Cartomancie poétique avec le Literary Witches Oracle

Interprétation du jet de cartes en écriture automatique + lecture spontanée

J’éclaire mon chemin. Faiblement, d’une lumière aussi vacillante que ma main, la lanterne partage son éclat. Elle donne naissance à des ombres. Je sursaute. J’éclaire malgré l’épaisseur de l’obscurité dont le manteau de pierre pèse sur mes épaules.

Mes doigts trouvent la fente dans le tronc. Le creux de l’arbre répond aux frémissements de mes doigts. L’excitation coule le long de mes articulations.

Je bois goulûment la sève à même l’écorce. J’arrose les racines en retour. Nous fusionnons. J’entre. J’entre dans l’intimité de l’arbre. J’entre dans le creux du monde. Je n’ai plus besoin de lanterne car l’élixir est maître de mes visions.

Mes os s’entrechoquent. Je suis réduite à une version dépouillée de moi-même. Les os forment la limite entre la terre profonde, les existences passées, les secrets dont on m’a dépouillée et l’infinie capacité à revenir des morts. J’orne mon crâne d’une couronne de fleurs.

Les fleurs sauvages poussent sans la photosynthèse. Elles sont primaires. Brutes. Primordiales. Irrécupérables. Inénarrables. Les fleurs sauvages poussent dans le pot de mon crâne décharné par mes années d’errance. Les fleurs sauvages poussent dans les tripes des êtres de la nuit, dans les entrailles des chats qui chassent sans lassitude, dans les viscères des créatures qui s’échappent sans relâche. Les fleurs sauvages poussent, champignonnesques, dans les vestiges de mes articulations. Elles poussent dans les vertiges de mes hallucinations.

Tout en bas, je suis épuisée, guidée dans ma danse macabre par le bruit de mes os qui s’entrechoquent. Je suis guidée par la musique de mon être élémentaire, cet être qui n’est plus à moi, qui n’a plus d’identité. Cet être composé-e de ramifications et de mycélium est guidé-e par la cadence des os. Epuisée, elle se blottit dans la tasse de thé. Elle dépose ses glaires, coussins de fortune, avant de s’endormir.

Tu liras son histoire dans les formules micellaires déposées autour de la paroi quand la tasse sera vide. La tasséomancie ou l’art d’entendre les fantômes. L’art de relâcher la lune ou l’existence dans un chaudron. Je reviens. Tu sais que je reviens. Comme la lune toujours revient, je reviens. Recomposée, décomposée, j’émane du chaudron. Mes vapeurs agrippent des nuages. Bientôt, je serai la brume. L’aurore ne m’attend pas. Je reviens pourtant, flottant sur sa croupe. Substantielle, je rampe. Je suis matière. Mon histoire éphémère ne connaît pas de fin. Que des renouvellements…

Une histoire centenaire éclaire nos chemins. 

Tarot collectif: monologue à 100 voix. Des larmes aux armes

J’ai rangé mes larmes par ordre d’importance.
J’ai prétendu faire du classement dans mes chagrins.

Les larmes de frustration, les larmes de désespoir, les larmes de composition, les larmes de manque, les larmes de rejet, les larmes des portes fermées, les larmes des portes que j’ai pas su fermer, les larmes des ports, des océans qu’on met entre des corps, les larmes de douleur, les larmes d’angoisse, les larmes de pas être pas à la hauteur, les larmes abyssales, les larmes que personne ne t’aimera, ne te désirera, ne t’admirera jamais.
Exercice périlleux, j’ai voulu catégoriser.

Tout ce qu’il reste, c’est être là.
Tenir envers et contre tout.
Tenir parce que je viens de loin.
Tenir parce que je suis pas tout à fait seule.
Tenir parce que si j’erre depuis mille ans qu’est-ce que c’est mille de plus?

De mes os, j’ai façonné des armes.
J’ai rangé mes armes par ordre d’importance.
J’ai procédé au classement de mes exploits.
De mes larmes, j’ai recueilli la substance
Téméraire et vulnérable, incontrôlable.

