Zine! Grossir le tarot #2

Si tu apprécies mes articles ici mais que le format blog entrave ta lecture, je te propose quelques compilations sous forme de fanzines

Les essais et poèmes de « Grossir le tarot #2 » viennent compléter la série « Grossir le tarot #1 »(clic clic pour consulter ou télécharger) Lire la suite « Zine! Grossir le tarot #2 »

Visionnaire de cailloux

Un des éléments les plus frappant de Lae Visionnaire de cailloux du Slow Holler (traditionnellement la reine de pentacles), c’est sans doute ses jambes poilues équipées d’ultra hauts talons, des talons comme des maisons. Lae Visionnaire de cailloux nous parle de confort, mais pas n’importe lequel: le nôtre, celui dans lequel on se sent bien, même s’il apparaîtra bancal à d’autres, même s’il faut s’accommoder de contradictions pour se sentir bien dans notre corps.
Yel nous invite à porter les godasses qui nous font sentir assez monumental.e pour être en sécurité. Yel nous invite à réfléchir aux normes corporelles et de genre pour habiter notre corps et naviguer les injonctions d’une façon qui ne fait pas trop mal, dans un monde cishétérosexiste, validiste, misogyne, grossophobe. Yel propose de se poser, même brièvement, dans notre propre point d’équilibre et de veiller sur nous. Lire la suite « Visionnaire de cailloux »

Reine d’épées

On poursuit avec les figures avec aujourd’hui : La.le reine d’épées.
Il tourne en rond, le serpent. Il ressasse ses pensées. Il amasse des souhaits. Il refait la liste de ce qui n’a pas fonctionné. Il reprend depuis le début celle de ce qu’il faut mettre en place. Il en a gros sur la patate. Tout en rampant sur les pierres lisses, il réfléchit à communiquer ce qui lui pèse. En évitant les pierres aiguisées, il reformule, il arrondit les angles. Il en trouve un autre et appréhende toute sa pensée depuis cette nouvelle approche. Mais bon, il tourne quand même beaucoup en rond quoi !

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Cavalière de pentacles

Elle a trouvé une pierre. Le bout de cailloux brillait sous les décombres. Elle a stoppé net. Avec précaution, elle l’a extirpé de l’entrave de la terre. Fascinée, elle l’a observé sous toutes ses coutures. Jamais deux fois le même reflet. Impossible de mettre un nom sur cette matière. Un bout de verre poli par les années ? Une fluorite? Un peu de lave?

Le cailloux ne voulait pas rester là. Elle lui avait tapé dans l’œil aussi. De toutes ses forces, il s’accrochait à sa main. Il était pourtant trop grand pour sa poche ou son sac. Elle était pourtant trop éloignée de la ville pour marcher à côté de son vélo afin ne pas le laisser tomber. Il s’accrochait. Elle sentait sa force se répandre dans son bras, traverser les épaules et puis électrifier son corps tout entier.

Elle devait donc jongler, le caillou en équilibre sur sa paume, le vélo cahotant sur les chemins irréguliers. Elle devait être suffisamment concentrée pour ne pas le laisser échapper à son attention, comme en lévitation.

Quelques heures plus tard, la Chevaleresse de pentacles est rentrée avec son caillou. Épuisée mais heureuse. Surmotivée. En transe. C’était juste une petite pierre. Juste un reflet qui a capté son attention. Mais voilà, sans l’avoir imaginé, elle a relevé un défi. Elle en en phase avec ce bout de planète qui l’a appelée. Elle s’est déplacée comme une athlète.

Quels sont les rêves qui demandent que tu laisses de côté tes acquis ? Qu’est-ce qui brille comme une évidence, mais que tu persistes à ignorer ? Quelle est la masse de travail peu conventionnel que tu n’envisages pas d’abattre ? Qu’est-ce qu’il te faudrait construire en partant de presque rien ? Quels sont les chemins que tu crains d’emprunter car tu sais qu’ils t’emmèneront loin de tes plans tout tracés? Quelle intensité de concentration te paraît hors de portée et cependant tellement attrayante ? Et, surtout, que redoutes-tu de perdre en empruntant les chemins de la Chevaleresse de Pentacles?

