L’hyperactivité cérébrale ne te lâche pas. Elle s’accroche. A toutes tes respirations. A tous tes gestes. A toutes tes idées. Elle s’immisce dans ton sommeil Dans tes moments de détente
Elle est décidée: elle te refusera tout droit au repos. Cercle vicieux. Moins tu te reposes, moins tu récupères et plus ton cerveau ressasse. plus il s’agite.
Tu ne sais plus comment trouver un peu de calme. Tu finis par douter que tu y as droit. L’apaisement se refuse à toi. Et si tu ne le méritais pas? Et si vraiment tu ne valais rien? Et si? et si? et si?
Ça tourne. Ça fait feu de tout bois. Ça s’enchaîne. Ça s’emmêle. Ça s’enraye.
En quelques mots: Tout ce qui nous touche, les émotions, les sentiments, les relations, comment tout cela se fait et se défait, nous nourrit et nous épuise Tout ce que nous ressentons Tout ce qui nous irrigue, l’intuition, la spiritualité, les interconnexions, les rêves, l’imagination, l’inconscient
Chargée du poids Des responsabilités Dépitée La route s’allonge avec Chaque pas Mes enjambées ramollissent
Dégoûtée des échecs qu’on me prie D’assumer Comme si je devais porter aussi La culpabilité de la précarité
Ereintée Parce qu’il faut continuer Se battre pour se mettre à l’abri Ratatinée Par le mépris plus que l’effort Égratignée, entravée par les ronces, Je renonce à lutter pour la dignité, l’équité, la solidarité
Fatiguée, fatiguée
Vaincue, je ne pointe pas la triche Les dés pipés, l’injustice
Lasse, je me débarrasse De ma flamme
Si je croule Sous ce fardeau Si ma demeure faite d’allumettes Coule Si je prends la flotte Et mes rêves avec moi Et ma créativité, et ma niaque, et mes espoirs Mes espoirs… Si je m’écroule Laissez-moi
Laissez-moi Que j’abandonne ce monde qui n’aura pas Voulu de moi
Lâchez-moi Lâchez-moi la grappe avec Le courage, la ténacité Lâchez-moi la trappe à la gueule Laissez-moi sous les planches Sous le plafond devenu parquet Bouffé par la moisissure Bousillée à l’usure Lâchez-moi, je m’en tape J’en m’en tape de tout ce qui est réduit en lambeau Faute de chaleur
Ne me demandez plus jamais de briller La défaite est là, irrévocable Je suis défaite, je suis détruite
Résilience
De la boue. La sensation d’humidité me réveille L’odeur de la terre me rappelle Mon corps se ressaisit Lentement. Derrière mes paupières Le brouillard cérébral s’épaissit Puis, lentement, se dissipe
Je suis en vie. Je suis en vie.
J’émerge de sous les branchages Lentement, douloureusement, vaillamment, Je vois le jour.
Mes muscles froissés par la rosée, mes pupilles caressées par les scintillements de l’aube,
Je vois le jour.
Les bâtons jonchent le sol, le tribut des combats que je n’ai pas gagnés, les trophées des batailles que j’ai menées. Fierté. Je n’ai pas baissé les bras. Ni elleux avec moi. J’ai tenu. J’ai tenu. Quand l’humidité a éteint progressivement toutes mes réserves, tous mes sourires, Quand elle a réduit à néant ce qui me procurait de la joie Et de la force,
Je me suis effondrée Mon fagot dans les bras Je me suis laissée aller à la fin de cycle Je me suis donnée Au néant
Il m’a accueillie dans sa force régénératrice Je me suis reposée
Vaincue certes Mais non sans gloire
Je suis retournée à la terre Pour que l’espoir Revienne à ma sève
J’ai laissé mes bâtons à la moisissure Mes clés au lichen Et ma maison à la froidure
J’ai accepté de ne pas tout sauver, de ne pas revenir intacte, de laisser les lambeaux de moi à la tourbe (décomposition / préservation) Je n’ai pas pleuré Ça demandait trop d’énergie Je me suis laissée aller Je me suis abandonnée
Résilience
Je suis en vie Je suis pleine d’envies Tant pis pour le bois qui ne brûlera pas
Ou tant mieux Bois mort, bois salvateur Garant des écosystèmes Résurrecteur de forêts
Adieu, les envies ravagées par l’humidité Je suis envies
Je m’en vais rassembler du bois pour fabriquer une torche A la fin de l’hiver, je l’allumerai Au bûcher du feu de joie
Walmke, walmke brand
Renaît ma flamme Revient ma joie Reprend ma créativité
Brûle, ma rage Ravage, mon espoir Ravage les forteresses Les murs qui nous coupent de nos vies Les seigneurs qui nous arrachent à la sécurité Ravage ce qui nous arnaque Ravage les dominations Allume-nous
Parce que j’ai brûlé Parce que j’ai milité Parce que j’ai exposé Et parce que le feu ne m’a pas dévorée
Amochée mais pas avalée
Je témoigne. Je raconte pour que vous sachiez. Je passe le relais pour que vous lanciez vos propres courses. Je transmets mon engagement. La fermeté des convictions. L’humilité de se remettre en question. Je transmets la force, l’inventivité, la ruse, les facettes de la révolte, les stratégies de l’organisation.
