10 d’épées. Aller mal

J’ai survécu grâce au mode pilote automatique pendant des années. Jusqu’à ce que la machine se plante. Je ne me souviens plus comment on survit. On ne m’a jamais appris. J’ai enchaîné des plans pour donner le change. J’ai sorti toutes mes astuces.

Elles sont venues se planter dans mon dos. Dans ma fuite, j’ai reçu des coups et des coups et des coups. Je ne sais plus si c’était les miens ou les leurs. Je saigne.

Je crois que je saigne, mais, en réalité, je suis devenue une cyborg. Le sang ne s’écoule plus de mes blessures. C’est tout mon corps qui s’est déglingué. A trop donné le change, on oublie qui on est, comment avancer, comment faire face, comment entretenir.

On a beau savoir que certaines choses doivent disparaître de leur belle mort pour faire place au renouveau. On a beau savoir qu’il faut pouvoir aller mal afin de se relever de plus belle, plus informée. Lire la suite « 10 d’épées. Aller mal »

3 d’épées. Il est temps de déballer

Il y a des blessures auxquelles tu ne prêtes plus attention. Des blessures qui sont là depuis si longtemps que tu ne t’en occupes plus. Elles ont malgré tout plus d’impact que cette évaluation sommaire de leur état. Elles requièrent ton attention et tes soins afin d’éviter les infections et leur propagation.
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Je trouve ça terrible. J’ai passé tellement d’années à aller VRAIMENT mal. J’ai peur de m’occuper des blessures que je connais désormais. J’ai peur de passer trop de temps avec elles. J’ai peur de les confier à des psys ou d’autres personnes extérieures. J’ai peur qu’on me confronte à mes limites, à mes excuses, au chemin à parcourir, aux schémas qui sont encore en place. Lire la suite « 3 d’épées. Il est temps de déballer »

Architecte de couteaux et Tempête. Quand le corps s’entête à résister

Mes espèces d’allergies toujours pas vraiment diagnostiquées depuis 4 ans sont de retour. Elles sonnent le glas de mon été. J’ai beau savoir ce qui m’attend tous les ans, je me le prends dans la tronche, de plein fouet. Mes quintes de toux me réveillent. Les expectorations m’épuisent. Mes envies s’amenuisent à vue d’œil. Le mois de juin se moque de moi. En général, cet état s’installe jusqu’en octobre.

Je dois prendre rendez-vous avec le médecin-conseil. A quelle sauce me mangera-t-on à l’approche de l’invalidité (la fin d’une année d’incapacité de travail)? J’ai l’impression de contribuer, à mon rythme et avec les limites de mes capacités, au monde. Mais certainement pas dans les mois à venir. Tornade. Ce qu’ils veulent entendre, c’est qu’on n’arrête pas de vivre à cause d’une maladie chronique. Dans mon cas, le syndrome d’Ehlers-Danlos m’a fait réévaluer et réorganiser avant tout. Mais ça veut dire que plus que jamais les rouages du capitalisme et de l’handiphobie apparaissent. Plus que jamais, alors que la maladie s’installe, mon corps résiste à la performance qu’on attend de lui. En fait, c’est dur de ne pas être rentable dans un monde où c’est un curseur si important de la valeur de quelqu’un.e. Dans un pays avec un système de santé plus ultralibéral et handiphobe que jamais. Lire la suite « Architecte de couteaux et Tempête. Quand le corps s’entête à résister »

Pour les valides, de la part d’une SEDiste (7 de couteaux et Le Précipice)

Aux valides (depuis le point de vue spécifique de mon syndrome d’Ehlers-Danlos hypermobile).

Qu’est-ce qui donne corps à ta définition de la réussite ? Comment fais-tu pour évaluer la faisabilité ? Sur quoi peux-tu te reposer ? Que deviendrait ta réussite si une journée de 2 heures de travail était une bonne moyenne pour toi ? Que deviendrait-elle si tes frais de santé engouffraient 5, 10, 50% de ton budget mensuel ? Comment organiserais-tu ton succès si un trajet en transports en commun te cassait pour une, deux, cinq heures par jour ?

