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En chariot dans l'univers du tarot

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Le 8 d’épées – coincé-e-s

Traduction d’un article posté sur Instagram il y a quelques semaines.

Bruxelles est ensoleillée ces jours-ci. Il est agréable de s’y balader. Je respire la pollution. Je protège ma peau des allergies au soleil (joliment nommées lucite estivale bénigne), mes poumons du pollen, mes cuisses du frottement entre elles. La ville est charmante et chaude malgré tout. Unique en son genre : île cosmopolite au cœur de la Belgique et capitale d’une Europe forteresse moribonde, l’UE ultra-libérale en décomposition. Je ne sais pas par quel miracle je m’y sens toujours autant chez mois.

Comme souvent, on ressent les tensions partout dans la ville. Je suis mon instinct : marche sur une partie de mon trajet pour le boulot plutôt que le métro. Je n’aime pas la foule. J’aime marcher. J’ai peur de la prochaine attaque terroriste qui frappera ici.

En longeant l’ambassade américaine, de l’autre côté du boulevard, puis en traversant le carrefour Arts-Loi, la carte tirée avant de quitter la maison me revient. Le 8 d’épées. C’est tout à fait l’impression que me laisse Bruxelles aujourd’hui. Coincée. Emprisonnée. Les journalistes commencent à réserver leur place le long des barrières barbelées. Les flics sont partout. 6 rien que pour décider comment enlever une moto. Le parking n’est pas autorisé dans cette zone pour l’occasion, même pas pour les vélos. Des militaires lourdement armés. Mais on arpente les rues normalement alors que tout sera réorganisé pendant deux jours à cause de la présence du plus puissant des fachos à l’heure actuelle. Coincé-e-s. Bloqué-e-s à cause de Trump. Et Erdogan par dessus le marché. Persona non grata dans notre propre ville tandis qu’on sort tout le tralala bien coûteux pour des déchets anti-démocratiques.

Sur le même chemin, hier, des ouvriers communaux enlevaient les autocollants des feux de signalisation pour piéton-ne-s. Les politiques de la région bruxelloises les avaient fait prendre la forme de couples de même genre pour la Pride le week-end passé. Puisque ici on « célèbre la diversité » (pendant qu’on ferme les yeux sur les injustices). De même, le drapeau arc-en-ciel en vitrine de l’ambassade canadienne hier matin avait disparu en fin de journée. Les politicien-ne-s savent exploiter le filon de l’homonationalisme. Et agir avec lâcheté. C’est tristement commun de nos jours. Les personnes LGBT+ et les queers sont coincé-e-s aussi. Céder aux sirènes des dangereuses politiques assimilationnistes. Miroir aux alouettes. Leur visibilité se jette à la poubelle quand les leaders LGBTphobes sont de passage à Bruxelles.

Coincé-e-s alors que l’extrême-droite gagne en ampleur à l’Ouest. Associée à un ultra-libéralisme dévastateur. Il y aura des manifs contre Trump et contre l’OTAN, c’est vrai. On n’est pourtant pas bloqué-e-s avec notre gouvernement raciste et sexiste ? Coincé-e-s car sans réaction, convaincu-e-s d’être dans une impasse. Genre, si le système doit se casser la gueule de toute façon, pourquoi ne pas accepter docilement ses derniers sursauts de violence ?

En vrai, le message du 8 d’épées est plus subtil : c’est pas parce que tu te sens coincé-e que tu l’es forcément. Il n’est pas trop tard.

 

Journée internationale du tarot – 7 de pentacles

Le 8 juillet, c’est la journée internationale du tarot organisée du côté francophone par Les Mondes d’Alice. Elle invite toute personne intéressée à créer/produire « quelque chose » autour d’une carte tirée par ses soins. Un dessin, une musique, une sculpture, une photo, un gâteau, un texte, un tirage, un bijou étaient par exemple les bienvenus.

L’idée émane d’abord de tarologues anglophones: événement fb ici.

Et voici ce qui a été proposé pour la tarosphère francophone: pareil.