Comment se faufiler dans les failles pour avoir une longueur d’avance sur le pouvoir, je veux que vous sachiez ça. Je voudrais aussi que vous sachiez que la vie ne s’arrête pas au combat. Que danser, baiser, prier – peu importe ce qui vous fait du bien – c’est ce qui nourrit Ce qui nourrit la force. La fougue. La flamme.
Je témoigne pour que vous sachiez la vitalité. Même si je n’ai pas de formule d’invincibilité. Parce que tu es / vous êtes / nous sommes artistes activistes artivistes passionné.es inspiré.es rassemblé.es
A toustes les visionnaires de demain A vos rêves A vos actes A vos amour A la vie Aux solidarités, Le Roi de bâtons
Tourné vers l’horizon, il écoute les bruits de la foule derrière lui. Il sait ce qui se déroule, qui désire quoi, qui se fighte avec qui. Il laisse traîner ses oreilles en arrière. Mais sa vision porte loin devant. C’est un avant-gardiste, un pionnier, un précurseur. C’est un activateur. Un mécène. Un cheerleader.
PS.
Je fais le tri dans mes archives de textes non-publiés. J’ai renoncé à les éditer et à les améliorer. Pas évident pour la perfectionniste mais… Leur place est ici, où ils pourront servir. Pas dans des carnets où ils pourraient pourrir.
Je publie ces interprétations tarot-poétiques en état, c’est-à-dire souvent un premier jet manuscrit que je me suis contentée de retranscrire – parfois à l’aide de la saisie vocale, ce qui explique les erreurs de mise en page, de ponctuation, etc.
Par rapport à des articles conçus pour le blog, ces archives seront aussi moins richement illustrées. Puissent-elles néanmoins trouver écho et vous servir!
Pour lire toutes les interprétations des cartes de tarot publiées depuis 2016 sur le blog, rendez-vous dans la section Cartographie du tarot.
Illustrations: Fifth Spirit Tarot (édition FR: le Tarot inclusif) et Tarot Ultraviolet.te
Pour clôturer 2023 / débuter 2024, je vais partager sur le blog certaines de mes archives. J’ai en réserve plusieurs carnets d’articles non publiés!
J’avais tenté d’improviser un zine pour le 24 hour weekend zine organisé fin avril par Echo Zines. Le thème des épées s’est imposé au fil de l’écriture. C’est peut-être une succession de brouillons. Peut-être des réflexions stimulantes.
Le zine manuscrit est à télécharger et à imprimer (au format livret pour en faire un zine / en noir et blanc pour économiser l’encre) en fonction de vos préférences de lecture.
De plus, je l’ai retranscrit ci-dessous à l’aide de la saisie vocale. ça implique des fautes d’orthographe et de ponctuation et je suis carrément not sorry de partager ce que je peux quand je le peux avec les moyens et cuillères dispos. Faites défiler aussi pour voir des photos des cartes du Rainbow Tarot, le jeu qui a accompagné la rédaction!
Toutes les larmes versées Toutes les tisanes concoctées Toutes les sécheresses endurées Et les tempêtes traversées
Aucune leçon Bien des frissons Nulle revanche Quand on émerge d’une avalanche
Un entêtant « j’ai survécu » Suivi d’une oraison Pour cette mort que je n’ai pas vaincue Pour ces mort.e.s dont Rien ne me distingue qu’une Vague chance, un « waw j’ai du cul »
Et puis quoi? Réapprendre A vivre Se recréer de tendres Rêves De toutes mes forces, tendre Vers ces rives Et puis me détendre C’est la trêve
Le 9 d’eau. Se chercher des envies.
