Le niveau local (inspirée par les Valets)

Extrait de mon journal. Juin 2024. 

Je suis épuisée. Tout me coûte. Tant d’efforts. Est-ce à cause du SED que je suis redevenue étudiante / valet / page? Pas que ce soit une mauvaise chose… Avant, quand j’étais coordinatrice d’une association et militante dans des collectifs, ou du moins pendant quelques années tandis que je portais ces casquettes, j’étais une experte sur certaines questions, capable d’informer, d’expliquer, de sensibiliser. Maintenant, je bidouille avec tous les sujets qui m’intéressent. Je ne me sens pas novatrice. Juste bordélique. Je crois que c’est ok. Je ne crois pas être destinée à être une pionnière, quelqu’une qui articule, une personne qui comprend plein de choses. Les brouillards cérébraux m’ont apporté l’humilité. Les idées partent aussi vite qu’elles sont arrivées et je n’en fais pas grand-chose.

Tout n’est pas fini pour autant. Qui sait? Peut-être que je commence mes “initiations” à zéro dans plein de domaines et que je finirai par être une visionnaire. Par être claire. Par… (je suis interrompue)


J’ai changé d’échelle. J’arrive à un niveau que je ne connaissais pas et auquel je suis bien moins importante. Le niveau du territoire. 

Je me remémore ces discussions d’il y a 10 ans. Sur les micropolitiques, tout ce bazar. Et les groupes de parole. On était dénigré.es par celleux qui jugeaient nos activités de proximité et de rassemblement pas assez révolutionnaires. Pourtant, nos activités dans nos petits collectifs ont généré de la transformation radicale à leur niveau. Je n’ai jamais été à l’aise avec les échelles trop larges, trop englobantes, trop généralisantes et surtout étouffantes. 

Se focaliser sur le local comme niveau d’action, de changement, de connexion, ça bouscule profondément ta perspective. Tu ne peux pas rester dans la théorie. Ni dans le défaitisme. Tu dois impérativement appliquer. Et t’appliquer. Dans une économie de l’attention (whatever that means), c’est un changement d’échelle et de rythme radical. Tu ne te fermes pas parce que tu n’es pas constamment en train de scroller et de réagir. 

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Le Valet d’épées

Un recueil de quelques textes.

La curiosité de la Page d’épée

La pensée fend la brume. Je me saisis de mes idées acérées. Je perce l’ignorance. J’ouvre la conscience. Je manipule les outils de la pensée critique pour analyser ce que j’observe sans crédulité. 

Je teste ce que je lis à l’épreuve des faits, d’un raisonnement, d’une méthodologie. Je n’écarte aucune hypothèse. Je m’offre le plaisir de les décrypter. Je dissèque la pensée.

Je fends le brouillard cérébral qui me guette à force de trop fonctionner. 

Je traite les informations. Je trie les données. 

Ma curiosité est communicative. J’embarque mes proches dans mes pérégrinations intellectuelles. 

Je compose des récits rocambolesques pour leur transmettre mes intérêts. 

J’en viens à fabuler s’il le faut. Une fois passée l’épreuve de la critique, les informations peuvent être reconfigurées pour nourrir des histoires, des utopies.

Mes idées sont au service du changement en fin de compte. 

Mettre en garde la Page d’épée

Attention aux commérages! Est-ce que tes communications peuvent être dommageables pour autrui? Même si le tourbillon du partage d’information t’emporte, prends garde à ne pas divulguer ce qui pourrait affecter des personnes qui ne t’ont rien demandé du tout. Tes bonnes intentions sont susceptibles de retourner contre d’autres ou contre toi-même. Non, non, non, tout ne fait pas une bonne anecdote. 

De même, attention à ce que tes centres d’intérêt multiples ne se diluent pas dans le fouillis de ta curiosité au point que tu n’arrives plus à focaliser ton attention sur quoi que ce soit. Fais le tri avant d’ouvrir tout canal d’information. Certains robinets peuvent rester fermés. Ta soif de connaissance doit-elle être assouvie coûte que coûte?

Ecrire avec le Page d’épées

Pour commencer, il faut réapprendre à écrire. Pour ce faire, il faut accepter de se laisser guider par le feutre, le flux, le message. 

qu’il me transporte, qu’il me transporte. 

