Des nouvelles des consultations offertes et du blog

Coucou les grobidoux!

J’ai réalisé 11 lectures sur les 17 demandes de tirage de tarot que j’ai reçues pour mon offre communautaire pour Samhain. Vous trouverez la liste des mots-clés ci-dessous si vous souhaitez lire des tirages qui pourraient faire écho chez vous.

Je me mets en pause pour le moment (la bonne semaine du mois au niveau hormonal étant terminée). Quand j’aurai les cuillères de reprendre, je contacterai les 6 personnes restantes pour vérifier que l’offre les intéresse toujours.

L’offre était gratuite bien sûr, mais je partage à nouveau l’appel à soutenir cette cagnotte d’aide mutuelle par et pour des Palestien·nes de la Bande de Gaza:

à la réception de votre tirage, je vous encourage à soutenir cette cagnotte de soutien communautaire dans la bande de Gaza
Bridge of Solidarity, aide mutuelle anticapitaliste pour et par des Gazaoui.es à Gaza 
ou leur projet spécifique Nous refusons de mourir dans le froid de l’hiver à Gaza
Toute contribution, même modeste, compte!

Je partagerai peut-être un débrief de l’expérience en vidéo. Pour le moment, juste une petite anecdote. Pendant que j’étais en train de réaliser les tirages, j’ai reçu le mail de rappel de wordpress au sujet du renouvellement prochain de ma souscription pour bénéficier d’un service un peu plus étendu que la version gratuite (design, espace de stockage des photos). J’ai décidé de cesser de payer pour mon blog, à part le nom de domaine. C’est pas une dépense justifiable par rapport à l’utilisation et l’utilité du blog. ça m’a rendue super triste même si je reste convaincue de mon choix. Ce n’est pas la fin du blog à la fin de l’année. Mais… peut-être le début d’une dormance?

C’est particulièrement émouvant de profiter des dernières semaines où je peux encore mettre à jour le site avec des photos hébergées directement ici pour vous offrir ces lectures de tarot. Une manière de remercier et d’honorer mon blog et vous toustes. Mais aussi probablement de tirer ma révérence à la culture blog (après plus de 20 ans de blogs!) à l’heure du pillage des Communs par l’IA et le technocapitalisme fasciste.

Je partagerai mon recueil dévotionnel avant l’échéance. J’ignore à ce stade s’il participera à fermer un chapitre ou à en ouvrir un nouveau. De toute manière, j’aime bien ces instants liminaux chargés en émotion. Qu’est-ce que la vie sans une petite larme à l’œil de temps en temps, hein?

Je vous remercie de tout cœur d’être ici avec moi, de me soutenir et de me lire. Et de me faire confiance pour vous tirer les cartes.

A ce propos, voilà la liste des tirages réalisés jusqu’ici:

Je vous laisse sur une compression (ou quoi) du nerf radial qui me fout en l’air l’usage du bras droit (donc, sans relecture, faut faire avec mon style raplapla).

Et du visionnage au cas où ce jour férié ne vous inspire pas:

Dans cette vidéo, j’aborde certaines questions évoquées dans cet article et je vous partage mon énorme coup de cœur pour l’oracle Chubby Witch (que je ne peux plus mentionner sans chantonner Chuchuchubby Witch sur l’air de Cherry Bomb 😀 ).

Tirage | cynorrhodon (offre Samhain 2025)

Et voici le 10ème tirage de tarot de Samhain. C’est un tirage personnalisé pour la personne qui a soumis le mot-clé. Je le partage comme prévu dans l’offre de tirages communautaires dans l’espoir qu’il trouve écho chez d’autres.

Tous les tirages sont rassemblés sous un tag pour celleux qui ne voudraient rien louper!


Mot-clé: Cynorrhodon
Question/Contexte : Continuer à avancer sans détester les humains (smiley chat)

Decks: next world tarot (pocket) & how to be a moonflower deck (& le wild alchemy lab pour l’illustration de rose des chiens et de ses cynorrhodons)
Cartes: release your stress (relâche/libère ton stress) 
2 d’épées – 2 de coupes


Interprétation

Le problème avec “les gens”, c’est le côté informe et indistinct de cet ensemble. Ces deux cartes numéro 2 te recentre sur le côté interpersonnel, de personne à personne. 