Avec le Tarot Souverain.es d’Emmanuel.le Fontaine et la sauge de l’abbaye de la cambre un jour d’automne.
Le 2 d’épées me signale qu’il est temps de me poser. Souvent, cette carte apparaît quand les envies sont grandes, quand les possibilités m’attirent. Elle m’invite à reconsidérer mes options.
La certitude qui m’anime n’est-elle pas une fuite ? Un défaut de patience plutôt qu’une solution viable ? Au lieu de me hâter dans la prise de décision, comment puis-je entrer en gestation ? Comment puis-je nourrir l’inconnu et chérir le doute au lieu de m’acharner dans des pistes stériles ? Au lieu d’enfoncer des portes ouvertes, comment puis-je les refermer pour m’accorder un peu de calme ? A quoi ressemblerait un havre de paix où l’incertitude ne me rongerait pas mais m’encouragerait plutôt à rêver ?
Si je me sens coincée, c’est parce que je le suis. L’impasse n’est pas une fausse route. Je ne me suis pas égarée. Je peux m’aménager, dans ce temps-mort, l’espace sacré de la réflexion ou de la méditation. C’est ici que le sésame m’apparaîtra finalement. C’est comme ça que le mot de passe qui ouvre un passage dans l’impasse me viendra.
La transformation n’est pas instantanée. En regardant dedans, j’apprends à élargir mon champ de vision. Je m’autorise le calme. J’ai le droit de ne pas savoir. J’ai le courage de ne pas donner des réponses satisfaisantes. J’ai la foi en mes limites. Ce n’est pas parce que je refuse d’offrir dans l’immédiat que je me stérilise aux contacts. Je suis en gestation. Je respecte mon cocon.
La Page de Bâtons bouillonne. Iel se laisse emballer par l’invitation des élans créatifs: Viens jouer! Viens tester! Viens découvrir! Viens t’aventurer! Essaie! Essaie! Iel ne ressent aucune peur. Les frissons d’excitation la galvanisent. Iel veut vivre! Iel veut bouger! Iel veut découvrir!
Dès l’enfance, certaines expériences nous forcent à réprimer notre créativité. Elles continuent d’entraver notre liberté par la suite: On ne se sent pas légitime quand on veut essayer un nouveau médium, un autre instrument, une méthode. Quand on veut se laisser guider par le fun, une petite voix insiste pour qu’on “réussisse”. On se trouve ridicule quand nos instincts nous poussent à agir avec badasserie. Parfois, on est timoré.e. Pétrifié.e par les qu’en-dira-t-on. Avant tout, on est foudroyé.e par notre propre regard. Nos attentes nous pourrissent et on ne peut pas s’empêcher de se donner un objectif. On place la barre trop haut. Hors de portée. C’est comme si notre autosaboteurse intérieure se régalait à l’idée qu’on échoue. On n’arrive pas à s’exprimer en dehors de la compétition. Les vieilles brimades nous poursuivent.
Le Page de Bâtons, c’est le remède en nous! C’est l’énergie créative pure, brute, joyeuse. C’est l’amusement qui jaillit quand on explore, quand on exprime, quand on suit sa pétillance. Son époustouflance! Parce que, évidemment, la Page de Bâtons adore inventer: des mots, des chorés, des recettes,… C’est la part de nous qui ne doute pas. Et qui n’en a de toute façon strictement rien à faire d’échouer!
C’est la créativité débridée. Pour le plaisir. Parce que ça veut sortir là-maintenant-tout-de-suite. Parce qu’on a le droit à cette euphorie. A cette légèreté. A cette insouciance. Le droit au plaisir.
Tout l’attire. Tout pétille. Tout a le potentiel d’engager son attention. Tout a la capacité d’allumer sa flamme. Tout est étincelle. Iel est spittante*, vive, curieuse de tout. Ouverte. Iel est la source d’une énergie créative que rien n’assèche.