Que la magie opère. Que nous co-créons. Co-crayons.

La plume dans la main de la Page d’épées: laisser les histoires nous traverser. Toutes. Et que les mots n’aient pas besoin de propriétaires. Que l’autrice soit au service. Qu’elle ne soit pas détentrice. 

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Tirage avec le 9 de pentacles et la Reine de bâtons

Un article un peu spécial aujourd’hui. J’ai retranscrit des extraits d’une de mes vidéos de tirage. On est dans le style oral et parfois un peu confus quoi. Mais voilà, si vous préférez la lecture à l’écoute: une interprétation anticapitaliste et handie du 9 de pentacles avec le soutien de la Reine de bâtons. 

Vidéo à voir sur ma chaîne: 

Thème du tirage: Le 9 de pentacles du Rainbow Tarot

Par rapport aux envies créatives qu’on n’arrive pas à réaliser car trop peu de cuillères, le 9 de pentacles vient confirmer: “tu as déjà dépensé de l’énergie dans ça, et ça, et ça ces derniers temps! Tu peux aussi profiter d’un peu d’espace”. 

C’est une carte qui nous apporte de la légitimité à apprécier être où on est, de prendre du temps pour soi (l’escargot sur la carte, le soin que la personne a apporté à sa tenue). Quelles sont diverses façons de prendre du temps, de couper le rythme productiviste du capitalisme dans lequel nous sommes toustes imprégné.es?

Cultiver le beau dans sa vie, prendre le temps de s’émerveiller, faire de la place pour l’esthétique, mais évidemment pas dans le sens normé: ce qui est beau pour nous. Et les ambiguités à cultiver cela même si on n’échappe pas à l’intériorisation des normes. 

Se faire plaisir. Se faire du bien. Ralentir. 

Le 9 de pentacles, ce moment où on se sent légitime pour le temps qu’on prend pour soi, en opposition aux pressions. Reclaim du temps, se réapproprier du temps pour quelque chose qui est à la fois exigé et dévalorisé sociétalement (exemple du maquillage). 

Ne pas « mériter » le 9 de pentacles

Le rapport au capitalisme et à la pression qu’on se met. Avec le 9, on culmine dans la suite (accomplissement). Et on voit souvent le 9 de pentacles à travers des lunettes capitalistes: “waw, t’as super bien travaillé, tu mérites cet espace à toi ou tu mérites cette pause, ces vacances, cette maison que tu peux t’acheter”. Sans s’interroger par exemple sur le privilège de classe ou le validisme qui sous-tendent ces interprétations. 

Autrement dit, le 9 de pentacles nous invite en réalité à revoir cette méritocratie insidieuse dans notre fonctionnement. A chaque fois qu’on se dit “je m’octroie cette pause ou je m’offre quelque chose parce que j’ai travaillé pour y arriver”, on fait fi du côté systémique, les rapports de domination, les oppressions qui font que “en arriver là” a été plus ou moins facile ou difficile pour nous. 

Si on enlève le 9 de pentacles de ce côté méritocratique et productiviste, on peut l’appréhender dans d’autres contextes. Par exemple, le rapport au corps, c’est ce qui s’applique le plus directement à ma situation aujourd’hui: j’ai pas mal marché ces derniers jours, j’ai pas mal de douleurs avec le SED mais je continue à faire des exercices physiques car c’est nécessaire pour moi avec le SED mais je n’arrive pas forcément à trouver, avec mes tissus fragilisés, quels sont les moments de récupération à m’accorder. Si le mouvement est tout aussi important que le repos et la récupération, comment déterminer mon équilibre? 

Pour moi, aujourd’hui, le 9 de pentacles, c’est ne pas finir ma journée avec plus de 8000 pas au compteur et me laisser vraiment récupérer. Et pour vous?

Qu’est-ce qui fait du bien aujourd’hui? Comment se l’octroyer, l’assumer, se dire qu’on mérite ce temps consacré à ce qui nous fait du bien?

Le 9 de pentacles nous invite à réfléchir ce que cela signifie de culminer (le 9) dans la matérialité, à la terre des pentacles. Pour moi, aujourd’hui, ce serait s’écouter suffisamment pour ralentir. J’adore l’escargot présent sur cette carte! C’est un de ces symboles très Waite-Smith conventionnel qui me recentre systématiquement dans l’interprétation de la carte!

