Recherche

En chariot dans l'univers du tarot

Tag

the wild unknown tarot

5 d’épées – revisiter la souffrance et épouser la monstruosité en contexte oppressif

Figures monstrueuses qui peuplent les imaginaires des victimes du patriarcat. Les langages tortueux quand les traumatismes affleurent à la surface. Les visions insupportables. Néanmoins, édulcorées par rapport ce qu’elles masquent encore. Laideur, corps en décomposition, démantelés, éparpillés, lacérés. Lisses comme des bosses à la place des yeux, des crânes échevelés. Ou des cratères comme des plaies béantes, des pustules suintantes. Et puis des os. Des os partout. Sur le sol. Autour du cou comme des bijoux. Six pieds sous terre, dans les rêves ou dans les dessins. Des os dans l’écriture automatique. Cet irréductible qu’il n’aura pas encore eu de nous. Même pour ceulles que leurs coups ont cassé-e-s, scindé-e-s, abîmé-e-s.

DSC_2399
the wild unknown tarot

Le 5 d’épées, dans certains jeux en tout cas, m’évoque tout ça. Notre capacité à nous régénérer, non pas pour mieux nous assimiler, mais pour mieux résister. Couper. Triturer. Éplucher. Trancher. Scier. Dépecer. Décortiquer. Parce que nous sommes en morceaux de toute façon. Autant aller jusqu’au bout. Plus loin que l’hétéropatriarcat. Dans une meilleure connaissance. Jusqu’à la moëlle. Épinière. Se reconstituer de l’intérieur une structure qui nous tiendra. Dans notre monstruosité. Fièr-e.

Ma compagne, l’artiste Rose Butch, est en train de travailler sur un portrait de moi qui devient monstrueux à mesure qu’elle le revisite. Il ne s’attache pas au réalisme. Il ne s’accroche pas à une apparence. Il me dévore. D’ailleurs, je me retrouve dévoreuse dans cette peinture. Comme une invitation à se laisser engloutir dans mes profondeurs. Sans garantie quand à la bienveillance qu’on y trouvera. Potentiellement, la bile vous engluera. Ou vous fonderez pris-e au piège de l’acidité de mon estomac ulcéreux. Les figures maternelles tragiquement désespérées ou cruellement en quête d’identité peuplent ses toiles. Et les représentations que je me fais de moi-même. Et puis, qui est-on pour l’autre? Qu’est-on au sein du couple? Qu’est-on dans nos amitiés? Ambiguës. La Méduse! Médée? Déjà les teintes de la toile sonnent le glas de la somptuosité. Elle sera tragique.

DSC_2420
Tarot of the Crone (en fond une carte postale du Slutist Tarot et un portrait de Méduse par Pierre et Gilles)

Les critiques patriarcales de certaines artistes ont balayé l’expression de leurs névroses ou psychoses. Sylvia Plath est emblématique. La fascination des adolescentes, qui trouvent dans ses œuvres les thèmes qui les taraudent, est moquée. On rit de leur gribouillages: des yeux qui pleurent, des mains qui pendent, des plaies. Mis bout à bout pourtant, ils relatent les traumatismes laissés par les violences patriarcales et leurs imbrications avec les violences racistes et coloniales, capitalistes, handiphobes, grossophobes,… Ces récits donnent vie. Individuellement, ils nous conduisent au traumatisme, souvent oublié ou déformé, qui nous revient avec d’autres visages. Collectivement, nos imaginaires se rencontrent pour dessiner puis dénoncer les violences que nous subissons. Et puis, par ces échos, par la fin de nos solitudes, nous pourrons résister, démanteler le système et pas nous, et inventer. Et construire. Solidairement, dans le respect de nos multiplicités et, surtout le travail sur chacun de nos privilèges. Complices.

