10 d’épées. The Truth is in the Dirt

J’ai caché mes yeux derrière les tiens.
Que ton corps fasse barrage au soleil!
J’ai caché mes blessures à l’abri de la lumière
Pour priver ma peur de la vitamine D dont elle a besoin pour se réparer.

J’ai voulu me mirer et me mirer encore dans les ombres: qu’elles aspirent toutes mes couleurs
qu’elles me rendent ce qui est mieux

Le néant

J’ai appelé le néant de mes vœux. J’ai voulu lui donner ma vie.

J’ai voulu vivre où tout aspire la vie. En attendant la mort.
J’ai prétendu n’exister que terrée dans les grottes.
A moitié mousse, à moitié crotte.

Mélange des réjections des chouettes, de la pisse des ours et des traînées gluantes des vers

J’ai vécu les histoires des rêves
les visions des sorcières
l’amnésie des traumas

Je n’ai pu être moi. Sans les morceaux de mémoire que j’avais enterrés, comment être?
Comment être moi?

J’ai caché mes yeux dans la cage thoracique de la louve.

J’ai suspendu mes boyaux aux stalactites.

Comment être moi? J’en ai avalé des couleuvres, en quête d’un récit qui me ramènerait à moi-même. Des vertes, des translucides et leurs mues.
J’en ai chéri, des hallucinations censées rétablir un soupçon de sens. J’en ai enlacé, des illusions.
J’en ai lacéré des peaux! J’en ai léché des plaies! Je me suis abreuvée de mes lamentations pour les transmuter en sérum de vérité.

J’ai tenté de m’extraire.

Le néant.

Dans les étreintes de la mère-louve, j’ai étouffé mon désespoir. J’ai suffoqué sous sa garde.
J’ai mâchouillé du lichen, transformant ses extraits en potions abortives afin de condamner mes renaissances. J’ai agrippé la pierre en me tordant de douleur, en maudissant mon destin, l’impossible renouvellement.

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L’errance hivernale

Un texte écrit/canalisé l’année passée m’est venu à l’esprit en commençant à rédiger ma première newsletter.

Son partage (brut, comme il est sorti en écriture automatique) est aussi un prétexte pour t’inviter à rejoindre mes courriers, ça se passe par ici.

Chandeleur… Avec Cérès/Déméter

2 février 2021

Le chant des anciennes me parvient.
Maigre consolation 

Je murmure ton nom comme on enchaîne les soupirs.
A peine intelligibles.
J’ai oublié ton nom, mais pas de te chercher.

L’absence est gravée dans ma mémoire
Dans mes articulations
Elle est mon devoir

Chercher, chercher et chercher encore

Le chant des anciennes, je l’identifie
Je n’ai plus de contact
Je n’ai pas de véhicule pour la traversée
Mais je les entends
Je sais qu’elles sont là

Ainsi, je poursuis

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Le Soleil. briller briller briller

Le vent dans les poils
Le cœur dans les étoiles
Je suis aux éléments
Nous nous fondons
Les artifices ne mentent
Plus, non

Ils complémentent

Entièr.e et poussière
En miette et dans la lumière
Je suis dans un rêve
Nous sommes nu.e.s sur scène
On lit la joie sur nos lèvres
Obscènes

Notre démesure sur-mesure

Délicieusement éhonté.e.s
Impeccablement hanté.e.s
Savoureusement sans filtre
J’ai versé les reflets, les libations
J’ai goûté au philtre
De la passion

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Au croisement. L’instant avant 2022.

Je me glisse dans la fente entre les âges, terreuse et cuivrée. Je traîne mes doigts le long de ses parois lubrifiées comme des lèvres humides. Elle me laisse me faufiler.

Tout frissonne de désir
d’anticipation
de craintes.

L’air devient tranchant, la respiration difficile. Retenir mon souffle. Freiner l’avancée. 

Sur le seuil, il faut s’exécuter. Des offrandes font office de sacrifice. Ici, donner ce qui m’était cher. Sur le seuil, je dois abandonner ce qui entraverait mon voyage.
L’offrir au passage. 

Je suspends les médailles dont je pourrais m’enorgueillir. Je contemple ces victoires dont je me détache. Leurs reflets éclairent mon regard.
Miroirs des possibilités. 
Je conserve la fierté, non l’orgueil. 
La force des étapes, le refus des destinations. 

Je m’accroupis pour creuser le sol. L’humus sert d’écrin pour mes brouillons. Je me recueille auprès de ce cercueil. Ci-gisent les pages des projets inachevés, toutes les idées qui ont eu le mérite de l’inspiration sans les serments de longévité.
Rien ne se perd. Le tintinnabulement des mobiles fraîchement accrochés réveille déjà d’autres envies créatives, d’autres pistes, d’autres chapitres. 

Je manipule la matière. Je malaxe mes regrets. Je recouvre les déceptions.
Il y en aura d’autres.

Il faut que je me déleste.

Sereine survivante, je poursuis la traversée.
L’interstice entre les années, le temple de la non-linéarité, se pare de scintillements. Le bruit des vagues me régale. 

Il me reste à passer le feu purificateur. 
Il me reste à conter mes vœux aux flots prometteurs.
J’emplis mes poumons d’air frais. 
Mes pieds peuvent se reposer sur le sol ferme. 

Un instant. 

Suivre les feux d’artifice. 
Me laisser guider par les clapotis
L’initiation liminale continue.

Hekate, La Justice

On the threshold. Sur le seuil.

She guides.
But *you* hold the swords.
What are the prophecies?
What are your decisions?
She bestows the keys.
You enchant them.

L’intégrité est le curseur de ta balance
Pèse tes choix
Exalte tes vœux
Traverse les Mystères
Exauce tes voies
Transmets les torches
L’orage à la porte
Le seuil de dérobe

La Justice a une vision à 360°

Hekate’s wheel whirls
Inspiring a 360° vision
The owls never hesitate
They race in the threshold
Between day and night
Night and day

Directions

2 de disques. Visions d’orage. Célébrations des Moissons

Août 2021


Sur la pointe des pieds entre les mondes
Les chevilles embourbées dans des perspectives eschatologiques
Sur le fil des contradictions, pas d’évasion
Pas de récits, pas d’écrins pour les utopies
Décharnées
Ce corps ce monde ce corps ce monde
Réintégrer, ré-encorporer, réclaimer, réapproprier
Ces ruines
Les sucs gastriques se chargent des fruits précocement tombés L’acidité engouffre la disette la déconfiture la féconditure les offrandes écarlates Gaz succulents s’échappant d’usines désaffectées Alertes par SMS Disette Notifications rassasiées L’écorce saigne Les cosses sont vides Les coquilles les îles les îles S’étiolent S’étiolent Croupissent

Quelles déesses de la fertilité appeler? T’as raté un chapitre. Hier encore…
Un désastre. Quelles déesses de la fertilité appeler ?
Les épis pourrissent Hekate ratisse Les carnassières rappliquent
Utopies décharnées Les espoirs rapetissent
Comme neige carbonique au pistolet

Y a pas de morale à la valse du 2 de disques, c’est rien d’autre qu’une histoire d’équilibre
Pas de morale
Des coquilles en guise d’épaves, de navires, d’épaves
Ainsi va la valse du deux de disques
Récit d’équilibre La pratique pour mission
La matière la terre le corps

Une bien belle (dé)composition
L’art de flétrir Le défi de périr
Sans la dignité que le capitalisme a annihilé
L’art de flétrir Le défi
Être où ça s’écroule dans le ciment dans la cime des cèdres centenaires incendiés dans les civières
Ontologie de l’indicible Fanfares des entre-mondes dont les grondements fragmentent le ciel

On dit que la Grande Peste se caractérise par la disparition des traces écrites

Que crient les corps ? Qu’écrit l’Agonie ?

Il n’y a pas de morale, pas de positivité dégoulinante ni de défaitisme dépolitisé, juste la pratique de l’équilibre avec le 2 de disques (et peut-être des hernies discales, des lignes de faille, des fractures d’où hurlent l’Autre Monde)

voir aussi. Hymne homérique à Déméter

9 de pentacles. L’automne

Ici les cris
S’en vont flétrir sur le sol
Nourrir les pieds
Accueillir les mort.e.s

Ici le vent
Suspend son élan
Périt dans un tourbillon
Rejoint la terre

Ici la vie
Saisit par son immensité
L’opulence succombe
Les fruits défendus ravissent
Les lèvres, les lièvres

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La Grande Prêtresse. Se taire.

Se taire quand il faudrait réagir sur tout
Se mettre en retrait quand tout acte alimente la machine
De l’indignation
De l’individualisme
Et avant tout de la montée des fascismes.

Renoncer à trouver des réponses dans la frénésie des réseaux
Reculer, reculer, quitte à tomber à la renverse dans la rivière
Quitte à la laisser laver nos peurs
Emmener les résidus de la haine
Quitter à la laisser traîner la fierté dans la vase

Traite.sse.s à la cause, à toutes les causes, à la mise en scène des egos
A la performance du savoir
L’agencement de corpus
Qui défont les corps
Qui cassent les fibres
Qui désunissent les joyeuses polyphonies des désaccords

Se taire même s’il faut tout désapprendre, même s’il faut aller à l’encontre de son fonctionnement, même si on ne sait plus comment va la vie quand c’est pas à toute vitesse
Se tenir à l’endroit propice où les mondes se croisent
Se chassent
Puis finissent par s’ignorer
Sur le fil entre les Portes de l’Hadès et le Temple de la Déesse
Ici lae Prêtre.sse ouvre son cœur
Les profondeurs
Son déshonneur

Iel ne joue pas selon les règles
Iel observe, iel connecte
Iel soulève, Iel enfouie
Son équilibre est frêle
Il défie le temps

Lae Prêtre.sse nous livre les murmures

Se taire, renoncer, reculer, trahir
Accueillir les murmures
Murmurer

Ces murmures plus percutants que les hurlements
Ecouter répercuter la lame de fond
L’âme au fond

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Hekate est La Magicienne

Hekate est la Magicienne.
Hekate est mercurienne, particulièrement en mai: Gémeaux

Elle est la voie dans le chaos, la piste dans la multitude
Elle brouille les pistes. Mais derrière les masques, c’est toujours Elle.

Hekate Einalia se tient à la croisée des mondes.
Sur la falaise au bord de la mer, les serpents au vent
Elle exprime son rôle de porteuse des clés de l’âme cosmique.

Hekate Pantos Kosmou Kleidokhos
Hekate, l’Anima Mundi.

En elle, tout fusionne, tout se rencontre
Tout prend vie
Ce n’est que passés à son filtre que les éléments prennent vie

Hekate anime Elle manipule Elle crée

Comme la Magicienne, elle canalise
le cosmos et le chaos
la foudre, la brise
l’eau salée et les fluides
Elle nous active

Elle énergise.
L’énergie monte, monte.
Les forces descendent.

Elle est le point de rencontre
Le point de fusion
Le point de création

L’explosion et la concentration.
Elle contient, elle relâche
Elle génère des mirages, des tâches
Des miracles

Je me présente à toi.
Tu accueilles Tu détruits Tu façonnes Tu acceptes

Dans tes spirales se tissent les fils du temps
Se brodent les mains de tes filles

Tu engendres, nous existons
Tu nous libères
Tu nous appelles

Hekate, Anima Mundi,
Bénie, sois-tu
Mère cosmique
Vecteur énergétique
Infinie
Tu es le souffle et l’âme
et tout autre chose
l’unité et la multiplicité
Tu es
La médiation cosmique.

27 mai 2021, dans un train

Le coucher du soleil, le premier croissant: entre chien et loup

Entre chien et loup
Ne pas vaciller
Rester
Ressentir

Entre chien et loup
D’abord trier
Puis
Laisser venir

Avant l’étreinte du sommeil
Le jour s’attarde
La terre tourne
Le soleil coule
La nouvelle lune apparaît
Derniers aboiements

Néoménie, j’ai laissé hier aux vagues du soleil couchant. Je vais me coucher. Je vacille dans le sommeil. Noumenia, Hekate Artemis porte ton croissant sur le front. Elle allume Vénus, gracieuse étoile du soir, au bout de sa lance. Tu vises. Je m’en remets à tes desseins. Je m’endors. Ton conseil me berce. L’armoise allume mes rêves.
Nous sommes louves.