Comment développerais-tu ton réseau et tes amitiés ? Comment bénéficierais-tu du soutien si précieux pour accomplir tes rêves ? Comment te rendrais-tu à un endroit où les chaises te déchires la peau, où la fumée t’agresse les poumons pour les 15 jours à venir, où la lumière te donne mal à la tête et le bruit t’empêche de te concentrer ? A quel point ta vision de la réussite dépend-elle de l’accessibilité que les autres (n’) assurent (pas) pour toi ? Quels points perds-tu par rapport à l’accessibilité ? Comment juges-tu les personnes qui ne travaillent pas comme toi ? Quelle valeur accordes-tu à la productivité? Lire la suite « Pour les valides, de la part d’une SEDiste (7 de couteaux et Le Précipice) »

Architecte de couteaux. Roi d’épées et justice sociale

Tu fais partie d’un réseau. Tu fais partie d’une toile. Tu es une constellation. Ici et maintenant. Ailleurs et dans tes nombreuses vies. Avec tou-te-s tes ami-e-s. Avec tes guides.

A tout ça, tu dois d’utiliser tes mots avec justesse, pour la justice. Tu es là pour partager. Tu es là pour graver. Tu es ici pour maintenir des espaces (hold space). Tu es ici pour transmettre les flambeaux, comme Hécate et ses torches. Et bien plus, évidemment.

Quand tu utilises tes positions au sein des réseaux, des toiles et des constellations à bon escient, tu peux aider. Tu peux apporter de la transformation. Ne l’oublie pas. Il est de ta responsabilité de participer à plus de justice sociale.

Ton intégrité et ta sagesse sont des trésors inestimables. N’utilise pas tes talents pour nourrir ton arrogance (même si un peu de narcissisme ne peut pas faire de mal à l’Architecte de couteaux). Partage!

Le Fils d’épées. Travailler avec ses ombres

Arrête de te trouver des excuses pour ne pas prendre note de tes rêves au réveil. Inutile d’activer le WiFi en te persuadant que tu t’en souviendras encore plus tard, tu sais bien qu’ils s’effacent de ta mémoire.

Sois consistant.e. Tu as de l’armoise dans la chambre. Tu es prêt.e à explorer tes ombres. Dans ce cas, il s’agit aussi de manifester la discipline qui va de pair.

C’est logique d’avoir peur. Il y a rien de mal à t’enfuir dans tes cauchemars. Ni à les fuir…

Mais… Lire la suite « Le Fils d’épées. Travailler avec ses ombres »

Tirage collectif. Autour du 5 d’épées

💮Tirage collectif du jour💮
On t’implore de prendre parti. On te force à te positionner. La vérité, c’est que t’en touches pas une sur ces questions. Puis, de toute façon, t’as autre chose en tête. Un éventail de choix se présente à toi. Il n’a rien à voir avec les options qu’on cherche à t’imposer. Tu étouffes dans cette foison de querelles, de rumeurs et d’impasses. Tu sais qu’on te propose des miroirs aux alouettes, mais tu ignores comment leur tourner le dos. Tu étouffes. Ça t’épuise.
Tes propres choix s’amenuisent. En tout cas, tu as l’impression que tout ça restreint ton horizon.
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Mais… Regarde! Lève les yeux. Porte le regard au-delà des tracasseries qui enflent. Là, la lune, tes rêves, ta voie, ton talent ! Écoute plutôt ce dessein. Il y a du mouvement. Des choses se mettent en place. Ne laisse ni les plans foireux ni les rageur.ses t’en détourner trop longtemps. Écoute cette voix. Branche-toi. Aide-la à couvrir celles qui te parasitent.