Bon… bien sûr, iel est susceptible de se disperser. Iel peut papillonner d’une idée à l’autre. Sans jamais prendre suffisamment de temps avec une d’elle pour que l’étincelle se transforme en flamme. Iel est susceptible d’être en proie à une agitation telle que son esprit ne parvient plus à faire le focus sur quoi que ce soit. Envahi.e par une fumée trop épaisse, son esprit risque de ne plus rien distinguer: ni l’étincelle, ni la flamme, ni l’incendie, ni l’extincteur,…
Le 10 de disques/pentacles/cailloux correspond au 3ème décan de la Vierge gouverné par Mercure simultanément en domicile et exalté. Ah mais attends, c’est justement où transite Mercure ces jours-ci! 🙂 L’étude astrologique de la carte apporte de la nuance à son nom dans le Thoth: richesse.
La matérialité des pentacles se disperse tandis qu’on atteint le 10. Ce sont les graines que l’on transmet. On n’accumule plus. On ne se surproduit pas. On n’exploite pas. En revanche, on s’assure de la pérennité. On veille à ce qu’il y en ait pour tout le monde. Et surtout pour la Terre, pour la durabilité.
Mercure fait les comptes en vierge. Quelles connaissances nous seront utiles pour poursuivre? Comment ne pas s’accaparer ? Comment propager ce qui nous est cher sans qu’il soit figé dans un testament? Au contraire, comment l’adapter aux réalités, aux changements, au contexte qui a évolué au fil des saisons de la suite des disques? Voilà pourquoi les 10 disques ou pentacles sont des semences variées et non des chartes édictées pour être suivies à la lettre.
En Taureau, avec le 5 de disques, Mercure imposait des restrictions, des économies, de la planification. Ici, Mercure ne planifie plus. L’heure est aux bilans et à la transmission. Le lâcher prise est requis. On ne peut s’accrocher à ce qui a été engrangé. On ouvre les portes, on offre les clés.
Mercure organise les idées et les compétences afin qu’elles servent. Iel se met discrètement au service des situations qui se présenteront, des écosystèmes en transformation, des communautés en reconfiguration car le signe de la Vierge sert sans recherche de reconnaissance.
Plus t’es épuisé.e, plus t’as tendance à t’éparpiller. Après la structure du 3 et du 4, tout ce que tu as construit est au bord de l’effondrement. Il faut redresser la barre. Il faut arrêter de te mettre des bâtons dans les roues.
Examine tes voies de sortie! Surtout si tu te sens vidé.e au point de faire de la merde parce que tu te sens obligé.e de persister. Ne pourrais-tu pas prendre un peu de recul le temps de récupérer.
2. Interpersonnel
Les 5 font référence à des crises, voire à des conflits. Sur les réseaux sociaux, on voit facilement le 5 de bâtons à l’oeuvre. Des divergences d’opinion gonflent les égos. C’est à qui parlera le plus fort. A qui diffusera le plus d’infos. A qui saura convaincre. Dans ce combat total, c’est aussi à qui saura vaincre. Il faut démolir lae porteur.se d’avis divergents devenu.e adversaire. Il faut invalider toute sa vie. Il n’est plus question d’une publication. Il faut contacter ses proches pour les enjoindre à choisir entre une personne « problématique » et le consensus émergeant contre cette cible. Ce consensus devient la « vérité ».
Y a-t-il une autre résolution au 5 de bâtons que la désescalade? Ne pas réagir. Prendre le temps de répondre. Sortir de l’immédiateté.
3. C’est tendu
Avec le 5 de bâtons, quelque chose est gonflé à bloc. En grand danger d’imploser. Quand ce n’est pas le moment de l’implosion qui est symbolisé par cette carte. Gonflés: l’égo, l’agenda, les ambitions, la messagerie, les tâches, les plans (cul, amicaux, conversations simultanées sur discord,…).
Il faut que tout ça se désemplisse. Il faut éviter d’en rajouter. Ne pas ajouter à la pression. Ou ramasser les bâtons éparpillés sur le sol et recommencer avec un agencement moins tendu.
4. Parce que aucune carte n’est exclusivement « positive » ou « négative »
L’énergie combattive du 5 de bâtons a du bon quand elle est maîtrisée, orientée et, surtout, quand elle ne se trompe pas d’objectif, quand elle ne cherche pas une cible.
Voilà! C’était un avant-goût de mes réflexions sur cette carte. La suite très bientôt en vidéo pour ma série « Le tarot carte par carte »!
A part ça, si le tarot d’illustration te plaît, je t’invite à découvrir ce superbe Queer Tarot: