2 d’épées. Fermer les portes

Le 2 d’épées me signale qu’il est temps de me poser. Souvent, cette carte apparaît quand les envies sont grandes, quand les possibilités m’attirent. Elle m’invite à reconsidérer mes options.

La certitude qui m’anime n’est-elle pas une fuite ? Un défaut de patience plutôt qu’une solution viable ? Au lieu de me hâter dans la prise de décision, comment puis-je entrer en gestation ? Comment puis-je nourrir l’inconnu et chérir le doute au lieu de m’acharner dans des pistes stériles ? Au lieu d’enfoncer des portes ouvertes, comment puis-je les refermer pour m’accorder un peu de calme ? A quoi ressemblerait un havre de paix où l’incertitude ne me rongerait pas mais m’encouragerait plutôt  à rêver ? 

Si je me sens coincée, c’est parce que je le suis. L’impasse n’est pas une fausse route. Je ne me suis pas égarée. Je peux m’aménager, dans ce temps-mort, l’espace sacré de la réflexion ou de la méditation. C’est ici que le sésame m’apparaîtra finalement. C’est comme ça que le mot de passe qui ouvre un passage dans l’impasse me viendra.

La transformation n’est pas instantanée. En regardant dedans, j’apprends à élargir mon champ de vision. 
Je m’autorise le calme.
J’ai le droit de ne pas savoir.
J’ai le courage de ne pas donner des réponses satisfaisantes. J’ai la foi en mes limites.
Ce n’est pas parce que je refuse d’offrir dans l’immédiat que je me stérilise aux contacts.
Je suis en gestation. Je respecte mon cocon.

Le Valet de Bâtons

La Page de Bâtons bouillonne. Iel se laisse emballer par l’invitation des élans créatifs: 
Viens jouer! Viens tester! Viens découvrir! Viens t’aventurer! Essaie! Essaie!
Iel ne ressent aucune peur. Les frissons d’excitation la galvanisent. Iel veut vivre! Iel veut bouger! Iel veut découvrir!

Dès l’enfance, certaines expériences nous forcent à réprimer notre créativité. Elles continuent d’entraver notre liberté par la suite:
On ne se sent pas légitime quand on veut essayer un nouveau médium, un autre instrument, une méthode. Quand on veut se laisser guider par le fun, une petite voix insiste pour qu’on “réussisse”. On se trouve ridicule quand nos instincts nous poussent à agir avec badasserie. Parfois, on est timoré.e. Pétrifié.e par les qu’en-dira-t-on. Avant tout, on est foudroyé.e par notre propre regard. Nos attentes nous pourrissent et on ne peut pas s’empêcher de se donner un objectif. On place la barre trop haut. Hors de portée. C’est comme si notre autosaboteurse intérieure se régalait à l’idée qu’on échoue. On n’arrive pas à s’exprimer en dehors de la compétition. Les vieilles brimades nous poursuivent.

Le Page de Bâtons, c’est le remède en nous! C’est l’énergie créative pure, brute, joyeuse. C’est l’amusement qui jaillit quand on explore, quand on exprime, quand on suit sa pétillance. Son époustouflance! Parce que, évidemment, la Page de Bâtons adore inventer: des mots, des chorés, des recettes,…  
C’est la part de nous qui ne doute pas. 
Et qui n’en a de toute façon strictement rien à faire d’échouer! 

C’est la créativité débridée. Pour le plaisir. Parce que ça veut sortir là-maintenant-tout-de-suite. Parce qu’on a le droit à cette euphorie. A cette légèreté. A cette insouciance. 
Le droit au plaisir. 

Tout l’attire. Tout pétille. Tout a le potentiel d’engager son attention. Tout a la capacité d’allumer sa flamme. Tout est étincelle. 
Iel est spittante*, vive, curieuse de tout.
Ouverte. Iel est la source d’une énergie créative que rien n’assèche.

