L’Enfant d’épées, sa coupe et sa communauté

Là-bas ! Dans ce livre ! Cette formation ! Là, là, là, dans ce voyage qui t’apprendra tout! Il y a un côté théâtral dans la curiosité de lae Valet d’épées. Yel se sent d’attaque pour l’impossible. Yel veut découvrir comment stopper le réchauffement climatique. Yel veut aborder les sujets tabous de la santé mentale sous un angle neuf. Yel veut saboter la psychiatrie et les élites intellos. Yel va saborder les prisons. Yel sera la prochaine Virginia Woolf.

C’est vrai, yel n’a pas encore vraiment commencer le processus d’apprentissage pour ça. Mais le cœur y est ! Si ça compte pas ça ?!?

Dans son empressement, yel manque d’ancrage. L’ancrage, ça veut rien dire quand on aspire à la sagesse révolutionnaire, tout.e flambant.e de passion et de rage. L’ancrage, c’est de ne pas laisser s’envoler toutes ces grandes idées. C’est de ne pas s’éparpiller au point de s’étioler, appelé.e de partout, ne pouvant se poser nulle part. L’ancrage, c’est penser à la communauté qu’yel veut joindre avec ça. C’est développer le même enthousiasme pour trouver une place en son sein. L’ancrage, c’est mettre en application, les grandes théories encore à peine effleurées. C’est vivre l’articulation des belles idées et de la fabrication, la transformation, la création, le rassemblement. C’est mettre en place les conditions de leur concrétisation.

L’ancrage, pour Lae Valet d’épées, c’est faire du lien. Du lien matériel. Du lien humain. Du lien entre les espèces. Du lien entre les mondes. Des ponts.
Ou bien c’est la rencontre des approches queer et matérialistes. Ou bien c’est décréter que la meilleure formation n’est pas dans les bouquins, mais l’épreuve du terrain.

L’arrogance de la Valet doit se lover dans la communauté et s’y atténuer. Ses théories farfelues doivent atterrir dans le concret. Elles doivent prendre forme dans du changement, peut-être moins révolutionnaire que ses aspirations initiales, mais qui intervient dans le présent et bouscule pour de vrai.

En l’observant s’emballer, se mettre en mouvement, viser la lune parce que ça lui fait pas peur, on sait que ça sert à rien de lui rappeler tout ça tout de suite. Progressivement, yel canalisera son entrain. Yel appliquera sa ferveur et sa verve dans les liens. Yel les grandira dans la construction. Ou pas… mais c’est pas à nous de le snober pour ça, si ?

 

La Prêtresse, lae Guardien.ne de mer, le 10 de ciel

C’est la saison ! L’automne ! Samhain/Halloween! La saison dont on aime dire qu’elle nous rend plus sensibles à l’invisible. Plus à même de mettre sur pause le brouhaha d’un quotidien trépidant pour se brancher sur une autre fréquence. Davantage capable d’observer et d’interagir avec les autres mondes partout autour et en nous.
Malgré l’envie de nous y plonger et de batifoler dans le mysticisme, cet état peut aussi nous mettre en contact avec des contenus difficiles, jusque là sous contrôle. Cela peut se traduire par des cauchemars, des crises d’angoisse, des vieilles peurs qu’on croyait disparues plutôt que par un afflux d’informations limpides et rassurantes.
La Prêtresse nous soutient dans tout ça. Yel a l’expérience de cette complexité, enracinée dans des siècles de transmission. Yel peut gérer les facettes de cette saison aussi glaciale que nourrie par le feu qui crépite. Yel guide dans les eaux troubles.
Encore quelques ajustements pour trouver un équilibre dans les prochains jours et le calme qu’elle nous inspire prendra peut-être le dessus.

