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En chariot dans l'univers du tarot

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thea’s tarot

Consultations de Samhain!

Mise à jour du 24/10: c’est complet pour cette fois!

L’automne, ma saison préférée! Pour certaines sorcières, cette période est aussi spéciale avec Samhain, le 31 octobr

Comment résister? Je propose des consultations avec mes tarots et oracles pour Samhain/Halloween, pardi!

Plus d’infos? Ma charte est par là.

Cette fois, je te reçois contre une contribution libre, un don pour un pot commun en vue de mes prochains achats « tarots ».

Le vendredi 27 octobre, le dimanche 29 octobre et le jeudi 2 novembre

Ixelles (Belgique), à proximité des transports en commun

Rendez-vous à fixer ensemble, entre 15h et 22h, pour des sessions qui dureront entre 30 et 90 minutes, le temps de boire aussi une tisane ou un café et de discuter si ça te dit.

Contact, infos, résa, tout ça: cathoutarot@gmail.com

J’utiliserai:
Les tarots: Slow Holler, Slutist, Wild Unknown, Thea, Niki de Saint-Phalle
Les oracles: Oracle of Oddities, Vessel Oracle

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Le-la reine de coupes – Intuition?

Cultiver une approche féministe ET queer du tarot implique de se confronter à des nœuds et à nos propres préjugés. La réceptivité supposée des reines m’a posé problème. Je l’ai même rejetée en bloc.

C’est qu’il existe une vision binaire qui se manifeste dans le tarot et dans de nombreuses pratiques spirituelles par un amalgame entre le féminin (et dans le pire des cas les femmes) et la passivité, la réceptivité, le soin, la douceur et puis le masculin (et dans le pire des cas les hommes) et l’action, le leadership, la prise de décision, etc. Cette distinction prend sa source dans (et continue d’alimenter) le patriarcat et l’hétéronormativité.

D’ailleurs, dans de nombreux discours, cette prétendue « complémentarité » (en réalité, un rapport de pouvoir qui cantonne à certains rôles de genre, entérine les violences de tout type perpétrées et perpétuées contre les femmes) serait « naturelle ». La réceptivité des femmes serait inscrite dans leur vagin et dans leur utérus tandis que les hommes seraient « actifs » en raison de leur pénis et de l’éjaculation. Haha, comme si les personnes doté-e-s d’un vagin n’éjaculaient pas (je ne vous invite pas dans mon lit pour découvrir l’inverse mais vous savez de quoi je veux parler). A l’hétéronormativité et au sexisme, s’ajoute dans ces interprétations une vision extrêmement cissexiste, c’est-à-dire qui sous-entend que tous les hommes et toutes les femmes en question sont cisgenres (non-transgenres quoi).

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Joie de Vivre Tarot

Partant de ce constat, comment queeriser le tarot ? Ce système de 78 cartes s’appuie sur les significations qui ont circulé et évolué au fil des siècle. Il fonctionne même grâce à ça. C’est pour ça qu’on y trouve des archétypes. Alors, jusqu’à quel point peut-on éplucher une carte, lui enlever des couches révélatrices de son existence au sein d’un hétéro-cis-patriarcat capitaliste et suprématiste blanc et lui ajouter des voiles, du fard ou des huiles pour qu’elle continue à voyager enrichie, renouvelée et renouvelable et vectrice de changement ? Les lames du tarot possèdent-elles une essence ? Comme on essentialise/naturalise le genre et le sexe, court-on le risque d’essentialiser le tarot ? Ou est-ce là que réside sa pertinence, comme une plongée dans l’inconscient collectif ?

