Pèlerinage au Mont Minerve

Juin 2021

J’étais agitée pendant plusieurs jours avant de me rendre aux énergies cosmiques. Les carrés entre Saturne et Uranus activent de nombreux points de mon thème natal. Mon carré de Saturne tempête fort.

En me connectant à ma frustration avec le grand carré, j’ai fini par ne plus résister. Je renonce aussi à trop en faire, à tenter de compenser. Il y a tellement de transformation. Même si la résistance fait partie du processus, me rendre à ce qui se passe au-delà de mon contrôle m’apporte un enseignement. Macrocosme, microcosme, interconnexions: ça ne vaut pas la peine de se battre contre tout ça. C’est plus puissant de céder, de se laisser aller, de se brancher sur cette fréquence. Se mouvoir sur ces ondes.

Saturne et Uranus sont des enseignantes précieuses dans mon parcours. Malgré les frustrations, j’apprends à travers les limites et les bouleversements. L’astrologie est un langage, mais aussi une clé. Elle n’est ni purement incapacitante face à un destin qui nous serait dicté d’ailleurs ni une grille d’analyse purement empuissançante qu’on manipulerait à notre guise. Elle participe de la compréhension de l’Invisible. Plus on interagit cependant et plus on est remis-e à notre place. Même si une vision géocentrique de l’univers est le point de départ historique du « logos » astrologique, l’astrologie ne confère pas forcément aux humain-e-s une préséance dans l’ordre des choses, dans la cosmologie. Elle nous invite à tisser du lien.

J’ai séché mes larmes de frustration en pensant à mes placements natals affectés par le carré entre Saturne en verseau et Uranus en taureau. L’astrologie est un art, non une science. L’analyse des transits m’informe des thématiques qu’il est susceptible de balayer, mais elle ne détermine pas forcément ce qu’il adviendra. La divination est un art. Elle peut être « utile ». Elle peut prédire. Mais elle est avant tout une conversation, une création, une étreinte des Mystères, une confiance à l’Inconnu. Une clé qui ouvre les portails de notre âme sur un monde foncièrement enchanté bien qu’on s’obstine à l’emprisonner.

Exaspérée par le combat entre l’implacable Saturne et la révolutionnaire Uranus hier, j’ai accepté l’invitation de ma chère et tendre. Nous nous sommes mises en route pour le Mont Minerve. J’utilise le nom qui était (peut-être) le sien avant la christianisation. Celui qu’on lui donnait avant la romanisation ne nous est pas parvenu par des sources historiques, même si les Esprits des lieux les murmurent encore aux pélerin-e-s qui les cherchent. Un sentier des bateliers sillonne encore le Mont. Il ferait référence aux batelièr-e-s qui laissaient leur moyen de transport sur le fleuve pour se mettre en marche et passer la nuit au village. Iels foulaient le même sol que nous arpentons aujourd’hui. Vénéraient-iels aussi les déités locales au sommet du Mont?

Les déités de ces lieu ? Le nom du Saint qui a tenté d’éradiquer les croyances locales pour imposer le christianisme est celui qui désigne communément l’endroit de nos jours. Il y a encore quelques décennies, l’usage d’une allusion à la Trinité prédominait. Si la Trinité est incontestablement un concept chrétien, c’est toutefois une autre résonnance qui vient me chercher. Mon cœur s’emplit en effet de la douceur des Matronae/Matres régionales, le groupe de 3 « déesses-mères » locales. Des traces du culte marial sont encore présentes le long des nombreux chemins du Mont Minerve. En contrebas, du côté de la ville, à l’opposé de notre pèlerinage du jour, se trouve le lieu-dit consacré au culte marial « de la tombe ». Selon certaines sources secondaires, elle s’appelait auparavant « Notre-Dame du Tumulus ». Son culte aurait permis aux pélerin-e-s éreint-é-e de se recueillir dans la vallée auprès d’une statue érigée sur un tumulus de l’époque gallo-romaine avant de poursuivre ou de renoncer à l’ascension de la colline. Sacré Mont, cette colline ! Elle culmine à à peine 150 mètres d’altitude. Les Monts du plat pays…