Bon… bien sûr, iel est susceptible de se disperser. Iel peut papillonner d’une idée à l’autre. Sans jamais prendre suffisamment de temps avec une d’elle pour que l’étincelle se transforme en flamme.  Iel est susceptible d’être en proie à une agitation telle que son esprit ne parvient plus à faire le focus sur quoi que ce soit. Envahi.e par une fumée trop épaisse, son esprit risque de ne plus rien distinguer: ni l’étincelle, ni la flamme, ni l’incendie, ni l’extincteur,… 

Lire la suite « Le Valet de Bâtons »

Recueil pour l’Ermite / Recueillement avec l’Ermite

Je suis cachée. Je suis ton ombre. Je suis tes silences. Je suis entre chacune de tes lignes. Mon souffle entre chacun de tes mots.

Je suis quand ton intuition précède tes pensées, quand elle donne forme à tes phrases, quand tes mains sint le récipient du sens, quand tes mains sont la prolongation des racines, tes cheveux du mycélium, ta sueur de la pluie, tes pupilles de la nuit sombre, ton hémoglobine des astéroïdes. 

Je suis quand tu te mets en retrait pour devenir plus vibrante, plus habitée, moins véhémente, moins anthropocentrée, la part d’un ensemble.

Je vibre parce que je ne suis jamais seule. Ma solitude n’est pas solitaire. Elle est fertile. Elle est ramifiée.

Je suis 
la quête qui frétille perpétuellement dans tes cellules, 
qui agite ton être. 
Je suis le sens et le refus du sens
Le questionnement qui ne doit avoir ni début ni fin
La dévotion comme art de vivre.
Le dévouement envers l’infime, le minuscule, l’insignifiant, les déchets, l’inconsidéré.

Je suis la magie de l’invisible
L’invisible qui ne l’est que parce qu’il est ignoré 
Non parce qu’il est caché
L’imperceptible répondant à la perception

Il n’y a rien d’occulte
Je ne suis ni une sage ni une alchimiste.
Je suis la pèlerine du quotidien, 
la périphérie dans chaque mouvement. 

Je suis l’empreinte dans le humus
La bestiole, le pétrichor, la subtilité entêtante, l’ignorée qui chante.

Je suis ta compagne, ta lanterne, ton bâton.


Il est tard. Je n’ai pas la notion du temps présentement. Si elle est au-dessus de l’horizon, la lune est cachée par le brouillard. Je sais qu’il est tard justement parce qu’il est devenu compliqué de s’accrocher au temps. Alors j’agrippe fermement mon bâton pour fendre les ténèbres. Pas à pas. 

La neige tombe en épais flocons. Ou bien sont-ce des feuilles mortes? Ça sent la décomposition en tout cas. J’avance avec ce qui est là directement autour de moi. Je n’ai pas une vision infrarouge. 

Pas plus que l’obscurité, je ne perce les mystères de l’avenir. Je n’ai aucun complexe d’omniscience. Je peux toujours me raconter le passé, ça n’en reste pas moins une histoire. Ce récit d’humain.e s’étiole rapidement quand je passe mes doigts dans la terre humide et que les vers de terre les engluent. Je m’efforce d’accorder toute mon attention à ce qui se déroule ici. Mon attention capte en retour celle de ce qui est là. On s’élance probablement plus qu’on avance. On s’enlace. On s’interroge. On se ressent.

Le désir de rencontrer l’obscurité dans sa totalité me meut. Dès lors que mon Oeuvre est impossible, je vis sur le mode interrogatif. Réflexif. Est-ce que je me regarde le nombril? Pourquoi pas? Les milliards de bactéries vivant dans mes intestins grouillent avec une complexité capable de me captiver pendant des décennies. Ça sent la décomposition.