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Capture d’écran d’Ostara Tarot, disponible en application via Fool’s dog

Vaste question ! Et comme je n’ai pas toutes les réponses, je vous embarque ici dans le récit de ma relation à la reine de coupes au cours de ces derniers mois. Je crois que je l’adore depuis que j’ai commencé à apprendre le tarot. Je savais aussi qu’elle avait beaucoup à m’apprendre, mais je n’étais pas « réceptive » à ces messages. Alors qu’en consultation je peux être détachée de l’ego et laisser passer les messages à travers moi, dans l’étude du tarot, j’agis inversement. J’agis justement. Je tire les rênes. Ou les reines. Et puis d’ailleurs, en parlant de rênes, c’est souvent ce qu’un personnage tire sur la carte du chariot que j’avais choisie pour nommer ce blog. Je pose les questions. J’analyse. Je décrypte. Mais j’attends rarement les réponses. Je les formules. Je suis comme ça en général : assertive (et grande gueule), meneuse, sûre de moi. Comme pour pas mal de choses dans la vie, ces traits de caractère ont de multiples facettes, de la plus lumineuse à la plus sombre (ou dans l’ombre).

Les paroles de la reine de coupes ont commencé à se faire plus limpides à travers la bouche d’autres tireuses de cartes. Ça ne veut pas dire que je les ai écoutées véritablement. Mais je les ai entendues, peu à peu.

Tout a commencé il y a un an. J’avais des problèmes aux poumons handicapants : toux, expectorations, … Mon herboriste, tireuse de cartes, sorcière et amie adorée, Anja de Pin Primrose, m’a gentiment offert l’avis des cartes sur la question. Des coupes, des coupes, énormément de coupes. Dont la reine de coupes, of course. Poumons, coupes, élément eau. Logique somme toute. J’ai travaillé là-dessus. Un peu disons… Puis, quand la maladie est passée, non élucidée et mal diagnostiquée, j’ai continué à tracer ma route. Les poumons, l’eau, les coupes. Oui, oui, je voyais bien le message. Sauf que non.

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Wild Unknown Tarot

Et donc mes poumons me foutent la paix quelques mois. Pour mon anniversaire en mai, je m’offre une consultation chez Power Femme Tarot. Le message de « self-love », c’est la reine de coupes. Krystal développe autour de mon intuition. Je me dis : oui, oui, elle doit être là. Mais je ne me trouve quand même pas terriblement intuitive. Je n’écoute toujours pas vraiment. Cependant, quelque chose s’ouvre en moi. Ma réceptivité aux signes, aux symboles, aux synchronicités grandit. La gémeaux que je suis met de plus en plus l’élément air de côté. Je passe moins de temps à analyser et à chercher à cerner.

Il me vient beaucoup l’image d’Harry Potter. Dans les romans, il Lire la suite

2. La grande prêtresse – La voyante

La grande prêtresse est une chouchoute pour bien des tireur-ses de cartes. Et pour cause: elle fait référence à un pan de notre passion de taromancien.ne.s!

DSC_0048Gardienne de la contrée des profondeurs, elle veille à l’accès à l’inconscient, à l’intuition et au sacré. Non sans une grande sagesse. Elle connaît les secrets, grâce à sa propre expérience et à ce qui lui a été transmis. Fière de cet héritage, elle en assure elle-même la transmission. Elle ne croit pas qu’on est toujours seul-e face à ses démons. Elle est attentive aux archétypes. Elle est consciente du poids des mécanismes d’oppression dans ce qui se joue dans nos mondes. Elle détient les clés qui ouvrent des portes entre les problèmes individuels, les histoires de famille et les systèmes de domination, éclairant ainsi les récits de vie sous un angle neuf. Salvateur. Révolutionnaire et constructif. Les traumatismes et les stress qu’ils engendrent sont

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toujours politiques selon elle. Elle te partage ses secrets avant que tu n’embarques dans ton voyage entre ces mondes.

Celle qui voit. Celle qui sait. Celle qui n’en reste pas aux clichés. Qui ne supporte pas ce qui est figé. Celle qui aide à penser l’émancipation. Elle connaît tant les théories psychanalytiques que les écrits sur la justice sociale. Pour autant, elle n’est pas rivée aux théories. Ses connaissances sont avant tout de l’ordre de l’intuition. Elle est capable de mettre ce type de savoirs en mode avion pour se brancher au divin en elle et en toute chose. Ce qui est intangible et invisible pour beaucoup lui est palpable et brillant. Tu es en bonne compagnie avec elle.