2 de coupes
Investir pleinement les relations qui impriment ce rappel en toi: 
derrière “les gens”, il y a des personnes 
et parmi toutes les personnes, y a pas que des personnes infectes, imbuvables, méchantes, qui votent pour des partis de haine, qui participent activement à ta précarisation, etc. 
Il y a aussi des personnes formidables, 
en compagnie de qui tu te sens bien, qui te comprennent et que ce n’est pas trop casse-tête de comprendre, qui participent au monde pour un mieux, qui te font du bien 
(et qui sont parfois un peu foireuses ou horripilantes aussi parce que personne dans toutes les personnes du monde n’est parfait·e 🙂 )

Il est possible que le 2 de coupes te demande aussi si parfois tu déshumanises tes ami·es ou des proches que tu adores en focalisant sur leurs côtés pas sympas.
Si la réponse est oui, la question devient:
comment s’arrêter un peu pour prendre le temps de comprendre le fonctionnement des gens cools mais quand même relous parfois. 
Si tu n’arrives pas à te mettre à leur place, comment peux-tu ouvrir le dialogue avec elleux pour qu’iels t’expliquent mieux ce qu’iels ressentent et leur fonctionnement?
Si l’intimité émotionnelle est parfois compliquée ou te braque dans les relations de tout type, quelles sont les manières d’être proches des gens qui te conviennent? Auprès de qui les trouves-tu ou espères-tu les trouver?

Tu demandes comment avancer sans détester les gens et ces premières cartes retournent la question: peux-tu ralentir auprès des gens que tu ne détestes pas que tu aimes?
Le 2 de coupes invite à t’interroger sur l’éventuel inconfort qui surgit à cette idée.
Pas pour le juger.
Pour le comprendre…


Le 2 d’épées est un peu moins gnangnan bienveillant. Je te préviens tout de suite au cas où le 2 de coupes t’a terriblement agacée 😀

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Tirage | révolution (offre Samhain 2025)

Un nouveau tirage de tarot de Samhain. C’est un tirage personnalisé pour la personne qui a soumis ces mots-clés et un peu de contexte, que je partage comme prévu dans l’offre de tirages communautaires dans l’espoir qu’il trouve écho chez d’autres.

Tous les tirages sont rassemblés sous un tag pour celleux qui ne voudraient rien louper!


Thème: l’art comme dynamique de soin pour faire la révolution

Cartes tirées:

passé / présent / futur

9 de bâtons – résilience / 3 de coupes – joie / 2 d’épées – protection

Jeu: Next World Tarot pocket

Interprétation:

C’est la communauté qui occupe le centre de ce tirage. La communauté. Ici que tu viens te ressourcer. Ici que tu viens nourrir. Tu crées pour et avec ta communauté. Tu nous nourris. Il y a quelque chose d’organique dans tout ça. Quelque chose qui ne saurait être forcé. Quelque chose qui doit garder sa nature spontanée. Adaptative. Au plus proche des besoins – les tiens et ceux des autres.

Elle doit rester ou devenir ressourçante, nourricière, porteuse de joie – cette joie tellement vitale. Mais nous sommes poursuivies par cette question taraudante, entêtante: comment cultiver la joie? Comment? Avec nos corps somptueusement défaillants? Comment? Alors que les menaces surgissent de toutes parts? Comment? Peut-être qu’il ne faut pas trop s’emmerder avec les comment et simplement rétorquer parce que. Parce que la joie. Parce que notre révolution. Et comme disait la glorieuse militante anarchiste Emma Goldman il y a près d’un siècle: Si je ne peux pas danser, je ne veux pas prendre part à votre révolution. Pour que la révolution inclut tout le monde, elle doit être joyeuse. De notre perspective handie, j’ajouterais: « même si je ne peux pas danser, je veux prendre part joyeusement à notre révolution »! 

Je vois la notion un peu tricky d’inclusivité qui revient. T’inclure dans ton art. Dans tes domaines artistiques de prédilection. Travailler les contours pour moduler l’espace. Qu’il soit spacieux pour toi aussi. Avant tout pour toi. Ramener des coussins. Et toutes les technologies nécessaires à ta jouissance, en plus de la joie. 

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La terre et les pentacles: écriture libre sur l’élément et sur la suite

Des associations que j’emporte dans mon panier pour nourrir mes interprétations de la suite des pentacles / deniers.

