Divination avec piqûre de taon sur vergetures. Le 9 et le 10 d’épées

Il y aura des vagues. L’anxiété va et vient. Elle se tasse. Elle est brûlante comme 10 piqûres en plein ventre. Elle est en creux. Elle culmine.🦟

Tu te souviens de ta première crise d’angoisse ? Je me souviens, j’avais 11 ans. On m’a emmenée à l’hôpital tellement j’étais mal. Et toi ?
C’était un peu la honte finalement. Une enfant qu’on croit mourante mais qui fait une crise d’angoisse alors qu’elle a tout pour être heureuse. img_20190804_105209_7228295923496671744132.jpgToi, on t’a dit ça combien de fois ? « tu as tout pour être heureux.se ». Combien ont spéculé sur la source de tes problèmes pour que tes angoisses et ton mal-être fassent sens pour eulles ? Leurs hypothèses révélaient-elles leurs propres secrets?

Stries translucides sur peau déchirée. Il y a toutes les fois où ce n’était plus supportable. Il y a les décomptes des gens. Et puis les nôtres: c’est pas parce qu’on ne finit pas à l’hôpital qu’on n’était pas à une seconde de se jeter.

J’ai longtemps cru que personne ne pourrait jamais comprendre. Pas toi ? Lire la suite « Divination avec piqûre de taon sur vergetures. Le 9 et le 10 d’épées »

L’Etudiant.e de Couteaux et la Tempête

De tous ces lieux unanimement considérés comme flippants, il y a le tien, celui où tu te sens bien. img_20190817_102506_9512342565034163342349.jpgCelui où les tumultes sont des zones à explorer plutôt que des endroits bannis, à distance desquels il convient de se tenir. Tu vois bien ce qu’on lui trouve de chelou. Mais c’est ton genre de chelou. Tu n’as pas peur.

Tu y rôdes la nuit en rêve, pour parler aux briques, interroger les chauve-souris ou observer les vies qui s’animent à travers les fenêtres. Tu plonges sous la surface de la rivière pendant des heures pour fouiller la vase et mettre au jour ses trésors. La morte que tant d’hommes ont peint, érotisée, prisonnière de leur regard, flottant dans les fossés, c’est peut-être bien toi. Et tu n’as rien à voir avec leurs visions! Tes doigts se glissent dans les tréfonds. Tu puises de quoi revenir plus intrépide, encore moins domptable. Qui tu es doit demeurer insaisissable pour le sens commun. Lire la suite « L’Etudiant.e de Couteaux et la Tempête »

10 d’épées. Aller mal

J’ai survécu grâce au mode pilote automatique pendant des années. Jusqu’à ce que la machine se plante. Je ne me souviens plus comment on survit. On ne m’a jamais appris. J’ai enchaîné des plans pour donner le change. J’ai sorti toutes mes astuces.

Elles sont venues se planter dans mon dos. Dans ma fuite, j’ai reçu des coups et des coups et des coups. Je ne sais plus si c’était les miens ou les leurs. Je saigne.

Je crois que je saigne, mais, en réalité, je suis devenue une cyborg. Le sang ne s’écoule plus de mes blessures. C’est tout mon corps qui s’est déglingué. A trop donné le change, on oublie qui on est, comment avancer, comment faire face, comment entretenir.

On a beau savoir que certaines choses doivent disparaître de leur belle mort pour faire place au renouveau. On a beau savoir qu’il faut pouvoir aller mal afin de se relever de plus belle, plus informée. Lire la suite « 10 d’épées. Aller mal »

3 d’épées. Il est temps de déballer

Il y a des blessures auxquelles tu ne prêtes plus attention. Des blessures qui sont là depuis si longtemps que tu ne t’en occupes plus. Elles ont malgré tout plus d’impact que cette évaluation sommaire de leur état. Elles requièrent ton attention et tes soins afin d’éviter les infections et leur propagation.
🗡️🗡️🗡️
Je trouve ça terrible. J’ai passé tellement d’années à aller VRAIMENT mal. J’ai peur de m’occuper des blessures que je connais désormais. J’ai peur de passer trop de temps avec elles. J’ai peur de les confier à des psys ou d’autres personnes extérieures. J’ai peur qu’on me confronte à mes limites, à mes excuses, au chemin à parcourir, aux schémas qui sont encore en place. Lire la suite « 3 d’épées. Il est temps de déballer »

Architecte de couteaux et Tempête. Quand le corps s’entête à résister

Mes espèces d’allergies toujours pas vraiment diagnostiquées depuis 4 ans sont de retour. Elles sonnent le glas de mon été. J’ai beau savoir ce qui m’attend tous les ans, je me le prends dans la tronche, de plein fouet. Mes quintes de toux me réveillent. Les expectorations m’épuisent. Mes envies s’amenuisent à vue d’œil. Le mois de juin se moque de moi. En général, cet état s’installe jusqu’en octobre.