Je me suis inscrite rapidement après avoir pris connaissance de l’annonce relayée par Loptr Au gré des cartes. En retour, Alice m’a tiré et assigné le 7 de pentacles. Grrr scrogneugneuh, soupirs. J’aime les défis mais bon là quand même…

Le truc, c’est même pas que j’aime pas cette carte. C’est qu’elle ne m’inspire pas du tout. Peut-être parce que j’ai appris le tarot avec le Wild Unknown Tarot. Regardez plutôt, difficile de faire plus abstrait :

7pentaclesWildUnknown

Ou alors ça signifie peut-être que j’ai des réticences à me connecter à cette carte parce qu’elle réveille des choses chez moi que je n’assume pas. Oui mais lesquelles ?

Quand je lis les cartes pour d’autres et que cette carte apparaît, je balaie de mon esprit l’image du Wild Unknown pour mobiliser des illustrations comme celles du Thea’s Tarot, du Rider-Waite-Smith ou encore du Shadowscape7pentaclesTheaTarot

Une personne récolte des fruits sur un arbre ou arbuste qu’elle a nourri, chéri, soigné avec amour, jour après jour. Elle l’a probablement abreuvé de son attention et de ses intentions. Elle semble sélectionner soigneusement les fruits qui sont suffisamment mûrs et laisser sur les branches ceux qui pourraient attendre un peu. Peut-être y reviendra-t-elle plus tard ou peut-être que, finalement, elle n’aura pas besoin ou envie d’utiliser ceux-là. 7pentaclesshadowscapeElle fera de la confiture ou une potion avec les fruits arrivés à maturité qu’elle emporte dans son panier pendant que les autres restent à la nature. Ils seront grignotés par les insectes ou les lapins. Ils iront nourrir le sol en pourrissant. A chaque chose son tempo. Lire la suite

Deux de pentacles

En équilibre. Flexible. Naviguant entre les dangers potentiels avec grâce et confiance. Deux de pentacles.

Le parcours d’obstacle pourtant pas aisé. Disons qu’une menace inattendue peut surgir à tout moment. C’est là qu’il faudra me montrer habile. Réagir vite et bien. Retomber sur mes pattes. Ça nécessite de préparer ma souplesse à l’avance. Les pentacles parlent aussi de la matérialité du corps.

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J’ai arrêté de prendre mes neuroleptiques. Ça n’est pas la première fois durant toutes ces années. La vigilance que j’attends de moi dans les mois qui viennent : bien dormir, manger à horaires aussi réguliers que possible, me ménager du temps pour moi, ne pas trop sortir et pouvoir dire non. Ces choses qui peuvent entraîner une frénésie, un trop gros boost de l’égo ou une perte de contact avec la réalité de mes besoins. En dehors de cette préparation, il faut aussi être attentive aux signaux. Savoir repérer quand je m’emballe dans une euphorie qui ne me quitte plus. Ou une alternance rapide d’euphorie et de déprime. Quand les humeurs oscillent d’un pôle à l’autre et que le mécanisme s’emballe : identifier et arrêter la machine. Si je deviens déprimée, si j’ai des crises d’angoisses violentes : ne pas m’alarmer, mais ne pas tarder à mettre en place un système de gestion ou de modération. Par exemple,g soin par les plantes, massages, prendre rendez-vous chez mon psy, trouver le dosage entre voir les ami-e-s et parler et m’isoler pour me poser. Partir à la campagne of course.

Le deux de pentacles s’exécute avec la grâce du papillon dans ces opérations. Je me sens outillée des mêmes compétences. Je n’ai pas peur. J’en ai connu des traitements depuis 20 ans. Cette fois, j’ai envie de m’en passer pour de bon.

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Poème pour les fems – reine de bâtons

J’ai déjà écrit ailleurs que je trouve beaucoup de ma femitude dans la reine de bâtons. Je suppose que pour d’autres fem, ce serait plutôt la reine de coupes. L’identité fem est une identité queer et plus largement lesbienne, bie et trans dont il y a autant de définitions qu’il y a de fems. Parmi les aspects importants, une réappropriation et une mise en valeur d’aspects traditionnellement lus comme féminins (et donc dévalorisés puisque -oh surprise- on vit dans un monde partriarcal) qui deviennent vecteurs de puissance et d’autonomie quand ils sont réinventés et réagencés en n’étant plus conditionnés par le regard et le jugement masculins. Bref, j’ai écrit un slam sur et pour mes amies fems. Il est pétillant de reine de bâtons, je trouve. 

