5 de bâtons + La Mort

Ton propre égo te piège là, en te poussant à rechercher la pureté émotionnelle et/ou activiste et/ou relationnelle et/ou spirituelle et à l’exiger de la part des autres. C’est de ton intégrité dont le monde a besoin là en fait. Contre tes valeurs égoïstes, brûle-les, réduis-les en cendres. Cherche à agir animé.e par des principes, des convictions, de l’inspiration et de la douceur/tendresse radicale.

3 de pentacles. Le premier pas

Non, dis, chou tu n’es pas seul.e. Mais tu ne vas pas recevoir l’aide dont tu as besoin si tu ne demandes pas.

Si tu veux compter sur le soutien de tes pair.e.s, faut aussi valoriser ce qu’on t’apporte. Faut reconnaître que tes compétences ne sont rien sans mise en commun avec d’autres.

Ce qui est difficile pour toi l’est aussi pour d’autres. Harassé.e.s, dans un état de burnout (militant), peinant à y croire encore ou mettant tant d’énergie à le faire qu’il n’en reste pour rien d’autre, ta team te comprendra mieux que tu ne t’y attends. Si seulement tu faisais le premier pas…

Dagaz: Si je ne peux pas danser…

Danse ! Écoute ton coeur et danse. Écoute les constellations, les générations, les luttes à venir et danse ! Ne laisse personne te dire « c’est comme ça ». Conteste l’arbitraire, même quand plus personne n’ose le faire. Recherche les partenaires de dancefloor qui se soulèvent aussi.
Emma Goldman disait: si je ne peux pas danser, je ne veux pas faire partie de cette révolution.
Oui mais… les conditions sont dures. Lire la suite « Dagaz: Si je ne peux pas danser… »

Les 9 ans de ma robe moulante et de mon dernier régime

J’ai découvert les photos de ma fête d’anniversaire. J’ai détesté mon double menton. C’est comme ça que j’ai entamé mon dernier régime.

J’étais fière de cette robe. Mon corps moulé par son drapé me paraissait si sexy. C’était ma première fois en robe moulante. Depuis plus de 10 ans, je ne sortais pas sans masquer le haut de mes bras, dissimulant ainsi mes cicatrices d’automatisation et leur grosseur. Je maîtrisais donc la parade : un gilet complétait ma tenue.

Je me suis amusée. J’ai ri à gorge déployée. J’ai posé pour les photos. Je me sentais bien et épanouie. Ça ne m’arrivait pas tous les jours. Ce jour de mes 26 ans, j’étais euphorique et, surtout, certaine qu’aucune phase dépressive ne m’attendait pas au tournant. Je commençais à me sentir bien dans mon corps. Mes nouveaux neuroleptiques n’avaient – enfin ! – pas la prise de poids comme effets secondaires. Quel soulagement ! Ils me cassaient moins. J’avais envie de m’ouvrir au monde.

Les fameuses photos:

 

Cependant, quand j’ai découvert les photos, j’ai détesté mon double menton et j’ai voulu maigrir. J’étais dégoûtée de moi-même. J’ai d’abord affiné mes arguments: je ne pouvais pas être en paix avec mon corps si j’avais un double menton ; on m’avait toujours dit que mon joli visage sauvait mon immonde grosseur, qu’allais-je devenir si la graisse se mettait à le déformer ; il fallait que je fasse attention à ma santé, même si j’étais en parfaite santé, parce que l’obésité ne pouvait que me mener à l’infirmité que je redoutais tant (comme tou.te.s les valides).

J’avais souvent fait des régimes. J’étais confiante. On perd généralement 5 kg le premier mois, c’est tellement grisant qu’on en oublie les malaises, Lire la suite « Les 9 ans de ma robe moulante et de mon dernier régime »

L’Ermite et ses cuillères

Comme beaucoup de malades chroniques, je considère l’été comme mes mois d’ermite. Ce rythme plus lent et ce retirement peuvent nous apprendre à suivre notre lanterne à travers les méandres de nos angoisses, de nos aspirations et de notre soif de sens. C’est dur. La douleur et l’épuisement nous vident. Mais cette canne est solide.

Où sommes-nous?

Préambule : Les personnes considérées comme « « obèses » » constituent un cinquième de la population par ici.

Où sommes-nous ?
Je tente de me frotter les yeux
Émergeant d’un cauchemar
Je n’y parviens pas
Dos courbaturé
Je tends la main dans le vide
Où sommes-nous ?
Le vide ne répond pas

Je t’ai cherchée partout
Dans les livres d’abord
Scolaire et isolée
Je t’ai cherchée sur les scènes
Je t’ai cherchée dans les réunions
J’ai zappé à en dézinguer la zappette
Tu n’es pas venue

Où es-tu ?
Tu es le spectre qui me taraude
Ton existence conditionne la mienne
Je t’ai aperçue
Imprimée sur les pages
Par les fantasmes d’une autre
Déformée sur l’écran
Pantin à la merci des campagnes de haine
Ce n’était pas toi
J’aurais dû m’en douter
Mais je me suis retrouvée piégée
Je te l’avoue
Je me suis laissée piégée à force de silence

Tu es devenue ce qu’il fallait que tu sois
La grosse marrante
La grosse avec de l’auto-dérision
La grosse au beau visage
La grosse qui s’excuse perpétuellement

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4 de coupes. Rester à l’abri et regarder la tempête

Si tu te sens dépourvu.e d’inspiration et déprimé.e ce week-end, n’essaie pas de te mettre davantage de pression pour performer ou produire (socialement, dans les tâches administratives, au niveau de tes exigences artistiques).

Quand t’es au courant qu’il se passe des trucs trop chouettes auxquels on ne t’invite pas.
Quand t’as perdu tellement d’ami.e.s que t’as arrêté de compter. Lire la suite « 4 de coupes. Rester à l’abri et regarder la tempête »

Oracle des Erinyes

Je veux que tu te casses, je veux que tu dégages.

Je veux que tu flippes pour ta life dès que tu mets les pieds ici.

Je veux que tu te sentes menacé.

img_20190518_133408_8732908881487871605138.jpgJe veux que jamais, plus jamais, tu ne te sentes légitime à faire part de ton avis de merde à une meuf, une gouine, un pédé, une personne trans. Je veux que tu ravales ton avis de merde et que tu t’étouffes avec.

Je veux que ta légitimité sans faille te râpe la langue, qu’elle te tranche la glotte, qu’elle se désintègre le long de son œsophage et que ses milliers d’épines te percent l’estomac. Je veux que la nausée te poursuive aussi longtemps qu’il le faudra.

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Je veux m’engouffrer dans le vide de ton esprit et te tourmenter. Te tourmenter à jamais. Je veux que les Erinyes et toutes leurs descendantes te poursuivent tant que nous n’aurons pas obtenu gain de cause. Je veux que tu paies, je veux que tu trimes. Tu vas morfler. Je veux que tu te noies dans la sueur de tes cauchemars. Je veux que les sirènes des revanchardes étouffent tes cris. Je veux que la solitude étreigne chacun de tes membres. Je veux que l’isolement se resserre, qu’il fasse garrot, que t’en pète. Je veux que tu saches. Je veux que tu paies. Lire la suite « Oracle des Erinyes »