DSC_2398
Gorgon’s Tarot

Le 5 de couteaux du Slow Holler, c’est la personne qui accède à ce qui a été planté en elle pour mieux se saisir des instruments de son autonomie. Sa vengeance sera peut-être artistique, peut-être légale, peut-être… Le 5 d’épées du Wild Unknown, c’est la coupure fatale. L’autodestruction ou la destruction la plus aboutie. Mais le ver se dédouble et repart creuser des galeries, aérer le sol, prendre soin de nos fondations. Le 5 d’épées du Gorgon’s tarot, c’est la souffrance de l’épée qui nous traverse le cœur et notre robe pourtant immaculée. C’est nos compagnes/ons de route qui sont témoins, qui acceptent

DSC_2415
Slow Holler Tarot

notre récit et nous aideront à le porter. A le défaire. A lutter. Ce sont ces 4 autres épées qui nous aident à tenir, pour le moment, et dont nous nous emparerons à l’heure de reprendre le combat.

Incarner la figure monstrueuse. Point.

Points de suspension

Respirer

 


Lectures du jour:

  • Parce que la monstruosité est étudiée et réappropriée différemment par les personnes non-blanches, en fonction de l’imbrication de l’hétérocispatriarcat et de la suprématie blanche, le colonialisme, l’universalisme et l’impérialisme.

Le blog d’un.e mutant.e décoloniale, commencez ici: Sortir du rêve et trahir sa race. Et continuez.

Je suis un.e animal.e par Po B. K. Lomami

Shrine of the Black Medusa Tarot, A collaged celebration of Blackness, par Casey Rocheteau

DSC_2429

Le-la reine de coupes – Intuition?

Cultiver une approche féministe ET queer du tarot implique de se confronter à des nœuds et à nos propres préjugés. La réceptivité supposée des reines m’a posé problème. Je l’ai même rejetée en bloc.

C’est qu’il existe une vision binaire qui se manifeste dans le tarot et dans de nombreuses pratiques spirituelles par un amalgame entre le féminin (et dans le pire des cas les femmes) et la passivité, la réceptivité, le soin, la douceur et puis le masculin (et dans le pire des cas les hommes) et l’action, le leadership, la prise de décision, etc. Cette distinction prend sa source dans (et continue d’alimenter) le patriarcat et l’hétéronormativité.

D’ailleurs, dans de nombreux discours, cette prétendue « complémentarité » (en réalité, un rapport de pouvoir qui cantonne à certains rôles de genre, entérine les violences de tout type perpétrées et perpétuées contre les femmes) serait « naturelle ». La réceptivité des femmes serait inscrite dans leur vagin et dans leur utérus tandis que les hommes seraient « actifs » en raison de leur pénis et de l’éjaculation. Haha, comme si les personnes doté-e-s d’un vagin n’éjaculaient pas (je ne vous invite pas dans mon lit pour découvrir l’inverse mais vous savez de quoi je veux parler). A l’hétéronormativité et au sexisme, s’ajoute dans ces interprétations une vision extrêmement cissexiste, c’est-à-dire qui sous-entend que tous les hommes et toutes les femmes en question sont cisgenres (non-transgenres quoi).

DSC_2152
Joie de Vivre Tarot

Partant de ce constat, comment queeriser le tarot ? Ce système de 78 cartes s’appuie sur les significations qui ont circulé et évolué au fil des siècle. Il fonctionne même grâce à ça. C’est pour ça qu’on y trouve des archétypes. Alors, jusqu’à quel point peut-on éplucher une carte, lui enlever des couches révélatrices de son existence au sein d’un hétéro-cis-patriarcat capitaliste et suprématiste blanc et lui ajouter des voiles, du fard ou des huiles pour qu’elle continue à voyager enrichie, renouvelée et renouvelable et vectrice de changement ? Les lames du tarot possèdent-elles une essence ? Comme on essentialise/naturalise le genre et le sexe, court-on le risque d’essentialiser le tarot ? Ou est-ce là que réside sa pertinence, comme une plongée dans l’inconscient collectif ?