Forêt de Soignes

La Forêt de Soignes est pleine d’histoires. Dans la zone située entre le chemin des deux montagnes, celui des tumuli, les marais du vuylbeek et du karreveld et les terrains gagnés sur la forêt par le parc Tournay-Solvay et le domaine des silex, le tout autour de la ligne de chemin de fer, on a retrouvé les traces, comme l’indiquent tous ces noms, d’un camp fortifié néolithique marqué par la culture dite du Michelsberg (dont j’avais jamais entendu parlé avant).

Il ne subsiste pas grand-chose à part les indices de la topographie. Les arbres ont pris le dessus sur les silex et le reste au cours des millénaires. Les humain.e.s ont malmené cette zone qu’yels ont recommencé à occuper à la fin du 19e siècle.

Est-ce que je rêve quand j’y ressens quelque chose ? Lire la suite « Forêt de Soignes »

Réappropriation de mon corps et ambiguïté de l’image avec L’Impératrice / Créatrice

img_20190921_210036_9434387830635762168489.jpgQui de mieux que l’Impératrice / Lae Créateur.ice d’un tarot lesbien de 35 ans pour répondre à une question épineuse? Quelqu’une a demandé à mon amoureuse Rose Butch pourquoi elle dessinait toujours son épouse dans des poses sexualisées.
C’est une question qui m’interpelle beaucoup (OK, ça m’a choquée et j’ai démarré au quart de tour en mode virulent). Je mène une réflexion de fond sur l’hypersexualisation des corps de grosses. Je prends pas le sujet à la légère (sans mauvais jeu de mot).

D’abord, je voudrais clarifier un élément. Les poses dessinées sont mes poses, mises en scène par moi et souvent prises en photo par Rose pour le dessin ou pour d’autres usages. Ce n’est pas nécessairement le cas pour ses grandes toiles, mais franchement je vais pas me plaindre que ma meuf me kiffe, me trouve sexy et me demande de poser et top biche fem. Pour ses dessins récents, ça me perturbe qu’une meuf à l’apparence féminine soit forcément renvoyée au regard de l’autre, dépouillée de son agency, sa capacité d’agir, dès lors qu’elle se met en scène, ce qu’on considère d’ailleurs comme le propre de la féminité. Il y a un côté inévitable dans la lecture sexualisante que d’autres font (ou pas) de notre corps à certains moments. Ça peut réveiller des blessures profondes ou bien révéler une impression de perdre le contrôle. Ça peut compliquer notre rapport au corps aussi. Mais c’est là. On se regarde. On se lit. On est des êtres sociaux quoi.

Le cœur du sujet…
img_20190921_171542_11965262648392404681.jpgQuand j’ai commencé à poser pour des photos, mon souci principal était justement d’éviter l’injonction au sexy – qui plus est un certain type de sexy, celui qu’on réserve aux grosses, très voluptueux. Je ne le répéterai jamais assez: Prendre des selfies et, plus encore, être prise en photo, a été une étape capitale dans l’apprivoisement de mon corps. Elle m’a permis de faire la paix avec lui. Lire la suite « Réappropriation de mon corps et ambiguïté de l’image avec L’Impératrice / Créatrice »

Représentations des gros.ses

Tu es artiste ? Ou bien tu partages des visuels avec des gens (donc des corps) dessus ? Mais il n’y a pas de gros.ses sur tes images ? Alors, tu fais partie du problème. Bienvenue! Je t’explique…
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En Europe occidentale, entre 15 et 35% de la population est «  »obèse » ». C’est difficile de nous louper et pourtant… Nos représentations sont quasi inexistantes en dehors de clichés qui nous stigmatisent. Donc si tu ne parviens PAS à nous dessiner, nous photographier, partager notre contenu (euh, sans le voler pour le minciser hein, on vous voit), bein tu as un problème de grossophobie (ça arrive à tout le monde dans un monde résolument anti-gros.ses). Tu participes à l’effacement systématique de nos corps.
📣
J’ai l’impression de m’époumoner avec mon sifflet là: ouhouuuuh, par ici, on est làààà. Je me plie en 4 (littéralement, fais défiler les photos si tu doutes). Mais, honnêtement, regarde ce corps bien large, regarde ceux qui le sont davantage. Faut le vouloir pour ne pas nous voir. Faut bien avouer que les oppressions systémiques, un manque d’accessibilité généralisé, des médias sociaux qui nous visent directement (shadow banning, censure, algorithmes), tout ça contribue à nous invisibiliser. Lire la suite « Représentations des gros.ses »

L’Oracle

Même quand tes rêves n’ont ni queue ni tête, tu les conserves en attendant qu’ils révèlent leurs secrets. Tu ne les bouscules pas, ils sont trop sacrés.
Quand tu prêtes attention aux synchronicités, la magie se réveille dans ton quotidien. Tu demandes des signes. Et puis, tu les ramasses, tu les consignes, tu en as plein les mirettes.

