10 d’épées. The Truth is in the Dirt

J’ai caché mes yeux derrière les tiens.
Que ton corps fasse barrage au soleil!
J’ai caché mes blessures à l’abri de la lumière
Pour priver ma peur de la vitamine D dont elle a besoin pour se réparer.

J’ai voulu me mirer et me mirer encore dans les ombres: qu’elles aspirent toutes mes couleurs
qu’elles me rendent ce qui est mieux

Le néant

J’ai appelé le néant de mes vœux. J’ai voulu lui donner ma vie.

J’ai voulu vivre où tout aspire la vie. En attendant la mort.
J’ai prétendu n’exister que terrée dans les grottes.
A moitié mousse, à moitié crotte.

Mélange des réjections des chouettes, de la pisse des ours et des traînées gluantes des vers

J’ai vécu les histoires des rêves
les visions des sorcières
l’amnésie des traumas

Je n’ai pu être moi. Sans les morceaux de mémoire que j’avais enterrés, comment être?
Comment être moi?

J’ai caché mes yeux dans la cage thoracique de la louve.

J’ai suspendu mes boyaux aux stalactites.

Comment être moi? J’en ai avalé des couleuvres, en quête d’un récit qui me ramènerait à moi-même. Des vertes, des translucides et leurs mues.
J’en ai chéri, des hallucinations censées rétablir un soupçon de sens. J’en ai enlacé, des illusions.
J’en ai lacéré des peaux! J’en ai léché des plaies! Je me suis abreuvée de mes lamentations pour les transmuter en sérum de vérité.

J’ai tenté de m’extraire.

Le néant.

Dans les étreintes de la mère-louve, j’ai étouffé mon désespoir. J’ai suffoqué sous sa garde.
J’ai mâchouillé du lichen, transformant ses extraits en potions abortives afin de condamner mes renaissances. J’ai agrippé la pierre en me tordant de douleur, en maudissant mon destin, l’impossible renouvellement.

Lire la suite « 10 d’épées. The Truth is in the Dirt »

Le remède du 7 de coupes

Quel est le remède du 7 de coupes? Faut-il rompre le charme de la transe? Faut-il lutter pour s’extraire de la confusion? Faut-il s’acharner à trier, à décider, à discerner?

Je veux célébrer le 7 de coupes qui se laisse aller à la contemplation.

Je veux que se dilate le temps improductif du 7 de coupes. Je veux qu’il inonde mes rêves, mes journées, nos rhizomes, nos fantômes.

Je veux sentir nos corps fondre sous l’effet du 7 de coupes. Que les tensions se dissipent! Que les idées se dispersent! Qu’elles foisonnent ou qu’elles se perdent importe peu.
Je veux me diluer dans les récipients. Je veux la dissolution des récipients.
Je veux circuler dans ses boues.

Je ne veux pas forcer l’échappatoire. Je veux faire des glissades sur le bourbier.

Me fondre, me fondre.
Au lieu de me précipiter, contempler les utopies.
Aussi longtemps qu’il le faudra.
Le planning ne m’appartient pas.


En plus de cette méditation sur le 7 de coupes, je t’invite à regarder ma dernière vidéo. Elle porte notamment sur les 7 dans chacune des quatre suites de l’arcane mineur.

Reine de Coupes. Ondulations

Dans les ondes azur de mes rêves Ondées estivales sur ma peau fatiguée Revigorantes pour mes muscles
Je fais venir la douceur Je fais venir les vagues dans mon corps Le mouvement dans mes canaux
Entière, je vibre d’éternité Et de présence de cet instant – éphémère

Je n’ai besoin que de moi Pas besoin d’être à l’endroit Mais l’attachement à cet endroit M’anime des chants de la source Ses ondes, ses frissons
La colline est née des sédiments laissés par le retrait de la mer Un grain de sable L’échelle de l’humanité Et celle de l’éternité

Je me plonge dans ce corps Celui de ma juste place Ni exubérante ni insignifiante Juste
Cet instant Les temps immémoriaux La mémoire de la terre Les courants de l’eau Les ondées
J’ondule 