Les nécessités de l’Ermite 

C’est qu’il faut sombrer. 
C’est qu’il faut s’ignorer. 
C’est qu’il faut rapetisser. 
C’est qu’il faut descendre 
de son piédestal – de son trône –  de ses certitudes
Descendre dans les souterrains
Où l’on perd ses repères
C’est qu’il faut se remettre en question
C’est qu’il faut se métamorphoser
C’est qu’il faut traverser les mondes
Il faut se détériorer
Il faut sentir ses cellules qui se recomposent
C’est qu’il faut quitter sa position, la laisser derrière soi, dire au revoir aux regards, laisser les grades au placard.

C’est qu’il faut faire l’expérience de la marge, des frontières, des confins.
Sentir les compressions, l’effet centrifuge, la gravité.
Il faut visiter les cavités, les galeries, les labyrinthes sous la surface. 
Il faut voyager
Du centre aux bordures au centre aux bordures.

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La Force. Analyse

Visualiser la Force

Je suis parfaitement aligné.e. Je marque un temps d’arrêt pour visualiser différentes parties de moi:
mes nombreuses craintes, là où j’ai besoin de tout contrôler, là où je n’arrive pas à me motiver, là où j’ai l’impression de toujours échouer, là où je réussi sans parvenir à me réjouir.

Je visualise mes hauts et mes bas. 

Mes espoirs démesurés mais réels. 
Les peurs qui ne me quittent pas. 
Mes mots féroces envers d’autres et envers moi-même.  
Mes limites ramollies qu’on a trop souvent pas respectées.

Je les visualise. Et puis, je les cajole. Au lieu de m’autoflageller, j’essaie de prendre soin de ce qui rugit en moi. J’essaie de m’en approcher, convaincu.e que cela ne peut pas me dévorer. Certain.e qu’on peut coexister.

Sereine, j’initie un voyage vers moi-même.  Il ne sera pas à l’abri des hauts et des bas. Je me sens suffisamment fort.e pour m’engager à créer de l’espace et du soin afin de découvrir plus de recoins de qui je suis. 
Les endroits moins (re)connus. 
Les lieux pas entretenus. 
Les sanctuaires suréclairés. 
Les cavernes où aucune règle ne vaut. 
Les comportements indisciplinés.
Ingouvernables. 
Rebelles.

Je vais sereinement à la rencontre de mes friches.

Je sens un flot de confiance dans mon corps. 
Un coup de boost dans mon estime.
Un regain de fierté sur mon visage. 
Du mouvement dans mon énergie. 
Une flamme tranquille dans mes tripes. 

Fort.e de cette assurance posée, j’accueille la persévérance. 
Solaire, radiante. 

Dévoué.e, obstiné.e à prendre soin de ma sauvagerie. 
À réensauvager (rewilding) mon être. 
Ce faisant, je perçois l’ensauvagement autour de moi 
–  d’autres êtres, créatures, lieux indisciplinés, sauvages, anarchiques, à contre-courant de la « civilisation ».  Pourtant, j’aperçois avant tout l’organisation de ces écosystèmes, le respect qui les anime, l’absence de prise de pouvoir. 

La puissance de la Force ne brille pas au détriment d’autrui. Ni de la nature ni du cosmos. Opérant comme le Soleil, elle est indispensable à la vie.  Elle ne cherche pas à écraser. elle encourage à le pousser, herbes folles.

Comprendre La Force

La Force. Le feu solaire. Cette force de vie qui nous vient d’on ne sait où. Elle paraît lointaine et pourtant partout. Elle réchauffe nos os trempés par les épreuves, notre cœur qu’on a préféré ranger au congélateur par crainte d’être blessé.e. Elle apaise nos tourments. Pour cela, elle ne les fait pas disparaître. Elle les rend palpables.

Avec le feu solaire du lion de La Force, les angoisses – par définition incontrôlables et généralement inexplicables – se mettent à notre portée. Elles sont moins effrayantes de près, plus gérables ou, au moins, abordables.

Auprès du fauve, se laisser danser avec les rayons du soleil, infinis sur la carte 8. Ils deviendront la flamme de la lanterne de l’Ermite dans la carte 9.