L’émerveillement se déploie.
Les lieux qui t’attirent se dévoilent progressivement: leur histoire, leurs esprits, leurs herbes puissantes, les animaux,… Tu les apprivoises sans attentes avant de découvrir que ce n’était peut-être pas par hasard.
Un continuum s’instaure entre les visions de l’Oracle et leurs manifestations jour après jour.
Tout doucement, les messages sont plus distincts. L’Oracle n’a rien pressé. La patience a créé des ponts.

Valet de bâtons. Énergie.

Est-ce que tu ressens cette énergie pure ? Est-ce que ton cœur palpite à l’idée de créer ? Est-ce que le bout de tes doigts frissonne au toucher de certaines textures ? Qu’est-ce qui s’active ? Qu’est-ce qui te filent des papillons dans les tripes ? Qu’est-ce qui attisent le foyer de feu dans tes hanches ? N’aies pas peur des chemins inconnus. Ne redoute des « expert.e.s » qui cloisonnent un champ, trace ta route. Tu es un fameux pont, tu sais ça ? Tu peux lancer cette énergie. Il suffit de ne pas rechigner à apprendre comment la faire atterrir. Tu as l’étincelle. Le feu, c’est un apprentissage. Embrasse ce processus. Lire la suite « Valet de bâtons. Énergie. »

Perséphone – Mabon

L’automne. Le voyage de Perséphone. Son retour dans les Enfers. Hekate, activement protectrice, gardienne des chemins. Le colchique des prés. Un récit à plusieurs voix, entremêlées.

Déméter a gémi
Sa plainte a retenti
A travers la terre
Les souris ont frissonné
Les hiboux ont décollé
Elle a cherché
Elle a erré
Elle a cherché
« ça va faire dix mille ans que je te cherche »

J’ai entendu ses cris
Je suis devenue ses cris
Hekate a révélé son voyage souterrain
Alors, nous avons creusé
Reviens, reviens Koré
Remonte
Nous t’enlèverons au violeur

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Tu reviendras
Nous serons réunies
Complètes
Comme si rien ne s’était passé
Comme avant

J’ai gratté la terre,  Koré
Déméter a hurlé dans les trous de taupe
Elle a déposé ton nom dans les cavités
Koré

Elle a gelé nos cœurs
Elle a punit la terre entière
Du malheur qu’Hadès t’infligeait
Ou lui infligeait ?

Déméter, drapée de misère
A éclairé de ses torches
Tous les recoins
Elle n’avait pas accès à toi, Perséphone
Désormais chez toi dans les Enfers
Régnant sur la pourriture

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Perséphone, ma fille
Perséphone, toi dont on a écrit le destin
Toi qui règnes sur les destins
Les crânes s’entrechoquent sous tes pieds
Ton trône est brûlant

Perséphone, la rebelle
J’ai refusé d’être sa gentille petite fille
La prisonnière qui obéit
La beauté qui ne fait pas de remous
La charmante parmi les fleurs
Un sourire aux lèvres et la docilité
J’ai refusé de rester au second plan
Ma puissance a envahi mes ambitions
Il ne pouvait plus en être autrement Lire la suite « Perséphone – Mabon »

Roi de pentacles, Architecte de cailloux

Architecte de pentacles
Météorites, briques
Pseudo échelle sociale et escaliers de papier
Accumulation, (dé/re) construction
Assimilation, carrière, survie
Ta cabane dans les arbres

Bâtons dans les roues, pierres d’achoppement
Exclusions, discriminations, expropriations, violences sexuelles

Lieu fortifié, Processus de défense
Abattre les frontières
Défendre les tien.ne.s
Et les autres
Personne n’est illégal.e
Tracer des cercles de protection
Pas des centres fermés
Pas des vols retour
Pas des camps où on laisse crever Lire la suite « Roi de pentacles, Architecte de cailloux »