Je m’égare… N’est-ce pas le propre d’une pélerine ? C’est d’ailleurs au fil de mes errances que je tisse des histoires du Mont Minerve. Il y a 10 jours, dans l’église du Mont Minerve, une nouvelle statue avait été posée sur l’autel de la Vierge vêtue d’une tenue visiblement antérieure aux années 1920. Quand je me suis enquis de son origine, la concierge qui venait fermer le bâtiment a déclaré qu’elle était « apparue » à l’arrière de l’église et qu’elle l’avait déposée à cet endroit en attendant le retour du chanoine. Je m’égare ; des fragments apparaissent. Ce n’est qu’en m’égarant que mes pas – ou ses envoûtements – me mèneront à la source sacrée du Mont qui m’apparait parfois en rêve depuis des années.

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Prière à la Minerve locale

Texte canalisé le 16 juin, au Mont Minerve

Les yeux dans les yeux
Les yeux dans ton Feu
Brille brille la joie du Solstice

La luminosité innonde la plaine
Ton Mont offre le repos
Comme nous brillons!
Comme nous dansons!

Les roses sauvages indiquent le chemin
C’est ici que l’on prie

Louanges Ivresse Louange
Prolonge ma transe
Ton feu jaillit de moi
Je suis ta torche
Ton feu de joie
Ta nature sauvage

Tes prêtresses versent l’eau sacrée de tes sources
Leurs amphores comme des fontaines sur nos têtes
De moi jaillit la vie
Le plaisir
Je suis Fontaine

Prière rédigée dans la foulée


Je suis venue te visiter dans la nuit
L’aube fut ta réponse
Entends mes louanges, Minerva


Brillante Minerva
Nous te dédions ces Feux
Ces éclatants Feux de Solstice
A ta lumière inénarrable

Nous dansons à en perdre haleine
Nous chantons de nos voies éraillées
Tu brilles, tu brilles
Comme nous brillons!

Tu es la mélodie
La cadence et les spotlights
Tu es le vin qui alimente notre transe
Reçois nos offrandes

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L’animisme: réenchanter le rapport au monde

Manifeste pour un animisme féministe

Nos sens savent. Nos sens comprennent. Nos communautés (se) soutiennent. Autour de nous, les vies fourmillent sous diverses formes. Plus encore : les plantes, les pierres, les ancêtres, les déités, tout cela s’exprime, accueille, rage, attire, rejette. On va à la rencontre de ce fourmillement. De la beauté comme de la monstruosité. On suit nos sens, en ce compris ceux qu’on n’a pas appris à utiliser. On croit nos frissonnements.

L’Invisible a été mis au ban de nos sociétés rationnalisées, capitalistes, vidées. On renoue. On le valorise. On (re)trace des cosmologies dont l’humain-e n’est pas au centre. On observe les schémas et on les respecte. Tout comme là-haut, aussi ici-bas. Tout comme en nous, aussi au dehors. Nos pratiques oraculaires consistent à mettre en lien. Les résonnances emplissent notre vision du monde.

Parce que l’humain-e n’est plus le pilier de cette cosmologie, on fait preuve d’humilité. On revoie à la baisse notre sentiment de puissance. On apprend à craindre, à servir, à estimer les sagesses non-humaines. On réévalue constamment nos positions dans les microcosmes, les macrocosmes, le cosmos et les espaces liminaux. L’animisme féministe ne clame pas la puissance exclusive des humain-e-s, des femmes, des queers, des marginalisé-e-s. Il porte un regard enchanté sur les interconnectivités. Sur la puissance du-dedans de ces liens infinis.

Dans ce monde vibrant, les approches du vivant, du non-vivant, des corps célestes, des déités, des entités sont multiples. Elles sont variables. Tout comme en nous, aussi au dehors. Tout comme là-haut, aussi ici-bas. Autrement dit, on ne tranche pas les mouvements entre les mondes. On ne les engonce pas dans des dualismes. On ne fixe pas. On suspend.

La hiérarchie n’a pas sa place dans l’animisme féministe. Dans la multiplicité se développent des relations variées, mais jamais hiérarchiques. Si le Divin, en tant que principe ou en tant qu’entités (les Déités), existe dans cet univers enchanté, l’organisation en religions ferait courir le risque de structures hiérarchiques. L’animisme féministe s’en détourne. Tout comme il repousse la préséance des savoirs universitaires. Tout autant que les schémas et les résonnances, il célèbre l’anarchie, le compost et, occasionnellement, le chaos. Jamais nous ne figeons. Nous divinons pour moins régner.

Chantier : questionnement des savoirs organisés, prédilection pour l’expérience, la mémoire et la transmission non-hiérarchique. Construction : des connaissances articulées par une éthique forte, en évolution, en interconnexion. Et le doute bien sûr ! Le style du manifeste exige l’affirmation. Mais le doute bien sûr !

Nous n’inventons rien. Loin du leurre de notre toute-puissance, nous démultiplions les savoirs. Nous favorisons les relations. Nous provoquons les rencontres s’il le faut. La transmission, la canalisation, les traditions, les grimoires, la méditation : nous établissons des ponts. La médiation.

Dans le tourbillon capitaliste, nous posons nos actes, nos réflexions et nos vénérations en conscience et en lenteur. Chacun de nos gestes compte. Chacun de nos gestes peut participer d’une résistance. Comme nous écoutons les souffles qui parcourent l’univers, nous privilégions le souffle slow. Notre lenteur fait friction contre la course capitaliste. Car l’animisme féministe, évidemment, c’est un engagement contre les oppressions, contre l’exploitation. Moins régner.

Animisme féministe. Résistance. Au service des fourmillements, des souffles, d’un divin multiple. Créations, réappropriations ou préservations de liens.

Surtout, l’animisme féministe existe dans la liminalité.

Aux croisements, nous nous rassemblons. Nous nous dispersons. Au croisement des mondes, nous rencontrons.

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Pèlerinage du Solstice d’été

Venez, venez, je vous emmène dans mon Pèlerinage de Solstice d’Eté ☀️ Dans ce voyage en vidéo, j’explique comment se déroulent mes promenades ou pèlerinages animistes/polythéistes, comment le tarot m’accompagne dans ces aventures et dans mes interactions avec mon environnement en général. ⛲ En se baladant dans la vallée de la Woluwe et des sources qui l’entourent, on danse dans les espaces entre la matière et la spiritualité. On célèbre leur rencontre. Il y a des définitions, des réflexions, des signes, du folklore,… Il y a des arbres, des plantes, des ancêtres,… Et puis, évidemment, le tarot s’étire comme un fil rouge tout au long de notre pèlerinage.

Texte rédigé en fin de pèlerinage:

Baisers sur mes joues, comme les torrents d’un autre temps
Les trésors se déversent dans le ruisseau puis dans l’étang
Les contes d’un autre étang se dissipent dans l’Inconnu

Poursuivre, il le faut
Déterrer les lignées, les replanter

Agir, il le faut
Sentir la terre, honorer le sol
Aider les lignées à pousser

Tu sens les histoires sous tes pieds
Ta voûte plantaire te transmet
la course des ruisseaux
même voûtés

Planter dans la terre
Les messages des Ancêtres
Leur grâce

Poursuivre, il le faut
Les sources redéfinissent la course de l’eau

Je suis le ruisseau
Je suis le canal, le ruisseau
De la source à la mer
Je transmets

Tu envoies puis disperses
Je transmets

Il faut vénérer les sources car on leur doit la sagesse
L’océan car on lui doit l’immensité
La force de recommencer
De poursuivre
Puisqu’il le faut

Il faut faire le trajet
De la source à la mer
Planter nos lignées sur les berges
Auprès des saules et des peupliers

Il faut la drève
Démultiplier la liminalité
Il faut de l’amour

Cycles, lignées, des trésors qui ruissellent le long de mes joues

Il faut se donner
Au fil de l’eau
Et planter, planter
Déterrer et planter

Les lignées n’ont pas oublié
ce que les généalogies ont effacé
Les lignées qu’on retrace au fil des sources
– Quelles sources?

Sorcières et féministes: irréconciliables?!?

Préambule

Quand j’ai commencé cet article il y a quelques mois, j’avais envie d’un texte trop parfaitement bien étayé : des tonnes de sources, des vérifications approfondies, etc. Comme toujours, les aléas de ma santé en décident autrement. L’article ci-dessous se révèle plus brut. Il est beaucoup plus court. Comme un chantier sur lequel je reviendrai, plutôt qu’un long essai super élaboré. Le temps de la réflexion permettant à l’agacement de décanter, le projet s’est redessiné. J’ai peu retravaillé mon argumentaire. Il est plus « rond » que l’idée que j’en avais à la base.

Le Daughters of the Moon Tarot, un tarot féministe rond pionnier publié en 1984, m’a inspirée des réflexions plus libres. Après avoir créé une vidéo de présentation dans laquelle j’articule certains arguments de ce texte, j’y suis revenue, j’en ai arrondi les angles, j’ai accepté qu’il ne serait pas ce que j’avais l’ambition de partager initialement. Il est cependant un complément à la vidéo.

Sorcières et féministes, le grand écart ?

J’ai constaté un usage généralement péjoratif de « la sorcière féministe ». On la considère comme un épouvantail. Dénigrée, elle ne serait

  • ni un-e sorcière aux yeux des un-e-s. En effet, sa posture serait exclusivement théorique/politique tandis que seules les pratiques feraient la sorcière.
  • ni un-e féministe aux yeux des autres. Soit parce qu’yel aurait succombé à un phénomène de mode soit parce que le féminisme se voudrait rationaliste, anti-religions, etc.

Cette incompréhension dérive des multiples significations tant de « sorcière » que de « féministe ». Des féministes ont beau clamer depuis des décennies qu’il n’y a pas un mais des féminismes, l’anti-féminisme est tel que des collisions cognitives semblent vouées à se produire dès que quelqu’un-e s’en réclame. L’histoire de chacun de ces termes est bien plus complexe que les émois qu’ils provoquent.

Comment en vient-on à prétendre que les féministes auraient volé ou souillé une sorcellerie prétendument intemporelle alors même qu’elles ont cherché à l’historiciser (d’un point de vue purement académique ou d’un point de vue pratique) ? Comment utilise-t-n des arguments anti-capitalistes pour nier toutes les pratiques de sorcellerie qui ont existé et qui existent encore ? Pourquoi certaines féministes sont-elles aussi réticentes à intégrer les liens, qu’elles ont passé des décennies à déconstruire, entre femmes et nature ? Une fois pelées les couches de construction sociale autour des « sorcières », des « femmes, du « genre », de la « féminité », faut-il tout jeter au compost ou peut-on goûter le zeste et reconstruire ou se réapproprier (reclaim) des éléments ?

Féminismes des années 70

Pour mieux comprendre pourquoi on agite à tort le spectre de « la sorcière féministe », il faut remonter aux années 60 et 70. Se déroulent alors parallèlement deux mouvements (dont je me garderai bien d’affirmer qu’ils n’étaient pas joints par de nombreux ponts).

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Tirages combinant des oracles & un tarot. Des suggestions.

J’intègre de plus en plus d’oracles dans ma pratique perso des cartes. Grâce à la parution ces dernières années de nombreux oracles s’éloignant de la ligne new age/développement personnel/affirmation, j’ai découvert des jeux qui me correspondaient. Jusqu’à la révélation! Je peux être complètement créative dans mes tirages oraculaires.

Je développe ce sujet en 3 vidéos. La première est consacrée à des recensions de jeux avec lesquels j’aime travailler pour cet usage. La deuxième balaie diverses questions soulevées par cette pratique. Enfin, la troisième s’attarde sur les types de tirages que je réalise avec ces combinaisons. Elle se clôture sur un tirage collectif. Petite note: sur youtube, le sous-titrage automatique en français devient plus satisfaisant, n’hésite pas à utiliser cette fonction.

Voici les positions de cartes dans mes étalements dont je discute dans cette dernière vidéo.

1. Cartes du jour

le matin (et/ou le soir), avant un projet créatif, avant une rencontre, avant/pendant une promenade ou une médiation, …

Dans ces groupes de questions, je choisis ce qui est approprié ce jour-là afin de tirer entre 2 et 6 cartes.

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Se préparer au voyage divinatoire dans nos Constellations Queer: Méditation

Si tu souhaites méditer avant de regarder mes tirages de « Retracer notre ciel« , voici le sentier méditatif que j’ai emprunté avant mes propres sessions de lectures de cartes pour ce voyage. Je recommande d’y consacrer 10 à 20 minutes.

Adopte une position qui est confortable pour toi et dans laquelle tu ne risques pas de t’endormir. Assure-toi d’être dans une pièce où tu ne seras pas dérangé-e.

3 respirations profondes. Si c’est possible pour toi, ferme les yeux.

Tu es dans une grotte. La salle est ronde. Les parois sont humides. Tu leur fais face.

Avant de visiter, tu déposes tes soucis, ton quotidien, les pensées parasites dans des creux dans les parois. Nomme les différentes choses susceptibles d’encombrer ton esprit pour ce voyage avant de les confier à la grotte pour le temps de l’expérience. Il s’agit de se départir du profane pour entrer dans le sacré. Tes pensées et tes problèmes seront en sécurité dans la caverne le temps de l’exercice. Expire avec chaque élément dont tu te débarrasses momentanément.

Une fois que c’est fait, prends le temps d’observer ta respiration. Ne force pas. Laisse-la être confortable, naturelle. Tu es présent-e, dans cette grotte, serein-e, ouvert-e.

Si tu le souhaites, utilise tous tes sens pour apprivoiser ton environnement: touche les parois de la caverne, sens les odeurs, observe ce qui t’entoure.

Au milieu de la caverne, il y a un feu magique qui réchauffe sans brûler et qui éclaire sans menacer. Observe-le. Contourne-le.

De l’autre côté du feu, à l’opposé de l’endroit où tu as déposé le superflu, il y a un grand bol de divination sur un trépied. Tu t’en approches. Arrives-tu à te mettre à sa hauteur ? Que vois-tu ? Quelles sont les couleurs ? La substance ? Les apparitions ? Est-ce que des plantes, des animaux, des pierres sont évoquées ? Si tu ne parviens pas à t’en approcher, relève l’ambiance de la salle, vois si tu peux l’observer à distance.

Prends le temps. Quels messages reçois-tu et comment ? Quelles sont les analogies, les symboles, les correspondances ?

Il est possible que le feu ou le bol te demandent une offrande. L’as-tu à disposition ? Lui donnes-tu ?

Reçois-tu un objet de la part de la grotte ?

Il ne s’agit que d’une étape ici. Lorsque tu as obtenu quelques informations, remercie le bol divinatoire (ou le feu ou l’esprit de la caverne ou les apparitions que tu as vues).

Quelques mètres à gauche du trépied, tu aperçois une ouverture dans la pierre. Un escalier mène au dehors. Tu remontes. Même si tu quittes la lumière du feu de la grotte sombre, ton cheminement est éclairé par une lumière provenant de l’extérieur.

Au sommet des escaliers, tu marques un temps d’arrêt. Tu es dans la nature, dans les montages, dans un grand pré. Fait-il jour ou nuit ? Comment est la météo ? Observe particulièrement le ciel. Sa texture présente-t-elle des similitudes avec ce que tu as aperçu dans le bol ? Attarde-toi sur les éventuels nuages, étoiles ou vols d’oiseaux. Y a-t-il des statues, des fleurs, des sentiers, des animaux qui retiennent directement ton attention ? Est-ce qu’il y a des fruits que tu es invité-e à cueillir, des plantes à toucher, des plumes à recueillir ? Profite de cet espace. Emmène ce qui te semble utile pour le reste de ta route. Ou laisse des allié-e-s t’accompagner.

