2 d’épées. Fermer les portes

Le 2 d’épées me signale qu’il est temps de me poser. Souvent, cette carte apparaît quand les envies sont grandes, quand les possibilités m’attirent. Elle m’invite à reconsidérer mes options.

La certitude qui m’anime n’est-elle pas une fuite ? Un défaut de patience plutôt qu’une solution viable ? Au lieu de me hâter dans la prise de décision, comment puis-je entrer en gestation ? Comment puis-je nourrir l’inconnu et chérir le doute au lieu de m’acharner dans des pistes stériles ? Au lieu d’enfoncer des portes ouvertes, comment puis-je les refermer pour m’accorder un peu de calme ? A quoi ressemblerait un havre de paix où l’incertitude ne me rongerait pas mais m’encouragerait plutôt  à rêver ? 

Si je me sens coincée, c’est parce que je le suis. L’impasse n’est pas une fausse route. Je ne me suis pas égarée. Je peux m’aménager, dans ce temps-mort, l’espace sacré de la réflexion ou de la méditation. C’est ici que le sésame m’apparaîtra finalement. C’est comme ça que le mot de passe qui ouvre un passage dans l’impasse me viendra.

La transformation n’est pas instantanée. En regardant dedans, j’apprends à élargir mon champ de vision. 
Je m’autorise le calme.
J’ai le droit de ne pas savoir.
J’ai le courage de ne pas donner des réponses satisfaisantes. J’ai la foi en mes limites.
Ce n’est pas parce que je refuse d’offrir dans l’immédiat que je me stérilise aux contacts.
Je suis en gestation. Je respecte mon cocon.

Qu’est-ce que le tarot? Quelle est ma relation au tarot?

Le tarot me transperce le cœur. Cet outil m’est indispensable. Il m’aide à être pleinement présente. Avec lui, je déjoue mes pièges. Je cherche à ajuster. Avec lui, je suis dans le néant. Je me pose aux croisements quand rien n’est clair. J’emprunte des chemins quand la brume se dissipe. Je me transforme. Avec lui, je vois par-delà la poudre aux yeux. Je ne m’arrête pas aux apparences. Je suspends la rationalité cartésienne, une idéologie au service des systèmes capitalistes, racistes et sexistes. J’épouse une logique enracinée, encorporée, connectée, qui me paraît ancestrale. Je me raconte peut-être des histoires… Je raconte indubitablement des histoires avec le tarot, en réalité. C’est un compagnon conteur.

Du doute, des liens

Avec lui, je refuse d’avoir réponse à tout. Je renonce aux explications indémontables. J’observe les transformations. Je renonce à posséder et à hiérarchiser. Je m’ouvre aux conversations. Mon regard sur le monde change. Le champ de ma perception s’élargit. Les détails deviennent d’incontournables pièces au puzzle. Plus rien n’est insignifiant. Les signes foisonnent. Mes récits se reconfigurent. La vision d’ensemble porte plus loin. Elle englobe davantage. Les compréhensions se multiplient. 

En compagnie du tarot, les ponts se créent. Ils se déplacent et modifient les destinations en chemin à la façon des escaliers de Poudlard. Ils se co-construisent. Les ponts se créent. Je me dévoile à moi-même, autant que les facettes d’un monde que je croyais jusque-là désenchanté. Les aller-retour entre mon être et le monde sont féconds. Ils nourrissent un courant. Le tarot se ressent au confluent de sources inépuisables. Est-ce mon intuition? Est-ce un message divin ou ancestral? Est-ce le lieu qui parle? Des sources inextricables les unes des autres. En grande partie insondables. 

Langage et clivages. Tarologie vs taromancie?

Le tarot m’apporte des images et un langage auxquels je contribue en retour. En écrivant. En créant. En partageant. A chaque lecture – pour moi, pour d’autres ou plus-qu’humaines. Le tarot existe et grandit parce que nous le remplissons. Nous le nourrissons autant qu’il nous nourrit. Nous étendons l’éventail de ses significations. Nous substituons nos expériences à celles qui nous excluent du discours du et sur le tarot.

Lire la suite « Qu’est-ce que le tarot? Quelle est ma relation au tarot? »

Le Valet de Bâtons

La Page de Bâtons bouillonne. Iel se laisse emballer par l’invitation des élans créatifs: 
Viens jouer! Viens tester! Viens découvrir! Viens t’aventurer! Essaie! Essaie!
Iel ne ressent aucune peur. Les frissons d’excitation la galvanisent. Iel veut vivre! Iel veut bouger! Iel veut découvrir!