Outre l’éloge de la lenteur, l’escargot insiste sur l’importance des petites choses. L’attention qu’on leur porte. En ce moment, je vois plein d’escargots. Pour cela, il faut regarder à travers les branchages, prêter attention à la texture des murs, prendre le temps. L’attention portée aux détails est aussi une spécialité du signe de la vierge associé à cette carte.

Avec le 9 de pentacles, être à l’écoute des écosystèmes dont nous faisons partie. Leur faire de la place. Ce qui peut être aussi banal que se demander comment se porte notre flore intestinale aujourd’hui. Le 9 de pentacles  = écouter notre petit jardin ou notre petit cocon, ou notre colon quoi! 😉 Ecouter les besoins des parties de notre corps qui ont besoin de récupérer, qui sont en sur-travail, qui sont inflammées.

Le piège du capitalisme, c’est de nous faire penser qu’on doit avoir mérité le droit de récupérer. C’est de penser cette carte de culmination dans la suite des pentacles comme une carte de mérite.

Le soin, le temps de soin comme un droit, quelque chose que tout le monde est intrinsèquement légitime à recevoir, qu’il n’y a pas à prouver ni à soi-même ni à la société qu’on mérite. 

Sortir de la méritocratie avec la Reine de bâton

Partant de ces réflexions, je tire une seconde carte: 

Sur la question du droit à la récupération et au repos sans devoir le mériter et aussi sans que ça soit forcément grandiose.

Comment sortir de la méritocratie intériorisée?

C’est la Reine de bâtons qui sort!

Être légitime

Comme toute les reines, mais avec encore plus d’emphase, la Reine de bâtons invite à être à l’aise avec notre légitimité. Avec les Reines, on n’a jamais à se dire qu’on mérite quelque chose. C’est un moment de pure radiance, surtout avec la reine de bâtons. Être éclatant.e. Être là. Et notre légitimité semble couler de source.

Elle répond à la question par un grand: “bien sûr que tu es légitime en dehors de toute méritocratie”!

Elle fait aussi partie des cartes qui nous demandent d’accorder de la valeur à ce qu’on crée et de ne pas concevoir la créativité et la création d’une façon trop limitée. C’est partout. Par opposition à la méritocratie qui implique aussi que certaines choses mériteraient d’être valorisées, de valoir de l’argent. Que certaines personnes mériteraient de gagner plus d’argent car ce qu’elles font auraient plus de valeur. 

Mais comment détermine-t-on ce qui aurait plus de valeur? Il y a des dynamiques classistes, sexistes, racistes etc qui participent à le déterminer. Les écarts salariaux en fonction de la couleur de peau, de l’orgine, du genre, des capacités physiques, de la corpulence, etc sont une réalité. Les discriminations au niveau de l’embauche et du salaire existent. La perception de la valeur sociale d’une personne est aussi influencée par différents facteurs. Par exemple, en tant que malade chronique touchant des indemnités d’invalidité, on considère fréquemment que nous n’en avons aucune.

Stigmatisation validiste et productiviste des « malades de longue durée »

En cette année électorale en Belgique, on peut aussi penser à des mesures d’exclusion sociale comme la dégressivité des allocations de chômage. Au sujet des malades de longue durée, le discours dominant, c’est que nous serions la plus grosse tare de la société. Puisque nous sommes improductifves, il faudrait nous forcer à travailler. Tant pis si on crève dans 2 ans parce qu’on aura accumulé trop de blessures ou de détresse psychique. Peu importe car ce qui compte, ce serait qu’on se tue au travail. Le travail, le seul déterminant de notre dignité. Plus que notre vie. Le travail qui déterminerait qu’on mérite notre place dans la société et d’être considéré.es comme des citoyen.nes. 

Tout ça m’affecte beaucoup en tant que malade chronique. Vous le savez, j’en parle souvent. Plus on approche des élections, plus cela me touche. Toustes les politiques s’adressent aux citoyen.nes en mode “les travailleurses”, sous-entendant que nous ne le serions pas, juste des profiteurses du système.

