Suspension et 8 de pentacles. Perspective et connaissances

Perspective. Comment gagner en perspective quand tout va vite, quand tout doit aller vite? Ça se précipite. Comment prendre le recul? Quand l’urgence est bel et bien présente, comment agir tout en prenant le temps d’analyser?

C’est le 8 de pentacles, le travail accumulé, tissé, partagé sur la toile, construit collectivement, organisé minutieusement qui te tient par-dessus l’urgence et, simultanément, dans l’urgence.
Déjà décortiqué. La toile est solide. Fiable. Pas besoin de s’appuyer sur les savoirs imposés, les savoirs construits à tes dépends.

Las-se de la voltige forcée… Tu te tournes vers les connaissances. Celles des autres, les tiennes, celles auxquelles tu tiens, celles qui te tiennent dans le présent. Le 8 de pentacles, l’expertise acquise par l’expérience, l’application, la volonté.

Le vide de la Suspension sans vertige… Perspectives solides et nombreuses.
Suspension, transition. Construction, création.

Ode au soleil en gémeaux

Bienvenue dans notre monde extravagant, illimité et un brin (ou des tonnes quoi) farfelu ! J’espère que tu vas apprécier ce petit trajet ! Turbulences au programme. Ornières droit devant. Détours garantis. Où qu’on arrive, t’auras appris des tas de trucs. Les destinations, c’est boring. ♊

Tes peurs sont bienvenues aussi. T’as des ailes sur les chaussures d’façon ! Tu piques un sprint cosmique entre les effrayants souterrains et les cieux résilients. Tu fonces. Tu ne restes pas. Tu reviens. A toute !
Pas besoin de t’attarder, tes mots guérissent. Tes mots connectent. Tu relies les points. Ça raconte une histoire. C’est peut-être ça, le voyage. C’est peut-être ça le mirage. Le sort. Le conte. L’hypnose suspendue.

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Comment apprendre le tarot: entretenir ta relation avec les jeux

Les relations s’entretiennent. Mais ils arrivent aussi qu’elles se délitent. Elles peuvent ressembler à des montagnes russes. On reste des étudiant-e-s quand on pratique le tarot. Et on se prend des vacances quand ça nous chante !

wp-15888562770425021674590505075745.jpgSi tu te sens déconnecté-e du tarot ou d’un de tes jeux en particulier, pourquoi ne pas lui filer un rencard ? Crée une atmosphère de rêve et écoute-le, sélectionne un étalement d’interviews de jeux si besoin ou crée-le sur-mesure. Ça peut donner quelque chose comme ça, type thérapie de couple (hashtag ironie) : 1/ l’état de notre relation, 2/ pourquoi on s’est éloigné-e-s, 3/ comment raviver la flamme ?, 4/ est-ce qu’on a encore un avenir ensemble. Si, à la réflexion (ou l’analyse du tirage), tu réponds par la négative à cette dernière question, c’est une chouette occaz d’échanger, de donner ou de revendre ton jeu. Peut-être que tu mettras quelques mois avant de craquer sur le tarot d’un-e artiste queer fabuleux-se ou avant de tomber sur un jeu super rare ou qui te tape dans l’oeil au marché aux puces ou à la bouquinerie (c’est du vécu !). Lire la suite « Comment apprendre le tarot: entretenir ta relation avec les jeux »

4 de bâtons. Réseau de soutien

Avec le temps et les tirages, ma relation au 4 de bâtons s’affine. Elle se personnalise. Comme beaucoup de cartomancien-ne-s queers l’ont déjà souligné, c’est une carte de soutien communautaire. Elle évoque un réseau de « care », de soin et d’entraide qu’on a envie de célébrer. Même au milieu d’épreuves. Et peut-être surtout dans ces moments-là. La joie qu’on a éprouvé à être ensemble ou à accomplir des choses ensemble demeure, même en temps de galères, ou même quand qu’on cesse de trouver sa place dans ce réseau. Lire la suite « 4 de bâtons. Réseau de soutien »

Le 5 de coupes avec le White Fox Oracle

On se fait du souci alors qu’on voudrait s’en foutre.

On s’en tape mais on nous en culpabilise.
On se s’en honteuxse.

Les blessures qu’on croyait guéries s’ouvrent.
Les larmes coulent.

Y a pas de remède simple à cette douleur. Le 5 de coupes nous rappelle *simplement* qu’on peut pleurer, on peut se sentir mal, on peut ressentir la perte ou l’échec ou l’impuissance, on peut être endeuillé.e.s, on peut être très loin d’en avoir rien à foutre. C’est OK.
Avec la complexité de nos sentiments et de nos traumas, c’est OK.

Le white fox oracle nous invite à nous trouver un espace pour donner libre court aux sanglots. Un espace de soulagement. A travers la méditation, les prières, les gémissements.

Review White Fox Oracle

There’s a video in French and written review in English below. La vidéo est en français tandis que l’article ci-dessous est en anglais. Je réponds aux mêmes questions (mais pas forcément de la même manière).

The White Fox Oracle is an indie oracle deck created by Sabine Cazassus aka Zedoras.

  1. 3 things I love the most about it.