Dès l’enfance, certaines expériences nous forcent à réprimer notre créativité. Elles continuent d’entraver notre liberté par la suite:
On ne se sent pas légitime quand on veut essayer un nouveau médium, un autre instrument, une méthode. Quand on veut se laisser guider par le fun, une petite voix insiste pour qu’on “réussisse”. On se trouve ridicule quand nos instincts nous poussent à agir avec badasserie. Parfois, on est timoré.e. Pétrifié.e par les qu’en-dira-t-on. Avant tout, on est foudroyé.e par notre propre regard. Nos attentes nous pourrissent et on ne peut pas s’empêcher de se donner un objectif. On place la barre trop haut. Hors de portée. C’est comme si notre autosaboteurse intérieure se régalait à l’idée qu’on échoue. On n’arrive pas à s’exprimer en dehors de la compétition. Les vieilles brimades nous poursuivent.

Le Page de Bâtons, c’est le remède en nous! C’est l’énergie créative pure, brute, joyeuse. C’est l’amusement qui jaillit quand on explore, quand on exprime, quand on suit sa pétillance. Son époustouflance! Parce que, évidemment, la Page de Bâtons adore inventer: des mots, des chorés, des recettes,…  
C’est la part de nous qui ne doute pas. 
Et qui n’en a de toute façon strictement rien à faire d’échouer! 

C’est la créativité débridée. Pour le plaisir. Parce que ça veut sortir là-maintenant-tout-de-suite. Parce qu’on a le droit à cette euphorie. A cette légèreté. A cette insouciance. 
Le droit au plaisir. 

Tout l’attire. Tout pétille. Tout a le potentiel d’engager son attention. Tout a la capacité d’allumer sa flamme. Tout est étincelle. 
Iel est spittante*, vive, curieuse de tout.
Ouverte. Iel est la source d’une énergie créative que rien n’assèche.

Bon… bien sûr, iel est susceptible de se disperser. Iel peut papillonner d’une idée à l’autre. Sans jamais prendre suffisamment de temps avec une d’elle pour que l’étincelle se transforme en flamme.  Iel est susceptible d’être en proie à une agitation telle que son esprit ne parvient plus à faire le focus sur quoi que ce soit. Envahi.e par une fumée trop épaisse, son esprit risque de ne plus rien distinguer: ni l’étincelle, ni la flamme, ni l’incendie, ni l’extincteur,… 

Lire la suite « Le Valet de Bâtons »

La Lune et ses leurres

Pour la saison des éclipses

Nous sommes submergé.e.s dans les eaux du mysticisme. Nous ne faisons qu’un.e avec les profondeurs, avec le cosmos, avec les déités, avec les monstres, avec les rêves. Tout fusionne dans l’océan des Poissons. 
Malgré l’envie de nager dans cet idéal nous devons rester vigilant.e.s. Cette belle hyper connexion nous leurre. Malgré la magie de La Lune, tout ici n’est pas conforme à son apparence. 

Quand l’obscurité de La Lune nous appelle à notre meute, à nos instincts, à notre imagination, on a envie de courir, débridé.e.s, sans laisse, sans garde-fou, sans réserve, sans garde-loup. 
On répond spontanément à l’appel. Une mémoire profonde, engloutie, oubliée jaillit à la surface. On est persuadé.e.s qu’elle ne peut pas nous tromper. Elle semble trop évidente pour s’en méfier.

Pourtant, il est facile de s’égarer au clair de lune, méprenant la fiabilité de son éclairage pour celle du jour ou d’une lampe. 
Beaucoup trop facile de se perdre dans les méandres de l’infini, d’y perdre un peu trop de sa raison, de louper le dernier train. 

Avec La Lune, on se retrouve semblant de rien à errer. 
Déboussolé.e.s. 
On perd le Nord. 
On a l’impression de perdre la boule. 
L’appel de l’Inconnu peut céder sa place aux tourments de l’indéfini, aux jeux d’illusions.

Incontournable, La Lune fait partie de nos existences. Elle nous offre des expériences profondes, totales, émouvantes. Elle nous aide à ne pas prendre pour acquis un rationalisme exacerbé. Elle nous connecte à la magie. Elle est un enchantement. Une vision qui nous marquera à vie. Un rite de passage induit par un état de conscience modifié.
Elle est vitale. Elle nous sort de nos limites. Elle nous dissout. Elle nous nourrit.
Elle est inévitable. Rechercher des itinéraires alternatifs ne ferait que prolonger l’expérience. ça la rendrait plus douloureuse. Plus dangereuse.