Tu te diriges maintenant à travers la prairie vers un lac. Comment te déplaces-tu ? Quel est ton état d’esprit ? Perçois-tu des changements autour de toi ?

Arrivé-e au lac, que remarques-tu dans ton environnement ? Tu te poses sur la berge. Dans quelle position ? As-tu des envies particulières ? Scrute le ciel. Si tu es inspiré-e, lis-le ? Scrute la surface de l’eau. Reflète-t-elle le ciel ? Observe encore les ressemblances. Si tu as apporté des choses, es-tu appelé-e à créer un mandala ou un petit autel ou encore à laisser des offrandes quelque part ?

Tu profites de cet instant. Tu en fais une expérience sensorielle et sensuelle qui te plaît, qui te fait du bien. Tous tes sens sont en éveil, même ceux que tu ignorais. Si tu en ressens l’envie, n’hésite pas à te baigner, à te masturber, à te rouler dans l’herbe. Tu t’ouvres à l’infini : les cieux, l’eau, la terre. Tu fais l’expérience de ce qui t’entoure. Quand tu as terminé, même s’il est difficile de partir, remercie à ta façon le lieu pour son accueil. Tu rebrousses chemin sans te retourner vers l’entrée de la grotte. Tu t’arrêtes sur le seuil, dos à la caverne. Tu respires profondément en appréciant la beauté de ce qui t’entoures. Tu es sur le seuil. Tu es dans cet espace liminal. Tu es à la croisée des mondes.

Tu reprends progressivement conscience de la pièce dans laquelle tu es, de ton corps, des bruits autour de toi. Tu reviens lentement à ton quotidien dans un état de proximité avec le sacré accru. Enregistre ou note les éléments de ton parcours que tu ne veux pas oublier. Bois ou mange un peu pour te remettre de ce voyage.

Et voilà, c’est le moment de regarder les vidéos.

Tarot collectif: monologue à 100 voix. Des larmes aux armes

J’ai rangé mes larmes par ordre d’importance.
J’ai prétendu faire du classement dans mes chagrins.

Les larmes de frustration, les larmes de désespoir, les larmes de composition, les larmes de manque, les larmes de rejet, les larmes des portes fermées, les larmes des portes que j’ai pas su fermer, les larmes des ports, des océans qu’on met entre des corps, les larmes de douleur, les larmes d’angoisse, les larmes de pas être pas à la hauteur, les larmes abyssales, les larmes que personne ne t’aimera, ne te désirera, ne t’admirera jamais.
Exercice périlleux, j’ai voulu catégoriser.

Tout ce qu’il reste, c’est être là.
Tenir envers et contre tout.
Tenir parce que je viens de loin.
Tenir parce que je suis pas tout à fait seule.
Tenir parce que si j’erre depuis mille ans qu’est-ce que c’est mille de plus?

De mes os, j’ai façonné des armes.
J’ai rangé mes armes par ordre d’importance.
J’ai procédé au classement de mes exploits.
De mes larmes, j’ai recueilli la substance
Téméraire et vulnérable, incontrôlable.

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Cailloux, pentacles… dégager des chemins

Laisser des cailloux derrière moi 
Afin de retrouver le chemin du retour
Murmures remontant depuis la vase de la rivière :
Il n’y a pas de retour en arrière
Tu dégages ta route désormais
Tu n’auras pas besoin d’indications pour revenir
Les cailloux symbolisent ce que tu quittes

Les étoiles et le soleil pour unique boussole
Pas de GPS élaboré, pas de communication satellite
Je suis en route vers la nouvelle moi
J’ai peur qu’elle ne brille pas autant 
J’ai peur que ma mue précédente était plus éclatante
Je suis en route
J’aperçois mes reflets

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