6 d’épées. Transitions

Transitions. 
Les nombreuses transitions dont nous faisons l’expérience.
En miroir à la lune.
C’est le dernier croissant. C’est la lune sombre.
C’est
Une transition.

On embarque pour des traversées. 
Celles dont la transformation nous
Déchire de douleur
Celles dont on accepte la nécessité sans
Broncher. 
Les rites de passage
Ou la traversée des ponts 
par-dessus les 
rivières nous traversant

Ces voyages qu’on entreprend
Tournant le dos dans la légèreté 
Porté.e.s par nos cœurs 
Porté.e.s par nos ailes 
Traînant des traces de sel et de larmes 
Soulevant dans nos sillages 
La fumée des illusions 
Et des nuages lourds de pluie. 

Bientôt la vision rassurante 
L’arrivée familière du premier croissant 
Éclatant, après le coucher du soleil.
Le croissant sur le front
Un cadeau une marque un symbole du
Passage 


Aller de l’avant 
En portant des secrets
Des remèdes 
Des os
De la poussière

Les nombreuses transitions qui nous traversent
Les voyages de transformation pour lesquels nous embarquons 
Les ponts par-dessus nos nombreuses vies 
On souffre, on soigne, on se développe 

La lune sombre enveloppe la préciosité de
Nos entre-deux. 

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Les choix du Roi d’épées

Ta vérité émerge du cocon
Il est temps c’est le moment
La vérité de l’instant
Ne sera peut-être pas celle de demain

En trempant la pointe de ton histoire
Dans l’intégrité
Ta vérité ressort assertive
Mais ni destructrice ni définitive

En remuant le chaudron de l’intégrité
On crée un monde où
Nos fabuleuses imperfections peuvent
Apprendre, partager, écouter, amplifier,
Désapprendre, rejeter, aimer

C’est le moment !
Il est temps d’affirmer
Ce qui frémit
Ce qui était en gestation
Il est temps d’apparaître

A toi de décider pour
Toi-même désormais
Par pour les likes, pas pour les ventes
Pas pour plaire ni pour saisir l’air du temps
Pour toi

Ton temps, c’est le seuil d’une ère
Un autre temps
D’autres temporalités
Ta lame intérieure étincelle
Tu as suffisamment aiguisé tes choix
L’heure est venue de voler
De tes propres ailes

Tu t’appuies fermement sur les pierres
Que d’autres ont gravées
Tu es ferme sur tes fondations
Pas seul.e
Autonome
Interdépendant.e
Il est temps, c’est le moment
De t’envoler, cher.e papillon.

Ancêtres et 8 d’épées. Retracer nos Constellations Queer.

Tu ne viens plus visiter le tumulus.
Tu as oublié le sens des signes.
Les traces de mon passage ne t’évoquent rien.
Elles n’illuminent rien sur ton visage.
La toponymie a enfoui le tumulus.
La mémoire a désappris à regarder le paysage.

Je suis sous les tonnes de pierre de l’oubli.
Entre toi et moi, les murs de ceulles qui veulent nous détruire.
Entre toi et moi, on a défait toutes les histoires.
On a enterré tous les trésors.
On a banni nos savoirs.
Entre toi et moi
                            la distance.

Je suis seule. Tu es seule.
Dans ton désarroi, tu gratouilles la surface.

Engage ton corps.
Engage ton désir.
En gage de confiance, je t’ai laissé les clés.
Use de tes pouvoirs ignorés.
Allume les torches auprès du tumulus des ancêtres.
Lève les yeux au ciel.
Je brille pour toi.
Cherche en toi les connexions qui nous relient.
Entre tes neurones.
Quand tes organes de plaisir se gonflent.
Entre tes respirations.
Quand ta peau touche la sienne.
Constellations lesbiennes.

Les ancêtres
le tissu conjonctif faisant tenir
notre ciel,
nos corps,
nos créations

Ne me laisse pas,
ne nous laisse pas,
dans les méandres de l’oubli où on nous a reléguées.

Si tu nous sens vivre en toi,
même si nous n’avons plus de nom,
nous avons des sensations.

Ces sensations communes nous unissent.