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La prêtresse est nommée The Seer dans le Thea’s Tarot. Voyante, devin. Nous livre-t-elle l’avenir? Voit-elle ce qui est à-venir? Elle voit en tout cas. Indéniablement. L’illustration frappe. Elle semble flotter sans toutefois être à la dérive. Au contraire, elle est extrêmement droite, comme enracinée dans le cosmos. Maintenue par une gravité qui serait partout et en tout. Ni ombre ni lumière ici. Tout est mélangé. Nuancé. Décliné.

Elle est absorbée par un poids au-dessus de sa tête. Car avec des grands dons ou des capacités hors du commun développées au fil des années viennent aussi d’énormes responsabilités. Tenter de viser la sincérité. Discerner ce qui est invisible à l’œil nu ou non aguerri implique du tact, de la douceur, tout comme de l’intransigeance et de la fermeté face à ce qui apparaît. Responsabilité vis-à-vis de soi-même et des autres. Nécessité de se donner des priorités. Et des limites. Quand plonger en soi et quand transmettre? Comment répondre aux attentes? Faut-il toujours y céder? Dans un souci de sincérité, le seul devoir vis-à-vis d’autrui n’est-il finalement pas de savoir dire non? Et d’encourager les prêtres-ses à s’épanouir?

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mon amoureuse (www.rosebutch.com) a adapté la grande prêtresse du Wild Unknown Tarot en rideau.

Le 8 d’épées – coincé-e-s

Traduction d’un article posté sur Instagram il y a quelques semaines.

Bruxelles est ensoleillée ces jours-ci. Il est agréable de s’y balader. Je respire la pollution. Je protège ma peau des allergies au soleil (joliment nommées lucite estivale bénigne), mes poumons du pollen, mes cuisses du frottement entre elles. La ville est charmante et chaude malgré tout. Unique en son genre : île cosmopolite au cœur de la Belgique et capitale d’une Europe forteresse moribonde, l’UE ultra-libérale en décomposition. Je ne sais pas par quel miracle je m’y sens toujours autant chez mois.

Comme souvent, on ressent les tensions partout dans la ville. Je suis mon instinct : marche sur une partie de mon trajet pour le boulot plutôt que le métro. Je n’aime pas la foule. J’aime marcher. J’ai peur de la prochaine attaque terroriste qui frappera ici.

En longeant l’ambassade américaine, de l’autre côté du boulevard, puis en traversant le carrefour Arts-Loi, la carte tirée avant de quitter la maison me revient. Le 8 d’épées. C’est tout à fait l’impression que me laisse Bruxelles aujourd’hui. Coincée. Emprisonnée. Les journalistes commencent à réserver leur place le long des barrières barbelées. Les flics sont partout. 6 rien que pour décider comment enlever une moto. Le parking n’est pas autorisé dans cette zone pour l’occasion, même pas pour les vélos. Des militaires lourdement armés. Mais on arpente les rues normalement alors que tout sera réorganisé pendant deux jours à cause de la présence du plus puissant des fachos à l’heure actuelle. Coincé-e-s. Bloqué-e-s à cause de Trump. Et Erdogan par dessus le marché. Persona non grata dans notre propre ville tandis qu’on sort tout le tralala bien coûteux pour des déchets anti-démocratiques.

Sur le même chemin, hier, des ouvriers communaux enlevaient les autocollants des feux de signalisation pour piéton-ne-s. Les politiques de la région bruxelloises les avaient fait prendre la forme de couples de même genre pour la Pride le week-end passé. Puisque ici on « célèbre la diversité » (pendant qu’on ferme les yeux sur les injustices). De même, le drapeau arc-en-ciel en vitrine de l’ambassade canadienne hier matin avait disparu en fin de journée. Les politicien-ne-s savent exploiter le filon de l’homonationalisme. Et agir avec lâcheté. C’est tristement commun de nos jours. Les personnes LGBT+ et les queers sont coincé-e-s aussi. Céder aux sirènes des dangereuses politiques assimilationnistes. Miroir aux alouettes. Leur visibilité se jette à la poubelle quand les leaders LGBTphobes sont de passage à Bruxelles.

