temps et les tirages, ma relation au 4 de bâtons s’affine. Elle se personnalise. Comme beaucoup de cartomancien-ne-s queers l’ont déjà souligné, c’est une carte de soutien communautaire. Elle évoque un réseau de « care », de soin et d’entraide qu’on a envie de célébrer. Même au milieu d’épreuves. Et peut-être surtout dans ces moments-là. La joie qu’on a éprouvé à être ensemble ou à accomplir des choses ensemble demeure, même en temps de galères, ou même quand qu’on cesse de trouver sa place dans ce réseau. Lire la suite « 4 de bâtons. Réseau de soutien »

La Grande Prêtresse et La Lune. Raz-de-marée

Dans ma tête, cette publi ressemblerait à quelque chose de subtil sur les inondations qui viennent en rêve. Les raz-de-marée qui déferlent. Le vent qui mugit. Se sentir toute petite face à l’univers. Rester sidérée. Ou courir pour en échapper.

Ce serait à propos des rêves où le flot de l’eau recouvre tout et comment au fil des années ils se sont avérés annonciateurs d’un épisode au mieux dépressif au pire psychotique. Ma santé mentale emportée par le courant.

Cette publi parlerait du passe-droit que m’a accordé la Grande Prêtresse au fil des ans : je peux soulever le voile et tremper le bout des orteils dans ses eaux profondes.

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J’articulerai un truc complexe sur le fait que La Lune, c’est pas forcément savoir nager. Juste plonger avec la peur. Et revenir. Je dirais quelque chose de très sensé sur toutes ces années durant lesquels j’ai cru ne jamais revenir de la folie. J’ai voulu crever, je l’ai tenté souvent, pour lui échapper. Lire la suite « La Grande Prêtresse et La Lune. Raz-de-marée »