Ce texte est extrait des tirages pour la Planète des Ancêtres dans le ciel de nos constellations queer:

Rageuse, la Cavalière d’épées

 Je vous présente la Cavalière d’épées, chevaleresse de tous les combats, et pas forcément les plus utiles. Grande gueule du tarot tendance rageur.se. Impétueux.se, tempêtueux.se des mots…. Parfois ça fait péter tous les verrous, c’est salvateur. Genre lea Cavalièr.e dégage les non-dits et mâche le travail de la Tour.
Parfois ça donne: tellement dans sa tête qu’yel agit comme un écervelé.e. Réagir au quart de tour et puis prendre ses jambes à son coup. Ses paroles, des bombes aux conséquences dignes de la Tour ? Osef, yel a déjà dégagé.

L’article dans son contexte. Pendant une semaine l’été passé, j’ai incarné des cartes de tarot dans le cadre d’un challenge vestimentaire thématique sur instagram:

7 d’épées. La ruse


Utilise la ruse pour déjouer les pièges qu’on te tend. Fais preuve d’hypocrisie pour éviter de rentrer dans leur jeu. Ton énergie, ton temps, tes idées sont bien trop importantes pour les laisser les détourner. Personne ne peut en profiter à tes dépens. Si ça veut dire te la jouer finaud pour te protéger, eh bien… Il faut ce qu’il faut!

4 d’épées, Cavalière de bâtons, Justice

Dans un entre-deux. Envie de s’arrêter. Le tourbillon continue. Impossible de faire un break. Aucune pause ne ressemble plus à une pause. Dans un instant en suspens. Regarder le monde qui défile. Sentiment d’irréalité. L’orage continue. Plus rien ne nous repose vraiment. Les pauses ressemblent à de la dissociation. Tandis que le brouhaha continue.

S’embraser. Retomber comme un soufflé. S’exciter. Les envies s’essoufflent. La motivation dégringole. Se motiver. La déception d’ores et déjà tapie dans un coin de nos esprits. Monter sur ses grands chevaux. Ils se dégonflent, ballons de baudruche, illusion en mode trop bon filtre.

On est dans de beaux draps. Y en a marre de laver son linge sale en communauté. Y en a marre de s’emporter, se déballer, démonter sur la place publique. On est dans de beaux draps.

Derrière la Justice, le drap fait écran. De fumée ? Pour occulter la lumière qui nous consume, les feux de la rampe qui nous crament les rétines.

Avec la Justice, tout est prétexte à projeter : nos rêves, nos vulnérabilités, nos échecs, nos histoires, nos générations, nos pierres d’achoppement. Nos espoirs. Elle les pose sur la balance. A terme, il faudra trancher. Là, tout de suite, on est soulagé-e-s que la justice soit dans les parages. 

Laisser sa chance au Roi d’épées

Ce.tte Roi d’épées en jette. Elle t’impressionne. Avec elle, ça foisonne de projets et d’idées. On passe de sa liste d’outils au service de la communauté à son carnet d’adresse de plusieurs milliers de lignes. Toi, tu te sens timide. Ou en tout cas dépassé.e. T’as des réserves. T’es pas forcément chaud.e pour des nouveaux projets, des amitiés ni toute cette profusion d’envies et de plans.

Tu peux pas juste rester terré.e dans ta tanière ? Au moins jusqu’à ce que covid se passe. T’en es au stade où tu présentes la solitude comme ton choix de vie. T’arrives sacrément bien à t’en convaincre en plus ! Au fond, est-ce que ce côté impressionnant n’est pas teinté d’excitation ?

C’est pas facile en plein re/dé/mi-confinement. Sauf que tu as face à toi LA personne qui ne manque jamais de ressources ! Pourquoi tu lui laisserais pas une chance ?

Reine d’épées. Une survivante

La Reine d’épées

Une épée dans la tête
Une chouette sur l’épaule
Une auréole

Et

Est-ce un diadème ou mille dagues
Plantées tout autour de sa tête ?

Tiare ou poignards ?

C’est une survivante
Rien ne peut l’abattre
S’il faut être spectre, qu’elle en soit ainsi
Le sceptre planté dans le crâne

Je suis apparue dans la brume
aux aurores
parée d’or
Flanquée d’hiboux et de dagues
Couronné de dagues
Rayonnante

Les secrets, je les emportais dans la nuit, drapés d’or, arrangés dans les linges ordinaires

Le temps ne m’aura pas rendu l’innocence

Mes larmes ont encore le goût du sang
Autant que de la mer

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