La terre, au-delà des pentacles, c’est la vie. Et la mort. C’est le sol. Et la matière. Ce sont les interconnexions du vivant. Le mycélium sous le pied. Et le pied. C’est la forme de mon corps. C’est l’intérieur de mes intestins. Le compost. Et la pollution.

La terre, du tarot et de l’astro, c’est aussi l’apprentissage et le savoir. C’est la fabrication. L’engagement dans le sens des liens qu’on cultive. C’est la cultivation. C’est ce qui est sauvage. Et le ré-ensauvagement. C’est l’absence de démarcation entre les catégories. Ce sont les catégories.

C’est le processus. Le tissage. La composition. La transformation. La sensualité. Le plaisir. La beauté. La nuit. Les ténèbres. Le ventre. La régénération. Le sommeil. Les racines. Les pierres. Les ancêtres. La loyauté. La dévotion. Le quotidien. Les routines. Les rituels. La prière. Les ritournelles. La durabilité. Le temps long. Le sous-sol. Les arbres. La stabilité. L’endurance. La solidité. La confiance. La persistance. La résistance. Les traditions. Le corps. La santé. Le corps. Les limites. Le handicap. La beauté. L’obsession. La persévérance. La répétition. Le renouveau. Les rites funéraires. Les processions. La marche. La lenteur. La récréation. La Création. Le divin. Les lieux de culte. Les sanctuaires. Les autels. L’érudition. La responsabilité. L’excès. L’abondance. La générosité. La réciprocité. Les échanges. Le don. Les cadeaux. L’alimentation. Se nourrir. Tout ce qui nourrit. Les repas. Les offrandes. La révérence. Le respect. Le silence. Le temps. L’excellence. La désexcellence. Les règles. La désobéissance. La défense du vivant. Les pavés dans la propriété privée. Les cailloux. Rendre à la terre. Le respect. La beauté — encore la beauté. La douceurs. Les matières. Les textures. Les fibres. Le textile. Filer. Rassembler. Honorer. Converger. Les verges, les jardins, les forêts, les friches. Les semences. Les « mauvaises » herbes. La persistance — encore. La montagne. Ce qui est inébranlable.


Photos: le vieux tilleul à petites feuilles de l’Hôpital Notre-Dame à la Rose (il aurait été planté il y a plus de 140 ans pour le cinquantenaire de la Belgique), les pavés de porphyre, une pierre créée dans les cheminées de volcans, extrait dans les carrières locales, les versions de poche du Wild Unknown Tarot et du Next World Tarot, et un chêne brodé par mon amoureuse.

Le feu comme élément, les bâtons dans le tarot: exploration

Des extraits de mon journal.


Février 2025. Ecriture libre inspirée par un rêve et par les célébrations à venir des Krakelingen et Tonnekensbrand qui marquent la fin de l’hiver et l’appel du printemps.

Danser dans la nuit. Fertiliser la terre. Danser avec les nuages. Voler vers eux. Retomber. Ensemencer la terre. Craquelins qui font le tour du monde et le tour de la vie. Gourmandise de l’infini, ode aux cycles. Tournoient dans le ciel bleu. S’allument dans le ciel gris. La vie s’annonce fructueuse. Les désastres s’annoncent fracassants. Retombent sur le sol. Divination sur jet de craquelins. Offrandes à la rivière pour apaiser les prophéties. La mare est noire, la mare est sang. Elle absorbe le vin. La saison s’annonce catastrophique. Les récoltes mitigées. Mais la vie continue. Les craquelins dansent dans les airs. Les masques pour éloigner le mauvais œil. Les mascarades pour déjouer le mauvais sort. Et le feu de protection pour rallier les forces. S’unir pour ne pas périr. S’unir quand les promesses pourrissent. S’unir pour faire face.

S’unir pour ne pas périr.
S’unir pour périr dignement.
La mare rougeoie du sang de nos ancêtres.
D’ici nous venons. Disette nous connaissons.
On regarde flamber le feu.
On se rappelle notre puissance
la décadence aussi
la torture et les souffrances

On rend hommage au feu.
A sa puissance.
Et on se rappelle de notre place.

Notre place humaine n’est pas de dominer
Aux dieux je demande un peu de paix
A la montagne, un peu de courage
Au feu, la capacité de tenir sans m’effondrer
Je pleure avec eux. Je leur offre mes larmes.
Je chante leurs louanges.
S’unir pour ne pas périr.


