10 d’épées. The Truth is in the Dirt

J’ai caché mes yeux derrière les tiens.
Que ton corps fasse barrage au soleil!
J’ai caché mes blessures à l’abri de la lumière
Pour priver ma peur de la vitamine D dont elle a besoin pour se réparer.

J’ai voulu me mirer et me mirer encore dans les ombres: qu’elles aspirent toutes mes couleurs
qu’elles me rendent ce qui est mieux

Le néant

J’ai appelé le néant de mes vœux. J’ai voulu lui donner ma vie.

J’ai voulu vivre où tout aspire la vie. En attendant la mort.
J’ai prétendu n’exister que terrée dans les grottes.
A moitié mousse, à moitié crotte.

Mélange des réjections des chouettes, de la pisse des ours et des traînées gluantes des vers

J’ai vécu les histoires des rêves
les visions des sorcières
l’amnésie des traumas

Je n’ai pu être moi. Sans les morceaux de mémoire que j’avais enterrés, comment être?
Comment être moi?

J’ai caché mes yeux dans la cage thoracique de la louve.

J’ai suspendu mes boyaux aux stalactites.

Comment être moi? J’en ai avalé des couleuvres, en quête d’un récit qui me ramènerait à moi-même. Des vertes, des translucides et leurs mues.
J’en ai chéri, des hallucinations censées rétablir un soupçon de sens. J’en ai enlacé, des illusions.
J’en ai lacéré des peaux! J’en ai léché des plaies! Je me suis abreuvée de mes lamentations pour les transmuter en sérum de vérité.

J’ai tenté de m’extraire.

Le néant.

Dans les étreintes de la mère-louve, j’ai étouffé mon désespoir. J’ai suffoqué sous sa garde.
J’ai mâchouillé du lichen, transformant ses extraits en potions abortives afin de condamner mes renaissances. J’ai agrippé la pierre en me tordant de douleur, en maudissant mon destin, l’impossible renouvellement.

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Disséquer le 3 d’épées. Rupture de communication

Le 3 d’épées, c’est la carte du coeur brisé. Néanmoins, elle est aussi nettement plus compliquée. Comme toutes les autres cartes… Donc: non ce n’est pas une carte négative. Comme toutes les autres cartes… Si elle se montre souvent dure, elle recèle aussi de facettes qui invitent au dialogue.

J’y ai repensé après ma dernière vidéo. Je vous montrais un début/brouillon de tarot dévotionnel dédié à Hekate. En le créant, les cartes numéro 3 dans les suites me sont apparus résolument tournées vers le collectif. Comment cela se traduit-il pourle 3 d’épées qui nous évoque souvent une déchirure intime?

Les 3 dans le tarot: ensemble c’est mieux

Quand je réfléchis au chiffre 3 dans chacune des suites, en particulier dans un optique queer, se dégagent: coopération, co-création, collaboration. Pour une réflexion transversale et numérale sur les quatre suites, je vous renvoie vers l’article Apprendre le tarot. Comment fonctionne le tarot. Il faut pas trop se creuser la tête pour voir schématiquement les liens entre mes mots-clés et les 3 dans les autres séries que les épées.

  • Le 3 de pentacles est sans doute le plus évident: c’est la force trouvée dans le collectif, dans l’interaction, dans la co-construction.
  • Le 3 de coupes évoque la joie d’être ensemble, le partage, les confidences et la confiance, les amitiés proches.
  • Dans le 3 de bâtons, je situerais plus la magie de la co-création dans des domaines moins tangibles: quand tout se met à vibrer à l’unisson en soi et qu’on se lance dans la création de quelque chose, quand on a l’impression que l’univers est derrière nous pour donner vie à nos visions créatives,…

L’élément Air, la communication

Le 3 d’épées, quant à lui, souffre d’une conception trop restreinte. Si on l’associe à une rupture (sentimentale) ou à la douleur vive d’un abandon, on peut passer à côté de la source de cette situation de détresse, qu’il traduit pourtant: une déconnexion et des difficultés à communiquer. Mais oui! L’air de la série des épées, c’est le mental, bien sûr. Dans le système du Rider-Waite-Smith, c’est aussi le chagrin. Mais, l’air, c’est avant tout la communication.

On va rester dans le schématique pour le prochain paragraphe. Je compte sur vous pour ne pas oublier que quand je parle d’un signe astrologique, c’est bien du signe dont je parle (qui est à tout instant quelque part dans le ciel et donc assurément quelque part dans chacun de nos chartes astro), il n’est pas question de généralités au sujet des personnes qui auraient leur soleil natal dans ce signe.