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Low fem, soft fem, biting fem
Montrer les crocs
Crever les pneus
Femitié – un sens de la communauté
Nœuds dans les cheveux
Velues
Des orteils aux perruques emmêlées
Les doigts rugueux
Le goût du laid
Le teint laiteux
Fem paresseuse, fem à la bouille creuse
Fem impassible, fem en colère
Hétéronorme barbouillée
Au rouge à lèvres foncé
Enfoncé, coups accélérés
Rayer leurs vernis
Niquer l’hétéropride
Crade, crasse, empreinte de
Fausses évidences, rances et vides
Fem survivante – qui a survécu, qui sur/vit, qui sur/joue – fem envoûtante
Drag queen étincelante – surprenante
Over the top – et top – fem domina
Narratrice de révolutions
Macératrice d’émulsions
Impératrice du « je veux que tu m’attrapes
Comme ça, que tu me lèches
Plus fort, que tu me défonces
La chatte »
Fem on a mission
Sans féminité – au genre détaché
Déraciné et redessiné
Rôle de composition ou de confort
A l’aise ou funambule
On the edge  ou dans sa bulle
Tête de mule
Dégaine de reine
Camion volé, racaille voluptueuse
Tueuse de tes idéaux vaseux et pourraves
Entre deux rôts vaporeux
Bwwweuuurk
Rengaine de chienne
Poufiasse sans chaîne
Déchaînée, sans entrave
Pétards dans les remparts
Frappadingue en bas résille
Et sa santé mentale, elle t’emmerde
Et elle en parle
Fem qui témoigne, sort du bois, débroussaille
Fait office de relais
Sans fard, comme un phare, fardée
Aux vices qu’elle fem/inise, fem fashion
Fem qui nomme
Femme qui balance
Femme ignoble, fem de la chance
Se saisir de et resignifier
Réduire son regard en bouillie
Elle réclame son corps et son autonomie
Fem salace ou fem très classe
Fem ambiguë ou à la ramasse
Au fil des mues, ses mille vies
Subtiles envies, peaux neuves
Douces et striées
Fem en lambeaux ou fem flambeau
Faire de sa vie un conte de fems

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article sponsorisé par un de nos chats

13 La Mort et militantisme

dsc_6364La carte très redoutée de « La Mort » nous parle peut-être de finitude mais avant tout de renaissance. Elle fait référence à des cycles. Elle nous rappelle que les apparentes tables rases n’en sont pas tellement. En effet, elle parle de continuité et de survie. De la nécessité de se débarrasser de certaines couches pour mieux avancer, plus légèr-e. C’est donc naturel qu’elle me vienne beaucoup à l’esprit récemment quand on évoque certains aspects du militantisme.

Je travaille pour une organisation féministe « institutionnalisée », c’est-à-dire que depuis plus de 20 ans, ce sont des financements gouvernementaux qui assurent son fonctionnement. Ce parti de l’institutionnalisation a été pris par une large frange du mouvement féministe dans les années 80 et 90. Il visait à assurer son existence et à garantir sa légitimité afin d’ancrer dans les lois des acquis sociaux qu’il réclamait. On déclarait alors que tout ce qui n’était pas structurellement ancré et subventionné était fragile. Dans la foulée, le mouvement s’est fortement professionnalisé. La reconnaissance du travail fourni par le mouvement social en général a mobilisé le secteur dit « non-marchand » pendant des années en Belgique. Il s’agissait de le sortir en partie du bénévolat. Voilà, voix de professeure off.

Perso, j’ai toujours apprécié de participer à des initiatives « auto-gérées », « grassroots », « indépendantes ». J’ai tendance à voir les soutiens financiers politiques ou émanant de sponsors comme des poisons. Un pacte avec le diable. C’est peut-être bien mon petit côté anarchiste qui parle. Je vous passe les détails de ma critique parce que je veux être constructive et puis, je vous vois déjà faire la moue parce que je fais que râler. dsc_6366

Pendant que les organisations féministes subventionnées se battent à juste titre pour préserver les emplois qu’elles ont générés, elles vivent dans une angoisse constante de la mort et une incapacité à se penser en dehors des sources de financement traditionnelles. La mort de la structure dans son état actuel serait un coup d’arrêt et toute leur énergie est mise dans son évitement.