Ici, la douceur
Et ici, l'enjeu de tout ce qui brûle dans le feu

Les offrandes à l'hiver, à ce que l'on laisse derrière soi
De la gratitude et puis les laisser flamber
Walmke, walmke brand. Signifier aux environs que nous changeons, que nous nous engageons dans une nouvelle voie. Les inviter à se transformer eux aussi. Appeler de nos vœux collectifs des jours meilleurs. Appeler de nos vœux collectifs le succès.
Ça me déchire le cœur.
Il n'y aura pas de jours meilleurs pour nous. Alors agissons comme les ancêtres que nous sommes; nous incarnons aujourd'hui les jours meilleurs que nous souhaitons à notre kinship de demain, notre descendance sous toutes ses formes, pas seulement humaine. Au sommet de la colline, nous sommes le feu qui éclaire à travers le temps. La perspective de demains plus harmonieux. La force pour nos ancêtres brûlées en exemple (1). Il faut que nous soyons le feu.
Il faut que nous soyons le feu.

Après cette écriture libre, je me demande…
Pourquoi soudain l’importance du feu?
Pourquoi l’incarner?
Pourquoi le transmettre?
Est-ce une valeur?

Et je pense…

aux torches d’Hécate. Elles nous montrent la ou les voies quand la confusion règne. Quand la terreur domine la nuit, elle est tourmentée par les apparitions dont les zombies se saississent. Les torches nous aident à réclamer (reclaim) la nuit. Elles nous aident à habiter la nuit. Elles nous apaisent lorsqu’on n’entrevoit aucune issue. Tout comme aux côtés de Perséphone remontant des Profondeurs, elles nous accompagnent quand nous nous engageons. Quand, à l’automne, nous retournons infiltrer les domaines mortifères, elles nous donnent le courage.

Pourquoi le feu?

Parce que l’activisme. Le courage. La force de ne pas avoir peur de mourir, de sacrifier, de se sacrifier, de se radicaliser, de disséminer, de se tenir maladroite sur les barricades, de s’échapper, de résister.

La force de se vider, de s’effondrer, de tout donner pour ce en quoi l’on croit. La force de persévérer. Ne jamais se résigner.

La force d’être les descendantes des sorcières qu’on a brûlées.
Et de ne pas craindre le bûcher.
La force de répliquer: vous aller voir comment *insérer une facette* sait mourir. (2)


Le feu, c’est la passion. Ce qui ne se résigne pas. Ce qui est prêt à tout perdre, à tout donner. Sans demi-mesure.

C’est la passion. Et la foi.
l’énergie, la persévérance.

C’est le signal sur la colline
C’est l’âme du foyer
C’est l’âme du monde, l’anima mundi, l’irrésistible force qui nous unit et qui nous détruit. Qui donne la vie. Et qui la reprend.

C’est le courage et c’est la témérité.

Ce sont nos entrailles. Nos tripes. Nos convictions. La rébellion.

C’est notre insoumission.
Effrontément frondeux·ses
Et par-dessus tout, c’est le courage dont nous manquons parfois.
C’est la radicalité inévitable pour combattre les extrêmes-droites
pour faire face à la haine
et à la déshumanisation

C’est la passion et l’engagement contre l’indifférence


Ici, au sommet de la Vieille Montagne, qu’est-ce que le feu du Tonnekensbrand? Quel est son sens en 2025? Qui est le feu?

Elle brûle, solaire, pour dissiper les brumes de l’hiver. Elle s’élève. Elle se réveille, la colline.

*reprendre son souffle*

et comme nous dansons
et comme nous nous éteignons
les cultes oubliés s'animent dans nos cœurs
et les Esprit du Lieu s'incarnent
comme nous dansons
et comme nous chantons

Mai 2025. Ecriture libre inspirée par le cours Wild Imagination. Exploring creative ecology.

Le Feu: la passion, le mysticisme, le travail énergétique ou sorcier, le cœur ouvert, ardent, engagé, vibrant. A la base, je le considère comme l’élément le plus flippant. Entre le concept de la rose mystique et l’énergie solaire de lieux que j’affectionne, je m’en rapproche, j’essaie de me trouver à l’aise avec cet éléments et d’allumer mon feu intérieur (d’autant que les signes de feu sont dans mes maisons 4, 8 et 12 dans mon thème natal). En fonction des transits astrologiques, le feu me soutient. Depuis le feux de tonneau pour célébrer la fin de l’hiver au sommet de la colline, je sens sa force.