Chercher à apprivoiser au lieu de dompter. Etre à l’écoute au lieu de prendre la fuite.
Etre présente
Non-dominante mais fort.e
L’art de la présence

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Les faces de Lae Diable.sse, les traces de la haine.

Une face

Les semeur.ses de haine.
Ceulles qui agitent leur bien-pensance, leur religiosité, leurs apparences
Ceulles qui lissent le vernis de protection de leur violence
Ceulles qui nous dépeignent comme le Mal, la tentation, le péché
Ceulles qui essaient de nous étouffer
Ceulles qui cherchent à nous anéantir
Ceulles qui nous agressent
Nous crachent à la gueule, nous emprisonnent.

Ceulles qui répandent leur haine sur le monde, en nous, en eulles-mêmes. 

Ceulles qui mentent pour nous diminuer
Qui manipulent pour se poser garant.e.s de la vertu, de la vérité, de la pureté
Ceulles qui se positionnent comme moralement supérieur.e.s
Qui oppriment
Qui oeuvrent perpétuellement à nous rappeler notre infériorité
Ceulles qui prêchent contre, qui altérisent, qui hiérarchisent


Ceulles qui possèdent, qui exploitent, qui maintiennent sous leur joug
Ceulles qui divisent, qui cherchent à régner, qui amassent, qui écrasent
Qui écrasent.
Ceulles qui détiennent le pouvoir et qui s’y accrochent

Ceulles qui immissent leurs chaîne dans nos vies
Qui s’engouffrent dans les fenêtres de
Nos sursauts de liberté, nos pulsions de vie, nos instincts de défense. 

Ceulles qui écrasent

Qui écrasent la rébellion
Qui se sentent menacé.e.s par l’existences “des autres”
Par leurs droits, par leurs amours, par leurs culs, par leurs origines,…
Ceulles qui se pensent plus naturel.le.s, plus légitimes
Ces suprémacistes qui chient dans leur froc
De peur qu’on s’accapare leur statut, leurs biens, leur monde

Le Diable

L’illusion de normalité
Tout ce qui la maintient
Tous les leurres vers lesquels il nous arrive de nous tourner
Dans l’espoir d’y survivre

D’autres faces

Toutes les forces qui luttent. Ce qui entrave le pouvoir-sur. Ce qui envoie chier la normalité. Ce qui questionne les frontières. Les perce. Leur fout le feu.

Toustes ceulles qui abolissent les prisons. Ceulles qui détruisent les chaînes. Ceulles qui refusent.


Les blessures infligées par Le Diable
Le moment où on les écoute
Quand on se dépêtre d’elles
Quand on essaie de les dépasser, quand on y renonce, quand on s’enlise, quand on accepte qu’elles font partie de nous
Aussi terribles soient-elles.

Quand on comprend qu’on n’est pas plus vertueuxse. Qu’il ne sert à rien de se construire comme moralement supérieur.e. Quand on est toustes lae foireuxse de quelqu’un.e. Et quand on excelle à ce jeu. Qu’on brise des cœurs. Qu’on maintient ce qui nous effraie sous emprise ou son contrôle: des gens, des animaux, des endroits, des esprits,…

Quand on serre trop fort ce qu’on veut retenir
Quand on se définit uniquement par rapport au Diable – qu’on y aspire ou qu’on veuille le détruire
On goûte un peu au Diable
On revêt ses masques
On maintient son joug

Quand tout ne tient qu’à un fil à l’ombre de la Tour
Quand le Diable tend le miroir déformant de nos ombres

Quand on ne conteste pas ce qui nous morcelle. Quand on se croit cassé.e, au-delà de toute réparation. Tordu.e, au-delà de toute considération. 

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2. La Grande Prêtresse. Analyse

Pour célébrer cette nouvelle carte du tarot que nous co-créons avec mon épouse RoseButch!