Coincé-e-s alors que l’extrême-droite gagne en ampleur à l’Ouest. Associée à un ultra-libéralisme dévastateur. Il y aura des manifs contre Trump et contre l’OTAN, c’est vrai. On n’est pourtant pas bloqué-e-s avec notre gouvernement raciste et sexiste ? Coincé-e-s car sans réaction, convaincu-e-s d’être dans une impasse. Genre, si le système doit se casser la gueule de toute façon, pourquoi ne pas accepter docilement ses derniers sursauts de violence ?

En vrai, le message du 8 d’épées est plus subtil : c’est pas parce que tu te sens coincé-e que tu l’es forcément. Il n’est pas trop tard.

 

Journée internationale du tarot – 7 de pentacles

Le 8 juillet, c’est la journée internationale du tarot organisée du côté francophone par Les Mondes d’Alice. Elle invite toute personne intéressée à créer/produire « quelque chose » autour d’une carte tirée par ses soins. Un dessin, une musique, une sculpture, une photo, un gâteau, un texte, un tirage, un bijou étaient par exemple les bienvenus.

L’idée émane d’abord de tarologues anglophones: événement fb ici.

Et voici ce qui a été proposé pour la tarosphère francophone: pareil.

Je me suis inscrite rapidement après avoir pris connaissance de l’annonce relayée par Loptr Au gré des cartes. En retour, Alice m’a tiré et assigné le 7 de pentacles. Grrr scrogneugneuh, soupirs. J’aime les défis mais bon là quand même…

Le truc, c’est même pas que j’aime pas cette carte. C’est qu’elle ne m’inspire pas du tout. Peut-être parce que j’ai appris le tarot avec le Wild Unknown Tarot. Regardez plutôt, difficile de faire plus abstrait :

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Ou alors ça signifie peut-être que j’ai des réticences à me connecter à cette carte parce qu’elle réveille des choses chez moi que je n’assume pas. Oui mais lesquelles ?

Quand je lis les cartes pour d’autres et que cette carte apparaît, je balaie de mon esprit l’image du Wild Unknown pour mobiliser des illustrations comme celles du Thea’s Tarot, du Rider-Waite-Smith ou encore du Shadowscape7pentaclesTheaTarot

Une personne récolte des fruits sur un arbre ou arbuste qu’elle a nourri, chéri, soigné avec amour, jour après jour. Elle l’a probablement abreuvé de son attention et de ses intentions. Elle semble sélectionner soigneusement les fruits qui sont suffisamment mûrs et laisser sur les branches ceux qui pourraient attendre un peu. Peut-être y reviendra-t-elle plus tard ou peut-être que, finalement, elle n’aura pas besoin ou envie d’utiliser ceux-là. 7pentaclesshadowscapeElle fera de la confiture ou une potion avec les fruits arrivés à maturité qu’elle emporte dans son panier pendant que les autres restent à la nature. Ils seront grignotés par les insectes ou les lapins. Ils iront nourrir le sol en pourrissant. A chaque chose son tempo. Lire la suite

Deux de pentacles

En équilibre. Flexible. Naviguant entre les dangers potentiels avec grâce et confiance. Deux de pentacles.

Le parcours d’obstacle pourtant pas aisé. Disons qu’une menace inattendue peut surgir à tout moment. C’est là qu’il faudra me montrer habile. Réagir vite et bien. Retomber sur mes pattes. Ça nécessite de préparer ma souplesse à l’avance. Les pentacles parlent aussi de la matérialité du corps.