2 de disques. Visions d’orage. Célébrations des Moissons

Août 2021


Sur la pointe des pieds entre les mondes
Les chevilles embourbées dans des perspectives eschatologiques
Sur le fil des contradictions, pas d’évasion
Pas de récits, pas d’écrins pour les utopies
Décharnées
Ce corps ce monde ce corps ce monde
Réintégrer, ré-encorporer, réclaimer, réapproprier
Ces ruines
Les sucs gastriques se chargent des fruits précocement tombés L’acidité engouffre la disette la déconfiture la féconditure les offrandes écarlates Gaz succulents s’échappant d’usines désaffectées Alertes par SMS Disette Notifications rassasiées L’écorce saigne Les cosses sont vides Les coquilles les îles les îles S’étiolent S’étiolent Croupissent

Quelles déesses de la fertilité appeler? T’as raté un chapitre. Hier encore…
Un désastre. Quelles déesses de la fertilité appeler ?
Les épis pourrissent Hekate ratisse Les carnassières rappliquent
Utopies décharnées Les espoirs rapetissent
Comme neige carbonique au pistolet

Y a pas de morale à la valse du 2 de disques, c’est rien d’autre qu’une histoire d’équilibre
Pas de morale
Des coquilles en guise d’épaves, de navires, d’épaves
Ainsi va la valse du deux de disques
Récit d’équilibre La pratique pour mission
La matière la terre le corps

Une bien belle (dé)composition
L’art de flétrir Le défi de périr
Sans la dignité que le capitalisme a annihilé
L’art de flétrir Le défi
Être où ça s’écroule dans le ciment dans la cime des cèdres centenaires incendiés dans les civières
Ontologie de l’indicible Fanfares des entre-mondes dont les grondements fragmentent le ciel

On dit que la Grande Peste se caractérise par la disparition des traces écrites

Que crient les corps ? Qu’écrit l’Agonie ?

Il n’y a pas de morale, pas de positivité dégoulinante ni de défaitisme dépolitisé, juste la pratique de l’équilibre avec le 2 de disques (et peut-être des hernies discales, des lignes de faille, des fractures d’où hurlent l’Autre Monde)

voir aussi. Hymne homérique à Déméter

9 de pentacles. L’automne

Ici les cris
S’en vont flétrir sur le sol
Nourrir les pieds
Accueillir les mort.e.s

Ici le vent
Suspend son élan
Périt dans un tourbillon
Rejoint la terre

Ici la vie
Saisit par son immensité
L’opulence succombe
Les fruits défendus ravissent
Les lèvres, les lièvres

Lire la suite « 9 de pentacles. L’automne »

Hekate est La Magicienne

Hekate est la Magicienne.
Hekate est mercurienne, particulièrement en mai: Gémeaux

Elle est la voie dans le chaos, la piste dans la multitude
Elle brouille les pistes. Mais derrière les masques, c’est toujours Elle.

Hekate Einalia se tient à la croisée des mondes.
Sur la falaise au bord de la mer, les serpents au vent
Elle exprime son rôle de porteuse des clés de l’âme cosmique.

Hekate Pantos Kosmou Kleidokhos
Hekate, l’Anima Mundi.

En elle, tout fusionne, tout se rencontre
Tout prend vie
Ce n’est que passés à son filtre que les éléments prennent vie

Hekate anime Elle manipule Elle crée

Comme la Magicienne, elle canalise
le cosmos et le chaos
la foudre, la brise
l’eau salée et les fluides
Elle nous active

Elle énergise.
L’énergie monte, monte.
Les forces descendent.

Elle est le point de rencontre
Le point de fusion
Le point de création

L’explosion et la concentration.
Elle contient, elle relâche
Elle génère des mirages, des tâches
Des miracles

Je me présente à toi.
Tu accueilles Tu détruits Tu façonnes Tu acceptes

Dans tes spirales se tissent les fils du temps
Se brodent les mains de tes filles

Tu engendres, nous existons
Tu nous libères
Tu nous appelles

Hekate, Anima Mundi,
Bénie, sois-tu
Mère cosmique
Vecteur énergétique
Infinie
Tu es le souffle et l’âme
et tout autre chose
l’unité et la multiplicité
Tu es
La médiation cosmique.