Visualiser la Grande Prêtresse

Regarde-moi! Je suis ici depuis si longtemps que je me suis fondue dans les lieux. J’ai fusionné avec les éléments. Les araignées tissent leurs toiles autour de moi. Elles défient la gravité. Elles prennent le temps. Je me dois d’être précautionneuse pour respecter le fruit de leur labeur. Pour qu’elles se nourrissent. Pour que leurs voiles gardent les profondeurs de la caverne. 

La mousse s’attache à mes semelles. L’humidité ne m’affecte plus comme avant. Elle assure la fertilité de l’existence souterraine. L’obscurité ne m’effraie plus. Mes sens ont pris l’habitude de ne plus tout trier, tout savoir, tout comprendre. Je (res)sens. C’est déjà bien assez!

Pose-toi sur la roche sans troubler les stalactites ni te heurter aux stalagmites. Regarde-moi. 

Je suis là depuis si longtemps. Nous co-existons depuis si longtemps. Tu connais pourtant bien peu de moi. Tu me sens à peine respirer. Il t’est loisible de m’oublier. 

Regarde-moi de temps en temps. 

trempe tes doigts dans l’eau des profondeurs
dirige ton regard vers le croissant de lune
laisse l’ineffable t’hypnotiser
ta mémoire ancestrale te revenir
tes réflexes animaux te conduire
tes connexions se rétablir
l’Invisible t’emplir
l’intuition te nourrir

Tourne-toi de temps en temps vers tes instincts sachants
vers ton puits de connaissance que rien ne valide, rien n’invalide à part la certitude intuitive de ton corps, de tes sens et de ce qui passe leur filtre
ce qui frôle, qui s’appuie, qui coule
Reste là le temps de sentir la puissance
le temps de te sentir changé.e
chargé.e

Comprendre La Grande Prêtresse

Impassible? Passive? Insensible? Au contraire!

La Grande Prêtresse est assurément calme. Mais derrière sa mine imperturbable? Tout comme derrière le rideau tendu derrière elle: tumultueux!

Comme carte associée à la Lune, c’est inéluctable: la Prêtresse est une carte de changement! Nous observons tout un cycle de ce satellite en 29 jours. Les émotions fluctuent. La Lune, corps céleste humide, leur trouve du liant. Elle les mélange. Elle colle avec ses fluides les faces et les phases morcelées. 

Si la Grande Prêtresse paraît austère, c’est qu’il y a fort à faire. Si iel est inactif.ve, c’est qu’iel est connecté.e à des fréquences, des mondes, des profondeurs qui exigent un état de concentration absolue. Iel n’est pas en retrait de ce monde. Sa connaissance des fils qui relient les différents mondes lae rend très présent.e. Iel prend son temps parce qu’iel ne laisse pas l’urgence des humain.e.s et leurs pendules capitalistes dicter son rythme. On lae taxe d’indifférent.e. Iel vibre au rythme des secrets. 

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0. Le Fou. Analyse

Vivre Le Fou

Perchée, au sommet du monde, ou au bord du précipice, tu prends une respiration. Tu sens l’air te parcourir toute entière. Et si c’était ça, l’effet d’un premier souffle? Te sentir t’activer. Te sentir prête. Tu expires. Tu chasses l’air en dehors de toi. C’est comme si le zéro de la carte se désemplissait, se donnait intégralement au monde. Ton diaphragme se relâche. Puis, il rebondit tel un tremplin. 

Et toi? Tu bondis!

Tu te jettes à l’Inconnu dans un moment d’insouciance totale.

“Quelle inconscience totale!”
Les murmures effarés te parviennent à peine. 

Il faut changer. C’est inconfortable. Mais la position précédente l’était davantage. Sclérosante. 

Il faut éclore.
Il faut prendre le risque.
Le sens du danger se mêle à l’euphorie. 