Dans les collectifs plus informels, la carte de La Mort prend tout son sens. On quitte des groupes pour en rejoindre d’autres. Certains groupes prennent des pauses qui durent des mois et on ignore s’ils sortiront de leur torpeur. D’autres se dissolvent. Mais la continuité des réseaux est néanmoins assurée. Les liens créés dans un cadre débouchent sur des actions dans un autre. Les personnes croisées à une marche deviennent des camarades d’une autre lutte ou d’un autre type de protestation. Un cycle se termine et déjà cinq autres commencent, largement infusés d’actions précédentes.

Le capitalisme ingère toutes nos luttes pour en tirer profit. Elles sont alors recomposées à sa sauce et forcément vidées de leur substance ou tournées en dérision. Y a qu’à voir comment Chanel met en scène des manifestations soi disant féministes dans ses défilés alors que l’industrie de la mode et de la beauté repose plus que toute autre sur l’exploitation des humain-e-s, des animaux et de l’environnement. Blague au goût amer. Ou H&M, les magazines de mode et plein d’autres entreprises qui se sont approprié une pseudo body positivity au mépris de notre fat activism (militantisme gros) et de la radicalité de sa critique sociétale. Belles alliances du capitalisme, de l’hétérocispatriarcat, du capacistisme (l’agencement de la société autour d’un idéal de corps valides et productifs), du racisme, de la grossophobie.

dsc_6372Un objectif des militantes féministes et des autres, c’est d’accepter de se départir de certaines méthodes pour en adopter rapidement d’autres. Se faufiler. Aller plus vite. S’immiscer dans les brèches pour faire imploser un ensemble. Se reconfigurer en d’autres entités pour inventer d’autres actions. Une bonne partie des constats restent les mêmes mais les modes d’action sont constamment bousculés et redéfinis. Être indestructibles et en mutation, à l’image du chat et de ses neuf vies sur La Mort du Mystical Cats Tarot. Et créatif-ves, à l’instar de la jongleuse dans cette position dans le Thea’s Tarot. dsc_6375Elle a les pieds fermement sur le sol, le centre de gravité bien bas et elle fait danser joyeusement les branches qui perdent leurs feuilles vers celles qui portent des fruits. Comme le printemps. Un défi qui nous est imposé par le contexte actuel et qui pourrait pourtant s’avérer salvateur. Dans une conception moins linéaire, plus brouillonne mais en bonne connaissance des saisons précédentes.

Les Amoureuses + L’Etoile

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The Lovers + The Star (Thea’s Tarot) + Anger + Apathy (Oracle of Oddities)

Les amoureuses, les éternelles, les fabuleuses. Contre son corps, tout tout contre son corps. Dans la contrée des merveilles, tout tout contre son corps. Contre les dominants, contre ce qui oppriment. Notre refuge, tout tout contre nos corps. La dépression dessine des creux. Des sillons où se lovent les doutes, le temps d’un soupir, le temps d’un frisson, quand les dents claquent brièvement.

J’ai de l’espoir, j’ai des promesses. Tout contre toi, ma butch. Je ne m’étais pas figurée ce genre d’histoire. Je n’avais pas imaginé. Dans cette histoire, je suis sereine. Amoureusement sereine. Prête pour les épreuves. Armée pour les galères. Parfois à court de souffle. Souvent à court. Cours, cours, danse dans les champs qui s’étendent à perte de vue. Dans cette histoire, je suis confiante. Ça veut pas dire que j’ai pas peur de temps en temps; ça veut dire que j’en sais assez sur nous pour savoir qu’on brille à l’infini. Et notre amour se nourrit, se soigne, s’amplifie.