Screenshot_20170814-131139
Capture d’écran d’Ostara Tarot, disponible en application via Fool’s dog

Vaste question ! Et comme je n’ai pas toutes les réponses, je vous embarque ici dans le récit de ma relation à la reine de coupes au cours de ces derniers mois. Je crois que je l’adore depuis que j’ai commencé à apprendre le tarot. Je savais aussi qu’elle avait beaucoup à m’apprendre, mais je n’étais pas « réceptive » à ces messages. Alors qu’en consultation je peux être détachée de l’ego et laisser passer les messages à travers moi, dans l’étude du tarot, j’agis inversement. J’agis justement. Je tire les rênes. Ou les reines. Et puis d’ailleurs, en parlant de rênes, c’est souvent ce qu’un personnage tire sur la carte du chariot que j’avais choisie pour nommer ce blog. Je pose les questions. J’analyse. Je décrypte. Mais j’attends rarement les réponses. Je les formules. Je suis comme ça en général : assertive (et grande gueule), meneuse, sûre de moi. Comme pour pas mal de choses dans la vie, ces traits de caractère ont de multiples facettes, de la plus lumineuse à la plus sombre (ou dans l’ombre).

Les paroles de la reine de coupes ont commencé à se faire plus limpides à travers la bouche d’autres tireuses de cartes. Ça ne veut pas dire que je les ai écoutées véritablement. Mais je les ai entendues, peu à peu.

Tout a commencé il y a un an. J’avais des problèmes aux poumons handicapants : toux, expectorations, … Mon herboriste, tireuse de cartes, sorcière et amie adorée, Anja de Pin Primrose, m’a gentiment offert l’avis des cartes sur la question. Des coupes, des coupes, énormément de coupes. Dont la reine de coupes, of course. Poumons, coupes, élément eau. Logique somme toute. J’ai travaillé là-dessus. Un peu disons… Puis, quand la maladie est passée, non élucidée et mal diagnostiquée, j’ai continué à tracer ma route. Les poumons, l’eau, les coupes. Oui, oui, je voyais bien le message. Sauf que non.

mother of cups
Wild Unknown Tarot

Et donc mes poumons me foutent la paix quelques mois. Pour mon anniversaire en mai, je m’offre une consultation chez Power Femme Tarot. Le message de « self-love », c’est la reine de coupes. Krystal développe autour de mon intuition. Je me dis : oui, oui, elle doit être là. Mais je ne me trouve quand même pas terriblement intuitive. Je n’écoute toujours pas vraiment. Cependant, quelque chose s’ouvre en moi. Ma réceptivité aux signes, aux symboles, aux synchronicités grandit. La gémeaux que je suis met de plus en plus l’élément air de côté. Je passe moins de temps à analyser et à chercher à cerner.

Il me vient beaucoup l’image d’Harry Potter. Dans les romans, il Lire la suite

Journée internationale du tarot – 7 de pentacles

Le 8 juillet, c’est la journée internationale du tarot organisée du côté francophone par Les Mondes d’Alice. Elle invite toute personne intéressée à créer/produire « quelque chose » autour d’une carte tirée par ses soins. Un dessin, une musique, une sculpture, une photo, un gâteau, un texte, un tirage, un bijou étaient par exemple les bienvenus.

L’idée émane d’abord de tarologues anglophones: événement fb ici.

Et voici ce qui a été proposé pour la tarosphère francophone: pareil.

Je me suis inscrite rapidement après avoir pris connaissance de l’annonce relayée par Loptr Au gré des cartes. En retour, Alice m’a tiré et assigné le 7 de pentacles. Grrr scrogneugneuh, soupirs. J’aime les défis mais bon là quand même…

Le truc, c’est même pas que j’aime pas cette carte. C’est qu’elle ne m’inspire pas du tout. Peut-être parce que j’ai appris le tarot avec le Wild Unknown Tarot. Regardez plutôt, difficile de faire plus abstrait :

7pentaclesWildUnknown

Ou alors ça signifie peut-être que j’ai des réticences à me connecter à cette carte parce qu’elle réveille des choses chez moi que je n’assume pas. Oui mais lesquelles ?