Cette pensée dominante occultant les rapports sociaux de pouvoir décrète que des personnes méritent plus que d’autres. Cette pensée pèse sur nos vies, sur nos conditions de vie et on l’intériorise. On a du mal à garder une estime de soi. Cette pression sociale affecte notre santé mentale. Cette stigmatisation vise à nous exclure.

La Reine de bâtons rappelle que le fait de créer au sens large, sous plein de visages  (par ex: appliquer un joli maquillage, faire à manger, créer ou réparer des vêtements,…), c’est quelque chose qu’on peut cultiver comme un rempart. On fait rempart contre la hiérarchie de ce qui serait légitime ou méritant.

Créer sans monétiser

D’ailleurs, le climat sociétal, c’est aussi que tout doit être monétiser. On a un hobby? Il faut le rentabiliser! Avec la précarité financière et la pression capitaliste, on intègre facilement cette mentalité (bein oui, si on est dans la merde…). Nos hobbies finissent par avoir de la valeur uniquement si “on en fait quelque chose”, si on les vend, si on fait des grands projets autour d’eux. C’est aussi le cas dans le domaine du tarot. Tout le domaine créatif au sens large devient quelque chose sur lequel tabler. Tout doit être rentable. 

La pression de devoir prouver que tout ce que l’on fait à de la valeur, en particulier de la valeur financière. Plus aucun domaine de nos vies ne doivent échapper au productivisme. On doit extraire de l’argent de tout. Tout le monde devient responsable de sa productivité.

La Reine de bâtons crée dans le moindre de ses gestes du quotidien et donne et irradie cette création. Point.

Par rapport aux détails, à l’infime, aux raisins et à l’escargot sur le 9 de pentacles, la Reine de bâton réhabilite tout cela. Rien n’est trop minuscule dans le domaine de la créativité. Rien n’est insignifiant. On mérite de l’appréciation pour toutes les petites choses qu’on crée, qu’on accomplit, qu’on vit. On ne la reçoit pas forcément par de la reconnaissance sociale, par les encouragements de nos proches. Dans ce cas, c’est difficile de continuer à s’accorder de l’appréciation. 

Ainsi, vis-à-vis de la création de vidéo, c’est difficile mais je tiens à donner de la valeur à ce que je fais. ça a de la valeur, j’en suis fière, ça me fait du bien, je continue à créer avec la maladie (pas malgré elle). 

Avec ce genre d’occupation, comme avec le jardinage, on peut voir ce qui pousse. Comme avec la cuisine, on voit ce qui nourrit. toutes ces petites choses comptent. 

Déjà, en tant que malade de longue durée en Belgique, alors que le mépris à notre égard va croissant, clamer que je mérite d’être en vie au lieu d’être en train de crever sur un lieu de travail est un acte de défiance. Affirmer que j’ai un corps improductif et que je mérite d’être là et que je mérite de pas taffer.

A ce propos, je recommande la vidéo suivante dans laquelle je développe un sujet qui me tenait à coeur: la résistance et l’ingouvernabilité de la reine et du roi de pentacles face au santéisme. 

Même si j’essaie de valoriser ce que je fais, avec une santé en dent de scie, il y a, il y a eu et il y aura encore des moments où je n’y arriverai pas, mais même en étant clouée au lit, je lutterai pour continuer à réclamer ma valeur.

Être artiste sans créer

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Le Roi de Pentacles. Demain n’est pas perdu, que va-t-on faire demain?

Le Roi de Pentacle s’occupe des temporalités. 

Il retrace l’histoire. Le Roi d’Épée s’intéresse à la transmission des histoires: nos généalogies, constellations et ramifications. Il veille à ce que nos récits soient mis en valeur. De son côté, le Roi de Pentacles relaie le message des pierres. Il dépouille les livres de comptes. Il recherche quelles cultures étaient privilégiées ici il y a 200 ans. Quels animaux se sont installés dans ces contrées il y a 2.000 ans. Ou quelle était la flore indigène il y a 20.000 ans. Il s’assure que nous agissons aujourd’hui et pour demain en toute connaissance de ce qui a été. Il déterre les avions écrasés pendant la guerre pour que les mémoires restent vivantes, pour que les “plus jamais ça” ne soient pas lettres mortes. Il étudie l’histoire des tribunaux de guerre pour comprendre le droit international du génocide. Pragmatique, il ne reste pas la tête fourrée dans les ouvrages scientifiques, il agit, il porte de la voix. Il ne reste figé dans les définitions d’antan si l’urgence est maintenant. 

Le Roi de Pentacles fait parler le Lieu, le Génius (l’esprit du lieu). Parfois, il est le lieu qui s’exprime à travers des signes, des trouvailles, des rencontres. Le Roi de Pentacles est de nature généreuse. Cela peut se manifester par des synchronicités dans ce cas. Mais aussi un bon repas cuisiné avec amour. Une recette transmise. Ou un plat sorti de son imagination qui deviendra une tradition pour le groupe. Comme tous les Rois, il rassemble pour partager. Ce qu’il fait a vocation à servir une communauté – un terme vaste et c’est très bien comme ça, il nous invite à cultiver de multiples communautés, pas seulement entre humain.es, pas seulement dans le présent. 

Ce matin, j’ai tiré le Roi de Pentacles du Next World Tarot comme carte de focus. Levée de bonne heure, j’étais en train de lire des sites institutionnels consacrés au patrimoine, en particulier sur le paysage de la région. C’est la toponymie qui m’y avait menée. Un nom mélange de gaulois et de latin. Un nom faisant directement référence au paysage mais qui est aussi celui d’une déesse celte. Et puis, de fil en aiguille, j’étais plongée dans l’histoire locale. Par ici, il y a des buttes-témoins, ce sont des collines qui rappellent le temps où ces terres étaient… la mer. Il y a ce temps long, ce temps géologique. Il y a les carrières auprès desquelles je me suis baladée cette semaine. Ce temps tellement court de l’extractivisme et du capitalisme. Par ici, il y a des bois qu’on dit être des reliques de la Forêt Charbonnière qui traversait autrefois une partie de l’actuelle Belgique et dont wikipedia m’informe qu’elle était une forêt “antique” et du haut moyen-âge. Le premier millénaire de notre ère. Un changement de végétation suite à la dernière glacière. Encore une autre temporalité: le temps des humain.es. 

J’ai tiré le Roi de Pentacles ce matin, alors j’ai décidé de passer un peu de temps dans les livres d’histoire empruntés à la bibliothèque communale quand mes douleurs n’étaient pas trop incapacitantes. Et puis, j’ai fait mes exercices du Zebra Club parce qu’elles étaient insupportables. Avec les Pentacles, je ne peux pas oublier l’indispensable soin du corps, je dois prendre du temps pour lui sous peine de ne pas pouvoir accomplir les tâches pour lesquelles je m’implique. Avec le Roi de Pentacles, la notion de “travail” est centrale. Mais pas simplement le boulot. Dans le cas présent: le travail du corps, le travail de compilation d’information sur un sujet qui me passionne. Mais aussi ce à quoi j’ai consacré une partie de mon temps récemment, recopier les textes que j’avais rédigé sur le tarot dans l’espoir de les compiler dans une publication. Le projet n’aura pas abouti, ce qui ne signifie pas que je vais laisser ces textes prendre la poussière (enfin, l’humidité). J’aime voir les Rois comme des motivateurs. Ils sont là, derrière nous, à nous encourager, à nous donner confiance. Ils veulent qu’on prenne conscience de la valeur de ce que l’on crée, donne, façonne, pense (selon les Rois, à chacun son domaine). 

J’ai déjà expliqué à plusieurs reprises cette conception des figures que j’ai développée au fil des années. Peut-être pas la plus conventionnelle, mais c’est celle qui fonctionne pour moi.

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Message du moment de La Reine d’épée

Ma voix tranche
Le barrage de mon indécision
Ma main trempe
L’épée à la source
d’inspiration

Ainsi purifiée
Je me lance
« Il était une fois… »

Mes murmures
résonnent plus fort
que les cris aujourd’hui

Ainsi, j’écris
« Il était une petite voix… »

Dans le bois, le Arduinbos, avec le Next World Tarot.

Le Roi d’épées. Honorer et transmettre notre histoire

Le Roi d’épées:

Je veux que tu saches que tu peux le faire, que d’autres l’ont fait avant toi. Je veux que tu saches que tu peux contrôler la distribution de tes mots: tu as le droit de les garder pour toi, tu ne les dois à personne. Quand tu le peux, honore ceux qui méritent d’être entendus, puissamment légitimes et vitaux, ceux qui doivent trouver écoute. Auxquels tu dois qu’ils servent à d’autres comme ils t’ont servi à toi. 

Cultive la conscience de tes limites dans la distribution de ta parole. Prends confiance en ce que tu as à exprimer. Ainsi qu’en ta capacité à discerner l’expression à partager et celle à garder confinée. Et puis aussi dans le choix de la forme, du ton, de la diffusion. 

Je veux que tu te saches sage. Avec tant à apprendre, tant à comprendre. D’une sagesse qui t’est unique, ici et aujourd’hui. Mouvante. Présente. Source de liens. 

Tu es capable d’unir grâce aux fils que tu tisses. Les éléments disparates que tu rassembles: des gens, des ancêtres, des objets, des idées… Tu relies. 

Tu détiens le pouvoir d’unir, de séparer, de trier, de compiler. Sois certain.e que tu peux en faire bon usage. 

***


***

Ecouter les ancêtres (y compris celleux qu’on a été et qu’on sera, y compris l’enfant qu’on a été). Les croire, se croire. amplifier les signaux. faire partie d’une chaîne. transmettre transmettre transmettre. faire confiance en la sagesse. ma sagesse. 

***


***

Que vivent les connaissances! Qu’elles s’émancipent! Que mon expérience serve!
Que la mémoire de nos histoires que j’ai conservées ne se fane pas. 

Ou bien… qu’on la laisse faner lorsque son cycle est terminé avant que monte en graines notre histoire.
Que les semences volent au vent! Que nos paroles les transportent!


PS.

Je fais le tri dans mes archives de textes non-publiés. J’ai renoncé à les éditer et à les améliorer. Pas évident pour la perfectionniste mais… Leur place est ici, où ils pourront servir. Pas dans des carnets où ils pourraient pourrir.

Je publie ces interprétations tarot-poétiques en état, c’est-à-dire souvent un premier jet manuscrit que je me suis contentée de retranscrire – parfois à l’aide de la saisie vocale, ce qui explique les erreurs de mise en page, de ponctuation, etc.

Par rapport à des articles conçus pour le blog, ces archives seront aussi moins richement illustrées. Puissent-elles néanmoins trouver écho et vous servir!

Pour lire toutes les interprétations des cartes de tarot publiées depuis 2016 sur le blog, rendez-vous dans la section Cartographie du tarot.

Roi de bâtons. Passeurse de relais

Parce que j’ai brûlé
Parce que j’ai milité
Parce que j’ai exposé
Et parce que le feu ne m’a pas dévorée

Amochée mais pas avalée

Je témoigne. Je raconte pour que vous sachiez. Je passe le relais pour que vous lanciez vos propres courses. 
Je transmets mon engagement. La fermeté des convictions. L’humilité de se remettre en question. 
Je transmets la force, l’inventivité, la ruse, les facettes de la révolte, les stratégies de l’organisation.

Comment se faufiler dans les failles pour avoir une longueur d’avance sur le pouvoir, je veux que vous sachiez ça.
Je voudrais aussi que vous sachiez que la vie ne s’arrête pas au combat.
Que danser, baiser, prier – peu importe ce qui vous fait du bien – c’est ce qui nourrit
Ce qui nourrit la force. La fougue. La flamme. 

Je témoigne pour que vous sachiez la vitalité.
Même si je n’ai pas de formule d’invincibilité.
Parce que tu es / vous êtes / nous sommes 
artistes
activistes
artivistes
passionné.es
inspiré.es
rassemblé.es

A toustes les visionnaires de demain
A vos rêves
A vos actes
A vos amour
A la vie
Aux solidarités,

        Le Roi de bâtons


Tourné vers l’horizon, il écoute les bruits de la foule derrière lui. Il sait ce qui se déroule, qui désire quoi, qui se fighte avec qui. Il laisse traîner ses oreilles en arrière. Mais sa vision porte loin devant. C’est un avant-gardiste, un pionnier, un précurseur. C’est un activateur. Un mécène. Un cheerleader.


PS.

Je fais le tri dans mes archives de textes non-publiés. J’ai renoncé à les éditer et à les améliorer. Pas évident pour la perfectionniste mais… Leur place est ici, où ils pourront servir. Pas dans des carnets où ils pourraient pourrir.

Je publie ces interprétations tarot-poétiques en état, c’est-à-dire souvent un premier jet manuscrit que je me suis contentée de retranscrire – parfois à l’aide de la saisie vocale, ce qui explique les erreurs de mise en page, de ponctuation, etc.

Par rapport à des articles conçus pour le blog, ces archives seront aussi moins richement illustrées. Puissent-elles néanmoins trouver écho et vous servir!

Pour lire toutes les interprétations des cartes de tarot publiées depuis 2016 sur le blog, rendez-vous dans la section Cartographie du tarot.

Illustrations: Fifth Spirit Tarot (édition FR: le Tarot inclusif) et Tarot Ultraviolet.te

Autour de la suite des épées

Zine inachevé

Avril 2023
Pour le 24 hour zine weekend

Pour clôturer 2023 / débuter 2024, je vais partager sur le blog certaines de mes archives. J’ai en réserve plusieurs carnets d’articles non publiés!

J’avais tenté d’improviser un zine pour le 24 hour weekend zine organisé fin avril par Echo Zines. Le thème des épées s’est imposé au fil de l’écriture.
C’est peut-être une succession de brouillons.
Peut-être des réflexions stimulantes. 

Le zine manuscrit est à télécharger et à imprimer (au format livret pour en faire un zine / en noir et blanc pour économiser l’encre) en fonction de vos préférences de lecture. 

De plus, je l’ai retranscrit ci-dessous à l’aide de la saisie vocale. ça implique des fautes d’orthographe et de ponctuation et je suis carrément not sorry de partager ce que je peux quand je le peux avec les moyens et cuillères dispos. Faites défiler aussi pour voir des photos des cartes du Rainbow Tarot, le jeu qui a accompagné la rédaction!

Lire la suite « Autour de la suite des épées »

Les figures ou cartes de la cour

Pour accompagner ma série de vidéos en cours sur les figures (ou cartes de la cour), je partage mes mots-clés pour chacune des 4 figures, à combiner avec les éléments de chaque suite.

En quelques mots,

Valet = curieux.se, ouvert.e
apprentissage de l’élément

Cavalier.e = déterminé.e, focalisé.e
quête (de l’élément)

Reine = épanoui.e, à l’écoute
incarnation (de l’élément)

Roi = solide, responsable
transmission de l’élément

En détail…

Les Valets (pages)

Lae page tient l’élément. Absorbé.e. Corps à corps. Découverte. Fascination. Étreinte. Curiosité. Questionnements. Iel cherche à le comprendre. A l’appréhender tout entier.

curiosité, passionné.e, enthousiasme, nouveau domaine, ouverture d’esprit, tout est possible, émerveillement, candeur, enchantement, découverte, joie, optimisme, éveil, sensibilité, ambition, apprentissage, sans crainte, étudiant.e, communication, exploration, naïveté, virevolter.

Iel souhaite accueillir la suite (et son élément), l’explorer.

Les 4 valets. le potentiel. iels étalent. iels éparpillent. iels découvrent. iels s’ouvrent. iels commencent. iels percent.
le matin. l’aube. la multitude. la lune sombre.
Page de bâtons, l’étincelle: la créativité débridée
Page de coupes, la goutte de pluie: l’imagination débridée
Page d’épées, le souffle (ou la bourrasque): la curiosité débridée
Page de pentacles, la semence: l’apprentissage illimité

Dénominations alternatives: étudiant.e, élève, apprenti.e, pélerin, réveur.se, enfant, princesse,…

Les Cavalièr.es (knights: chevaleresse/chevalier)

Lae cavalièr.e se concentre sur l’élément au bout du chemin. Son corps est tout entier tourné vers lui, comme aspiré. Iel est aimanté.e par la perspective de l’élément. Attiré.e. En quête. Obsédé.e. Possédé.e.

focalisation, mouvement, engagé.e, déterminé.e, action, bosseur.se, obstination, focus unique, obsession, voyage, tempérament, sur la défensive, protecteur.rice, agressif.ves, prêt.es à tout, volontaires, entreprenant.e, risque, obsession, investi.e d’une mission, idéaliste, initiateur.rices.
Iel est en recherche, en quête du sens de la suite.

Les 4 Chevalier.eresse. ce qui jaillit. une direction. un élan. iels dirigent. iels déclenchent.
Initiateur.rices du tarot, iels suivent leur cœur. se mettent en quête. de quoi? un trésor, une passion, l’amour, le lieu de vie parfait, la promenade idéale, une manière radicale de s’exprimer, une expérience spirituelle forte,…
Selon leur association élémentale ainsi que les facettes qu’iels révèlent dans un tirage donné, leur fougue sera communicative ou elle les isolera du reste du monde. c’est qu’iels sont souvent en mode bulldozer!
Le premier croissant et la lune croissante. Les signes du zodiaque cardinaux.

Dénominations alternatives: activiste, voyageur.se, explorateur.rice, guide, adolescent.e, amazone, prince,…

Les Reines (queens)

Lae reine fait un.e avec l’élément. Incarné.e. Présent.e. Attentif.ve. En vibration, à l’unisson, en harmonie. Iel vit pleinement, en symbiose avec l’élément. Iel le garde. Iel le protège. Et iel le projette: iel le tient, à parfaite distance entre iel et ses écosystèmes, iel le partage sans jamais perdre le contact. L’élément de la suite irradie d’elle. 

Lire la suite « Les figures ou cartes de la cour »

Le Valet de Bâtons

La Page de Bâtons bouillonne. Iel se laisse emballer par l’invitation des élans créatifs: 
Viens jouer! Viens tester! Viens découvrir! Viens t’aventurer! Essaie! Essaie!
Iel ne ressent aucune peur. Les frissons d’excitation la galvanisent. Iel veut vivre! Iel veut bouger! Iel veut découvrir!

Dès l’enfance, certaines expériences nous forcent à réprimer notre créativité. Elles continuent d’entraver notre liberté par la suite:
On ne se sent pas légitime quand on veut essayer un nouveau médium, un autre instrument, une méthode. Quand on veut se laisser guider par le fun, une petite voix insiste pour qu’on “réussisse”. On se trouve ridicule quand nos instincts nous poussent à agir avec badasserie. Parfois, on est timoré.e. Pétrifié.e par les qu’en-dira-t-on. Avant tout, on est foudroyé.e par notre propre regard. Nos attentes nous pourrissent et on ne peut pas s’empêcher de se donner un objectif. On place la barre trop haut. Hors de portée. C’est comme si notre autosaboteurse intérieure se régalait à l’idée qu’on échoue. On n’arrive pas à s’exprimer en dehors de la compétition. Les vieilles brimades nous poursuivent.

Le Page de Bâtons, c’est le remède en nous! C’est l’énergie créative pure, brute, joyeuse. C’est l’amusement qui jaillit quand on explore, quand on exprime, quand on suit sa pétillance. Son époustouflance! Parce que, évidemment, la Page de Bâtons adore inventer: des mots, des chorés, des recettes,…  
C’est la part de nous qui ne doute pas. 
Et qui n’en a de toute façon strictement rien à faire d’échouer! 

C’est la créativité débridée. Pour le plaisir. Parce que ça veut sortir là-maintenant-tout-de-suite. Parce qu’on a le droit à cette euphorie. A cette légèreté. A cette insouciance. 
Le droit au plaisir. 

Tout l’attire. Tout pétille. Tout a le potentiel d’engager son attention. Tout a la capacité d’allumer sa flamme. Tout est étincelle. 
Iel est spittante*, vive, curieuse de tout.
Ouverte. Iel est la source d’une énergie créative que rien n’assèche.

Bon… bien sûr, iel est susceptible de se disperser. Iel peut papillonner d’une idée à l’autre. Sans jamais prendre suffisamment de temps avec une d’elle pour que l’étincelle se transforme en flamme.  Iel est susceptible d’être en proie à une agitation telle que son esprit ne parvient plus à faire le focus sur quoi que ce soit. Envahi.e par une fumée trop épaisse, son esprit risque de ne plus rien distinguer: ni l’étincelle, ni la flamme, ni l’incendie, ni l’extincteur,… 

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