Mieux vaut toutefois ne pas s’aventurer sans équipement dans son univers sans frontière.
Quel est notre fils d’Ariane ? Les miettes de Petit Poucet sont-elles stockées dans nos poches? Les pacte signés avec Ursula ne valent pas ici. Ils sont rencontrés par un rire odieux.
Il nous faut des outils. De la ruse dans ce monde à l’envers. Des robustes limites personnelles et/ou collectives.

Bénéficie-t-on d’un soutien thérapeutique? Si non, ne pourrait-ce pas nous stabiliser pendant notre immersion dans les fonds marins ou pendant notre voyage spatial intergalactique ? 

Quels sont nos réseaux de soutien? Nos bouées ont-elles besoin de rustines?

Qu’est-ce qui nous connecte à la surface ?

Parcours divinatoire pour l’équinoxe d’automne

Ah, l’équinoxe! Ses lumières, ses odeurs, ses couleurs! Et cet instant suspendu où la durée du jour et de la nuit sont en équilibre. Ce tournant avant que l’obscurité domine nos journées pour 6 mois. Cette entrée dans une saison sombre jusqu’à ce que les jours rallongent progressivement à partir du solstice d’hiver.

J’adore les équinoxes pour cette harmonie conjuguée à un basculement. L’automne m’émerveille parce que l’hiver me pèse. Il m’est impératif de profiter, d’accueillir, d’ouvrir, de célébrer. Et de célébrer avec vous évidemment! Pour le Solstice d’été, j’avais proposé des mini-tirages personnalisé sur insta. Cette fois, c’est en version écrite ici et en vidéo sur youtube et dans un format plus généraliste. Après la lecture des cartes d’introduction, je vous invite à piocher dans les interprétations en fonction des positions qui vous intéressent.

3 tarots m’ont accompagnée au Parc Tournay-Solvay, aux étangs de Boitsfort et en Forêt de Soignes pour ces tirages: le Gentle Tarot, le Slow Holler (épuisé) et le Fifth Spirit Tarot.

NB: Je retranscris mes textes par saisie vocale. Des fautes échappent à ma vigilance.

Le thème de ce tirage

Sur le seuil, au bord de l’automne, tu te sens t’étendre. Tu te sens des envies. Tu es traversé.e de désirs frétillants. Tes rêves dansent avec tes idées.

Sur le seuil, la tentation est forte de se (con)tenir, fasciné.e par les possibilités, transfiguré.e par ce qui pourrait se développer. Ou peut-être es-tu animé.e par la tentation de te propulser de toutes tes forces vers demain, de te donner tout.e entièr.e à l’énergie de création.

Le 2 de bâtons suggère cependant de prendre encore un peu de hauteur. Il invite à gravir la colline pour profiter du point de vue le plus porteur. Tu auras besoin de la vision à 360° pour balayer du regard autant ce qui verra le jour que ce qui t’a amené.e ici, ce parcours sinueux, ces aides précieuse, ces ornières douloureuses.

Le 2 de bâtons te demande d’être présent.e pour le seuil en tant que portail merveilleux capable d’élargir ta vision. Avec le 8, il te demande de faire de la place à tes impulsions et à ton envie d’agir rapidement, sans toutefois y céder, de les comprendre sans les laisser t’incendier. Avec le 5 de bâtons, il te demande aussi de créer de l’espace pour tes réticences –  pas par autosabotage mais parce qu’elle gronde pour une raison. (Par exemple, prendre le temps de t’assurer que tu pourras te chauffer cet hiver, ce n’est pas de l’autosabotage). C’est le moment d’investiguer tes errances, tes dispersions, et aussi ta colère. Quels sont leurs messages ? Faut-il les libérer ou en faire des alliés puisqu’elles sont là pour durer ?

À l’équinoxe, l’équilibre magique du jour et de la nuit nous rappelle de prendre le temps de regarder et de tester nos balances et nos réservoirs d’énergie pour la saison. Le 2 de bâtons confirme la beauté des temps d’arrêt en période d’expansion. Profite de la vue ! Sur le seuil, tu es entre deux étapes, ni tout à fait dans l’une, ni tout à fait dans l’autre.