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Lae Cavalièr-e d’épées. In/justice

Défendre tes principes, c’est ton truc. Qu’est-ce que deviendra le monde si on sombre tou.te.s dans l’apathie, hein ?
Sauf qu’à être dans le déni de tes contradictions, tu fonces à tout-va. Tu rues dans les brancards.
Tu mélanges ce qui te débecte au niveau sociétal et des situations individuelles, indissociables mais non réductibles. Puisque le système commence ici, tu utilises tes mots qui claquent pour démolir les personnes qui ont fait de la merde. Quand tu ne peux pas t’en prendre directement à ceulles qui sont dans ton viseur, tu propages des rumeurs. Tes méthodes peu reluisantes s’enlisent. Tu perds le contrôle. Tu peux pas faire marche-arrière. Tu dégaines des complots plus improbables pour entretenir l’attention de ton public. Lire la suite « Lae Cavalièr-e d’épées. In/justice »

Reine d’épées

On poursuit avec les figures avec aujourd’hui : La.le reine d’épées.
Il tourne en rond, le serpent. Il ressasse ses pensées. Il amasse des souhaits. Il refait la liste de ce qui n’a pas fonctionné. Il reprend depuis le début celle de ce qu’il faut mettre en place. Il en a gros sur la patate. Tout en rampant sur les pierres lisses, il réfléchit à communiquer ce qui lui pèse. En évitant les pierres aiguisées, il reformule, il arrondit les angles. Il en trouve un autre et appréhende toute sa pensée depuis cette nouvelle approche. Mais bon, il tourne quand même beaucoup en rond quoi !

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Divination avec piqûre de taon sur vergetures. Le 9 et le 10 d’épées

Il y aura des vagues. L’anxiété va et vient. Elle se tasse. Elle est brûlante comme 10 piqûres en plein ventre. Elle est en creux. Elle culmine.🦟

Tu te souviens de ta première crise d’angoisse ? Je me souviens, j’avais 11 ans. On m’a emmenée à l’hôpital tellement j’étais mal. Et toi ?
C’était un peu la honte finalement. Une enfant qu’on croit mourante mais qui fait une crise d’angoisse alors qu’elle a tout pour être heureuse. img_20190804_105209_7228295923496671744132.jpgToi, on t’a dit ça combien de fois ? « tu as tout pour être heureux.se ». Combien ont spéculé sur la source de tes problèmes pour que tes angoisses et ton mal-être fassent sens pour eulles ? Leurs hypothèses révélaient-elles leurs propres secrets?

Stries translucides sur peau déchirée. Il y a toutes les fois où ce n’était plus supportable. Il y a les décomptes des gens. Et puis les nôtres: c’est pas parce qu’on ne finit pas à l’hôpital qu’on n’était pas à une seconde de se jeter.

J’ai longtemps cru que personne ne pourrait jamais comprendre. Pas toi ? Lire la suite « Divination avec piqûre de taon sur vergetures. Le 9 et le 10 d’épées »

L’Etudiant.e de Couteaux et la Tempête

De tous ces lieux unanimement considérés comme flippants, il y a le tien, celui où tu te sens bien. img_20190817_102506_9512342565034163342349.jpgCelui où les tumultes sont des zones à explorer plutôt que des endroits bannis, à distance desquels il convient de se tenir. Tu vois bien ce qu’on lui trouve de chelou. Mais c’est ton genre de chelou. Tu n’as pas peur.

Tu y rôdes la nuit en rêve, pour parler aux briques, interroger les chauve-souris ou observer les vies qui s’animent à travers les fenêtres. Tu plonges sous la surface de la rivière pendant des heures pour fouiller la vase et mettre au jour ses trésors. La morte que tant d’hommes ont peint, érotisée, prisonnière de leur regard, flottant dans les fossés, c’est peut-être bien toi. Et tu n’as rien à voir avec leurs visions! Tes doigts se glissent dans les tréfonds. Tu puises de quoi revenir plus intrépide, encore moins domptable. Qui tu es doit demeurer insaisissable pour le sens commun. Lire la suite « L’Etudiant.e de Couteaux et la Tempête »

10 d’épées. Aller mal

J’ai survécu grâce au mode pilote automatique pendant des années. Jusqu’à ce que la machine se plante. Je ne me souviens plus comment on survit. On ne m’a jamais appris. J’ai enchaîné des plans pour donner le change. J’ai sorti toutes mes astuces.

Elles sont venues se planter dans mon dos. Dans ma fuite, j’ai reçu des coups et des coups et des coups. Je ne sais plus si c’était les miens ou les leurs. Je saigne.

Je crois que je saigne, mais, en réalité, je suis devenue une cyborg. Le sang ne s’écoule plus de mes blessures. C’est tout mon corps qui s’est déglingué. A trop donné le change, on oublie qui on est, comment avancer, comment faire face, comment entretenir.