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9 d’épées. Recoins

Dans les recoins inattendus qu’on découvre au détour des chemins tortueux de la psyché. Là où vivent encore les fantômes du passé. Non désamorcés. Bruts. Bruyants. Là où je tends à oublier mon nom et que j’ai survécu et que je suis solide.

Dans les recoins poussiéreux, là! C’est là qu’il faut que je retourne.

En compagnie de mes talismans: tourmaline, agate mousse ou spetaria; une clé et un opinel; un safeword; une statuette; une huile consacrée. Et en compagnie de mon familier pour revenir à tire-d’aile, même lorsque la nuit est aussi obscure qu’un océan d’encre de chine.

En bonne compagnie, il faut que j’aille rendre visite à ce qui me retient d’avancer, de faire confiance et de créer librement. Il faut que j’essaie de lui parler, voire de négocier avec elle. Il faut que je lui offre du réconfort ou des assurances.

Ensuite, des recoins malfamés de la psyché, il faut que je revienne. Bien accompagnée, il faut que j’affirme ma sécurité.

Tout ça parce que même si j’ai survécu, je ne peux pas ignorer l’existence de fantômes voraces, bruyants, bruts, et capables d’exploser et de m’exposer.

Parce qu’il en va de ma solidité.

Le 9 d’épées: rendre visite à l’anxiété de temps en temps. A ce qui est vilain, horripilant, détesté, non-assumé. A ce qui, non-désamorcé, réagit aux triggers. Visiter puis s’envoler, se poser et s’enraciner.

L’appartenance avec le 4 de bâtons

Extrait d’un courrier à lire intégralement sur mon substack où vous avez aussi la possibilité d’écouter le texte!

Enracinement

31 août

Ah, l’appartenance! J’ai poussé lentement. Mes racines se sont étalées à la recherche de plus de proximité avec le sol, développant ainsi la stabilité si chère aux 4 dans le tarot. Doucement, mes feuilles se sont défroissées. J’ai repris de la couleur. De l’espoir. Et même de la foi. Puis, je me suis épanouie brusquement après des mois d’évolution timide. J’étais chez-moi. 

36 heures après avoir commencé ce texte, ce que j’aurais pu écrire sur le 4 de bâtons est teinté de tristesse. L’appartenance ne vient pas sans la perte. La vie sans la douleur. Le renouveau sans l’automne. Le courant d’air effleure délicatement ma nuque. Mon cerveau traduit cette caresse en attaque. Mes muscles se crispent. Je tourne la tête vers le vent malgré ces tensions. De l’autre côté de la rue, les branches de l’érable se balancent. Sans le bruit des voitures, j’entendrais peut-être ses feuilles qui se crispent. Elles tomberont. Et moi aussi. Même si j’aspire à plus de stabilité dans un monde capitaliste où la précarité et l’exclusion tuent, je sais, comme l’érable, qu’il faut perdre et que mes racines sont fortes, étendues, reliées. 

Les choucas sautent de branche en branche. Avec le 4 de bâtons et l’arbre de l’autre côté de la rue et les enchevêtrements joyeux du vivant, je me rappelle que je ne suis pas seule, pas si seule, même s’il est aisé de l’oublier, et ce n’est pas l’araignée en attente sur la fenêtre qui dirait le contraire. Les choucas sautent de branche en branche. L’une d’elle se pose dans une gouttière pour boire. Je me rappelle l’importance du jeu et de la légèreté. Même dans les moments de détresse, ils nous hydratent. Les muscles du trapèze contractés, je reviens donc à l’essentiel: le mouvement, hydrater mes tissus fragiles, boire un verre d’eau, cesser d’écrire, m’approcher de la fenêtre et observer la vie. Toutes ces vies que je ne peux plus ignorer. L’araignée, les choucas, les ramiers, l’érable, les sapins, le lierre, les fouines, les gens en vélo vers le marché circuit court et ceux qui klaxonnent pour se dire au revoir et ceux qui accélèrent pour effrayer les enfants sur le passage pour piétons et l’épilobe, l’achillée, le millepertuis, les sureaux, les saules, et aussi les soucis, les cosmos et les bleuets que j’ai plantés et les vers qui se régalent du corps en décomposition de mon chat au pied du sureau et l’esprit de Dièse et puis mes deux chats qui font la sieste et mon amoureuse qui fait de la broderie en attendant que ses bouffées de chaleur se calment. Je reviens à l’essentiel avec le 4 de bâtons: une pause auprès de celles que j’aime.


Nous sommes allées au potager urbain. Des oreilles attentives. Les mains dans la terre. Des couronnes de fleurs. Des fruits et légumes encouragés par les soins collectifs désormais prêts pour la récolte et généreusement partagés.

Sur ces terres nourricières – bien qu’elles ne soient pas particulièrement fertiles – je place ma confiance dans le “via via”, une expression néerlandophone qui fait référence au réseau de relations pas forcément visibles grâce (via) lesquelles on reçoit une information, un objet ou… un appartement en location! Expression plus poétique que “le bouche-à-oreille”. Que de voie en voie, de lien en lien, cet Endroit continue de nous tenir! 


1er septembre

Ma colère est passée. J’ai douté de ma relation au Lieu et à ses Esprits. Je me suis sentie conne d’espérer qu’une relation entraîne forcément la protection. Désormais, les murmures me parviennent à nouveau. Les voix, les signes et les rêves se font rassurants. Il y a du sacrifice à venir. Des choix qui ressembleront davantage à des déchirements. Il y a aussi de l’espoir dans l’air, des promesses dans les graines de bouleau retenues par la toile d’araignée, des voyages enchantés avec les fruits d’érable prêts à décoller. Autant de nouvelles vies qui s’étaient attachées à moi sans que je les remarque. Alors c’est comme si je m’étais préparée sans m’en rendre compte. Et maintenant, je ne suis pas tant sur le seuil que déjà dans l’inconnu. Entre deux rives, dans une barque portée par des eaux calmes, telles les silhouettes sur le 6 d’épée. L’initiation continue. La colère est passée. Je reste tranquille malgré l’inconfort. 


Pour lire la suite (et le début) de ce texte, rendez-vous sur ma page substack (et abonnez-vous si le coeur vous en dit!)

Les Amoureuxses. Croquer la vie à pleines dents

L’air des Gémeaux inspire les Amoureuses (au pluriel comme ce signe double) à prendre leur envol.

Si on suit les cartes “dans l’ordre”, après avoir tourné autour du savoir, on s’en empare avec les Amoureuxses, quel qu’en soit le prix. Dans un élan que rien ne semble pouvoir arrêter, on choisit ses propres expériences. On opte pour la vie qu’on a envie de mener. On s’efforce de faire péter les carcans. quitte à ce que l’effort soit un peu trop forcé. on teste ses limites. on aura largement le temps de recalibrer plus tard (si on suit les cartes en ordre linéaire : à partir de la Force).

on se laisse porter par le vent de fraîcheur des Amoureuxses. on assume. on revendique. on se libère de tout préformatage.

on fait de la place – et s’il n’y en a pas assez on en libère davantage : à qui on aime, à ce qui nous passionne, à de la nouveauté, à une nouvelle spiritualité, une autre formation,…  c’est pas pour se la jouer rebelle. c’est un impératif. on s’efforce de vivre notre vie d’une manière qui fait sens pour nous. on s’écoute. on s’épouse.

L’Empereur et L’Hiérophante nous ont fait réfléchir à notre structure. Le Chariot nous fera ajuster notre armure et considérer notre endurance. Entre elleux, un vent de liberté souffle sur les Amoureuxses. on prend le risque de s’engager dans la voie qui nous appelle.

on retrouve l’air du Fou avec cette carte. on se sent pousser des ailes. on fait un pacte avec nos envies. impossible de résister à notre curiosité. il faut qu’on les suive! on les laisse nous titiller. on leur prend la main. on devient.

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Le Roi de Pentacles. Demain n’est pas perdu, que va-t-on faire demain?

Le Roi de Pentacle s’occupe des temporalités. 

Il retrace l’histoire. Le Roi d’Épée s’intéresse à la transmission des histoires: nos généalogies, constellations et ramifications. Il veille à ce que nos récits soient mis en valeur. De son côté, le Roi de Pentacles relaie le message des pierres. Il dépouille les livres de comptes. Il recherche quelles cultures étaient privilégiées ici il y a 200 ans. Quels animaux se sont installés dans ces contrées il y a 2.000 ans. Ou quelle était la flore indigène il y a 20.000 ans. Il s’assure que nous agissons aujourd’hui et pour demain en toute connaissance de ce qui a été. Il déterre les avions écrasés pendant la guerre pour que les mémoires restent vivantes, pour que les “plus jamais ça” ne soient pas lettres mortes. Il étudie l’histoire des tribunaux de guerre pour comprendre le droit international du génocide. Pragmatique, il ne reste pas la tête fourrée dans les ouvrages scientifiques, il agit, il porte de la voix. Il ne reste figé dans les définitions d’antan si l’urgence est maintenant. 

Le Roi de Pentacles fait parler le Lieu, le Génius (l’esprit du lieu). Parfois, il est le lieu qui s’exprime à travers des signes, des trouvailles, des rencontres. Le Roi de Pentacles est de nature généreuse. Cela peut se manifester par des synchronicités dans ce cas. Mais aussi un bon repas cuisiné avec amour. Une recette transmise. Ou un plat sorti de son imagination qui deviendra une tradition pour le groupe. Comme tous les Rois, il rassemble pour partager. Ce qu’il fait a vocation à servir une communauté – un terme vaste et c’est très bien comme ça, il nous invite à cultiver de multiples communautés, pas seulement entre humain.es, pas seulement dans le présent. 

Ce matin, j’ai tiré le Roi de Pentacles du Next World Tarot comme carte de focus. Levée de bonne heure, j’étais en train de lire des sites institutionnels consacrés au patrimoine, en particulier sur le paysage de la région. C’est la toponymie qui m’y avait menée. Un nom mélange de gaulois et de latin. Un nom faisant directement référence au paysage mais qui est aussi celui d’une déesse celte. Et puis, de fil en aiguille, j’étais plongée dans l’histoire locale. Par ici, il y a des buttes-témoins, ce sont des collines qui rappellent le temps où ces terres étaient… la mer. Il y a ce temps long, ce temps géologique. Il y a les carrières auprès desquelles je me suis baladée cette semaine. Ce temps tellement court de l’extractivisme et du capitalisme. Par ici, il y a des bois qu’on dit être des reliques de la Forêt Charbonnière qui traversait autrefois une partie de l’actuelle Belgique et dont wikipedia m’informe qu’elle était une forêt “antique” et du haut moyen-âge. Le premier millénaire de notre ère. Un changement de végétation suite à la dernière glacière. Encore une autre temporalité: le temps des humain.es. 

J’ai tiré le Roi de Pentacles ce matin, alors j’ai décidé de passer un peu de temps dans les livres d’histoire empruntés à la bibliothèque communale quand mes douleurs n’étaient pas trop incapacitantes. Et puis, j’ai fait mes exercices du Zebra Club parce qu’elles étaient insupportables. Avec les Pentacles, je ne peux pas oublier l’indispensable soin du corps, je dois prendre du temps pour lui sous peine de ne pas pouvoir accomplir les tâches pour lesquelles je m’implique. Avec le Roi de Pentacles, la notion de “travail” est centrale. Mais pas simplement le boulot. Dans le cas présent: le travail du corps, le travail de compilation d’information sur un sujet qui me passionne. Mais aussi ce à quoi j’ai consacré une partie de mon temps récemment, recopier les textes que j’avais rédigé sur le tarot dans l’espoir de les compiler dans une publication. Le projet n’aura pas abouti, ce qui ne signifie pas que je vais laisser ces textes prendre la poussière (enfin, l’humidité). J’aime voir les Rois comme des motivateurs. Ils sont là, derrière nous, à nous encourager, à nous donner confiance. Ils veulent qu’on prenne conscience de la valeur de ce que l’on crée, donne, façonne, pense (selon les Rois, à chacun son domaine). 

J’ai déjà expliqué à plusieurs reprises cette conception des figures que j’ai développée au fil des années. Peut-être pas la plus conventionnelle, mais c’est celle qui fonctionne pour moi.

Lire la suite « Le Roi de Pentacles. Demain n’est pas perdu, que va-t-on faire demain? »

Message du moment de La Reine d’épée

Ma voix tranche
Le barrage de mon indécision
Ma main trempe
L’épée à la source
d’inspiration

Ainsi purifiée
Je me lance
« Il était une fois… »

Mes murmures
résonnent plus fort
que les cris aujourd’hui

Ainsi, j’écris
« Il était une petite voix… »

Dans le bois, le Arduinbos, avec le Next World Tarot.