Quand je lis les cartes pour d’autres et que cette carte apparaît, je balaie de mon esprit l’image du Wild Unknown pour mobiliser des illustrations comme celles du Thea’s Tarot, du Rider-Waite-Smith ou encore du Shadowscape7pentaclesTheaTarot

Une personne récolte des fruits sur un arbre ou arbuste qu’elle a nourri, chéri, soigné avec amour, jour après jour. Elle l’a probablement abreuvé de son attention et de ses intentions. Elle semble sélectionner soigneusement les fruits qui sont suffisamment mûrs et laisser sur les branches ceux qui pourraient attendre un peu. Peut-être y reviendra-t-elle plus tard ou peut-être que, finalement, elle n’aura pas besoin ou envie d’utiliser ceux-là. 7pentaclesshadowscapeElle fera de la confiture ou une potion avec les fruits arrivés à maturité qu’elle emporte dans son panier pendant que les autres restent à la nature. Ils seront grignotés par les insectes ou les lapins. Ils iront nourrir le sol en pourrissant. A chaque chose son tempo. Lire la suite

Deux de pentacles

En équilibre. Flexible. Naviguant entre les dangers potentiels avec grâce et confiance. Deux de pentacles.

Le parcours d’obstacle pourtant pas aisé. Disons qu’une menace inattendue peut surgir à tout moment. C’est là qu’il faudra me montrer habile. Réagir vite et bien. Retomber sur mes pattes. Ça nécessite de préparer ma souplesse à l’avance. Les pentacles parlent aussi de la matérialité du corps.

DSC_0466

J’ai arrêté de prendre mes neuroleptiques. Ça n’est pas la première fois durant toutes ces années. La vigilance que j’attends de moi dans les mois qui viennent : bien dormir, manger à horaires aussi réguliers que possible, me ménager du temps pour moi, ne pas trop sortir et pouvoir dire non. Ces choses qui peuvent entraîner une frénésie, un trop gros boost de l’égo ou une perte de contact avec la réalité de mes besoins. En dehors de cette préparation, il faut aussi être attentive aux signaux. Savoir repérer quand je m’emballe dans une euphorie qui ne me quitte plus. Ou une alternance rapide d’euphorie et de déprime. Quand les humeurs oscillent d’un pôle à l’autre et que le mécanisme s’emballe : identifier et arrêter la machine. Si je deviens déprimée, si j’ai des crises d’angoisses violentes : ne pas m’alarmer, mais ne pas tarder à mettre en place un système de gestion ou de modération. Par exemple,g soin par les plantes, massages, prendre rendez-vous chez mon psy, trouver le dosage entre voir les ami-e-s et parler et m’isoler pour me poser. Partir à la campagne of course.

Le deux de pentacles s’exécute avec la grâce du papillon dans ces opérations. Je me sens outillée des mêmes compétences. Je n’ai pas peur. J’en ai connu des traitements depuis 20 ans. Cette fois, j’ai envie de m’en passer pour de bon.

DSC_0463

La pendue, la prêtresse, le désir

Une combinaison de tarot et d’oracle qui fait du bien. Quand l’abondance et la sensualité prennent appui sur un mélange de patience et d’intuition. Si on n’a pas de prise sur le désir, il faut savoir lâcher, (s’)écouter et accueillir la volupté sous toutes ses formes, même les plus anodines. Les années m’ont appris que le désir ne vient pas sans l’observation et l’accueil de la tristesse. C’est une bonne chose selon, je crois. Ça le fait fleurir. Ça le rend précieux.

#SalutJeFaisUnComebackIciAvecUnMiniArticle

Roi de pentacles

Quand le roi de pentacles voudrait juste avoir une conversation sérieuse sur les thunes et la carrière.

DSC_1045J’ai tendance à m’éloigner des appels du pied que me fait le roi de pentacles. Je la dédramatise, je lui enlève une dose de responsabilité pour lui donner un côté hédoniste. Un côté moins sûre d’elle. Un côté moins entreprenant. Parce que franchement bon être entreprenante c’est pas trop mon truc. Ni construire des trucs super durables. Ni penser en termes de carrière. Alors quand le roi de pentacles pointe le bout de son nez dans des tirages persos, je choisis de nier les aspects les plus fondamentaux de sa personnalité.