Notre passion nous jaillit du bout des doigts. Comme la magnétiseuse que tu es, la tireuse de cartes que je suis. Comme les sorcières qu’on était vouées à être. La magie nous jaillit du bout des doigts et notre amour se renouvelle. S’amplifie. Se développe. Fleurit. Notre amour gagne en envergure dans un écrin de verdure. Je patauge dans les images un peu cheap, mais c’est seulement parce que les mots c’est jamais assez pour tant de beauté. Je ferme les yeux tout contre toi et je vois défiler des couleurs, de la chaleur, de l’énergie ou des trucs comme ça. Notre engagement, c’est comme une guirlande de ressources. Tout contre toi, ça sent la vie.

Ça sent notre vie, notre engagement, nos convictions, notre extravagance et notre puissance. Tout contre toi, c’est l’infini qui se blottit. Puis s’étend. Qui palpite. Ça vibre comme un big bang. Tout contre toi, toutes les lignées des ancêtres qui nous protègent attisent notre révolte. Scellent des vœux de protection. Tu es plus que de multiples soleils. Les étoiles te garnissent les pores, t’agrandissent le corps. La volupté est vulnérable.

Tout contre ma chère et tendre, mon inénarrable. Ma très fabuleuse. Notre relation est œuvre de création. Continuelle. Nos cons à nu, nos ailes. Notre relation donne vie à des autres lieux. Chez nous. Autour. Partout. Elle défie les attentes. Elle tente des ponts. Elle enlace la seule souveraine preuve: l’amour est à écrire. L’amour est à foutre à la poubelle. L’amour est ce que le patriarcat en a fait. L’amour est ancré dans le capitalisme. L’amour s’achète, l’amour leur achète une place dans le système. Re-boot.

On reprend depuis le début. Notre relation met à mal l’hétéropatriarcat. Sa reproduction en sera le coup de grâce. On se reproduit. Gouines, trans et queers qui recrutent. On écrit nos histoires sur les cendres de leurs normes. A l’encre de. On tatoue nos histoires sur nos corps triomphants. Couverts de bleus et triomphants.

Dénoncer et dégommer l’hétéronorme. Peut-être qu’yels ne le choisissent pas, mais le constat demeure : être cishétéro, c’est être complice. J’ai de l’espoir pour ce monde en raison des gouines/trans/queers qui résistent. Qui écrivent. Qui protestent. Dénoncent et énoncent les sentences : à la poubelle ce qui a été fait de l’amour. Des étincelles pour une autre façon de le faire: la sorcellerie.
On n’en a pas assez fait. Yels n’ont pas fini de nous entendre. Bourdonnant-e-s et rebelles.

Solstice d’hiver

J’ai tiré quelques cartes à partager pour le solstice d’hiver.
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Six de coupes. Le moment est venu de remonter en arrière, de chercher à comprendre où on s’est éparpillé.e.s et où l’énergie a été dispersée. Plus loin encore, quand a-t-on cessé d’être en contact avec ce qui nous épanouissait? Avec ce qui était bon pour nous… Pourquoi a-t-on oublié comment y revenir? Comment renouer avec ce qui nous fait du bien et qui nous épanouit?

Demande-toi… Quand tu étais enfant ou ado, quelles étaient tes passions? Sur quelles convictions refusais-tu de transiger? Qu’est-ce qui te rendait purement et absolument heureuse.x? Tu sais… sincèrement… d’une façon non polluée par les attentes de tes proches ou par les aspirations sociales qu’on te vendait. Renoue avec cette force teintée d’insouciance. Prends appui sur elle.

Et puis, collectivement, retrouvons l’énergie que l’on croit brisée par les épreuves. Qu’est-ce qui a rompu? Est-on aussi déconnecté.e.s des luttes passées et de la force contestataire qu’on le croit? Ou bien cette énergie de ne pas accepter les injustices est-elle intacte et prête à être partagée dans un élan transformateur? L’anarchiste Emma Goldman disait « si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part à cette révolution ».

Le 4 de bâtons nous rappelle aussi de profiter de la puissance de notre union. Ainsi que de la joie qu’on éprouve à se rassembler. Le soulagement également. Alors qu’on se sent isolé.e et impuissant.e, le soulagement de se rassembler. Se (re)trouver. Faire communauté malgré nos divergences. Découvrir un moteur dans nos engagements communs. Et aussi et surtout, le combat ne sera pas tout. Sachons nous réjouir de ce qui nous fait du bien, simplement. Célébrer ce qui fonctionne. Ce qui se transforme déjà peu à peu. Prendre le temps de le voir. Et danser. Tourbillonner.