Je dois prendre rendez-vous avec le médecin-conseil. A quelle sauce me mangera-t-on à l’approche de l’invalidité (la fin d’une année d’incapacité de travail)? J’ai l’impression de contribuer, à mon rythme et avec les limites de mes capacités, au monde. Mais certainement pas dans les mois à venir. Tornade. Ce qu’ils veulent entendre, c’est qu’on n’arrête pas de vivre à cause d’une maladie chronique. Dans mon cas, le syndrome d’Ehlers-Danlos m’a fait réévaluer et réorganiser avant tout. Mais ça veut dire que plus que jamais les rouages du capitalisme et de l’handiphobie apparaissent. Plus que jamais, alors que la maladie s’installe, mon corps résiste à la performance qu’on attend de lui. En fait, c’est dur de ne pas être rentable dans un monde où c’est un curseur si important de la valeur de quelqu’un.e. Dans un pays avec un système de santé plus ultralibéral et handiphobe que jamais. Lire la suite « Architecte de couteaux et Tempête. Quand le corps s’entête à résister »

Pour les valides, de la part d’une SEDiste (7 de couteaux et Le Précipice)

Aux valides (depuis le point de vue spécifique de mon syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile).

Qu’est-ce qui donne corps à ta définition de la réussite ? Comment fais-tu pour évaluer la faisabilité ? Sur quoi peux-tu te reposer ? Que deviendrait ta réussite si une journée de 2 heures de travail était une bonne moyenne pour toi ? Que deviendrait-elle si tes frais de santé engouffraient 5, 10, 50% de ton budget mensuel ? Comment organiserais-tu ton succès si un trajet en transports en commun te cassait pour une, deux, cinq heures par jour ?

Comment développerais-tu ton réseau et tes amitiés ? Comment bénéficierais-tu du soutien si précieux pour accomplir tes rêves ? Comment te rendrais-tu à un endroit où les chaises te déchires la peau, où la fumée t’agresse les poumons pour les 15 jours à venir, où la lumière te donne mal à la tête et le bruit t’empêche de te concentrer ? A quel point ta vision de la réussite dépend-elle de l’accessibilité que les autres (n’) assurent (pas) pour toi ? Quels points perds-tu par rapport à l’accessibilité ? Comment juges-tu les personnes qui ne travaillent pas comme toi ? Quelle valeur accordes-tu à la productivité? Lire la suite « Pour les valides, de la part d’une SEDiste (7 de couteaux et Le Précipice) »

Architecte de couteaux. Roi d’épées et justice sociale

Tu fais partie d’un réseau. Tu fais partie d’une toile. Tu es une constellation. Ici et maintenant. Ailleurs et dans tes nombreuses vies. Avec tou-te-s tes ami-e-s. Avec tes guides.

A tout ça, tu dois d’utiliser tes mots avec justesse, pour la justice. Tu es là pour partager. Tu es là pour graver. Tu es ici pour maintenir des espaces (hold space). Tu es ici pour transmettre les flambeaux, comme Hécate et ses torches. Et bien plus, évidemment.

Quand tu utilises tes positions au sein des réseaux, des toiles et des constellations à bon escient, tu peux aider. Tu peux apporter de la transformation. Ne l’oublie pas. Il est de ta responsabilité de participer à plus de justice sociale.

Ton intégrité et ta sagesse sont des trésors inestimables. N’utilise pas tes talents pour nourrir ton arrogance (même si un peu de narcissisme ne peut pas faire de mal à l’Architecte de couteaux). Partage!

Le Fils d’épées. Travailler avec ses ombres

Arrête de te trouver des excuses pour ne pas prendre note de tes rêves au réveil. Inutile d’activer le WiFi en te persuadant que tu t’en souviendras encore plus tard, tu sais bien qu’ils s’effacent de ta mémoire.

Sois consistant.e. Tu as de l’armoise dans la chambre. Tu es prêt.e à explorer tes ombres. Dans ce cas, il s’agit aussi de manifester la discipline qui va de pair.

C’est logique d’avoir peur. Il y a rien de mal à t’enfuir dans tes cauchemars. Ni à les fuir…

Mais… Lire la suite « Le Fils d’épées. Travailler avec ses ombres »

Tirage collectif. Autour du 5 d’épées

💮Tirage collectif du jour💮
On t’implore de prendre parti. On te force à te positionner. La vérité, c’est que t’en touches pas une sur ces questions. Puis, de toute façon, t’as autre chose en tête. Un éventail de choix se présente à toi. Il n’a rien à voir avec les options qu’on cherche à t’imposer. Tu étouffes dans cette foison de querelles, de rumeurs et d’impasses. Tu sais qu’on te propose des miroirs aux alouettes, mais tu ignores comment leur tourner le dos. Tu étouffes. Ça t’épuise.
Tes propres choix s’amenuisent. En tout cas, tu as l’impression que tout ça restreint ton horizon.
🍃
Mais… Regarde! Lève les yeux. Porte le regard au-delà des tracasseries qui enflent. Là, la lune, tes rêves, ta voie, ton talent ! Écoute plutôt ce dessein. Il y a du mouvement. Des choses se mettent en place. Ne laisse ni les plans foireux ni les rageur.ses t’en détourner trop longtemps. Écoute cette voix. Branche-toi. Aide-la à couvrir celles qui te parasitent.

Silence, demi-mots, hurlements

TW. (je ne sais pas vraiment quoi)

Le Précipice. Encore une fois, déconnecter Facebook et ses triggers. M’éloigner des loyautés. Prendre des distances avec ce qui me ramène à ce que je voudrais ne pas ruminer. Ramasser les résidus de violence que les signaux activent. Les mettre de côté pour les empêcher d’enfler. Fuir les processus que je connais trop bien. Depuis trop longtemps. Baisser la tête pour éviter les volées de pierres tout en m’esquivant. Couvrir les stigmates. Courber le dos qui s’embrase. Lire la suite « Silence, demi-mots, hurlements »