On a beau savoir que certaines choses doivent disparaître de leur belle mort pour faire place au renouveau. On a beau savoir qu’il faut pouvoir aller mal afin de se relever de plus belle, plus informée. Lire la suite « 10 d’épées. Aller mal »

3 d’épées. Il est temps de déballer

Il y a des blessures auxquelles tu ne prêtes plus attention. Des blessures qui sont là depuis si longtemps que tu ne t’en occupes plus. Elles ont malgré tout plus d’impact que cette évaluation sommaire de leur état. Elles requièrent ton attention et tes soins afin d’éviter les infections et leur propagation.
🗡️🗡️🗡️
Je trouve ça terrible. J’ai passé tellement d’années à aller VRAIMENT mal. J’ai peur de m’occuper des blessures que je connais désormais. J’ai peur de passer trop de temps avec elles. J’ai peur de les confier à des psys ou d’autres personnes extérieures. J’ai peur qu’on me confronte à mes limites, à mes excuses, au chemin à parcourir, aux schémas qui sont encore en place. Lire la suite « 3 d’épées. Il est temps de déballer »

Architecte de couteaux et Tempête. Quand le corps s’entête à résister

Mes espèces d’allergies toujours pas vraiment diagnostiquées depuis 4 ans sont de retour. Elles sonnent le glas de mon été. J’ai beau savoir ce qui m’attend tous les ans, je me le prends dans la tronche, de plein fouet. Mes quintes de toux me réveillent. Les expectorations m’épuisent. Mes envies s’amenuisent à vue d’œil. Le mois de juin se moque de moi. En général, cet état s’installe jusqu’en octobre.

Je dois prendre rendez-vous avec le médecin-conseil. A quelle sauce me mangera-t-on à l’approche de l’invalidité (la fin d’une année d’incapacité de travail)? J’ai l’impression de contribuer, à mon rythme et avec les limites de mes capacités, au monde. Mais certainement pas dans les mois à venir. Tornade. Ce qu’ils veulent entendre, c’est qu’on n’arrête pas de vivre à cause d’une maladie chronique. Dans mon cas, le syndrome d’Ehlers-Danlos m’a fait réévaluer et réorganiser avant tout. Mais ça veut dire que plus que jamais les rouages du capitalisme et de l’handiphobie apparaissent. Plus que jamais, alors que la maladie s’installe, mon corps résiste à la performance qu’on attend de lui. En fait, c’est dur de ne pas être rentable dans un monde où c’est un curseur si important de la valeur de quelqu’un.e. Dans un pays avec un système de santé plus ultralibéral et handiphobe que jamais. Lire la suite « Architecte de couteaux et Tempête. Quand le corps s’entête à résister »

Pour les valides, de la part d’une SEDiste (7 de couteaux et Le Précipice)

Aux valides (depuis le point de vue spécifique de mon syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile).

Qu’est-ce qui donne corps à ta définition de la réussite ? Comment fais-tu pour évaluer la faisabilité ? Sur quoi peux-tu te reposer ? Que deviendrait ta réussite si une journée de 2 heures de travail était une bonne moyenne pour toi ? Que deviendrait-elle si tes frais de santé engouffraient 5, 10, 50% de ton budget mensuel ? Comment organiserais-tu ton succès si un trajet en transports en commun te cassait pour une, deux, cinq heures par jour ?

Comment développerais-tu ton réseau et tes amitiés ? Comment bénéficierais-tu du soutien si précieux pour accomplir tes rêves ? Comment te rendrais-tu à un endroit où les chaises te déchires la peau, où la fumée t’agresse les poumons pour les 15 jours à venir, où la lumière te donne mal à la tête et le bruit t’empêche de te concentrer ? A quel point ta vision de la réussite dépend-elle de l’accessibilité que les autres (n’) assurent (pas) pour toi ? Quels points perds-tu par rapport à l’accessibilité ? Comment juges-tu les personnes qui ne travaillent pas comme toi ? Quelle valeur accordes-tu à la productivité? Lire la suite « Pour les valides, de la part d’une SEDiste (7 de couteaux et Le Précipice) »