A force de persévérance de sa part, je finis pourtant par la regarder en face. Parfois, c’est important de penser en termes de stabilité : ce qui te fait gagner ta croûte, avoir un toit au-dessus de ta tête, voire mener une carrière. Être capable ainsi de soigner tes chats et embellir ton nid d’amour. Parfois, l’insistance de cette carte à apparaître me dit aussi : arrête de nier les choses que tu juges bassement matérialistes ou trop connotées comme l’ambition ou la carrière, fais le tri dans tout ça, demande-toi ce dont tu as envie et donne-toi les moyens d’y parvenir. On mérite aussi d’être reconnu-e dans nos capacités, on ne peut pas tout faire bénévolement tout le temps. Car c’est toujours les mêmes tafs qui ne sont pas rémunérés et ça, c’est pas juste.

DSC_1040
arrêter de procrastiner

8 de coupes: dissociation

J’ai cette façon d’apprendre le tarot. Souvent j’associe d’abord une carte à des mots clés issus des livrets propres à chaque jeu ou des sites ou vidéos que j’aime suivre. Le sens s’affine ensuite, voire s’échappe, en fonction du tirage, des associations et/ou de mon intuition. Avec l’expérience, les dimensions d’une même carte s’enrichissent.

Ces derniers mois, c’est le 8 de coupes qui a grandi pour moi. J’y associais auparavant une situation ou une relation dont il n’y avait plus rien à sauver et la mise en mouvement vers d’autres horizons. Une couche de signification s’est ajoutée .dsc_0751 J’y vois aussi la dissociation.

Parfois, on quitte un endroit, au moins symboliquement, pas du tout par choix, mais par mécanisme de défense. Il y a un déclic inconscient qui peut se faire en nous lorsqu’on vit une situation dont la réalité est tout à fait insoutenable. On s’enfuit alors de la scène. Cette dissociation de nous-même en train de vivre un cauchemar peut être brève. Ou durable. On peut ainsi perdre tout souvenir du traumatisme vécu. La dissociation se manifeste là. Ou plus loin: perte de contact avec son corps, ses émotions, ses habitudes. Et puis création de rituels qui nous raccrochent à la vie, nous rassurent, font office de doudou. Pendant que la réalité du traumatisme reste bien au loin.

Je ne suis pas psy et les interprétations psys ne m’intéressent pas follement pour le coup. Ceci est ma version très personnelle de la dissociation par rapport à soi et par rapport à un traumatisme telle que je la vois en tout cas dans le 8 de coupes. Il y a 10 ans, j’étais hospitalisée suite à une tentative de suicide. Le psychiatre m’a fait faire un test sur le dsc_0748trouble dissociatif de la personnalité. Je me suis cassée avant d’avoir les résultats. Mon parcours ne se trace pas au rythme de la psychiatrie et de la dissociation. J’ai fait ma route. My roots.

La Tempérance répond au 8 de coupes. Le long processus de guérison pour revenir à soi. Recoller les morceaux de soi. Juste un peu en tout cas. Sur certaines lignes de fractures. Et puis. The roots. La fille de pentacles. Jeune faon sans pieds ni mains qui se fait pousser des racines. S’ancrer. Se connecter à ce qui donner de la consistance. Un  sens de la réalité. En chemin vers la mère de pentacles. Celles qui habite l’inhabitable. Celle qui, à défaut d’être guérie, est présente. Celle qui habite, en toute connaissance de cause. Après le 8 de coupes qui s’est traduit par une longue fuite. Ce corps, cette vie ne sont plus inhabitables. Peut-être qu’enfin il n’est plus question de survivre, mais de vivre.

dsc_0736

Je suis en train d’écrire un poème là-dessus. J’espère qu’un jour il aura une scène.

Violences policières et patriarcales vs solidarité féministe (hiérophante et as de bâtons)

Vous savez comme je dis toujours que, dans ma pratique, le tarot ne sert pas à prédire l’avenir ? Ouais bon, j’avoue, parfois quand même, il est assez explicite.