L’équilibre magique de la transformation…

Pour honorer cet instant de recueillement et d’ouverture, on va poursuivre avec les positions de tirage suivantes: 

Le message de ton impulsivité

Visionnaire de branches (slow holler)

Oh oui, ta vision est belle
Oui elle scintille de mille feux
Oh bien sûr, elle t’emballe
Evidemment, tu aurais envie de la suivre jusqu’au bout du monde

Mais c’est un projet au long cours

Non seulement tu auras besoin de ressources au-delà de la passion initiale,
Mais également ces branches doivent encore pousser
Elles doivent aussi se dévêtir pour l’hiver
Revenir à leur essence pour mieux s’ouvrir.

Tu vas grandir avec ta vision

Ta branche va s’ouvrir jusqu’à t’emmener vers des arborescences inattendues. La sève va parcourir ses ramifications au rythme de ton cœur.

En prévision du voyage à venir, la précipitation serait une perte d’énergie. Garde ta vigueur ! Enchante-la!

Et garde aussi une trace de l’excitation qui te parcourt, de tes envies débridées. 

Ne pas forcément les suivre mais les retranscrire pour mieux les voir évoluer.

Le message de tes réticences

Roi de bâtons et 7 de bâtons (Fifth Spirit Tarot)

Lire la suite « Parcours divinatoire pour l’équinoxe d’automne »

La Force. Analyse

Visualiser la Force

Je suis parfaitement aligné.e. Je marque un temps d’arrêt pour visualiser différentes parties de moi:
mes nombreuses craintes, là où j’ai besoin de tout contrôler, là où je n’arrive pas à me motiver, là où j’ai l’impression de toujours échouer, là où je réussi sans parvenir à me réjouir.

Je visualise mes hauts et mes bas. 

Mes espoirs démesurés mais réels. 
Les peurs qui ne me quittent pas. 
Mes mots féroces envers d’autres et envers moi-même.  
Mes limites ramollies qu’on a trop souvent pas respectées.

Je les visualise. Et puis, je les cajole. Au lieu de m’autoflageller, j’essaie de prendre soin de ce qui rugit en moi. J’essaie de m’en approcher, convaincu.e que cela ne peut pas me dévorer. Certain.e qu’on peut coexister.

Sereine, j’initie un voyage vers moi-même.  Il ne sera pas à l’abri des hauts et des bas. Je me sens suffisamment fort.e pour m’engager à créer de l’espace et du soin afin de découvrir plus de recoins de qui je suis. 
Les endroits moins (re)connus. 
Les lieux pas entretenus. 
Les sanctuaires suréclairés. 
Les cavernes où aucune règle ne vaut. 
Les comportements indisciplinés.
Ingouvernables. 
Rebelles.

Je vais sereinement à la rencontre de mes friches.

Je sens un flot de confiance dans mon corps. 
Un coup de boost dans mon estime.
Un regain de fierté sur mon visage. 
Du mouvement dans mon énergie. 
Une flamme tranquille dans mes tripes. 

Fort.e de cette assurance posée, j’accueille la persévérance. 
Solaire, radiante. 

Dévoué.e, obstiné.e à prendre soin de ma sauvagerie. 
À réensauvager (rewilding) mon être. 
Ce faisant, je perçois l’ensauvagement autour de moi 
–  d’autres êtres, créatures, lieux indisciplinés, sauvages, anarchiques, à contre-courant de la « civilisation ».  Pourtant, j’aperçois avant tout l’organisation de ces écosystèmes, le respect qui les anime, l’absence de prise de pouvoir. 

La puissance de la Force ne brille pas au détriment d’autrui. Ni de la nature ni du cosmos. Opérant comme le Soleil, elle est indispensable à la vie.  Elle ne cherche pas à écraser. elle encourage à le pousser, herbes folles.

Comprendre La Force

La Force. Le feu solaire. Cette force de vie qui nous vient d’on ne sait où. Elle paraît lointaine et pourtant partout. Elle réchauffe nos os trempés par les épreuves, notre cœur qu’on a préféré ranger au congélateur par crainte d’être blessé.e. Elle apaise nos tourments. Pour cela, elle ne les fait pas disparaître. Elle les rend palpables.

Avec le feu solaire du lion de La Force, les angoisses – par définition incontrôlables et généralement inexplicables – se mettent à notre portée. Elles sont moins effrayantes de près, plus gérables ou, au moins, abordables.