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J’ai arrêté de prendre mes neuroleptiques. Ça n’est pas la première fois durant toutes ces années. La vigilance que j’attends de moi dans les mois qui viennent : bien dormir, manger à horaires aussi réguliers que possible, me ménager du temps pour moi, ne pas trop sortir et pouvoir dire non. Ces choses qui peuvent entraîner une frénésie, un trop gros boost de l’égo ou une perte de contact avec la réalité de mes besoins. En dehors de cette préparation, il faut aussi être attentive aux signaux. Savoir repérer quand je m’emballe dans une euphorie qui ne me quitte plus. Ou une alternance rapide d’euphorie et de déprime. Quand les humeurs oscillent d’un pôle à l’autre et que le mécanisme s’emballe : identifier et arrêter la machine. Si je deviens déprimée, si j’ai des crises d’angoisses violentes : ne pas m’alarmer, mais ne pas tarder à mettre en place un système de gestion ou de modération. Par exemple,g soin par les plantes, massages, prendre rendez-vous chez mon psy, trouver le dosage entre voir les ami-e-s et parler et m’isoler pour me poser. Partir à la campagne of course.

Le deux de pentacles s’exécute avec la grâce du papillon dans ces opérations. Je me sens outillée des mêmes compétences. Je n’ai pas peur. J’en ai connu des traitements depuis 20 ans. Cette fois, j’ai envie de m’en passer pour de bon.

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Poème pour les fems – reine de bâtons

J’ai déjà écrit ailleurs que je trouve beaucoup de ma femitude dans la reine de bâtons. Je suppose que pour d’autres fem, ce serait plutôt la reine de coupes. L’identité fem est une identité queer et plus largement lesbienne, bie et trans dont il y a autant de définitions qu’il y a de fems. Parmi les aspects importants, une réappropriation et une mise en valeur d’aspects traditionnellement lus comme féminins (et donc dévalorisés puisque -oh surprise- on vit dans un monde partriarcal) qui deviennent vecteurs de puissance et d’autonomie quand ils sont réinventés et réagencés en n’étant plus conditionnés par le regard et le jugement masculins. Bref, j’ai écrit un slam sur et pour mes amies fems. Il est pétillant de reine de bâtons, je trouve. 

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Low fem, soft fem, biting fem
Montrer les crocs
Crever les pneus
Femitié – un sens de la communauté
Nœuds dans les cheveux
Velues
Des orteils aux perruques emmêlées
Les doigts rugueux
Le goût du laid
Le teint laiteux
Fem paresseuse, fem à la bouille creuse
Fem impassible, fem en colère
Hétéronorme barbouillée
Au rouge à lèvres foncé
Enfoncé, coups accélérés
Rayer leurs vernis
Niquer l’hétéropride
Crade, crasse, empreinte de
Fausses évidences, rances et vides
Fem survivante – qui a survécu, qui sur/vit, qui sur/joue – fem envoûtante
Drag queen étincelante – surprenante
Over the top – et top – fem domina
Narratrice de révolutions
Macératrice d’émulsions
Impératrice du « je veux que tu m’attrapes
Comme ça, que tu me lèches
Plus fort, que tu me défonces
La chatte »
Fem on a mission
Sans féminité – au genre détaché
Déraciné et redessiné
Rôle de composition ou de confort
A l’aise ou funambule
On the edge  ou dans sa bulle
Tête de mule
Dégaine de reine
Camion volé, racaille voluptueuse
Tueuse de tes idéaux vaseux et pourraves
Entre deux rôts vaporeux
Bwwweuuurk
Rengaine de chienne
Poufiasse sans chaîne
Déchaînée, sans entrave
Pétards dans les remparts
Frappadingue en bas résille
Et sa santé mentale, elle t’emmerde
Et elle en parle
Fem qui témoigne, sort du bois, débroussaille
Fait office de relais
Sans fard, comme un phare, fardée
Aux vices qu’elle fem/inise, fem fashion
Fem qui nomme
Fem qui balance
Fem ignoble, fem de la chance
Se saisir de et resignifier
Réduire son regard en bouillie
Elle réclame son corps et son autonomie
Fem salace ou fem très classe
Fem ambiguë ou à la ramasse
Au fil des mues, ses mille vies
Subtiles envies, peaux neuves
Douces et striées
Fem en lambeaux ou fem flambeau
Faire de sa vie un conte de fems

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article sponsorisé par un de nos chats

13 La Mort et militantisme

dsc_6364La carte très redoutée de « La Mort » nous parle peut-être de finitude mais avant tout de renaissance. Elle fait référence à des cycles. Elle nous rappelle que les apparentes tables rases n’en sont pas tellement. En effet, elle parle de continuité et de survie. De la nécessité de se débarrasser de certaines couches pour mieux avancer, plus légèr-e. C’est donc naturel qu’elle me vienne beaucoup à l’esprit récemment quand on évoque certains aspects du militantisme.