Si vous suivez un peu ce blog, vous aurez compris que je ne suis pas au top de ma forme ces jours-ci. Du coup, la semaine passée, une angoisse de la foule me travaillait un peu à l’idée de participer à une marche de nuit féministe qui avait pour objectif de revendiquer notre place dans l’espace public et de dénoncer les violences sexistes et transphobes, le tout en non-mixité sans hommes cis. J’ai donc tiré quelques cartes pendant que je préparais ma tenue histoire de sentir un peu mieux la soirée.

dsc_1094

Le hiérophante et l’as de bâton, croisés par le fils d’épées. D’abord, j’ai voulu voir le hiérophante (ou pape) sous son jour le plus sympathique : de la transmission d’expériences, des personnes qui partagent leurs savoirs. Ça n’a pas duré, mon intuition m’a vite orientée vers une conception plus traditionnelle de la carte : ordre établi, ordre moral, ensemble de règles et de lois qui paraissent figées, maîtres à penser. Shift dans mon esprit : la police sera sur place pour nous empêcher de marcher et ça ne sera pas franchement pacifiste de leur côté. Les gardiens de l’ordre établi et des institutions ne s’embarrassent généralement pas de non-violence. L’as de bâtons, incandescent, était un rappel de l’importance de cette marche aux flambeaux, de nos convictions, de nos contestations, de notre capacité d’agir pour donner forme à un monde meilleur. J’étais directement bien résolue à me déplacer, tout en prenant au sérieux le message du fils d’épées : ne pas m’emballer trop vite verbalement quand il s’agirait de se défendre. Lire la suite

5 de bâtons et 5 de pentacles – déprime

dsc_0757

En tirant mes cartes du jour, j’attendais une apparition qui reflète la noirceur de mon esprit ces jours-ci. C’est gagné. Le 5 de pentacles me nargue : « tu vois, on ne se débarrasse pas de sa santé mentale, tu vois, ça te revient toujours quand tu ne t’y attends pas. » Il me parle du corps qu’il est difficile de supporter, plein de tensions, plein de messages difficiles à entendre. J’ai commencé des séances chez Corps et Conscience hier. Comme une façon de revenir, de me connecter, d’être à l’écoute. Ça m’a fait du bien. Ça me fait du bien aussi de me sentir prête pour ça, pour écouter mon corps. Mais bon, la déprime reste là. Les crises de larmes. La confiance en moi dans les chaussettes. L’impression d’être illégitime. Incapable d’interagir avec les gens. Pas digne d’être soutenue.

Et d’un coup, des vieux schémas qui avaient à peine pointé le bout de leur nez ces cinq derniers années s’installent comme s’ils n’avaient jamais disparus. Je suis toujours à leur merci. Je me sens incapable de m’exprimer et ridicule. Incomprise. Prise dans une peur panique des autres. Avec une envie folle de me replier dans ma bulle, là où je connais mes limites. Le 5 de bâtons confirme tout ça. Je me sens menacée par les gens. Soumise à leurs jugements et incapable de ne pas juger crûment en retour. J’ai l’impression que l’heure est à la compétition des souffrances. Dans ce contexte, tout ce qu’on me laisse de ce que je traverse, de ce que j’ai traversé, de comment je me bats, c’est de la moquerie quant à ma façon de traiter les galères.

Le 5 de bâtons, c’est le conflit. L’envie de gueuler et le choix de ne pas répondre aux personnes qui ne se remettent pas en question. N’être jamais assez – pas assez présente, pas assez réconfortante, pas sur les fronts de toutes les dépressions en même temps alors que certaines personnes ne se tournent vers moi que pour ça. L’impression d’être une imposteuse pour cette raison, juste bonne à vendre des belles paroles creuses. Creuses. Désespérément creuses. Et être trop. Trop franche. Trop moqueuse. Trop en couple.

Face aux adversités du 5 de bâtons, mon corps a choisi sa solution, le repli du 5 de pentacles, les douleurs, les tensions, la fatigue, les restes de la folie qui traînent partout, les restes de 15 ans de pensées suicidaires. Ces cartes s’étalent sur mon bureau, avec juste ces constats et pas de solution, juste ces deux cartes : « on est là, gère ça meuf, accepte notre présence et fais face, ne cherche pas des solutions toutes faites, faciles, entre en dialogue avec nous, la politique de l’autruche ne te sauvera pas ».

dsc_0732

Ce site vous est proposé par WordPress.com.

Retour en haut ↑