Lire la suite « Tarot collectif: monologue à 100 voix. Des larmes aux armes »

6 de vases. Tisseuse

Je suis une tisseuse
Ma vie ne m’appartient pas complètement
J’intègre les fils

Fil du traumatisme
Fil du divin
Fil des ancêtres
Fil des contes
Fil du fantasme
Fil de la dystopie
Fil du déni
Fil des codes
Fil de l’inconnu
Un fil, des fils, des pelotes

Je tisse du mieux que je peux
Par devoir comme par passion

Lire la suite « 6 de vases. Tisseuse »

Cailloux, pentacles… dégager des chemins

Laisser des cailloux derrière moi 
Afin de retrouver le chemin du retour
Murmures remontant depuis la vase de la rivière :
Il n’y a pas de retour en arrière
Tu dégages ta route désormais
Tu n’auras pas besoin d’indications pour revenir
Les cailloux symbolisent ce que tu quittes

Les étoiles et le soleil pour unique boussole
Pas de GPS élaboré, pas de communication satellite
Je suis en route vers la nouvelle moi
J’ai peur qu’elle ne brille pas autant 
J’ai peur que ma mue précédente était plus éclatante
Je suis en route
J’aperçois mes reflets

Lire la suite « Cailloux, pentacles… dégager des chemins »

5 de coupes. Pleurer et s’ancrer avec Freyja

Un texte canalisé lors d’un espace sacré polythéiste de Valiel Elentari sur le deuil avec la présence de la déesse Freyja.

Dans les méandres
Dans les déserts
Terres arides
Ruisseaux desséchés

Je cherche mes larmes
J’appelle mes larmes
Je cherche comment pleurer

Dans les sillons laissés par le souvenir de l’eau
Les traces du courant
Les pierres polies
Je cherche

Il faut creuser, creuser
Il faut creuser pour que jaillisse la source

Des torrents
Des larmes, des sanglots
Des tourments

Ainsi, je ne suis pas desséchée
Ainsi, je prospère
Féconde
Des larmes
De pluie pour que poussent les récoltes

Ainsi je suis en vie

Je m’arrête là
Je me pose sur la berge

Lire la suite « 5 de coupes. Pleurer et s’ancrer avec Freyja »

L’Impératrice. Du paradis à la lune sombre

La lavande apaise
L’achillée protège
L’échinacée renforce
Les ronces, remparts, gardent les passages
Je me perds dans l’instant

Me poser sur une tige fragile
Me sentir solide
Tellement chez moi
Que les angles pour atterrir
Et décoller en toute fluidité
N’ont pas de secret

Ni les graines qui nourrissent l’âme
Ni les parfums qui enchantent la vie

Ces jours où
La Beauté est le remède
Ces jours où
Je me cache ici

Déjà pourtant
La Lune Sombre appelle
De derrière la haie de ronces
Elle me soulève
Adieu, décor paradisiaque

Lire la suite « L’Impératrice. Du paradis à la lune sombre »

Liberté…?

En attente sur la ligne mouvementée reliant la solitude et la communauté, on se pose. En attente, on pause. Toi, tu touches. Ton corps essaie de suivre le mouvement. Tu résistes. Ça ne coule plus de source.

Espoir. La raccommodeuse de cœurs. L’aubépine.
La murmureuse de cœur. La voix cosmique, L’Etoile.

Liberté vendue avec son amertume (néo)libérale. Promesses qui sonnent comme des ordres. Encouragements qui résonnent comme des sentences. Le glas.
Nos cœurs rebelles et traumatisés tempêtent. Sauvages, ils couvent nos serpents en devenir.
Qui a l’outrecuidance de laisser entendre que tout ira bien ?
Loup, Lion, Lapin se tiennent sur le seuil. Yels espèrent qu’on va courir librement.
Librement….

28 avril 2020

Cartes à jouer Keith Haring

Suis tes émotions brutes
Écoute ton intuition quand elle n’est pas parasitée par
le souci de bien faire,
de dire ce qui est attendu
❤️
Brouillée par
tout ce qui fait de toi quelqu’un.e
qu’on respecte,
qu’on écoute,
vers qui on se tourne
❤️
Toi, soutien indéfectible
Fais défaut
Envole-toi
Suis ton instinct, il sait comment
❤️
Les pistes,
Tu peux les brouiller
Les barbouiller
D’excentricité
Décentré.e
❤️