Auprès du fauve, se laisser danser avec les rayons du soleil, infinis sur la carte 8. Ils deviendront la flamme de la lanterne de l’Ermite dans la carte 9.

Chercher à apprivoiser au lieu de dompter. Etre à l’écoute au lieu de prendre la fuite.
Etre présente
Non-dominante mais fort.e
L’art de la présence

Lire la suite « La Force. Analyse »

0. Le Fou. Analyse

Vivre Le Fou

Perchée, au sommet du monde, ou au bord du précipice, tu prends une respiration. Tu sens l’air te parcourir toute entière. Et si c’était ça, l’effet d’un premier souffle? Te sentir t’activer. Te sentir prête. Tu expires. Tu chasses l’air en dehors de toi. C’est comme si le zéro de la carte se désemplissait, se donnait intégralement au monde. Ton diaphragme se relâche. Puis, il rebondit tel un tremplin. 

Et toi? Tu bondis!

Tu te jettes à l’Inconnu dans un moment d’insouciance totale.

“Quelle inconscience totale!”
Les murmures effarés te parviennent à peine. 

Il faut changer. C’est inconfortable. Mais la position précédente l’était davantage. Sclérosante. 

Il faut éclore.
Il faut prendre le risque.
Le sens du danger se mêle à l’euphorie. 

Tu ne resteras pas là où on t’attendait. Ni telle que tu te voyais. Ni bien rangée. Ni convenable. Tu n’accepteras plus rien sans broncher. 

Tu as sauté. Pour l’instant, il n’existe que cette chute. Et ton cri. Tu rugis.
Qu’advienne que pourra!
Tu frémis.
Tu te fiches de dissocier la terreur de l’excitation.
Tu as bondi!

Ton élan ouvre le champ des possibles.

Analyser le Fou

Joker du tarot, la Folle représente la puissance qui nous propulse dans le vide pour un nouveau voyage. 

Qu’est-ce qui est à l’origine de ce plongeon? Reçoit-on une tape de l’univers dans le dos, un condensé de l’énergie des As?
Est-on poussé par un élan venu des tripes?
Nos compagnons, à l’image du chien souvent représenté, incarnent-iels le soutien? Ou le confort qu’on laisse derrière soi?
Le baluchon est-il aussi léger qu’il le paraît? S’avèrera-t-il rempli tel le sac de Mary Poppins? 

Peu importe pour la Folle! Elle tient une fleur symbolisant l’innocence. Son parfum l’enivre. Peu importe car la carte zéro contient toutes les possibilités. Ainsi que ce qui est indéterminé. Puisque rien n’est saisisable dans l’oeuf qu’est le zéro, la carte de tous les possibles est aussi celle du néant. Plus qu’un saut dans le vide! Une célébration de l’Inconnu! 

Le joker du tarot, à la fois dehors et dedans, partout et nulle part, est fondamental pour les 78 cartes. Il assume un rôle comme aucune autre. Il assure la circulation. Il opère comme une activatrice. Il a pour fonction de nous secouer, de nous surprendre, de nous aider à nous élancer. Iel nous accompagne dans les grandes étapes de la vie. Iel nous encourage dans notre exploration du tarot.


Dans le système de l’Ordre Hermétique de la Golden Dawn, la Folle est associé à l’élément air. C’est le vide du précipice. Le vent qui nous portera. C’est l’inspiration au moment où on entame quelque chose de signifiant pour soi. Au niveau des correspondances ésotériques, l’air est l’Est, le point où le soleil se lève, le commencement.

Lire la suite « 0. Le Fou. Analyse »

Le Soleil. briller briller briller

Le vent dans les poils
Le cœur dans les étoiles
Je suis aux éléments
Nous nous fondons
Les artifices ne mentent
Plus, non

Ils complémentent

Entièr.e et poussière
En miette et dans la lumière
Je suis dans un rêve
Nous sommes nu.e.s sur scène
On lit la joie sur nos lèvres
Obscènes

Notre démesure sur-mesure

Délicieusement éhonté.e.s
Impeccablement hanté.e.s
Savoureusement sans filtre
J’ai versé les reflets, les libations
J’ai goûté au philtre
De la passion

Lire la suite « Le Soleil. briller briller briller »

Disséquer le 3 d’épées. Rupture de communication

Le 3 d’épées, c’est la carte du coeur brisé. Néanmoins, elle est aussi nettement plus compliquée. Comme toutes les autres cartes… Donc: non ce n’est pas une carte négative. Comme toutes les autres cartes… Si elle se montre souvent dure, elle recèle aussi de facettes qui invitent au dialogue.