En astrologie, l’air de la balance (le signe parfois associé au 2, au 3 et au 4 d’épées) se concentre sur la justice, l’équilibre et la communication dans les relations interpersonnelles. L’air du verseau va au-delà, au point qu’on le qualifie en astrologie moderne de signe transpersonnel. C’est l’air de l’intelligence, de la logique, du raisonnement. Gouverné par Saturne en astrologie traditionnelle, il appréhende les limites pour les dépasser, pour réfléchir au-delà des cases, des murs et des frontières. De là, sans doute, son association à Uranus en astrologie moderne: il serait alors novateur, idéaliste, toujours au taquet pour remettre en question l’ordre établi. Enfin, l’air du signe mutable des gémeaux est le plus communicateur. Sous l’égide de Mercure, il devient messager. Il rassemble et disperse les informations. Avec lui, les connaissances circulent, de préférence enrobées dans de belles histoires. Moulins à paroles, les gémeaux mettent en lien, iels réseautent, iels connectent voire iels négocient, iels trompent, iels jouent. Dans le tarot, associés aux 8, 9 et 10 d’épées, iels tournement aussi en véhiculant leur version, parfois biaisée, toujours dramatique, de la réalité.

Le 3 d’épées, trêve de communication

Quelle clé l’approche communicationnelle nous livre-t-elle pour le 3 d’épées? Comment ces 3 épées s’allient-elles à mes mots choisis pour les 3, coopération, co-création et collaboration?

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10 de couteaux. Laisser les cauchemars derrière soi


Je laisse ce cauchemar derrière moi
J’ouvre les yeux sur le même monde
Le même marasme
Je ne l’aborde plus avec mes ouinouins- boubouhs
J’en ai fini avec mes mécanisme de défense
J’abandonne mes techniques d’attaque
Je ravale mes rafales de verve mal placée
Ci-gît le plaisir dans la mauvaise foi
Je laisse ce cauchemar derrière moi

10 d’épées. le temps d’un cycle


10 d’épées. 3 ans, le temps d’un cycle. Le temps de renaître ? Le temps nécessaire pour prendre de la hauteur pour regarder cette figure gesticuler dans un sursaut de fierté pour enterrer les loyautés pour se débarrasser de la peur pour alléger les bagages pour retourner aux mien.ne.s pour me détourner de aiguilles qui (dé)tricotent mes tissus conjonctifs qui quant à eux n’en font qu’à leur tête… Renaître mais non sans peine. Conte du retour des nœuds lunaires.

9 de pentacles. L’automne

Ici les cris
S’en vont flétrir sur le sol
Nourrir les pieds
Accueillir les mort.e.s

Ici le vent
Suspend son élan
Périt dans un tourbillon
Rejoint la terre

Ici la vie
Saisit par son immensité
L’opulence succombe
Les fruits défendus ravissent
Les lèvres, les lièvres

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Les réseaux sociaux. 2 d’épées

Je ne sais plus comment être sur les réseaux sociaux. Les lanceur-ses d’alerte confirment que le groupe facebook est encore plus violent que tout ce qu’on savait déjà.

Il ne s’agit plus seulement de ne pas alimenter cet égrégore qui retire le pire de nous-mêmes. Il en va de la lutte contre la montée du fascisme, dans laquelle l’entreprise joue un rôle affolant. Bien sûr, il en va de l’exploitation et de la sécurité des données. Tout ça et plus encore. Chaque jour davantage. Plus de dossiers, de manipulation, de morts. 

La nausée. Au-delà du malaise, cette question persistante: que me dit mon intégrité? Je connais la réponse. Tu la connais sans doute aussi. Mais il y a cette illusion bien entretenue que nos existences dépendent de notre présence ici. Une dépendance construite année après année. Biopolitiques. Et de l’impossible subsistance en capitalisme pourrissant.

On se décompose. Je le ressens comme ça. C’est dur à accepter. Et l’indispensable rêve de régénération en capitalisme pourrissant.

Malaise.
Comment se révolter? Pas ici. Pas là où l’indignation nourrit la matrice nourrit les complotismes nourrit le fascisme nourrit toutes les haines. Dont celle de soi. Compensée par une chimérique rédemption que nous offrirait instagram: poster plus, acheter plus, se comparer encore, s’assimiler mieux, encore, encore. 

J’ai la révolte facile. Je ne sais plus comment exister ici. Les rouages de la machine ne m’épargnent pas. Même si je les observe depuis longtemps. Je suis dedans. Il n’y a pas d’extérieur au capitalisme.