Silence, demi-mots, hurlements

TW. (je ne sais pas vraiment quoi)

Le Précipice. Encore une fois, déconnecter Facebook et ses triggers. M’éloigner des loyautés. Prendre des distances avec ce qui me ramène à ce que je voudrais ne pas ruminer. Ramasser les résidus de violence que les signaux activent. Les mettre de côté pour les empêcher d’enfler. Fuir les processus que je connais trop bien. Depuis trop longtemps. Baisser la tête pour éviter les volées de pierres tout en m’esquivant. Couvrir les stigmates. Courber le dos qui s’embrase. Lire la suite « Silence, demi-mots, hurlements »

Tirage collectif. Le Soleil, Le Fils de coupes, La Fille d’épées.

Le soleil à l’envers croisé par le fils de coupes. Quelque chose te retient. C’est pas loin pourtant. Tu pourrais profiter pleinement de ce qui t’arrive.
La situation est complexe et imparfaite parce que la perfection n’existe pas. La perfection est l’obstacle que tu te fabriques avec beaucoup de conviction afin d’entretenir ton insatisfaction. Ton perfectionnisme n’est rien d’autre qu’une barrière mentale (et bien réelle et pas là pour rien, on est d’accord). Ton intransigeance t’isole de conspirateur-rices précieux. Tes idéaux entravent ta capacité à infuser chacune de tes actions de changements et de vérité.

Le Fils de coupes en remet une couche. Tu te focalises sur ta vision pure que tu refuses de confronter à la réalité. Tu as l’impression que toute forme de pragmatisme équivaut à se compromettre, vendre son âme au capitalisme, baisser les bras, s’abaisser à moins que ce que tu vaux ou des trucs comme ça. Tu chéris tes fantasmes. Tu regardes leurs reflets à la surface du liquide dans ta coupe. Tu ne réfléchis plus que toi. Tel-le Narcisse, tu risques d’être absorbé-e tout-e entière par ton obsession, ta vocation, et ton égo, finalement, qui ne supporte aucune concession.
Si tu lèves la tête maintenant, tu verras Lire la suite « Tirage collectif. Le Soleil, Le Fils de coupes, La Fille d’épées. »

Tirage collectif (5 de bâtons, reine d’épées, Diable)

5 de bâtons et reine d’épées. Quelles divergences de vue sont irréconciliables en amitié pour toi ? Qu’est-ce qui compte le plus ? Qu’est-ce qui doit résister à tous les conflits ? Quelles concessions sont nécessaires ? Quand il y a un truc qui cloche dans une relation, est-ce que tu essaies d’en discuter ou est-ce que tu baisses les bras et t’éloignes subtilement mais irrémédiablement ? Quelles sont les limites es-tu capable de mettre sur la table et de défendre pour la viabilité d’une amitié ? Quelle est ta définition de toi-même quand tu es dans une relation fusionnelle ? As-tu le sentiment de devoir te sacrifier au profit d’une dynamique de relation ?

Les cartes du jour ne sont pas là pour te rassurer: quand es-tu possessif.ve? Quel contrôle cherches-tu à exercer sur les gens (inconsciemment)? Pourquoi ça compte autant de marquer des points dans un débat ? Pourquoi tu t’emportes ? Pourquoi tu cries ? Quand restes-tu silencieux.se afin qu’on ne devine pas le fond de ta pensée ? Est-ce que tu dis à tes proches que tu les admires ? Est-ce que tu endosses le rôle de victime à tout va afin d’obtenir plus de reconnaissance et de pouvoir que d’autres ?

En d’autres termes, dans des relations amicales, quand es-tu Le Diable/l’oppresseur.e/lae manipulatrice.eur/lae narcissique ? Quand fermes-tu les yeux sur la complexité des dynamiques des rapports de pouvoir à la fois dans une relation particulière et dans une contexte plus large ? Quand est-ce que ça t’arrange d’ignorer les lignes de faille?