Je travaille pour une organisation féministe « institutionnalisée », c’est-à-dire que depuis plus de 20 ans, ce sont des financements gouvernementaux qui assurent son fonctionnement. Ce parti de l’institutionnalisation a été pris par une large frange du mouvement féministe dans les années 80 et 90. Il visait à assurer son existence et à garantir sa légitimité afin d’ancrer dans les lois des acquis sociaux qu’il réclamait. On déclarait alors que tout ce qui n’était pas structurellement ancré et subventionné était fragile. Dans la foulée, le mouvement s’est fortement professionnalisé. La reconnaissance du travail fourni par le mouvement social en général a mobilisé le secteur dit « non-marchand » pendant des années en Belgique. Il s’agissait de le sortir en partie du bénévolat. Voilà, voix de professeure off.

Perso, j’ai toujours apprécié de participer à des initiatives « auto-gérées », « grassroots », « indépendantes ». J’ai tendance à voir les soutiens financiers politiques ou émanant de sponsors comme des poisons. Un pacte avec le diable. C’est peut-être bien mon petit côté anarchiste qui parle. Je vous passe les détails de ma critique parce que je veux être constructive et puis, je vous vois déjà faire la moue parce que je fais que râler. dsc_6366

Pendant que les organisations féministes subventionnées se battent à juste titre pour préserver les emplois qu’elles ont générés, elles vivent dans une angoisse constante de la mort et une incapacité à se penser en dehors des sources de financement traditionnelles. La mort de la structure dans son état actuel serait un coup d’arrêt et toute leur énergie est mise dans son évitement.

Dans les collectifs plus informels, la carte de La Mort prend tout son sens. On quitte des groupes pour en rejoindre d’autres. Certains groupes prennent des pauses qui durent des mois et on ignore s’ils sortiront de leur torpeur. D’autres se dissolvent. Mais la continuité des réseaux est néanmoins assurée. Les liens créés dans un cadre débouchent sur des actions dans un autre. Les personnes croisées à une marche deviennent des camarades d’une autre lutte ou d’un autre type de protestation. Un cycle se termine et déjà cinq autres commencent, largement infusés d’actions précédentes.

Le capitalisme ingère toutes nos luttes pour en tirer profit. Elles sont alors recomposées à sa sauce et forcément vidées de leur substance ou tournées en dérision. Y a qu’à voir comment Chanel met en scène des manifestations soi disant féministes dans ses défilés alors que l’industrie de la mode et de la beauté repose plus que toute autre sur l’exploitation des humain-e-s, des animaux et de l’environnement. Blague au goût amer. Ou H&M, les magazines de mode et plein d’autres entreprises qui se sont approprié une pseudo body positivity au mépris de notre fat activism (militantisme gros) et de la radicalité de sa critique sociétale. Belles alliances du capitalisme, de l’hétérocispatriarcat, du capacistisme (l’agencement de la société autour d’un idéal de corps valides et productifs), du racisme, de la grossophobie.

dsc_6372Un objectif des militantes féministes et des autres, c’est d’accepter de se départir de certaines méthodes pour en adopter rapidement d’autres. Se faufiler. Aller plus vite. S’immiscer dans les brèches pour faire imploser un ensemble. Se reconfigurer en d’autres entités pour inventer d’autres actions. Une bonne partie des constats restent les mêmes mais les modes d’action sont constamment bousculés et redéfinis. Être indestructibles et en mutation, à l’image du chat et de ses neuf vies sur La Mort du Mystical Cats Tarot. Et créatif-ves, à l’instar de la jongleuse dans cette position dans le Thea’s Tarot. dsc_6375Elle a les pieds fermement sur le sol, le centre de gravité bien bas et elle fait danser joyeusement les branches qui perdent leurs feuilles vers celles qui portent des fruits. Comme le printemps. Un défi qui nous est imposé par le contexte actuel et qui pourrait pourtant s’avérer salvateur. Dans une conception moins linéaire, plus brouillonne mais en bonne connaissance des saisons précédentes.