Tu ne resteras pas là où on t’attendait. Ni telle que tu te voyais. Ni bien rangée. Ni convenable. Tu n’accepteras plus rien sans broncher. 

Tu as sauté. Pour l’instant, il n’existe que cette chute. Et ton cri. Tu rugis.
Qu’advienne que pourra!
Tu frémis.
Tu te fiches de dissocier la terreur de l’excitation.
Tu as bondi!

Ton élan ouvre le champ des possibles.

Analyser le Fou

Joker du tarot, la Folle représente la puissance qui nous propulse dans le vide pour un nouveau voyage. 

Qu’est-ce qui est à l’origine de ce plongeon? Reçoit-on une tape de l’univers dans le dos, un condensé de l’énergie des As?
Est-on poussé par un élan venu des tripes?
Nos compagnons, à l’image du chien souvent représenté, incarnent-iels le soutien? Ou le confort qu’on laisse derrière soi?
Le baluchon est-il aussi léger qu’il le paraît? S’avèrera-t-il rempli tel le sac de Mary Poppins? 

Peu importe pour la Folle! Elle tient une fleur symbolisant l’innocence. Son parfum l’enivre. Peu importe car la carte zéro contient toutes les possibilités. Ainsi que ce qui est indéterminé. Puisque rien n’est saisisable dans l’oeuf qu’est le zéro, la carte de tous les possibles est aussi celle du néant. Plus qu’un saut dans le vide! Une célébration de l’Inconnu! 

Le joker du tarot, à la fois dehors et dedans, partout et nulle part, est fondamental pour les 78 cartes. Il assume un rôle comme aucune autre. Il assure la circulation. Il opère comme une activatrice. Il a pour fonction de nous secouer, de nous surprendre, de nous aider à nous élancer. Iel nous accompagne dans les grandes étapes de la vie. Iel nous encourage dans notre exploration du tarot.


Dans le système de l’Ordre Hermétique de la Golden Dawn, la Folle est associé à l’élément air. C’est le vide du précipice. Le vent qui nous portera. C’est l’inspiration au moment où on entame quelque chose de signifiant pour soi. Au niveau des correspondances ésotériques, l’air est l’Est, le point où le soleil se lève, le commencement.

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Interpréter le 5 de bâtons. Pistes

  1. Intrapersonnel

Plus t’es épuisé.e, plus t’as tendance à t’éparpiller. Après la structure du 3 et du 4, tout ce que tu as construit est au bord de l’effondrement. Il faut redresser la barre. Il faut arrêter de te mettre des bâtons dans les roues.

Examine tes voies de sortie! Surtout si tu te sens vidé.e au point de faire de la merde parce que tu te sens obligé.e de persister. Ne pourrais-tu pas prendre un peu de recul le temps de récupérer.

2. Interpersonnel

Les 5 font référence à des crises, voire à des conflits. Sur les réseaux sociaux, on voit facilement le 5 de bâtons à l’oeuvre. Des divergences d’opinion gonflent les égos. C’est à qui parlera le plus fort. A qui diffusera le plus d’infos. A qui saura convaincre. Dans ce combat total, c’est aussi à qui saura vaincre. Il faut démolir lae porteur.se d’avis divergents devenu.e adversaire. Il faut invalider toute sa vie. Il n’est plus question d’une publication. Il faut contacter ses proches pour les enjoindre à choisir entre une personne « problématique » et le consensus émergeant contre cette cible. Ce consensus devient la « vérité ».

Y a-t-il une autre résolution au 5 de bâtons que la désescalade?
Ne pas réagir. Prendre le temps de répondre. Sortir de l’immédiateté.

3. C’est tendu

Avec le 5 de bâtons, quelque chose est gonflé à bloc. En grand danger d’imploser. Quand ce n’est pas le moment de l’implosion qui est symbolisé par cette carte.
Gonflés: l’égo, l’agenda, les ambitions, la messagerie, les tâches, les plans (cul, amicaux, conversations simultanées sur discord,…).

Il faut que tout ça se désemplisse. Il faut éviter d’en rajouter. Ne pas ajouter à la pression.
Ou ramasser les bâtons éparpillés sur le sol et recommencer avec un agencement moins tendu.

4. Parce que aucune carte n’est exclusivement « positive » ou « négative »

L’énergie combattive du 5 de bâtons a du bon quand elle est maîtrisée, orientée et, surtout, quand elle ne se trompe pas d’objectif, quand elle ne cherche pas une cible.

Voilà! C’était un avant-goût de mes réflexions sur cette carte. La suite très bientôt en vidéo pour ma série « Le tarot carte par carte »!

A part ça, si le tarot d’illustration te plaît, je t’invite à découvrir ce superbe Queer Tarot:

Interpréter le 3 de bâtons et sa magie spatio-temporelle

Avec le 2 de bâtons, nous sommes sur le seuil, au point de départ. Quand, nous trouvons le 3, nous sommes en route – que nous soyons au début de la transition, en train de planifier ou au beau milieu du pont, en train d’ajuster notre trajectoire. Si le 2 est sur le pas de la porte, encore hésitant-e, là où tous les possibles sont envisageables, le 3 de bâtons a réalisé le tri. Il navigue les possibles. Il est le portail, comme une capsule spatio-temporelle qui (ré)unit les époques et les lieux. Ou comme un point de convergence.

Partant de la notion de pont proposée pour le 3 de bâtons par Lindsay Mack dans l’épisode 187 du podcast Tarot for the wild soul, je parviens à trouver les mots pour distinguer le 2 et le 3 de bâtons. De notre position présente, le 2 nous relie au passé pour mieux envisager l’avenir. Il nous amène à passer en revue nos bases et notre parcours. Il nous confronte à la nécessité de faire des choix pour faire place à la transition que nous espérons. Le 3 de bâtons, quant à lui, fait office de pont entre le présent et l’avenir. Il représente tout ce qu’on met en place pour assurer la transition. Comment allons-nous créer sur base de notre vision? Comment évolue ce que nous créons?

Dans les quatre suites du tarot, les 3 symbolisent la magie du rassemblement: interactions, ce que l’on crée ensemble, ce que l’on partage. Les préfixes co- et inter- conviennent bien aux 3. La magie du 3 de bâtons? Celle du voyage dans le temps. Une énergie visionnaire. La capacité de se projeter. Naviguer les possibles.

Si le 3 de bâtons rassemble les époques et les espaces, ça ne s’effectue pas sans questionnements. Il y a des relents conquérants et coloniaux sur l’image du Rider-Waite-Smith, l’ancêtre de nombreux jeux actuels. J’en avais déjà parlé plus en détail dans la vidéo sur le 2 de bâtons. Comment envisager les espaces-temps du 3 de bâtons sans reproduire les éléments de domination et d’exploitation qu’on retrouve dans l’imaginaire des bâtons?

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Le Soleil en quelques textes

Quelques impressions publiées fin 2019.

1. La leçon du Soleil dans le tarot est plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Tant de rayons, tant d’éclat, tant de lumière à renvoyer, à diriger.
Même dans sa dimension la plus simple qui nous demande de profiter, de (se) faire confiance, d’irradier la confiance, Le Soleil nous met au défi. Une carte qui nous ramène à ici maintenant quand on se sent éparpillé.e, sollicité.e, indécis.e.
Alors, on regarde les rayons qui tombent sur le tapis de feuilles dorées. On s’émerveille devant le saule pleureur, flamboyant avant de se mettre en berne. On cherche l’inspiration du soleil dans les petites choses.

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2. Quelle carte amusante qui revient régulièrement pour les tirages du jour en cet hiver morose! Justement, parce que c’est morose (enfin ici, c’est même la tempête), Le Soleil semble nous rappeler à l’indulgence envers nous-même. Lire la suite « Le Soleil en quelques textes »