27 mai 2021, dans un train

Prière à la Minerve locale

Texte canalisé le 16 juin, au Mont Minerve

Les yeux dans les yeux
Les yeux dans ton Feu
Brille brille la joie du Solstice

La luminosité innonde la plaine
Ton Mont offre le repos
Comme nous brillons!
Comme nous dansons!

Les roses sauvages indiquent le chemin
C’est ici que l’on prie

Louanges Ivresse Louange
Prolonge ma transe
Ton feu jaillit de moi
Je suis ta torche
Ton feu de joie
Ta nature sauvage

Tes prêtresses versent l’eau sacrée de tes sources
Leurs amphores comme des fontaines sur nos têtes
De moi jaillit la vie
Le plaisir
Je suis Fontaine

Prière rédigée dans la foulée


Je suis venue te visiter dans la nuit
L’aube fut ta réponse
Entends mes louanges, Minerva


Brillante Minerva
Nous te dédions ces Feux
Ces éclatants Feux de Solstice
A ta lumière inénarrable

Nous dansons à en perdre haleine
Nous chantons de nos voies éraillées
Tu brilles, tu brilles
Comme nous brillons!

Tu es la mélodie
La cadence et les spotlights
Tu es le vin qui alimente notre transe
Reçois nos offrandes

Lire la suite « Prière à la Minerve locale »

La Lune Louve

A la recherche des morceaux de mon âme,
Je plonge je plonge

I’m diving in search of my bones
The bones I hid here in another life
Maybe in another world

Je suis sauvage, instinctive
Je suis dans l’interstice entre les louves et les chiennes
Mon squelette conte l’existence d’une espèce
Dont on a perdu la trace
Je cherche les os que j’ai enterrés ici
Quand j’ai dû fuir
Pour survivre

In my dreams, I meet the ancestors
Who remind me of my instincts
In my dreams, there is snow in July
Rage, lust for life
Lust for the sake of lust
In my dreams, the confidence
To make it through the floods

Au réveil, le sang couvre mes jambes
Témoin des luttes
Témoin des ongles arrachés à creuser à creuser
A creuser pour des os
Des traces
Une validation
Quelque chose

Blood on my legs in the morning
I remember some of the codes
The rest is lost again
Again
I curl
I howl
I spin
I tear open
Another morning without the precious pieces of my soul

Mon corps se tord
Je hurle je hurle
A l’appel de ma meute
Je hurle je hurle
Pour conjurer la solitude
Mon corps se tord
Je me recroqueville
Je suis inerte
Je me tords et je hurle
Où sont passés mes désirs
Et mes os
Et mes ancêtres
Et ma meute
Où ? Où ?
Ahouuuhouhhhh

Lire la suite « La Lune Louve »

L’Ermite, la contemplation, les icônes

Ce qui fait L’Ermite
C’est le temps de la contemplation
Les couches se réorientent
La surface se craquelle
Le lieu
Le support
Ou l’entité
S’ouvre
L’Ermite se fond dedans
Progressivement
Elle devient ce qui l’entoure
Elle perçoit lentement

L’Ermite accède-t-elle à
Un au-delà
Des apparences
Des convenances
A des secrets
Profonds
Antiques, non humains
L’Ermite disparaît-elle dans
La contemplation
Pour se trouver elle-même
Pour accéder à sa source de sacré

Qui est ton Ermite ?
Le silence ou la guide ?
La transcendance ou la flamme intérieure ?
La disparition ou l’exaltation ?
Le retrait ou le service ?

Qui es-tu qui es-tu ?
Qui suis-je ?
Quelle est ma mission ?
Comment contribuer ?
Comment révolutionner ?
Dans la contemplation, la révélation.


Les eaux troubles du/de la Pendu.e

Dans les eaux troubles du lâcher prise
Dans le flou des rêves, dans la vase des cauchemars, dans les marais d’où s’échappent les feux follets

Suspendu.e dans un espace-temps non-linéaire, fragmenté, distordu, dystopique, infini, chaotique

Perdre le contrôle
Lutter, céder
Vivre avec le trouble
Lâcher