Les Amoureuses + L’Etoile

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The Lovers + The Star (Thea’s Tarot) + Anger + Apathy (Oracle of Oddities)

Les amoureuses, les éternelles, les fabuleuses. Contre son corps, tout tout contre son corps. Dans la contrée des merveilles, tout tout contre son corps. Contre les dominants, contre ce qui oppriment. Notre refuge, tout tout contre nos corps. La dépression dessine des creux. Des sillons où se lovent les doutes, le temps d’un soupir, le temps d’un frisson, quand les dents claquent brièvement.

J’ai de l’espoir, j’ai des promesses. Tout contre toi, ma butch. Je ne m’étais pas figurée ce genre d’histoire. Je n’avais pas imaginé. Dans cette histoire, je suis sereine. Amoureusement sereine. Prête pour les épreuves. Armée pour les galères. Parfois à court de souffle. Souvent à court. Cours, cours, danse dans les champs qui s’étendent à perte de vue. Dans cette histoire, je suis confiante. Ça veut pas dire que j’ai pas peur de temps en temps; ça veut dire que j’en sais assez sur nous pour savoir qu’on brille à l’infini. Et notre amour se nourrit, se soigne, s’amplifie.

Notre passion nous jaillit du bout des doigts. Comme la magnétiseuse que tu es, la tireuse de cartes que je suis. Comme les sorcières qu’on était vouées à être. La magie nous jaillit du bout des doigts et notre amour se renouvelle. S’amplifie. Se développe. Fleurit. Notre amour gagne en envergure dans un écrin de verdure. Je patauge dans les images un peu cheap, mais c’est seulement parce que les mots c’est jamais assez pour tant de beauté. Je ferme les yeux tout contre toi et je vois défiler des couleurs, de la chaleur, de l’énergie ou des trucs comme ça. Notre engagement, c’est comme une guirlande de ressources. Tout contre toi, ça sent la vie.

Ça sent notre vie, notre engagement, nos convictions, notre extravagance et notre puissance. Tout contre toi, c’est l’infini qui se blottit. Puis s’étend. Qui palpite. Ça vibre comme un big bang. Tout contre toi, toutes les lignées des ancêtres qui nous protègent attisent notre révolte. Scellent des vœux de protection. Tu es plus que de multiples soleils. Les étoiles te garnissent les pores, t’agrandissent le corps. La volupté est vulnérable.

Tout contre ma chère et tendre, mon inénarrable. Ma très fabuleuse. Notre relation est œuvre de création. Continuelle. Nos cons à nu, nos ailes. Notre relation donne vie à des autres lieux. Chez nous. Autour. Partout. Elle défie les attentes. Elle tente des ponts. Elle enlace la seule souveraine preuve: l’amour est à écrire. L’amour est à foutre à la poubelle. L’amour est ce que le patriarcat en a fait. L’amour est ancré dans le capitalisme. L’amour s’achète, l’amour leur achète une place dans le système. Re-boot.

On reprend depuis le début. Notre relation met à mal l’hétéropatriarcat. Sa reproduction en sera le coup de grâce. On se reproduit. Gouines, trans et queers qui recrutent. On écrit nos histoires sur les cendres de leurs normes. A l’encre de. On tatoue nos histoires sur nos corps triomphants. Couverts de bleus et triomphants.

Dénoncer et dégommer l’hétéronorme. Peut-être qu’yels ne le choisissent pas, mais le constat demeure : être cishétéro, c’est être complice. J’ai de l’espoir pour ce monde en raison des gouines/trans/queers qui résistent. Qui écrivent. Qui protestent. Dénoncent et énoncent les sentences : à la poubelle ce qui a été fait de l’amour. Des étincelles pour une autre façon de le faire: la sorcellerie.
On n’en a pas assez fait. Yels n’ont pas fini de nous entendre. Bourdonnant-e-s et rebelles.

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