Even though I’ve only been using it for a few days, I can answer with no hesitation:

  • Its generosity! At once, it’s obvious Sabine put a lot of work and love into it. She wants us to receive this deck as a companion. And it shows! It’s simultaneously straight-forward and sweet. In the texture as well: the mate cards’ softness feel like a comfy duvet. The vibe of radical softness and generosity reverberates in the colours. It’s not just a cute deck: the palette of greens, blues, teal alongside warmer tones ranging from yellow to a warm pink wrap the deck in an elemental atmosphere. wp-15818558875162278653883527349225.jpgThe presence of the elements is further confirmed with 4 animal cards who appear to work as guardians of the 4 elements. Besides, it’s worth noticing 3 « realm » cards, representing the animal, vegetal, and mineral realms. The White Fox Oracle is inhabited by some strong spirits – or helpers who might guide you to the spirit-world. For those who want to use it this way, it favorises interactions with « the Invisible ». Very witchy indeed! 😊
  • From there on, you can perhaps guess 2 of its other qualities.

wp-15818559139086569567849252269696.jpgIt’s comprehensive. Its 50 cards cover a wide range of topics from trivial (although it’s not a mere a daily-life-oriented oracle deck) to sacred. Including relationships (social medias, friends, environment, deities, with yourself and so on), creativity and knowledge, weather and seasons (metaphorically or matter-of-factly), all kinds of travels, mental and emotional circumstances, and much more. A generalist deck, to sum it up. It’s rare enough in an oracle deck to highlight it.

It’s interactive. It’s meant to be, and it really works that way. In the LWB, the statement is clear: we don’t get so much information, we’re supposed to get to know the deck.wp-15818560540177341752250558678776.jpg I know it can be overwhelming! However, we’re not left to ourselves because the whole conception enables us to get to know (hear, feel, see…) the White Fox Oracle. It’s friendly, not impressive. There are a couple of keywords for each card you can refer to if you feel stuck. And, well-hidden, link to an internet page provides more information about the author’s intentions for each of the 50 cards. The deck is gifted to us as a companion.

I’ve come up with a little theory. The White Fox Oracle comes with indications and clues but it will gain presence and strength in interaction with us, making it special. The WFO is therefore a deck it’s easy to personify. It seems to have a life of its own, just for us. I wouldn’t say I usually enjoy attributing a personality to a deck. With this one, it’s an organic process for me . Interactivity also mean I don’t only project unto it. It replies back somehow.

  1. 3 things I’m not sure about.

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C’est quoi être une sorcière?

Ma réponse à « C’est quoi pour vous être sorcière ? », une des questions posées le 16 novembre lors de la rencontre « sorcières et militance » organisée par charliequeen.org à Le Vecteur.

Sorcière, c’est un mot puissant (au moins autant qu’il est frustrant et fuyant) parce qu’il est polysémique. En raison de ses multiples sens, qui se confirment aussi historiquement, il est impossible de donner une définition définitive et générale de la sorcière. Cette fluidité qui fait que le mot nous échappe parfois est aussi ce qui en fait l’intérêt.

Pour élaborer une définition toute personnelle, informée autant par ma spiritualité que par mon parcours féministe…

Si je dois choisir des termes précis pour définir mes convictions et ma pratique, je dirais que je suis païenne, sensible aux mondes invisibles, intéressée par les pratiques liminales, avec un penchant pour le polythéisme. Si je réalise des charmes et des rituels, ce n’est régulièrement.
Je tire les cartes d’une façon intuitive et divinatoire. Je ne lis pas particulièrement l’avenir, mais j’utilise ce support pour accéder, avec le consentement de quelqu’un, à des informations auxquelles je n’accéderais pas dans mon état « normal ». Pour ça, j’active « les clairs » et je travaille avec ce que j’appelle « les guides ». Je me suis formée et j’ai beaucoup pratiqué pour ça. Mais je n’ai pas été initiée à la sorcellerie ou à la cartomancie au sens traditionnel du terme qui semble encore à ce jour impératif pour certain-e-s. Je n’ai pas la discipline de certaines sorcières. Je fais mon petit bonhomme de chemin assez éclectique dans tout ça.
Je dois dire que le terme sorcière, d’un point de vue spirituel, ne m’est pas utile en soi par rapport à d’autres comme païenne.

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En fait, à la réflexion, sorcière, pour moi, c’est ce qui fait le lien entre tous ces éléments d’une part et de l’autre le féminisme ou la militance plus largement. Comme un chaînon manquant.

Tout d’abord, ça crée un lien entre ma pratique et d’autres pratiques:

– je travaille avec Hécate, la reine des sorcières, parmi ses nombreux titres.

– Je m’intéresse à l’héritage de la chasse aux sorcières, même si ce féminicide visait avant tout des femmes et des personnes au genre déviant de la norme, et pas des sorcières.

-Sorcière historique parce qu’en travaillant avec l’invisible, j’accède à des contenus, des informations qui me viennent de l’époque. Et sans doute parce que je suis historienne de formation et j’aime fouiller les histoires.

– Sorcière historique parce que les luttes féministes se sont emparées de « la sorcière » comme une figure de proue depuis les années 60. Le terme sorcière, c’est un héritage féministe vaste. C’est une volonté de continuité critique. C’est de la réflexivité dans les luttes. C’est comprendre d’où on vient. C’est partager des savoirs et des soins en résistance à l’hétérocispatriarcat, au capitalisme, au racisme et au colonialisme, etc.

– Finalement  je me retrouve avec un héritage un peu éparpillé, pas forcément cohérent et parfois épuisant. Il y a des liens, certes, mais ils sont un peu discontinus. Il y a du queer, des pointillés. Lire la suite « C’est quoi être une sorcière? »