Revisiter l’Arcane Majeur. Le Chariot.

Je suis déterminée. Je note deux hashtags: #persévérance et #obstination. Je vais retrousser mes manches. Je vais prendre la licorne piñata par la corne. Je me veux jusqu’au-boutiste. Je (me) prouverai que je peux y arriver.
Ça grouille d’idées dans ma tête. Ça s’active plus vite qu’un article qui fait le buzz. Ça s’agite… ça tempête dans mon cerveau. J’ai des flashs de génie. Je vais alimenter un moodboard inspiré! Cette profusion me file le tournis.

Pause. Je me pose. Des routes. J’ai envie de routes. De part et d’autres du chemin, ça s’entasse: des contre-indications, des amoncellements de plans conçus par d’autres, du sur-mesure qui ne va à personne, des monticules de batteries usées et jetées sans considération, des néons clignotant avec aplomb, des caméras de surveillance guettant mes faux pas, à l’affût de mes hésitations. C’est sans compter les obstacles invisibles par dessus. On m’attend au tournant. Je ne sais pas qui, je ne sais pas quoi. Je sais que j’ai plus envie d’avoir peur. Me faire des films d’échappatoires tous plus glorieux les uns que les autres, j’ai passé ce stade. J’en ai assez d’être une douce rêveuse. Je ne renie pas l’idéaliste, mais je serai avant tout pragmatique. Obstinée oui, parce que je m’en donnerai les moyens. Lire la suite « Revisiter l’Arcane Majeur. Le Chariot. »

La fondatrice (empereur)

Concentration, organisation, solidité, pérennité, vision, imbrications. Franche et décidée. Intègre. Convaincue, combattante. Avant-gardiste. Elle gère grave. Elle génère. Codes, idées, plans, règles, systèmes de rangement. Elle trie. Elle transmet. Elle adapte. Elle s’adapte oui mais elle garde le cap. La fondatrice. L’empereur.

9 de pentacles

Tu es chez toi. Tu es bien. Prends un truc à boire. Savoure la bouffe. Adopte une position confortable. Masturbe-toi. Relis ton bouquin fétiche. Passe ta playlist préférée pour la détente. Regarde les tutos qui sont dans ta liste d’attente depuis des mois. Et, en fait, pourquoi tu n’essaierais pas de te faire ce maquillage de drag queen qui te fait rêver?

Si c’est le repos qui t’apaise, laisse ton chat ou ton ours en peluche se lover dans le creux de tes bras. Respire. Aussi profondément que possible. Goûte à chaque seconde. Chacune t’emplit de satisfaction. La douceur t’envahit. Et te rassure. Tu es chez toi.

Tu as construit cet espace. Pour y parvenir, tu as dû être ferme, tu as su refuser des plans en or ou bien tu as sacrifié des choses qui te tenaient à cœur. Tu as bien mérité ton jardin secret. Même s’il s’agit d’un arbre au pied dans un parc au pied duquel tu te réfugies pour geeker sur ton gsm pendant des heures, les écouteurs dans les oreilles et les orteils qui caressent l’herbe. C’est ton instant. Même si l’appart n’est à toi seul-e que Lire la suite « 9 de pentacles »

Déchirements. 5 de Cloches, Amoureux-ses, Etoile.

Les cloches retentissent au son de tant de vérités qu’on ne distingue plus qu’un brouhaha. Suffisamment aigu pour nous alarmer. Trop bruyant pour nous laisser réfléchir.

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Décontenancé-e-s, on pense à nos idéaux. On pleure nos utopies scintillantes. On déplore la dilution de nos convictions. On cherche des liens. On se met en quête de soutiens. Mais il ne subsiste que le souvenirs des communautés qui nous rassemblaient. Nos mains enlacées. Nos coudes serrés. Nos soirées passées à rêver. Nos manifs à hurler. Nos discussions à bâtons rompus. Nos réactions rapides dans des situations qui exigeaient notre coopération. Les Amoureux-ses. Lae Rêveur-se de Bougies.

Et maintenant, ces conflits qui nous rongent. Conflits intérieurs. Conflits dans les communautés d’activistes et d’ami-e-s. Conflits dans les identités.

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Comme des luttes à mort. Comme s’il ne s’agissait plus que de l’emporter.

Entrer en compétition les un-e-s contre les autres pour élever l’unique vérité. Attribuer une catégorie à quelqu’un-e et refuser de lae voir s’en extirper. Prendre la défense. Justifier. Mettre au ban. Exclure. Partir. Les entendre dire qu’on s’auto-exclut. Mais ne pas se retourner en s’éloignant. Ne plus demander des comptes. Ne plus chercher à faire vaciller la fabrique des vérités. Tourner le dos à ces hiérarchies. Ne plus savoir contre qui on se bat. Ne plus connaître de communauté.

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Deux et trois d’épées: la confiance comme force

Il arrive qu’il faille cesser de te cacher derrière tes barrières et trouver le courage de parler, parler ta vérité, depuis les profondeurs, depuis tes parts d’ombres. 🔹 Ça fait mal, même si tu pratiques la vulnérabilité radicale. Il reste toujours des pans de murs pour planquer des blessures. Il arrive que tu aies absolument besoin de ton déni, des tes refoulement et de tes boucliers. C’est pas un problème. Et puis parfois seule la sincérité pourra te porter au travers de tes problèmes. 🔹II ne s’agit pas d’être fort.e. Il n’est pas question de contrôler tes peurs. Il s’agit de confiance, à travers toutes ces souffrances, ces doutes, cette dépression. C’est super dur à accomplir, mais tu sais quoi ? Tu mérites de t’offrir ta confiance. Et de l’offrir à certaines autres personnes.

10 de bougies et l’ermite

Le feu. Il brûle. Il dévaste. Il ravage. Tu n’en peux plus. Elle est loin, l’heure où tu brillais. L’heure où tu jonglais avec tes feux d’artifices, disparue. Tu peines à te souvenir des raisons qui t’ont menée à te lancer. Il ne reste plus que la lassitude. De cet épuisement, tu ignores comment te relever. Il te reste un désespoir si intense que plus rien ne brille à l’horizon. Le feu a dévasté ce qui tu avais d’ambitions et de convictions. Il a ravagé tes rêves et espoirs. Aride. Ne demeure que l’aridité. La chaleur laisse des traînées de douleur le long de tes muscles. Elle électrise tes tendons. Comme si tu recevais constamment le même signal: il faut courir, il faut fuir, le danger est imminent. Mais tu ne sais plus où. Ni d’où ça te vient, ni où aller, ni où te réfugier. Tu es paralysée. Il ne reste que la douleur de ce courant qui ronge chacune de tes cellules. Ta peau est fine. Traînées de cire ou veines gonflées, prêtes à imploser sous la pression d’un sang qui ne circule plus. Lassitude. Épuisement. Harassement. 10 de bougies. 10 de bâtons.

L’Ermite. Peut-être qu’à force de te recroqueviller, à force de t’enfoncer sous le poids d’une ferveur devenue oppressante, tu finiras par atteindre quelque chose qui brille encore. Quelque chose qui brille faiblement. Peut-être que tu t’attacheras à la toute toute faible lueur d’espoir. Peut-être que tu la couvriras. Peut-être qu’elle te réchauffera. Peut-être qu’à force de la fixer, une transe s’emparera de toi. Peut-être que tu te sentiras à nouveau en vie. Peut-être même à nouveau l’envie de vivre. Qui sait? Tu trouveras peut-être un soupçon de sérénité, tout au fond de ta solitude. Et peut-être même qu’elle pourra te guider. Qui sait?