Au-delà de ça, la mère de coupes nous lance un appel à prendre soin de nous-mêmes et les un.e.s des autres. Yel nous suggère d’écouter et de respecter les limites de nos implications. Yel nous invite à mettre au cœur de nos luttes et de nos fêtes un souci réel pour chacun.e et de l’estime pour soi-même.

Cajoler son corps, comprendre pourquoi il lâche parfois, pourquoi il arrive qu’on ne parvienne pas à l’aimer. Se faire des infusions avec des plantes récoltées l’été. Des bains au romarin. Prendre le temps d’écouter les blessures qui nous viennent de loin. Elles nous en apprennent sur le monde qu’on veut quitter et sur celui qu’on veut construire. Donner une existence aux traumatismes réduits au silence pour, d’une part, apaiser leurs impacts, et de l’autre, sortir de l’ombre les violences (hétérocispatriarcales, racistes, coloniales, capitalistes,…). Faire prendre conscience de leur caractère systématique et oppressif. Puis s’activer.

La mère de coupe est une invitation à soigner, non pas pour reléguer aux oubliettes, mais pour donner sens, ou du moins résonance. Et quand on ne peut soigner ni guérir : écouter, accueillir, adapter l’environnement ou le fonctionnement, faire une place, bousculer l’organisation, interroger les normes.
Elle nous invite à l’indulgence vis-à-vis de nous-mêmes et à la confiance en nos potentiels.

Un bon solstice d’hiver! Revigorant et fortifiant!

Autour du 8 de bâtons

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Thea’s Tarot

Où il est question de saisir les opportunités. De te lancer. De trouver une ou ta voie. Une voie qui te mène au plus proche de la place que tu aimerais avoir dans le monde. Forte de tes passions. T’appuyant sur la joie que procure la vie avec ton amoureuse. Autant d’éléments qui participent à ce que tu sois en accord avec une forme sincère de toi. Qui est d’une façon authentique, moins influencée par les coups de la vie qui t’ont poussée à te barricader, à porter des masques (souvent très confortables par ailleurs). Dans cette aventure, n’oublie pas l’innocence, la spontanéité, l’élan qui t’accompagnent quand tu fais quelques chose que tu sais intimement, sans même la réfléchir.

Enfant de pentacles et enfant de coupes

C’est l’heure de mettre tes pantoufles de paillettes. Et, sur la pointe des pieds, après avoir esquissé un pas de danse et esquivé le coin d’une table, tu pars dans la nuit.

Tu vas parler aux hiboux. Tu vas réveiller les grenouilles. Et t’asseoir aux côtés des renards.

Tu es la gamine sauvage. Qui refuse d’être disciplinée. Celle qui file à la tombée de la nuit, discrète et rapide comme une chauve-souris. Pour se faufiler dans l’entrebâillure des portes pourtant bien closes. Et accéder à d’autres mondes.

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The Wild Unknown Tarot:
fille de pentacles + fille de coupes

Tu blâmes ceulles qui portent des œillères. Tu te moques d’eulles. De leurs vues limitées.

Mais tu es une fée. Yels n’ont pas la moindre idée de ce que tu peux réserver au monde. Tu sais que tu ne t’endormiras pas sur les lauriers de la satisfaction d’une vie rangée. Tu sais que tu prouveras que rien ne prédestine à leur ennui.

Pour l’heure, tu danses avec les elfes. Sorcière des heures inconnues, non inscrites dans leurs calendriers. Tu cultives le jardin de la créativité. Tu te promets de passer ta vie à le soigner. Ton âme d’enfant, tu dis. Celle que tu n’enterreras jamais. Un jour, elle t’ouvrira les portes de ce qu’yels ne peuvent concevoir. Toi-même tu ne sais pas très bien quoi. Tu ne veux pas tellement savoir. Tu sais que tu te réserves une vie différente.

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Mystical Cats Tarot:
Chaton de terre + chaton de mer

Le monde te révolte. Lire la suite

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