J’y ai repensé après ma dernière vidéo. Je vous montrais un début/brouillon de tarot dévotionnel dédié à Hekate. En le créant, les cartes numéro 3 dans les suites me sont apparus résolument tournées vers le collectif. Comment cela se traduit-il pourle 3 d’épées qui nous évoque souvent une déchirure intime?

Les 3 dans le tarot: ensemble c’est mieux

Quand je réfléchis au chiffre 3 dans chacune des suites, en particulier dans un optique queer, se dégagent: coopération, co-création, collaboration. Pour une réflexion transversale et numérale sur les quatre suites, je vous renvoie vers l’article Apprendre le tarot. Comment fonctionne le tarot. Il faut pas trop se creuser la tête pour voir schématiquement les liens entre mes mots-clés et les 3 dans les autres séries que les épées.

  • Le 3 de pentacles est sans doute le plus évident: c’est la force trouvée dans le collectif, dans l’interaction, dans la co-construction.
  • Le 3 de coupes évoque la joie d’être ensemble, le partage, les confidences et la confiance, les amitiés proches.
  • Dans le 3 de bâtons, je situerais plus la magie de la co-création dans des domaines moins tangibles: quand tout se met à vibrer à l’unisson en soi et qu’on se lance dans la création de quelque chose, quand on a l’impression que l’univers est derrière nous pour donner vie à nos visions créatives,…

L’élément Air, la communication

Le 3 d’épées, quant à lui, souffre d’une conception trop restreinte. Si on l’associe à une rupture (sentimentale) ou à la douleur vive d’un abandon, on peut passer à côté de la source de cette situation de détresse, qu’il traduit pourtant: une déconnexion et des difficultés à communiquer. Mais oui! L’air de la série des épées, c’est le mental, bien sûr. Dans le système du Rider-Waite-Smith, c’est aussi le chagrin. Mais, l’air, c’est avant tout la communication.

On va rester dans le schématique pour le prochain paragraphe. Je compte sur vous pour ne pas oublier que quand je parle d’un signe astrologique, c’est bien du signe dont je parle (qui est à tout instant quelque part dans le ciel et donc assurément quelque part dans chacun de nos chartes astro), il n’est pas question de généralités au sujet des personnes qui auraient leur soleil natal dans ce signe.

En astrologie, l’air de la balance (le signe parfois associé au 2, au 3 et au 4 d’épées) se concentre sur la justice, l’équilibre et la communication dans les relations interpersonnelles. L’air du verseau va au-delà, au point qu’on le qualifie en astrologie moderne de signe transpersonnel. C’est l’air de l’intelligence, de la logique, du raisonnement. Gouverné par Saturne en astrologie traditionnelle, il appréhende les limites pour les dépasser, pour réfléchir au-delà des cases, des murs et des frontières. De là, sans doute, son association à Uranus en astrologie moderne: il serait alors novateur, idéaliste, toujours au taquet pour remettre en question l’ordre établi. Enfin, l’air du signe mutable des gémeaux est le plus communicateur. Sous l’égide de Mercure, il devient messager. Il rassemble et disperse les informations. Avec lui, les connaissances circulent, de préférence enrobées dans de belles histoires. Moulins à paroles, les gémeaux mettent en lien, iels réseautent, iels connectent voire iels négocient, iels trompent, iels jouent. Dans le tarot, associés aux 8, 9 et 10 d’épées, iels tournement aussi en véhiculant leur version, parfois biaisée, toujours dramatique, de la réalité.

Le 3 d’épées, trêve de communication

Quelle clé l’approche communicationnelle nous livre-t-elle pour le 3 d’épées? Comment ces 3 épées s’allient-elles à mes mots choisis pour les 3, coopération, co-création et collaboration?

Lire la suite « Disséquer le 3 d’épées. Rupture de communication »

6 de coupes. Compassion

La douceur inspire nos gestes
Le respect enveloppe sans conteste
Nos contributions

Dans le mouvement en frictions
De l’échange
Et dans les frissons, lentement
L’on chante, l’on change

Lentement, lentement, lentement

Le soin anime nos membres
Révèle l’ensemble
Les interactions, tendres,
Réveillent le mycélium

Doucement, doucement

Lire la suite « 6 de coupes. Compassion »