2 de bâtons. Le seuil

Des reflets. Des promesses. De la magie qui danse dans les facettes. Charger au soleil la petite graine qui deviendra grand projet. Considérer les options. Profiter de la brise. Imaginer. La peur, les risques, les contraintes, l’arbitraire, les sécher au soleil.

Frêles rayons avant…
Souhaiter, vouloir, hésiter, anticiper, pétiller.

Le seuil franchi, ce qui était auparavant se dissipe. Le seuil franchi, les reflets scintillent sur des surfaces supplémentaires.
C’est là qu’on se sent badass.

L’Enfant d’épées, sa coupe et sa communauté

Là-bas ! Dans ce livre ! Cette formation ! Là, là, là, dans ce voyage qui t’apprendra tout! Il y a un côté théâtral dans la curiosité de lae Valet d’épées. Yel se sent d’attaque pour l’impossible. Yel veut découvrir comment stopper le réchauffement climatique. Yel veut aborder les sujets tabous de la santé mentale sous un angle neuf. Yel veut saboter la psychiatrie et les élites intellos. Yel va saborder les prisons. Yel sera la prochaine Virginia Woolf.

C’est vrai, yel n’a pas encore vraiment commencer le processus d’apprentissage pour ça. Mais le cœur y est ! Si ça compte pas ça ?!?

Dans son empressement, yel manque d’ancrage. L’ancrage, ça veut rien dire quand on aspire à la sagesse révolutionnaire, tout.e flambant.e de passion et de rage. L’ancrage, c’est de ne pas laisser s’envoler toutes ces grandes idées. C’est de ne pas s’éparpiller au point de s’étioler, appelé.e de partout, ne pouvant se poser nulle part. L’ancrage, c’est penser à la communauté qu’yel veut joindre avec ça. C’est développer le même enthousiasme pour trouver une place en son sein. L’ancrage, c’est mettre en application, les grandes théories encore à peine effleurées. C’est vivre l’articulation des belles idées et de la fabrication, la transformation, la création, le rassemblement. C’est mettre en place les conditions de leur concrétisation.

L’ancrage, pour Lae Valet d’épées, c’est faire du lien. Du lien matériel. Du lien humain. Du lien entre les espèces. Du lien entre les mondes. Des ponts.
Ou bien c’est la rencontre des approches queer et matérialistes. Ou bien c’est décréter que la meilleure formation n’est pas dans les bouquins, mais l’épreuve du terrain.

L’arrogance de la Valet doit se lover dans la communauté et s’y atténuer. Ses théories farfelues doivent atterrir dans le concret. Elles doivent prendre forme dans du changement, peut-être moins révolutionnaire que ses aspirations initiales, mais qui intervient dans le présent et bouscule pour de vrai.

En l’observant s’emballer, se mettre en mouvement, viser la lune parce que ça lui fait pas peur, on sait que ça sert à rien de lui rappeler tout ça tout de suite. Progressivement, yel canalisera son entrain. Yel appliquera sa ferveur et sa verve dans les liens. Yel les grandira dans la construction. Ou pas… mais c’est pas à nous de le snober pour ça, si ?