Derrière ce que me dit mon intégrité, il y a aussi le dedans de ce qui est ici. Les comments et pourquois. Le timing et les alternatives. Et toi et toi.



J’ai décidé de ne pas trancher dans l’immédiat. L’immédiateté, un autre produit néolibéral. Je peux décider de me distancer de la notion d’urgence. La lenteur est résistance.

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6 d’épées. Transitions

Transitions. 
Les nombreuses transitions dont nous faisons l’expérience.
En miroir à la lune.
C’est le dernier croissant. C’est la lune sombre.
C’est
Une transition.

On embarque pour des traversées. 
Celles dont la transformation nous
Déchire de douleur
Celles dont on accepte la nécessité sans
Broncher. 
Les rites de passage
Ou la traversée des ponts 
par-dessus les 
rivières nous traversant

Ces voyages qu’on entreprend
Tournant le dos dans la légèreté 
Porté.e.s par nos cœurs 
Porté.e.s par nos ailes 
Traînant des traces de sel et de larmes 
Soulevant dans nos sillages 
La fumée des illusions 
Et des nuages lourds de pluie. 

Bientôt la vision rassurante 
L’arrivée familière du premier croissant 
Éclatant, après le coucher du soleil.
Le croissant sur le front
Un cadeau une marque un symbole du
Passage 


Aller de l’avant 
En portant des secrets
Des remèdes 
Des os
De la poussière

Les nombreuses transitions qui nous traversent
Les voyages de transformation pour lesquels nous embarquons 
Les ponts par-dessus nos nombreuses vies 
On souffre, on soigne, on se développe 

La lune sombre enveloppe la préciosité de
Nos entre-deux. 

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Les choix du Roi d’épées

Ta vérité émerge du cocon
Il est temps c’est le moment
La vérité de l’instant
Ne sera peut-être pas celle de demain

En trempant la pointe de ton histoire
Dans l’intégrité
Ta vérité ressort assertive
Mais ni destructrice ni définitive

En remuant le chaudron de l’intégrité
On crée un monde où
Nos fabuleuses imperfections peuvent
Apprendre, partager, écouter, amplifier,
Désapprendre, rejeter, aimer

C’est le moment !
Il est temps d’affirmer
Ce qui frémit
Ce qui était en gestation
Il est temps d’apparaître

A toi de décider pour
Toi-même désormais
Par pour les likes, pas pour les ventes
Pas pour plaire ni pour saisir l’air du temps
Pour toi

Ton temps, c’est le seuil d’une ère
Un autre temps
D’autres temporalités
Ta lame intérieure étincelle
Tu as suffisamment aiguisé tes choix
L’heure est venue de voler
De tes propres ailes

Tu t’appuies fermement sur les pierres
Que d’autres ont gravées
Tu es ferme sur tes fondations
Pas seul.e
Autonome
Interdépendant.e
Il est temps, c’est le moment
De t’envoler, cher.e papillon.

Ancêtres et 8 d’épées. Retracer nos Constellations Queer.

Tu ne viens plus visiter le tumulus.
Tu as oublié le sens des signes.
Les traces de mon passage ne t’évoquent rien.
Elles n’illuminent rien sur ton visage.
La toponymie a enfoui le tumulus.
La mémoire a désappris à regarder le paysage.

Je suis sous les tonnes de pierre de l’oubli.
Entre toi et moi, les murs de ceulles qui veulent nous détruire.
Entre toi et moi, on a défait toutes les histoires.
On a enterré tous les trésors.
On a banni nos savoirs.
Entre toi et moi
                            la distance.

Je suis seule. Tu es seule.
Dans ton désarroi, tu gratouilles la surface.

Engage ton corps.
Engage ton désir.
En gage de confiance, je t’ai laissé les clés.
Use de tes pouvoirs ignorés.
Allume les torches auprès du tumulus des ancêtres.
Lève les yeux au ciel.
Je brille pour toi.
Cherche en toi les connexions qui nous relient.
Entre tes neurones.
Quand tes organes de plaisir se gonflent.
Entre tes respirations.
Quand ta peau touche la sienne.
Constellations lesbiennes.

Les ancêtres
le tissu conjonctif faisant tenir
notre ciel,
nos corps,
nos créations

Ne me laisse pas,
ne nous laisse pas,
dans les méandres de l’oubli où on nous a reléguées.

Si tu nous sens vivre en toi,
même si nous n’avons plus de nom,
nous avons des sensations.

Ces sensations communes nous unissent.

Ce texte est extrait des tirages pour la Planète des Ancêtres dans le ciel de nos constellations queer: